Les déclinaisons latines sont au nombre de cinq et disposent chacune de six cas principaux (nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif et ablatif). Un septième cas archaïque, le locatif, subsiste aussi pour de rares noms de villes et de petites îles. Dans un dictionnaire latin, pour un nom donné sont indiqués son nominatif singulier, son génitif singulier, puis son genre (féminin, masculin ou neutre). Par exemple : rosă, ros, f. Le génitif singulier du nom détermine à quelle déclinaison il appartient :
-ae : () déclinaison en -æ -ī : () déclinaison en -ī -is : () déclinaison en -is -ūs : () déclinaison en -ūs -eī : () déclinaison en -eī
Certaines désinences sont communes aux cinq déclinaisons : -ă au nominatif, au vocatif et à l'accusatif pluriel des termes neutres ; -m à l'accusatif singulier (sauf aux termes neutres : noms des et déclinaisons et adjectifs de la classe) ; -um au génitif pluriel, de façon constante ; -s à l'accusatif (sauf aux termes neutres : noms des et déclinaisons et adjectifs), au datif et à l'ablatif pluriels.
Les adjectifs se déclinent comme les noms : dans la phrase, ils prennent le cas du nom qu'ils déterminent ou qualifient.
Les adjectifs qualificatifs sont répartis en deux classes. La première classe correspond aux première (féminin) et deuxième déclinaisons (masculin et neutre) du nom, la seconde classe à la troisième déclinaison du nom (avec quelques spécificités).
Les adjectifs déterminants (démonstratifs, indéfinis, interrogatifs) et les adjectifs pronominaux ont des déclinaisons propres.
Les pronoms (personnels, démonstratifs, indéfinis, interrogatifs) se déclinent. Dans la phrase, ils prennent le cas des noms qu'ils remplacent. Ils ont des déclinaisons propres.
Déclinaison des noms déclinaison (-ae)
Noms féminins (en majorité) et masculins (en minorité) Modèle : rosa, rosae, f. (rose)
+Tableau de la déclinaison terminaison Cas singulier pluriel Nominatifradical+aradical+aeVocatifradical+aradical+aeAccusatifradical+amradical+asGénitifradical+aeradical+arumDatifradical+aeradical+isAblatifradical+aradical+is + Tableau de la déclinaison Cas Singulier PlurielNominatif rosa rosaeVocatif rosa rosaeAccusatif rosam rosāsGénitif rosæ rosārumDatif rosæ rosīsAblatif rosā rosīs
Exemples : Rosam amāmus. = Nous aimons la rose. Rosās amāmus. = Nous aimons les roses. curriculum vitae = déroulement de la vie curriculum, curriculi, n. = course ; circuit ; cours vita, vitae, f. = existence ; vie pratique lapsus linguae = trébuchement de la langue lapsŭs, lapsūs = chute ; erreur linguă, linguae = langue ; parole ad vitam aeternam = jusqu'à la fin des temps ad (+ accusatif) = vers aeternus, aeternă, aeternum = éternel ex cathedrā = du haut de la chaire ; avec autorité, avec solennité ex (+ ablatif) = de/à partir de/depuis cathedră, cathedrae, f. = fauteuil ; chaire ; siège épiscopal pro formā = selon la forme pro (+ ablatif) = devant ; pour ; selon formă, formae, f. = forme
Remarques : Le genre masculin, relativement rare, concerne surtout des noms caractérisant une occupation ou un métier vraisemblablement masculins à l'époque romaine. Exemples : poēta, -ae (poète) ; pīrāta, -ae (pirate) ; scrība, -ae (scribe) ; nauta, -ae (marin), etc. Il n'y a aucun nom neutre.. Dans la langue classique, le nominatif singulier ne se distingue de l'ablatif singulier que par la longueur de la voyelle (respectivement -a bref et -ā long, ce dernier provenant d'un -ad primitif). Le datif et l'ablatif pluriels étaient à l'origine en -ābus. Forme conservée pour dea (déesse) et fīlia (fille) qui font deābus et fīliābus, pour éviter la confusion avec les datif et ablatif pluriels de deus (dieu) et fīlius (fils) ( déclinaison), en particulier dans des expressions comme fīliīs et fīliābus et deīs et deābus. Le génitif singulier était à l'origine en -ās. Forme conservée dans l'expression pater familiās ou paterfamiliās (père de famille). Des mots d'origine grecque en -as ou -es au nominatif singulier conservant du grec leur nominatif et forment donc leur vocatif en -ā. Exemple : Aenēas, Aenēā, Aenēam, Aanēae, Aeneaz, Aenea (Énée).
déclinaison (-i)
Noms masculins, neutres et féminins (en minorité). Modèle : dominus, dominī, m. (maître, au sens de l'homme qui dirige) Modèle : ăgĕr, ăgrī, m. (champ, terre à labourer) ; sur ce modèle se déclinent la plupart des noms finissant en -er, dont le dernier e tombe aux cas autres que le nominatif et le vocatif singuliers Modèle : puĕr, puĕrī, m. (enfant), semblable à ăgĕr, à ceci près que le dernier e est conservé à tous les cas ; sur ce modèle se déclinent gĕnĕr (gendre), socĕr (beau-père, père de l’époux ou l’épouse), vĕspĕr (soir), lībĕrī (enfants, un pluriel qui n'a pas de singulier) et aussi vir, virī, m. (homme, au sens de mâle) Noms neutres Modèle : templum, templī, n. (temple)
+ Tableau de la déclinaison dominus, ī, m. ăgĕr, ī, m. puĕr, ī, m. templum, ī, n. Cas Singulier Pluriel Singulier Pluriel Singulier Pluriel Singulier Pluriel Nominatif dominus dominī ăgĕr ăgrī puĕr puĕrī templum templa Vocatif dominĕ dominī ăgĕr ăgrī puĕr puĕrī templum templă Accusatif dominum dominōs ăgrum ăgrōs puĕrum puĕrōs templum templă Génitif dominī dominōrum ăgrī ăgrōrum puĕrī puĕrōrum templī templōrum Datif dominō dominīs ăgrō ăgrīs puĕrō puĕrīs templō templīs Ablatif dominō dominīs ăgrō ăgrīs puerō puerīs templō templīs
Exemples : Dominus sevērus est. = Le maître de maison est sévère. Rōma puerōs Lutetiae fascinat. = Rome fascine les enfants de Lutèce. intra muros = dans les mursintra (+ accusatif) = à l'intérieur demurus, muri, m. = murab initio = depuis le débutab (+ ablatif) = depuisinitium, initii, n. = début, commencementimperium in imperio = État dans l'Étatin (+ ablatif) = dans (lieu où l'on est)imperium, imperii, n. = règne, empire, état/État, pays, nationIesus Nazarenus Rex Iudæorum (INRI) = Jésus le Nazaréen, Roi des JuifsNazarenus, Nazarenă, Nazarenum = de Nazareth, Nazaréenrex, regis, m. = roiJudaeus, i, m. = Juif
Remarques : Les terminaisons en -us et -um étaient à l'origine en -os et -om. Ces formes anciennes se rencontrent parfois quand la terminaison est précédée de -u-/-v- (exemple servos au lieu de servus (esclave)). Les noms en -us sont majoritairement masculins avec comme exception notable les noms d'arbres (fagus, ulmus) qui sont féminins. Quelques rares mots neutres ont un nominatif singulier en -us.. Leurs vocatif et accusatif singuliers sont identiques au nominatif ; ils n'ont pas de pluriel. Ainsi, vīrus, vīrī, n. (le poison) formes : vīrus, vīrus, vīrus, vīrī, vīrō, vīrō ; pelagus, -ī, n. (la mer, mot grec) et vulgus, -i, n. (la foule) se déclinent sur ce modèle. Des mots d'origine grecque en -eus au nominatif singulier suivent la déclinaison, mais forment leur vocatif singulier en -eu. Exemple : Orphēus, Orphēū, Orphēum, Orphēī, Orphēō, Orphēō (Orphée). Le vocatif singulier de fīlius (fils) et de certains noms propres en -ĭus se contracte en -ī au lieu de -ie (fīlī). Le génitif singulier des mots en -ĭus ou -ĭum peut se contracter en -ī au lieu de -iī (ingenī au lieu de ingeniī). deus (dieu) admet une déclinaison alternative transformant le e de son radical en i devant une désinence commençant par i (et peut aussi simplifier iī en ī) : diī ou dī au lieu de deī, diīs ou dīs au lieu de deīs. De plus, il n'admet pas de vocatif singulier (on s'adresse à un dieu par son nom), même si le vocatif singulier Deus a été formé pour l'usage liturgique chrétien. Les noms de villes ou de petites îles appartenant aux et déclinaisons et étant du singulier ont un locatif, semblable au génitif. Ainsi, Rōma forme Rōmae, Lugdunum forme Lugdunī. En revanche, Athēnae, ārum f. pl. n'admet pas de locatif. Quelques noms communs admettent un locatif : humus (terre, en tant qu'élément), bellum (guerre), mīlitia (armée), vesper (soir)..
déclinaison (-is)
La déclinaison comprend deux groupes : les parisyllabiques (génitif pluriel en -ium), dont les nombres de syllabes au nominatif singulier et au génitif singulier sont les mêmes, et les imparisyllabiques (génitif pluriel en -um), pour lesquels ces nombres de syllabes sont différents. Cependant, il existe des faux imparisyllabiques, anciens parisyllabiques dont la dernière voyelle est tombée au nominatif singulier (ce sont les mots masculins ou féminins dont le radical du génitif se termine par deux consonnes, et les mots neutres finissant en -al et -ar), et des faux parisyllabiques (6 mots irréguliers). Dans tous les modèles, nominatif singulier et vocatif singulier sont identiques. Pour les mots neutres, ils sont en plus identiques à l'accusatif singulier. Tous les autres cas se construisent sur le radical du génitif singulier. Parisyllabiques masculins et féminins Modèle : cīvis, cīvis, m. (citoyen) Parisyllabiques neutres Modèle : mare, maris, n. (mer) Imparisyllabiques masculins et féminins Modèle : consul, consulis, m. (consul) Imparisyllabiques neutres Modèle : corpus, corporis, n. (corps) Faux parisyllabiques masculins et féminins Modèle : pater, patris, m. (père) (sur ce modèle semblable à cōnsul se déclinent : māter/mātris (mère), frāter/frātris (frère), jūvenis/jūvenis (jeune homme), senex/senis (vieillard) et canis/canis (chien)) Faux imparisyllabiques masculins et féminins Modèle : urbs, urbis, f. (ville) (modèle semblable à cīvis) Faux imparisyllabiques neutres Modèle : animal, animālis, n. (animal) (modèle semblable à mare) Parisyllabiques en i (désinence comprenant au singulier un i à l'accusatif -im et à l'ablatif -ī) Modèle : febris, febris, f. (fièvre) (sur ce modèle se déclinent seulement quelques mots : puppis, f. (poupe), secūris, f. (hache), sitis, f. (soif), turris, f (tour), tussis, f. (toux)) Il existe aussi un mot irrégulier ne possédant pas de génitif et de datif singulier mais ressemblant à la déclinaison : Vīs, - f. : la force, la violence.
+Tableau de la déclinaison Nombre Cas cīvis mare consul corpus pater urbs animal febris vīs Singulier Nominatif cīvis mare consul corpus pater urbs animal febris vīs Vocatif cīvis mare consul corpus pater urbs animal febris vis Accusatif cīvem mare consulem corpus patrem urbem animal febrim vim Génitif cīvis maris consulis corporis patris urbis animālis febris - Datif cīvī marī consulī corporī patrī urbī animālī febrī - Ablatif cīve marī consule corpore patre urbe animālī febrī vī Pluriel Nominatif cīvēs maria consulēs corpora patrēs urbēs animālia febrēs vīrēs Vocatif cīvēs maria consulēs corpora patrēs urbēs animālia febrēs vīrēs Accusatif cīvēs maria consulēs corpora patrēs urbēs animālia febrēs vīrēs Génitif cīvium marium consulum corporum patrum urbium animālium febrium vīrium Datif cīvibus maribus consulibus corporibus patribus urbibus animālibus febribus vīribus Ablatif cīvibus maribus consulibus corporibus patribus urbibus animālibus febribus vīribus
Exemples :Tarenta et Syracusa optimae urbes sunt = Tarente et Syracuse sont les meilleures villes.Ad hominem = Contre la personne.ad (+ accusatif) = vershomo, hominis, m. = personnePost mortem = Après la mort post (+ accusatif) = après mors, mortis, f. = mort Ab imo pectore = Du fond du cœur. ab (+ ablatif) = depuis imum, imi, n. = fond pectŭs, pectoris, n. = la poitrine Anima sana in corpore sano = Un esprit sain dans un corps sain. animă, animæ, f. = souffle ; esprit sanus, sană, sanum = sain in (+ ablatif) = dans (lieu où l'on est)
Remarques : vīs (force), qui suit le modèle de febris, est quasiment régulier : le génitif et le datif singulier n'existent pas, le pluriel se forme régulièrement sur un radical parisyllabique vīr- : vīrēs, vīrēs, vīrēs, vīrium, vīribus, vīribus bōs, bovis, m ou f (bœuf ou vache) présente des formes contractées au génitif pluriel (boum) et aux datif et ablatif pluriels (bobus ou bubus). sūs, sūis, m ou f (porc ou truie) présente une forme contracte aux datif et ablatif pluriels (sūbus), à côté de la forme régulière sūibus.