L'amalgame sémantique, c'est, dans les échanges verbaux ou écrits, rapprocher, associer deux choses sans qu'elles soient liées naturellement, et sans qu'il soit raisonnablement pertinent de les lier entre elles. Il s'agit d'une confusion d'ordre sémantique.

Les accusations d'amalgame sémantique visent à discréditer un individu ou un groupe humain dans les débats politiques, les articles de presse, les émissions radiophoniques, télévisuelles et les forums internet.

Lexicographie

Le mot « amalgame » provient de l'arabe amal al-gamā : fusion, union charnelleVoir les définitions diverses dans l'article "Amalgame" du Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales du CNRSWictionnary.

En chimie, il désigne l'alliage liquide, pâteux ou solide formé à partir du mercure. Par extension le terme s'est appliqué à des alliages plus divers, puis à des mélanges de tous types (par exemple, dans le vocabulaire militaire, l'amalgame dans une même unité de troupes de différentes origines)

En sémantique, le mot s'applique à tout mélange abusif d'idées, de concepts, à tout rapprochement arbitraire : juif/sioniste, musulman/terroriste, islamo-gauchiste, ou l'hitléro-trotskyste de Staline, imposé dans les années 1930 pour qualifier tout opposant ou supposé tel Sources : Argument, vol. xxiv, n° 1, automne-hiver 2021-2022, p. 164 .

Mécanisme argumentatif

L'amalgame peut être accidentel et résulter d'associations d'idées chez des personnes maîtrisant mal le thème.

Il peut aussi devenir une technique d'argumentation, pour discréditer l'idée adverse ou son auteur. Il relève alors de la désinformation et possède une grande efficacité du fait de sa rapidité et de sa simplicité, par rapport à la difficulté d'en démontrer le mécanisme et le caractère trompeur.

Jean-Jacques Robrieux (1993), dans un chapitre consacré aux « limites de l'argumentation », propose cette définition :

Pierre Oléron (1987) oppose aux rapprochements effectués sur des bases rationnelles (ex. : liaison acte/personne), les rapprochements de type « associatif », qui jouent davantage sur les charges affectives que sur les liens logiques ; parmi ces rapprochements, il compte l’amalgame, qui »

L'accusation d'amalgame, mode de réfutation normatif

La première des contre-mesures consiste à dénoncer l'action, d'où l'utilité du concept d'« amalgame ». Voir amalgame (communication).

Inversement, il peut être commode, pour invalider le discours de son adversaire, de l'accuser de faire un « amalgame ». Désigner une argumentation comme un amalgame, c'est à la fois le catégoriser comme relevant d'une argumentation par comparaison, et aussi le dénoncer comme insatisfaisant. Cela met moralement l'adversaire en accusation. Marianne Doury, dans Langage et société 2003/3 (n° 105), pages 9 à 37, écrit :

L'accusation d'amalgame, fréquente dans les milieux dirigeants ou la presse, peut aussi témoigner d'une activité d'interprétation et d'évaluation ; elle est plus ou moins spontanée chez un public qui lui-même argumente, notamment, sur les réseaux sociaux. L'analyse des arguments n'est pas réservée aux spécialistes Source : Université Ouverte des Humanités (UOH).

Des amalgames identitaires peuvent placer des populations dans des situations inconfortables, d'où le besoin de rétablir les faits.

Les mouvements anti-démocratiques peuvent exploiter cette technique pour aliéner leurs ciblesVoir Billet de Blog du 1 juin 2017 Médiapart par Michel Broué, mathématicien, Vincent Présumey, professeur d’histoire et Benjamin Stora, historien Pierre-André Taguieff, sociologue et politologue : Petites leçons pour éviter tout amalgame, Le Monde, 01 novembre 2013 .

Références

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