Jean Debry, aussi orthographié De Bry, né le à Vervins (ancienne province de Picardie, actuel département de l'Aisne), mort le dans l'ancien 10e arrondissement de Paris, est un homme politique de la Révolution française.

Entre 1791 et 1801, il est successivement élu député à l'Assemblée nationale législative, à la Convention nationale, au Conseil des Cinq-Cents et au Tribunat. Préfet sous le Premier Empire puis durant les Cent-Jours, il s'exile en Belgique durant la Restauration et rentre en France après la révolution des Trois-Glorieuses. À la Convention, il propose notamment que La Marseillaise soit officiellement consigné et honoré, contribuant ainsi à la reconnaissance du chant révolutionnaire devenu plus tard l'hymne national français.

Biographie Jean Antoine Joseph Debry est issu d'une famille bourgeoise. Son grand-père était « juge, consul et échevin » de Saint-Quentin. Son père est marchand à Vervins et son parrain marchand à Guise.

En 1780, il épouse Marie Josèphe Depeuty. En 1786, il obtient la charge de « conseiller président au grenier à sel de Vervins » occupée auparavant par son beau-père.

Parcours politique

Mandat à la Législative La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Jean Debry, alors administrateur de l'Aisne, est élu député du département, le septième sur douze, à l'Assemblée nationale législative.

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. En , il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine. En août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette.

La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

Mandat à la Convention En , Jean Debry est réélu député de l'Aisne, le deuxième sur douze, à la Convention nationale.

Il exerce des fonctions dirigeantes au sein de la Convention girondine. Le , aux côtés de Bertrand Barère (député des Hautes-Pyrénées) et d'Henri Grégoire (député du Loir-et-Cher), il est élu secrétaire sous la présidence de Marie-Jean Hérault de Séchelles (député de Paris). Le , il est élu, face à Louis-Bernard Guyton-Morveau (député de la Côte-d'Or), président de la Convention nationale, et ses secrétaires sont Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède (député de la Gironde), Jean-Philippe Garran de Coulon (député du Loiret) et Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux (député du Maine-et-Loire). Le , il est élu membre du Comité de Salut public, le cinquième sur neuf par 233 voix, mais il est remplacé, pour des raisons de santé, par Robert Lindet (député de l'Eure).

Il siège sur les bancs de la Plaine, et affiche des proximités avec la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution. À partir du , Debry est absent de la Convention pour des raisons de santé. Le , il est donc absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le , il est également absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze. Il signe, aux côtés de sept de ses collègues députés de l'Aisne, une lettre de protestation contre les journées du 31 mai et du 2 juin 1793. La lettre est dénoncée par André Dumont (député de la Somme), mais les signataires ne sont cependant pas inquiétés par la suite.

Jean Debry prend part à la réaction thermidorienne. Le 14 thermidor an II (le ), il est élu membre du Comité de sûreté générale mais, devant l'opposition de son collègue Joseph Fayau (député de la Vendée), qui rappelle son positionnement hostile au , il démissionne aussitôt. Le 19 frimaire an III (le ), il est envoyé en mission dans les départements de l'Ardèche, de la Drôme et du Vaucluse. Le 14 germinal (le ), sa mission est élargie aux départements de l'Aveyron et de la Lozère. Le 15 messidor (le ), il est élu membre du Comité de Salut public aux côtés de François-Antoine Boissy-d'Anglas (député de l'Ardèche), Denis-Toussaint Lesage (député d'Eure-et-Loir) et Jean-Baptiste Louvet (député du Loiret).

Sous le Directoire Jean Debry est réélu député de l'Aisne et siège au Conseil des Cinq-Cents.

Il est élu président du Conseil le nivôse an V (le ), et ses secrétaires sont Pierre Gauthier (député du Calvados), Roger Martin (député de la Haute-Garonne), André Réal (député de l'Isère) et François-Toussaint Villers (député de la Loire-Inférieure). Il est tiré au sort pour rester au Conseil jusqu'en prairial an VI ().

Le 2 prairial an VI (), Jean Debry, aux côtés d'Antoine Bonnier d'Alco et de Claude Roberjot, est nommé ministre plénipotentiaire au second congrès de Rastatt, pour remplacer Jean-Baptiste Treilhard, alors nommé directeur.

Le 22 ventôse an VII (), la France déclare la guerre au grand-duché de Toscane dirigé par Ferdinand III de Toscane et au Saint-Empire dirigé par François . Le 9 floréal (), la voiture des trois ministre est attaquée par les troupes hongroises qui tuent Bonnier d'Alco et Roberjot. Debry est blessé mais survitJean-René Suratteau, « Rastatt (Congrès de) », p. 882-884 in Albert Soboul (sous la direction de), Dictionnaire historique de la Révolution française, Presses universitaires de France, 1989, Paris, collection « Quadrige », réédition 2005, 1132 pages..

Le prairial an VIII (le ), il est de nouveau élu président du Conseil et ses secrétaires sont François Ménard de la Groye, Jean-Baptiste-Charles Mathieu-Mirampal, Victor Mourer et Louis Texier-Olivier. gauche|vignette|Jean Antoine Joseph De Bry, médaillon par David d'Angers.

Sous le Consulat et le Premier Empire Jean Debry adhère au coup d'État du 18 brumaire an VIII () qui porte Napoléon Bonaparte au pouvoir. Sous son impulsion et celle de son compatriote Nicolas Quinette, les autorités départementales de l'Aisne adhèrent au nouveau régime.

Le 3 nivôse an VIII (le ), Jean Debry est nommé membre du Tribunat. Le 9 floréal an IX (le ), il est nommé préfet du Doubs. Il est élevé au rang de chevalier puis baron d'Empire en 1808 puis en 1809. Il est révoqué de son poste de préfet lors de la première Restauration en 1814.

Durant les Cent-Jours, Jean Debry est nommé préfet du Bas-Rhin. Lors de la deuxième Restauration, il est frappé par la loi du 12 janvier 1816 pour avoir voté la mort de Louis XVI et avoir soutenu le retour de Napoléon . Il s'exile, ainsi que sa famille, à Mons en Belgique.

Jean Debry rentre en France à la faveur de la révolution des Trois-Glorieuses en 1830 qui porte Louis-Philippe Ier sur le trône de France. Il meurt à Paris quatre ans plus tard, et est inhumé dans la division du cimetière du Père-Lachaise. thumb|Tombe au cimetière du Père-Lachaise.

Son fils, Fleurus Debry a administré comme préfet le département du Bas-Rhin et son petit-fils, Jean Debry le département de la Côte-d'Or.

Décorations

Bibliographie Essai sur l'éducation nationale Éloge de Mirabeau, 1790

Sources

Les papiers personnels de Jean Antoine Debry sont conservés aux Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, sous la cote 386AP : Inventaire du fonds. Alain Brunet, La carrière républicaine d’un Vervinois: Jean Debry (1760-1834), dans: Mémoires de la fédération des sociétés savantes du département de l’Aisne, tome 34, 1989, Laurent Brassard, Un échec devant l'Histoire : Les mémoires de Jean Debry, dans: L'Écriture d'une expérience. Histoire et mémoires de Conventionnels, 2015, Société des études robespierristes, Léonce Pingaud, Jean de Bry (1760-1835). Le congrès de Rastatt. Une préfecture sous le premier empire, Paris, Plon, 1909, 404p.

Notes

Liens externes

Portrait de Jean Debry par Jean-Louis Laneuville, Indiana University Art Museum

Catégorie:Député de l'Aisne Catégorie:Préfet du Consulat ou du Premier Empire Catégorie:Préfet du Doubs Catégorie:Préfet du Bas-Rhin Catégorie:Diplomate français du XVIIIe siècle Catégorie:Diplomate français du XIXe siècle Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1804 Catégorie:Président de la Convention nationale Catégorie:Personnalité de la Thiérache Catégorie:Membre du Comité de salut public Catégorie:Conventionnel régicide Catégorie:Député de la Convention nationale Catégorie:Membre du Conseil des Cinq-Cents Catégorie:Membre du Tribunat Catégorie:Naissance en novembre 1760 Catégorie:Naissance à Vervins Catégorie:Décès en janvier 1834 Catégorie:Décès dans l'ancien 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 73 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 39)