Le Racing Club de France Athlétisme est la section d’athlétisme du Racing Club de France, club omnisports parisien fondé en . L’athlétisme est à l’origine même de la création du club, né autour d’un groupe d’élèves du Lycée Condorcet passionnés de course à pied, et reste l’une de ses sections les plus anciennes et les plus prestigieuses...
La section revendique un palmarès exceptionnel : 831 titres de champions de France individuels, 47 titres aux championnats de France interclubs, 25 médailles olympiques, 23 médailles mondiales, 54 médailles européennes et trois titres de champion d’Europe des clubs (1986, 1987, 1988) obtenus par des athlètes licenciés au club... Tout au long de son histoire, le Racing a compté des figures majeures de l’athlétisme français et international, comme Henri Deloge, André Tison, Raphaël Pujazon, Alain Mimoun, Sylviane Telliez, Jack Pani, Pierre Quinon, Bruno Marie-Rose, Laurence Bily ou Christine Arron..
Historique
Origines : un club d’athlètes (1882-1886) Le Racing est créé le à Paris par des élèves du Lycée Condorcet qui se réunissent pour pratiquer la course à pied. Faute d’installations, les premières séances ont lieu sous la halle de la gare Saint-Lazare. Dans les années qui suivent, le club adopte le nom de « Racing Club de France », afin de se distinguer d’autres Racing européens, et l’athlétisme demeure au cœur de son identité sportive naissante..
La Croix-Catelan et les premiers championnats de France (1886-1914) thumb|Le chalet du Racing Club de France, lors des championnats de France d'athlétisme. En 1886, la Ville de Paris accorde au Racing la concession d’une vaste plaine dans le Bois de Boulogne, au lieu-dit de la Croix-Catelan. Une piste en herbe y est tracée, un chalet-vestiaire construit : le site devient l’un des centres majeurs du sport parisien, accueillant athlétisme, tennis, rugby et autres disciplines.
En 1887, le Racing participe, aux côtés du Stade français et d’autres clubs, à la création de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), première grande fédération sportive nationale, qui encadre d’abord l’athlétisme avant de devenir omnisports. Les premiers Championnats de France d'athlétisme sont organisés en 1888 à la Croix-Catelan ; le sprinteur du Racing René Cavally remporte le 100 m de cette première édition, devenant l’un des premiers champions de France d’athlétisme.
Au tournant du siècle, la Croix-Catelan accueille également des épreuves d’athlétisme des Jeux olympiques de 1900, dont le 1 500 m remporté par le Britannique Charles Bennett. Dans ces années, le club aligne plusieurs des meilleurs athlètes français : le demi-fondeur Henri Deloge, double médaillé d’argent aux Jeux de Paris 1900, le steepleur Jean Chastanié, ou encore le lanceur André Tison, qui domine les lancers du poids et du disque au début du .gauche|vignette|upright=0.7|Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques 1924 au Grand Stade de Colombes Colombes, les Jeux de 1924 et l’essor du cross (1919-1945) Après la Première Guerre mondiale, le centre de gravité de l’athlétisme du Racing se déplace en partie vers Colombes. Le site, d’abord hippodrome, est transformé à partir de 1907 en grand stade omnisports ; il sera rebaptisé plus tard stade Yves-du-Manoir. Conçu pour accueillir des compétitions d’athlétisme, de rugby et de football, il devient en 1924 le stade principal des Jeux olympiques de Paris, notamment pour l’athlétisme.
Dans l’entre-deux-guerres, la section athlétisme développe fortement le cross-country et le demi-fond. Elle fournit régulièrement des internationaux et des champions de France en fond, marche et lancers, et participe aux grandes compétitions de la Fédération française d'athlétisme (FFA), créée en 1920..
L’ère Pujazon et la reconstruction d’après-guerre (années 1940) Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Racing s’appuie sur une nouvelle génération de fondeurs et de crossmen. La figure la plus marquante est Raphaël Pujazon, licencié au club dans les années 1940. Spécialiste du 3 000 m steeple, il remporte la médaille d’or aux championnats d’Europe 1946 d’Oslo, six titres consécutifs de champion de France de cross (1944-1949), plusieurs titres nationaux sur piste et deux victoires individuelles au Cross des Nations.vignette|upright=0.7|Alain Mimoun, vainqueur du marathon de Melbourne, en 1956.
Structuration moderne et légende Mimoun (années 1950-1960) À partir des années 1950, le Racing entre dans une phase de structuration moderne : la pratique se professionnalise progressivement en France, la FFA se renforce, et le club développe une politique de formation, tout en s’appuyant sur les infrastructures de la Croix-Catelan et de Colombes.
Cette période est associée à la carrière d’Alain Mimoun, fondeur emblématique du Racing. Sous le maillot « ciel et blanc », il gagne de nombreux titres de champion de France sur 5 000 m, 10 000 m et marathon, obtient trois médailles d’argent olympiques et remporte le titre olympique du marathon à Melbourne en 1956. Parallèlement, des sprinteurs comme Jocelyn Delecour et Alain David remportent plusieurs titres nationaux sur 100 m et 200 m.
Modernisation et montée des sauts (années 1960-1970) Les années 1960-1970 voient la montée en puissance du sprint féminin et des sauts. Sylviane Telliez, sprinteuse du Racing, domine le sprint français et bat plusieurs records de France sur 100 m, 200 m et 60 m en salle, décrochant de nombreux titres nationaux et médailles européennes. En saut en longueur, Jack Pani puis Jacques Rousseau portent haut les couleurs du club. gauche|vignette|upright=0.7|Pierre Quinon en 1986.
L’âge d’or européen (années 1980) Les années 1980 sont souvent considérées comme l’âge d’or moderne du Racing Club de France Athlétisme. Le club remporte trois fois de suite le Championnat d'Europe des clubs champions d'athlétisme (1986, 1987, 1988), performance unique pour un club français.
Le groupe perche est particulièrement brillant, avec Thierry Vigneron et Pierre Quinon, qui figurent parmi les meilleurs perchistes mondiaux ; Quinon devient champion olympique en 1984 à Los Angeles. Le sprint masculin s’illustre grâce à Bruno Marie-Rose, recordman du monde du en salle (1987) et du relais (1990), plusieurs fois champion de France..
En lancers, le club accueille le lanceur de marteau Youri Sedykh, double champion olympique et recordman du monde ; la FFA rappelle qu’il a remporté des titres en France et influencé l’école française du marteau..
Transition, féminisation et recomposition (années 1990-2000) Les années 1990 correspondent à une phase de transition pour la section. Le Racing demeure un acteur majeur des interclubs et de la formation, tout en voyant passer plusieurs athlètes féminines de premier plan : Nathalie Simon (), Barbara Gourdet (), Frédérique Bangué (sprint) et surtout Christine Arron. gauche|vignette|upright=0.7|Christine Arron sous le maillot de l'équipe de France. Licenciée au Racing Club de France jusqu’en 1999., elle devient championne d’Europe du en 1998 (10 s 73, record d’Europe toujours en vigueur) et championne du monde du relais en 2003.
Le club reste également compétitif en demi-fond : le fondeur Atiq Naaji figure parmi les internationaux français du 5 000 m des années 1990...
Au début des années 2000, la perte de la concession de la Croix-Catelan au profit du groupe Lagardère entraîne une restructuration de l’omnisports et un recentrage de la section athlétisme sur d’autres sites parisiens (Poissonniers, Émile-Anthoine) et franciliens.
Un club formateur dans un athlétisme en mutation (années 2010-2020) Depuis les années 2010, le Racing Club de France Athlétisme se positionne comme un club formateur polyvalent, attaché à ses disciplines historiques et à la transmission de son patrimoine sportif..
Le club compte de nos jours sur de nombreux athlètes dit « élites » représentant le Racing à haut niveau national aussi bien lors des compétitions hors que en stade. Récemment, sur le plan collectif, les féminines du club ont remporté le MAIF Ekiden de Paris 2024 ()...
A retenir depuis 2024 concernant les performances du RCF :
Championnats de France Jeunes 2025 (Saint-Étienne) 2 qualifiés Racing CF : Amine Achour (cadet) sur 1 500 m Livia Filipozzi (junior) sur 400 m Championnats de France Open 2025 (Thonon-les-Bains) 2 qualifiées Racing CF : Marielle Bertin sur 1 500 m Camille Maire sur 1 500 m () Championnats de France Élite 2025 (Talence) Camille Maire sur 1 500 m : de sa série en 4 min 25 s 49
Meetings nationaux 2025 (piste) Meeting de Lyon : Camille Maire, Alix Vermeulen, Jordan Da Silva, Benjamin Hay Meeting de Troyes : Camille Maire Meeting de Nancy : Marielle Bertin Meeting de Marseille : Camille Maire Courses sur route Semi-marathon de Paris 2025 : Alix Vermeulen (3ème féminine française en 1 h 14 min 36 s) 10 km Paris Hoka 2024 : Camille Maire ( féminine en 34 min 25 s) Semi-Marathon de Porto (Portugal) : Lorea Irigaray ( féminine en 1 h 18 min 10s) Marseille–Cassis 2025 : Lorea Irigaray ( féminine en 1 h 15 min 06 s) 20 km de Paris 2025 : Alix Vermeulen ( féminine française en 1 h 11 min 18 s) Semi-marathon de Boulogne-Billancourt 2025 : Lorea Irigaray (8ème féminine en 1 h 15 min 29 s) 10 km Paris 17 2025 : Alix Vermeulen ( féminine en 34 min 58 s) 10 km Montmartre AG2R 2025 : Lorea Irigaray (1ère féminine en 36 min 32 s) Championnats de Paris - Cross Court 2026 : Laure Divanach (vainqueur) Semi-Marathon de Biarritz : Lorea Irigaray (1ère féminine en 1 h 22 m 14 s)
Infrastructures et lieux d’entraînement Historiquement, la section athlétisme s’est appuyée sur des sites devenus emblématiques :
Croix-Catelan (Bois de Boulogne) : site historique, avec piste en herbe et chalet ; lieu des premiers championnats de France et de certaines épreuves olympiques de 1900.. Stade départemental Yves-du-Manoir (Colombes) : ancien stade olympique des Jeux de 1924, utilisé comme grand stade d’athlétisme et d’entraînement pour le Racing depuis le début du . Stade Émile-Anthoine (Paris ) : stade urbain proche de la tour Eiffel, fréquenté par les groupes de demi-fond, de sprint et les jeunes catégories. Stade des Poissonniers (Paris ) : équipement principal de la section au , doté d’une piste synthétique, où s’entraînent une grande partie des groupes (école d’athlétisme, sprint, sauts, lancers, demi-fond).
Organisation et fonctionnement La section athlétisme est intégrée à l’omnisports du Racing Club de France mais dispose d’une organisation propre (comité de section, encadrement technique, équipes dirigeantes). Elle structure la pratique autour de plusieurs pôles :
sprint et haies ; sauts (longueur, triple saut, hauteur, perche) ; lancers (poids, disque, marteau, javelot) ; demi-fond et fond ; cross-country et hors-stade ; école d’athlétisme (jeunes catégories).
Les entraîneurs sont titulaires de diplômes fédéraux ; la section propose des parcours allant du loisir à la compétition nationale, en lien avec les compétitions de la FFA (championnats, interclubs, challenges).
Palmarès
Palmarès global D’après les données communiquées par le club et reprises par la littérature sportive, le Racing Club de France Athlétisme totalise : 831 titres de champion de France individuels ; 47 titres aux championnats de France interclubs ; 25 médailles olympiques obtenues par des athlètes licenciés au club ; 23 médailles aux championnats du monde ; 54 médailles aux championnats d’Europe ; 3 titres de champion d’Europe des clubs (1986, 1987, 1988).
Jeux olympiques (sélection)