La forêt de Chaux est une forêt située à l'est de la ville de Dole dans les départements du Jura et du Doubs93 % de la forêt est dans le département du Jura et 7 % dans celui du Doubs. Elle constitue l'un des plus vastes massifs de feuillus de France et particulièrement de chênes.
Présentation Elle est la deuxième plus vaste forêt feuillue de France avec ses (environ de long × de large), après la forêt d'Orléans. La partie domaniale, en son centre, avec ses est au des forêts de métropole. Chaux constitue un des rares grands massifs conservé presque d'un seul tenant. On y trouve le plus grand « cercle inhabité » du département du Jura, avec environ de rayon..
La forêt est découpée en parcelles par forestières, sommières et laies. Plusieurs routes dont certaines à circulation réglementée la traversent ainsi que la voie ferrée Paris-Lausanne. Un camp militaire a été aménagé près de la maison forestière la Châteleine (, route du Grand contour), , démantelé et fermé.
Forêts domaniale et communales La forêt domaniale occupe le cœur du massif de Chaux ; elle se répartit entre communaux de villages périphériques. Le complément est constitué d'une ceinture de communales () qui résultent du cantonnement des droits d'usages au et de quelques forêts privées ( : Bois du Baron et Bois du Deffois). Seules deux enclaves, le village de La Vieille-Loye avec ses hameaux de la Motte et des Turots () et la clairière de la Vieille Verrerie rompent la continuité de la forêt. La quasi-totalité du massif est gérée par l'ONF.
Géographie Situation Les communes concernées sont Arc-et-Senans, Byans-sur-Doubs, Fourg, Liesle, Roset-Fluans, Villars-Saint-Georges, Augerans, Belmont, La Bretenière, Chatelay, Chissey-sur-Loue, Courtefontaine, Dole, Éclans-Nenon, Étrepigney, Falletans, Fraisans, Germigney, Lavans-lès-Dole, La Loye, Montbarrey, Our, Plumont, Rans, Rochefort-sur-Nenon, Salans, Santans, La Vieille-Loye, Villette-lès-Dole.
Géologie vignette|redresse|Carte géologique du Jura et des vallées de la Saône et du Rhône. La géologie de la forêt de Chaux hérite en grande partie de l'ancien cours de l'Aar-Doubs, modifié notamment par les mouvements alpins. En effet, le Rhin et l'Aar n'ont pas toujours emprunté le fossé rhénan en direction de la mer du Nord. Entre le Pliocène et le Villafranchien, les rivières alpines Aar et Doubs, par une circonvolution empruntant le cours du Doubs, venaient se jeter dans la plaine bressane. La forêt occupe les restes du vaste delta Pliocène de l’ancien Aar-Doubs qui se jetait dans le lac de la Bresse sous forme d’un glacis faiblement incliné nord-est/sud-ouest. Le sous-sol est principalement constitué d’un puissant ensemble de cailloutis, communs à la forêt de Chaux et au Sundgau, cimentés dans une pâte argileuse à fortes variations locales et très généralement surmontés de limons. Ces cailloutis n'affleurent que sur les pentes ou en fond de vallonsBulletin de l'Association française pour l'étude du Quaternaire, Jura et Vosges, Rapport de M. Campy ; Guides géologiques régionaux, Jura, M. Chauve.
Hydrologie La nature du sous-sol et des sols conditionnent l'hydrologie souterraine et de surface et la distribution des groupements végétaux. Le plateau central est caractérisé par une nappe perchée intermittente alimentée par les pluies. La Clauge et son affluent, la Tanche, traversent la forêt d'est en ouest et constituent les principaux ruisseaux permanents de la forêt. Elle se confond avec son propre bassin d'alimentation et est drainée et irriguée par un dense chevelu de rus (ruisseaux) temporaires et souvent intermittents.
Le phréatisme hélocrène donne naissance à différents ruisseaux comme la Doulonne, les ruisseaux de Plumont, de la Bretenière, d’Our, de Bief, à Falletans, au nord et du ruisseau de Gouvenon, au sud. Situés aux marges de la forêt, ils drainent des bassins versants isolés et de faible taille. Également temporaires dans leur partie amont, ils confluent directement avec le Doubs entre Fraisans et Dole et avec la Loue entre Arc-et-Senans et Villette-les-Dole. Les portions non permanentes de nombreux ruisseaux du massif abritent parmi les plus riches peuplements d’hépatiques du réseau hydrographique franc-comtois.
Dans ce contexte forestier, les cours d'eau constituent un important facteur de diversification du milieu. La qualité des eaux est optimale et, compte tenu du contexte forestier, leurs caractéristiques morpho-dynamiques et biologiques sont tout à fait originales. Au côté d’espèces de vertébrés protégés et à forte valeur patrimoniale comme la très rare lotte de rivière, le chabot ou la lamproie de Planer, très abondante et dont les frayères sont ici parmi les plus spectaculaires du réseau hydrographique franc-comtois, figure des peuplements de petite faune aquatique à haut intérêt patrimonial régional. Dans la Clauge, ces biocénoses tirent leur originalité du mode d’alimentation des sources, de l’amplitude thermique et de l’apport foliaire. La particularité la plus remarque de ce territoire est la présence d'Arthroplea congener, espèce d'éphémère relictuelle, à la biologie originale et spécialisée dont la répartition est boréale, à l'exception d'autres stations ponctuelles et isolées en Allemagne, Suisse, Autriche, Pologne etc. Les autres mentions d'espèces remarquables portent sur la présence de trois espèces de plécoptères, Dyctiogenus ventralis, Capnia nigra et Zwicknia (Capnia) bifrons. La première peut-être considérée comme un témoin de l’ancien cours d’eau pliocène qui a fondé les parentés faunistiques actuelles du Doubs supérieur, de l’Aar, du Danube et du Rhin. La seconde, élective des litières de débris végétaux, est exclusives du site, à l’exception de deux stations sur le haut Drugeon et le haut Dessoubre. Ces ruisseaux abritent également la plus belle population franc-comtoise et de France.
Les cours supérieur et moyen de la Doulonne forment une vallée très particulière où les eaux courantes froides s'écoulent sur cailloutis siliceux plus grossiers que ceux de la Clauge et proviennent de sources intraforestières protégées de toutes pollutions. Ce ruisseau structure un vaste complexe de forêts humides (aulnaies, aulnaies-frênaies, aulnaies-érablières, chênaies pédonculées) à forte valeur patrimoniale ainsi que la lamproie de Planer et un riche cortège d’invertébrés benthiques inféodés aux conditions intraforestières et apparenté à celui de la Clauge supérieure. Dans la haute vallée des Doulonnes Capnia bifrons, élective d’eaux plus fraîches, remplace Capnia nigra.
Au nord du massif, un riche ensemble de vallons marécageux, donnant sur la vallée du Doubs entre Éclans-Nenon et Plumont, constituent un réseau de zones humides dominées par les aulnaies marécageuses : aulnaies-saulaies à sphaignes sur tourbe, aulnaies à crin végétal, aulnaies à laîche allongée, aulnaies à populage et grandes laîches. Cet ensemble de vallons abrite plusieurs espèces protégées : lamproie de Planer, sonneur à ventre jaune, osmonde royale, fougère des marais, carex faux-souchet. Une hygrométrie élevée permet la rencontre d’espèces montagnardes ou subatlantiques inhabituelles en plaine. Dans la forêt communale de Liesle, un réseau de mares forestières installé sur des marnes assure une importante fonction de relais pour un riche cortège d’amphibiens. Elles sont colonisées en périphérie par des cariçaies, des aulnaies-frênaies amphibies abritant une très belle station de fougère des marais. La chênaie pédonculée-frênaie complète ces ensembles végétaux.
Sources Le réseau hydrographique dense est à l'origine de bon nombre de sources permanentes, réputées potables, dont la plus connue des Dolois est la fontaine des Prés Bas ou fontaine Lecomte. Sur la commune d'Étrepigney, en parcourant le sentier du guêpier, on découvrira la fontaine de la Jourmaine. Aménagée en 1994, cette source fraîche (11°) et très peu minéralisée a un débit de 1800 l/h ; elle alimente le Bi des Mouilles, petit ruisseau coulant plus bas.
Nombreuses sont les sources confidentielles ne figurant pas sur les cartes au 1/25000.
Ruisseaux
Selon une étude financée par l'Europe (Life-Nature), il y avait en 2006-2007 de cours d'eau (dont seulement en régime permanent), avec : de ruisseaux curés ou rectifiés (contribuant à sur-drainer la forêt) contenant du bois mort avec végétation inférieure à avec ripisylve de résineux purs pas ou peu d'espèces envahissantes sur les berges ou dans l'eau avec : (dont 930 présentant des berges dégradés) avec avec présence de cloisonnements busés et
Depuis, une partie des méandres antérieurement rectifiés ont été restaurés.
Historique vignette|La fragmentation forestière est un problème en forêt de Chaux ; fragmentée par se croisant à principaux, et une voie ferrée qui traverse le massif.
À partir du elle abrita une population composée de bûcherons-charbonniers, forgerons, laveurs d'écorce… 600 personnes y séjournaient encore au début du .
Les possibilités offertes par les ressources en bois de chauffage de la forêt de Chaux ont déterminé le choix de cet emplacement pour édifier la saline royale d'Arc-et-Senans en 1775.
Une importante verrerie a fonctionné à La Vieille-Loye de 1295 à 1931. Les forges de Rans et Fraisans furent implantées à proximité immédiate.
Écologie La forêt est classée zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type II (sur un peu plus de )Informations environnementales de la DREAL de Franche-Comté, avec carte. La quasi-totalité du massif est classé zone de protection spéciale (ZPS) du réseau Natura 2000, pour les oiseaux. du massif sont classés au titre de la directive habitat du réseau Natura 2000 pour sa partie dénommée « Vallons forestiers, rivières, ruisseaux, milieux humides et temporaires de la forêt de Chaux ». Une étude (ONF, 2006-2007) ayant montré qu'une partie importante du réseau des ruisseaux a été drainée après guerre, dans le cadre de travaux dits d'assainissement des milieux hydromorphes ou qu'ils ont été dégradés par des aménagements divers. Ceci a contribué à diminuer l'inertie hydraulique du milieu et à rendre la forêt plus vulnérable aux sécheresses et donc au dérèglement climatique. L'ONF et l'Université de Franche-Comté ont mis en place un plan de restauration des ruisseaux de tête de bassin et de leurs méandres, financé par le programme Life, dit « Ruisseaux de tête de Bassin et faune patrimoniale associée ». Les ruisseaux qui avaient été rectifiés et plus ou moins canalisés ont été renaturés, en forçant l'eau à retrouver le cours des anciens méandres, au moyen de techniques douces de génie écologique (conservation des embâcles naturels et poses de bouchons (barrages) et contre-bouchons de terre sur les ruisseaux rectifiés). Ces travaux (2007-2008) ont porté leurs fruits. Le régime hydrique et l'effet tampon ayant été confirmé par une étude piézométrique (écoulement prolongé d'une semaine au printemps, et poches d'eau conservées 3 semaines de plus dans l'année). La faune invertébrée en bénéficie déjà après quelques dizaines de moisV. Pereira et E. Lucot ; Restauration des ruisseaux temporaires et de la réserve en eau des sols de la forêt de Chaux (39) ; Zones humides Info, , trim 2010Auge Vincent (ONF) ; Comment réduire l'impact de l'exploitation forestière et des travaux mécanisés sur le réseau hydrographique ? Le Schéma de desserte et d'exploitatabilité « orienté eau », ONF-LIFE Ruisseaux, 81 pLavez R ; Spécificités des cours d'eau forestiers, y compris temporaires. Synthèse bibliographique, 27 p..
Flore et phytosociologie Le vaste ensemble feuillu collinéen de Chaux abritent 8 principaux groupements forestiers :