La Bolivie devient officiellement un État après la déclaration d'indépendance du 6 août 1825.
L'histoire du pays est influencée par les différentes populations et civilisations qui s'y sont succédé auparavant, sur au moins deux millénaires avant l'arrivée des conquérants espagnols, ce qui en fait un État pluriethnique riche de traditions, vieux de trois siècles de colonisation espagnole.
La population de l'État plurinational de Bolivie serait en 2024 d'environ , sans comptabiliser migrations et diasporas. Avant 1525 : peuples indigènes La datation du premier peuplement des Amériques est encore largement sujette à débat. La plupart des théories indiquent que l'actuel territoire de la Bolivie fut peuplé par des tribus nomades, vivant de la chasse et de la cueillette, qui auraient traversé le détroit de Béring pour coloniser progressivement toute l'Amérique. On donne alors une date de peuplement comprise entre 10 000 av. J.-C. et 20 000 av. J.-C., voire bien avant. Certaines autres théories donnent une origine océanienne aux premiers habitants sud-américains.
La première grande culture apparue sur l'actuel territoire bolivien fut la civilisation de Tiwanaku, dont la formation remonterait à la fin du , à l'extrême sud du lac Titicaca. Son développement s'est accéléré à partir du , puis elle disparaît vers 1200 probablement à cause d'une grande sécheresse. À son apogée, son influence s'étend jusqu'au sud du Pérou et au nord du Chili, couvrant principalement les régions andines. La culture de Chavín, dont la période formative remonte au au Pérou, s'est étendue jusque dans l'Altiplano bolivien au cours du Elle a marqué la région pendant des siècles par son rayonnement culturel, lequel a perduré encore après son extinction, vers l'an 200 av. J.-C.
D'autres cultures contemporaines des Tiwanakus, comme les Moxos au sud-est du pays et les , au nord de l'actuelle La Paz, se sont développées en Bolivie et éteintes durant le .
Vers 1450, les Quechuas arrivent dans la région nord du pays et rattachent le territoire qui correspond aujourd'hui à la Bolivie à leur propre empire inca. Ils contrôlent ce territoire jusqu'à ce que les conquistadors espagnols, arrivés en 1525, commencent leur conquête en 1539.
Galerie
Période coloniale espagnole (1530c-1830c)
Intéressés par tous les objets en or que possèdent les indigènes, les Espagnols se mettent à la recherche des différentes mines du pays. Beaucoup de colons arrivent alors pour profiter de cette richesse. À Potosí, ils ont appris l'existence du Cerro Rico (montagne à richesse), la montagne qui domine la ville, grâce à un Indien du nom de . Cette montagne contient énormément d'argent d'où, entre 1545 et 1802, on extrait environ de minerai. La richesse de l'Empire espagnol provient principalement de cet argent. Certains historiens pensent qu'une partie de cet argent se trouve au fond de la mer sans pouvoir quantifier ces pertes. En effet, durant leur traversée, les bateaux pouvaient perdre leur cargaison à cause des tempêtes. Un certain nombre a également coulé.
La Bolivie, appelée Haut-Pérou ou Charcas, fait partie de la vice-royauté du Pérou jusqu'en 1779 après quoi elle relève de celle du Río de la Plata.
Durant plusieurs années les Espagnols ont conquis et fondé les différentes villes qui composent la Bolivie (les départements ne seront créés que lors de l'indépendance). Francisco Pizarro envoie, en 1538, son frère Gonzalo à la conquête de Charcas et Collao.
En 1546, peu de temps après la découverte de la Cerro Rico, et fondent la ville de Potosí. Le , c'est La Paz qui est fondée par sur ordre de Pedro de la Gasca. Vient ensuite la ville de Santa Cruz de la Sierra dans le Sud-Est de Charcas, fondée par Ñuflo de Chaves en 1561.
Par la suite, en 1561, la ville de La Plata (Sucre de nos jours) accueille l'Audience de Charcas, l'autorité judiciaire suprême du Haut-Pérou ; ils discutent notamment de la création d'un nouveau centre administratif depuis lequel ils pourront tout contrôler.
En 1566, Tristán de Tejada et arrivent à Trinidad (Beni).
La ville de Cochabamba est fondée par l'Espagnol Sebastián Barba de Padilla le janvier 1574. Manuel Castro et Padilla arrivent à Oruro en 1606.
Durant leur conquête, les Espagnols prennent le contrôle du peuple indigène par la force. Ils imposent leurs propres lois, culture et religion. Aucun indigène ne peut occuper un poste au gouvernement, même celui qui naît de parents espagnols ne peut accéder à un poste important. En raison de toutes les répressions qu'endure le peuple, à partir de 1780, une série de révoltes commencent à inquiéter la vice-royauté du Pérou et l'Audience de Charcas.
Un an plus tard, le , les Chayantas se révoltent violemment. Parmi eux, trois frères, Tomás, Damaso et Nicolás, prennent le contrôle de l'armée et soumettent la mine d'Aullagas à un siège. Parmi les révoltes les plus dramatiques, celle menée par Túpac Katari laissera une trace importante dans l'histoire de la Bolivie. En effet, lui et ceux qui l'accompagnent encerclent La Paz pour en bloquer tout accès et cela durant 109 jours, alors que les habitants de La Paz ne peuvent y survivre longtemps sans importation de produits frais. Les chefs de ces révoltes sont tués par les Espagnols le . Les morceaux du corps de Túpac Katari sont ensuite pendus dans les places de chaque ville importante pour couper court à toute velléité de révolte.
En 1809, un groupe de révolutionnaires de La Paz, dirigé par Pedro Domingo Murillo, proclame l'indépendance du Haut-Pérou.
: indépendance (1809-1825) De 1809 à 1825, ce n'est pas seulement la Bolivie qui fait la guerre pour obtenir son indépendance mais toute l'Amérique du Sud, de nombreuses guerres se déroulent sur tout le continent. Sous l'impulsion des Libertadors tels que Simón Bolívar, Antonio José de Sucre, José de San Martín, Bernardo O'Higgins et José Gervasio Artigas, les pays d'Amérique du Sud obtiennent leur indépendance. Celle de la Bolivie est proclamée le après la victoire de Sucre à la bataille d'Ayacucho, le 9 décembre 1824. La constitution bolivienne est écrite par Simón Bolívar et pour lui faire honneur, le pays prend le nom de Bolivie le . Petite galerie de l'indépendance bolivienne
après l'indépendance thumb|300px|Illustration montrant les parties de territoire perdues durant les différentes guerres. L'indépendance du pays ne rétablit cependant pas la stabilité politique. En effet, le second président de Bolivie, Antonio José de Sucre, élu le , est expulsé du pays alors qu'il est au pouvoir depuis seulement deux ans. Lui succède alors le personnage le plus marquant de l'histoire bolivienne, le maréchal Andrés de Santa Cruz.
Après avoir servi dans l'armée espagnole, il rejoint la cause indépendantiste et sert sous Sucre pendant la campagne d'Équateur (bataille de Pichincha) puis il participe aux campagnes du Pérou et livre la bataille de Zepita. Intrigant, ambitieux il a de grands projets pour la Bolivie, dont il compte faire la principale puissance régionale. À cette fin, il s'immisce dans les guerres civiles qui déchirent le Pérou et finit par envahir purement et simplement ce pays, qu'il fait fusionner avec la Bolivie le dans le cadre de la Confédération péruvio-bolivienne, dont il se décerne le titre de protecteur suprême.
Cette Confédération est perçue comme une menace par l'Argentine et le Chili qui décident d'y mettre un terme manu-militari. Les armées argentines sont battues par les troupes boliviennes commandées par le général d'origine allemande Otto Philipp Braun ; quant à la première expédition chilienne, elle est contrainte de capituler en rase campagne. La Confédération triomphe et cette période est considérée comme la plus faste et la plus glorieuse de l'histoire bolivienne sur le plan géopolitique. En effet, pour la première et la dernière fois de son histoire, la Bolivie est la puissance majeure de la région.
Cependant, une seconde expédition chilienne, appuyée par des opposants péruviens remporte la bataille décisive de Yungay en 1839, provoquant l'effondrement définitif de la Confédération. Renonçant à ses rêves de grandeurs, Santa Cruz part en exil et ne reviendra jamais en Bolivie. thumb|Bataille d'Ingavi. La débâcle de la Confédération est suivie par une période de chaos politique dont profite le Pérou pour envahir à son tour la Bolivie. Le danger est écarté par José Ballivián qui écrase les envahisseurs à la bataille d'IngaviGuerre péruano-bolivienne de 1841. le . Il devient président de la Bolivie jusqu'en 1847 et offre au pays une période de stabilité et de répit.
Cela ne dure pas et durant les 30 années qui suivent, révolutions, guerres civiles, coups d'État et changements de gouvernement se succèdent, plongeant le pays dans un chaos et une instabilité chronique préjudiciables à ses intérêts économiques et au bien-être de ses habitants.
La faiblesse de la Bolivie se fait ressentir durant la guerre du Pacifique (1879-1884) lorsqu'elle perd son unique accès à la mer et une partie de ses mines de nitrate au profit du Chili. Cette guerre est déclenchée à cause d'un conflit avec celui-ci sur le désert d'Atacama. Ce désert contient d'énormes ressources de nitrate. Le Chili s'empare alors du port bolivien d'Antofagasta, début d'une guerre désastreuse, à l'issue de laquelle la Bolivie perd la province d'Atacama.
Une augmentation mondiale du prix de l'argent ramène, vers la fin du , une stabilité économique et politique en Bolivie. Durant le début du , l'étain remplace l'argent et devient la source de richesse la plus importante du pays.
Le La guerre civile opposant les conservateurs aux libéraux s’achève en 1899 avec la victoire de ces derniers ; commence alors une ère libérale qui durera jusqu'en 1920. Un système d'instruction publique se développe, accompagné d'un anticléricalisme modéré : le catholicisme perd en 1906 son statut de seule religion reconnue par l’État et le mariage civil est adopté en 1911. Le libéralisme bolivien perd cependant nettement de son caractère progressiste pour coexister avec les intérêts des nouvelles fortunes de l'étain (l'ère libérale est parfois aussi considérée comme l'ère de l'étain, la production de celui-ci ayant considérablement augmentée), des propriétaires terriens et de l'armée. Inspiré par l'exemple de la révolution libérale menée par Eloy Alfaro en Équateur, un nouveau libéralisme vas s'organiser en parti républicain et manifester quelques préoccupations sociales contre la domination de l'oligarchie libérale.thumb|Le Chaco entre la Bolivie et le Paraguay. Le début du est marqué par un conflit avec le Brésil, dans la région d'Acre, en Amazonie, qui tourne au désavantage de la Bolivie; celle-ci est contrainte de céder le territoire contesté par le traité de Petrópolis signé le .
Les conditions de vie des indigènes restent déplorables. Forcés de travailler dans les mines, ils n'ont pas accès à l'éducation, ont peu d'influence sur la politique et n'arrivent pas à faire des économies. Ils sont par ailleurs soumis à une stricte ségrégation. Les quartiers aisés des villes du pays leur sont interdits : quiconque en croise un est en droit de le déshabiller, de le frapper et de l'expulser. Ils sont en outre privés du statut de citoyen et du droit de vote. La population rurale est soumise au servage (trois jours de travail gratuit en échange du droit de cultiver une modeste parcelle)..
La défaite de la Bolivie contre le Paraguay dans la guerre du Chaco (1932-1935) marque un tournant important. Dans cette guerre, la Bolivie a subi d'énormes pertes humaines et a perdu une grande partie de son territoire (plus de ). À la suite de ce conflit, le contexte nationaliste dans le pays conduisit à nationaliser certaines ressources, dont la première nationalisation des hydrocarbures, qui concerna la firme américaine Standard Oil en 1937.
Révolution de 1952