Ronald Michael Francis Junior, dit Ron Francis, (né le à Sault Ste. Marie ville de la province de l’Ontario au Canada) est un joueur professionnel de hockey sur glace de la Ligue nationale de hockey. Il remporte au cours de sa carrière la coupe Stanley à deux reprises avec les Penguins de Pittsburgh en 1990-1991 et 1991-1992. Connu également pour son état d’esprit, il remporte à trois reprises le trophée Lady Byng et voit son maillot frappé du numéro 10 retiré par les Hurricanes de la Caroline en . Il est admis au Temple de la renommée du hockey en 2007. Depuis début , il fait partie de l'organisation des Hurricanes dont il est nommé directeur général le .
Biographie Ses débuts Francis fait ses débuts au hockey à l'âge de trois ans et, comme pour de nombreux Canadiens, son quotidien est marqué par le hockey sur glace. Grandement encouragé et accompagné par son père, il commence à comprendre l'importance égale de marquer un but et d'empêcher l'adversaire d'en inscrire. Il rêve alors de la Ligue nationale de hockey et de la coupe Stanley.
Après avoir joué une saison avec le Legion de Sault-Sainte-Marie en 1979-1980, Ron Francis commence sa carrière junior en jouant pour les Greyhounds toujours dans sa ville natale dans la Ligue de hockey de l'Ontario en 1980-1981. En tant que recrueLe terme « recrue » désigne un joueur dans sa première saison professionnelle, le terme anglais utilisé est celui de « ». de l'équipe, il inscrit soixante-neuf points en soixante-quatre matchs, soit une moyenne supérieure à un point par match. À la fin de la saison régulière, les Greyhounds comptent le plus haut total de points avec quatre-vingt-seize et sont donc qualifiés pour les séries éliminatoires ; ils parviennent à la finale de la Coupe J.-Ross-Robertson mais perdent neuf points à trois contre les Rangers de Kitchener.
Il participe au cours de l'été 1981 au repêchage d'entréeLe terme « repêchage » est un terme canadien correspondant à l'anglicisme et désigne un événement annuel présent dans tous les sports collectifs nord-américains, comparable à une bourse aux joueurs, où les équipes sélectionnent des sportifs issus de l'université, de l'école secondaire ou d'une autre ligue, voire d'une autre équipe. dans la Ligue nationale de hockey. En 1981, les Whalers de Hartford en sont à leur troisième saison dans la LNH, après avoir débuté en 1972-1973 dans l'Association mondiale de hockey. Les Whalers souhaitent repêcher Bobby Carpenter, joueur qui évolue encore dans le championnat mais les Capitals de Washington le choisissant en tant que troisième choix ; les Whalers se rabattent sur un joueur plus discret, Ron Francis, afin d'essayer de combler le départ à la retraite de Gordie Howe.
Au lieu de rejoindre les rangs de la LNH, il commence la saison suivante dans la LHO ; après vingt-cinq rencontres dans la LHO, il est appelé à faire ses débuts dans la LNH avec les Whalers de Hartford. Il est par la suite intronisé au sein du temple interne de l'équipe des comme membre d'honneur puis son numéro, le 10, est « retiré »Une équipe peut rendre un hommage à un joueur en décidant de « retirer un maillot ». Ainsi, une réplique du chandail est accrochée dans l'aréna de l'équipe et nul autre joueur ne pourra jamais jouer un match de l'équipe avec le numéro en question dans le dos. par son équipe junior.
Avec les Whalers thumb|alt=Photo de l'intérieur du Hartford Civic Center avec au premier plan, la bannière de champion de la division Adams 1986-87 des Whalers de Hartford et les 6 maillots retirés de ces mêmes Whalers : de gauche à droite, les numéros 19, 11, 10, 9, 5 et 2.|Les bannières accrochées au plafond de l'Hartford Civic Center.
Francis est donc ainsi appelé pour jouer dans la LNH le alors qu'il est le meilleur pointeur de la LHO ; malgré son bon total de points, soixante-huit points en cinquante-six rencontres, les Whalers sont éliminés de la course aux séries de la Coupe Stanley. Il est le meilleur pointeur des Whalers lors de la saison 1982-1983 mais l'équipe manque une troisième année de suite les séries. Au cours de la saison, en , il participe au Match des étoiles de la LNH. Le , les Whalers remportent leur centième victoire dans la LNH depuis leur début, 6-3 contre les Sabres de Buffalo, avec le but vainqueurLors d'un match de hockey, le but vainqueur est celui qui assure la victoire : par exemple, lors d'une victoire 5-2, le but vainqueur est le troisième de l'équipe gagnante. inscrit par Francis. Le , Francis inscrit quatre buts lors d'une victoire 11-0 contre les Oilers d'Edmonton mais à la fin de la saison, les Whalers manquent une nouvelle fois les séries éliminatoires.
En , après avoir participé pour la deuxième fois au Match des étoiles de la LNH et inscrit un but, il est nommé capitaine de l'équipe Meilleur pointeur de son équipe à la fin de la saison, il ne parvient pas à l'aider à se qualifier pour les séries. Après la fin de la saison, Ron Francis est sélectionné pour jouer avec l'équipe du Canada ; il participe ainsi au championnat du monde de 1985 qui se joue alors en Tchécoslovaquie à Prague. L'équipe finit à la deuxième place du classement général derrière les joueurs locaux. Il remporte alors son unique médaille d'argent. Francis joue au total les dix matchs de son pays pour deux buts, cinq passes et deux minutes de pénalités.
En 1985-1986, il est le troisième pointeur de la formation, deux points derrière Sylvain Turgeon et à égalité avec Ray Ferraro mais jouant moins de matchs que ses deux coéquipiers. En effet, le , il se casse la cheville et doit manquer dix-sept rencontres, dont le Match des étoiles de la LNH qui se joue à Harford et pour lequel il est sélectionné. Pour la première fois depuis son entrée dans la LNH, Francis participe aux séries éliminatoires ; après avoir passé les Nordiques de Québec en trois matchs lors du premier tour, les Whalers chutent au deuxième tour contre les Canadiens de Montréal et en sept matchs. L'équipe parvient une nouvelle fois à se qualifier pour les séries 1987 en finissant à la première place de la division. Mais les espoirs des Whalers s'arrêtent tôt, l'équipe perdant cette fois au premier tour des séries 2-4 contre Québec.
Au total dans sa carrière, Francis partage pendant douze ans la chambre de Ulf Samuelsson ; après les matchs, ils ont l'habitude de parler de leur rêve de remporter une coupe Stanley. Malgré tout, au cours des saisons qui suivent, ils ne parviennent pas à concrétiser leur rêve puisque le scénario est le même, l'équipe se qualifie pour les séries éliminatoires mais est éliminée dès le premier tour des séries : par les Canadiens en 1987-1988 et 1988-1989 puis par les Bruins de Boston en 1989-1990. Au cours de toutes ses saisons, Francis est présent lors de dates importantes de l'équipe : il inscrit le but vainqueur pour la des siens le , puis celui pour la le contre les Blues de Saint-Louis. Au total, il reste dix ans au sein de la franchise, dont il est le capitaine pendant plus de cinq saisons. Il quitte la franchise à la suite d'un différend avec les dirigeants : Eddie Johnston, le directeur général des Whalers, et Rick Ley, entraîneur pour la saison 1990-1991, le tiennent responsable de la mauvaise passe de l'équipe. Ley décide de retirer le titre de capitaine à Ron Francis ; après lui avoir annoncé la nouvelle en tête à tête dans son bureau, il lui demande de ne pas divulguer les raisons aux autres joueurs. Finalement, les rumeurs commençant à circuler, Francis décide d'expliquer les réelles motivations de sa direction.
L'histoire entre les Whalers et Francis prend fin le au cours d'un échange impliquant Grant Jennings, Ulf Samuelsson et Francis contre John Cullen, Jeff Parker et Zarley Zalapski, tous les trois joueurs des Penguins de Pittsburgh Biographie de Ron Francis sur http://hurricanes.nhl.com/.
Avec les Penguins thumb|right|alt=Photo des bannières de champion 1991 des Penguins de Pittsburgh.|Les bannières accrochées dans le Mellon Arena et commémorant les titres de 1991.
La première coupe Stanley
Francis rejoint l'équipe des Penguins qui compte déjà dans ses rangs des joueurs offensifs de centre comme Mario Lemieux, Kevin Stevens ou encore Jaromír Jágr. L'équipe s'appuie sur une défense dirigée par Paul Coffey et Phil Bourque mais également par Tom Barrasso qui remporte vingt-sept des quarante-huit matchs qu'il joue, un record pour l'équipe des Penguins depuis sa création. L'impact de Francis et de Samuelsson est immédiat puisque les Penguins qui venaient d'enchaîner cinq défaites, remportent les quatre rencontres suivantes ; ils finissent la saison avec neuf victoires et deux matchs nuls sur quatorze rencontres disputées. Les Penguins terminent au premier rang de leur division, la division Patrick, mais ils finissent tout de même à douze points des Bruins de Boston — champions de la association Prince de Galles — et à dix-huit points des Blackhawks de Chicago — champions sur la saison régulière avec cent-six points. Au cours des séries, les Penguins écartent les Devils du New Jersey en sept matchs puis les Capitals de Washington 4 matchs à 2 et enfin les Bruins de Boston avant de rencontrer les North Stars du Minnesota en finale de la Coupe Stanley.
Lors du sixième et dernier match de la série, les Penguins remportent la victoire sur le score de 8 buts à 0. Au cours de la dernière pause du match, Bob Johnson, l'entraîneur de l'équipe, fait alors un discours pour essayer de faire descendre la tension du match, le score étant déjà de 6 à 0 pour les Penguins. Pour une des premières fois de sa carrière, ses joueurs l'entendent alors jurer en leur demandant de ne pas gâcher leur opportunité de devenir « champion du monde »Le terme champion du monde est trompeur puisqu'il ne désigne pas le fait de remporter le titre de champion de monde mais bel et bien de remporter la Coupe Stanley. L'utilisation de ce terme par Johnson démontre un sentiment répandu des personnalités de la LNH de considérer le titre de champion de la Coupe Stanley comme le titre de champion du monde.. Finalement, les Penguins soulèvent leur première coupe Stanley en inscrivant deux buts de plus et terminent par un blanchissage de BarrassoUn gardien de but effectue un blanchissage quand il réussit à ne concéder aucun but durant tout le match. Il faut également qu'il soit le seul gardien de l'équipe à avoir joué.. L'équipe parvient à remporter la coupe tout en perdant à chaque fois le premier match des séries. Le score de 8–0 du dernier match de la finale est le score le plus élevé pour un match de la finale depuis le 23–2 infligé par les Silver Seven d'Ottawa aux Nuggets de Dawson City lors de la finale de 1905.
La deuxième coupe Stanley
Champions en titre, les Penguins commencent la nouvelle saison en tant que favoris même s'ils perdent leur entraîneur, Johnson qui meurt le et Scotty Bowman prend sa place derrière le banc de l'équipe. Francis manque le début de la saison de l'équipe n'arrivant pas à s'entendre avec les dirigeants de la franchise sur son contrat ; finalement, ce dernier est signé fin octobre et représente un salaire de 4,1 millions de dollars sur cinq saisons. Il termine sa saison avec cinquante-quatre points en soixante-dix rencontres.