L’étang de Virelles, aussi appelé par les locaux « Lac de Virelles », est un étang semi-naturel situé en Belgique, à 3km au nord-est de Chimay dans la botte du Hainaut. Couvrant une superficie de 130 hectares, la réserve naturelle agrée qui comprend l’étang de 80 hectares est un lieu agréable offrant divers aménagements afin de faire découvrir au mieux la nature et ses différents aspects, autant aux naturalistes aguerris qu’aux promeneurs inexpérimentés.

Accès L’accès à l’étang de Virelles se fait par l’Aquascope, 42 rue du Lac, 6461 Virelles.

La façon la plus facile de s’y rendre est en voiture. Il est également possible de s’y rendre en bus mais ceux-ci sont peu nombreux.

Géographie et hydrographie L’étang de Virelles se situe au cœur du territoire de l’Entre-Sambre-et-Meuse, dans la dépression de la Fagne à la limite de la Calestienne. Il est alimenté par une dizaine de cours d’eau dont le principal est le Ry Nicolas. Le trop-plein de l’étang se déverse dans l’Eau Blanche, au pied du bois de Blaimont.

La réserve naturelle représente alors un milieu rare et diversifié. De fait, sur un territoire d’environ 130 hectares, se trouvent rassemblés plusieurs milieux devenus très rares en Belgique. Notamment : l’une des plus vastes roselières de Wallonie, une aulnaie marécageuse et des lambeaux de prairies humides.

Cet ensemble de biotopes uniques jouxtant l’étang, cerné de forêts et de prairies constitue un paysage de grande qualité ainsi qu’une rencontre entre deux milieux naturels permettant l’hébergement d’un grand nombre de plantes et d’animaux. En effet, la faune et la flore adaptées à chaque milieu y cohabitent et s’y ajoutent des espèces propres à ces zones de transition..

Histoire

L’origine A l’origine, l’emplacement de l’étang de Virelles était une cuvette marécageuse alimentée par plusieurs petits ruisseaux. La création de cet étang semi-naturel a eu lieu en 1410 lors du développement de la métallurgie. Le but était alors d’alimenter la forge et sa roue à aubes installée au déversoir de l’étang qui furent rapidement rejointes par une deuxième forge en aval du déversoir.

En plus de ces forges, deux industries gravitaient autour de l’étang. Le Moulin « à s’corces », lieu où l’écorçage du chêne était pratiqué au printemps, et la tannerie..

L’exploitation ancienne de l’étang L’étang bien qu’il restât relativement sauvage, était également un lieu de divertissement pour les Princes de Chimay, alors propriétaires.

Lors de la cessation des forges, à la fin du siècle, les Princes de Chimay louèrent le site pour la pêche et la chasse. Le sentier des Princes, encore existant aujourd’hui, longe l’étang sur toutes ses rives est et nord et permettait, à l’époque, aux chasseurs de repérer les canards et de se dissimuler. L’étang de Virelles ayant toujours été très poissonneux, les Virellois copièrent une recette espagnole a base de sauce vinaigrée afin de conserver plus longtemps le poisson. Cette recette appelée escavèche est encore aujourd’hui une spécialité de la région de Chimay.

Pour Virelles et ses environs, l’étang jouait un rôle considérable dans la vie quotidienne des habitants, autant en hiver lorsque celui-ci était pris par les glaces qu’en été en tant que lieu de délassement. Il était également le siège d’activités agro-pastorales telles qu’une vannerie qui utilisait les joncs, l’osier sauvage et les noisetiers de l’étang, ainsi que des fauchages de certaines plantes pour les besoins personnels des paysans des environs. Ces fauchages ont d’ailleurs, sans le savoir, permis à de nombreuses espèces végétales et animales devenues très rares à l’heure actuelle de s’installer..

Divers aménagements vont peu à peu défigurer et dégrader le milieu : restaurants, embarcadères, plages aménagées pour la baignade ou bétonnées. De plus en plus d’embarcations sillonnent l’étang : barques, pédalos, voiliers et même canots à moteur.

Ces aménagements, le nombre croissant de touristes peu respectueux et l’introduction d’espèces néfastes pour les espèces indigènes ont favorisé la disparition des plantes et des animaux plus sensibles..

Le sauvetage du site À la fin de 1981, le site est alors à louer ou à vendre. C’est là une menace car c’est la porte d’entrée pour d’éventuels projets de lotissement et d’aménagements touristiques à grande échelle.

S’intéressant depuis longtemps au domaine et aux enjeux qu’il représente, trois associations de protection de la nature se sont associées afin de conserver le domaine. Les moyens financiers des associations étant limités, la Générale de Banque, devenue BNP Paribas Fortis depuis, a accepté de les aider à acquérir le site et de le leur céder sous forme de bail emphytéotique et ce pour une période de 99 ans.

De la coopération de ces trois associations est né le Conseil de Gestion du Lac de Virelles dont les principaux objectifs sont :

préserver la richesse biologique du site ; restaurer les zones naturelles dégradées et assurer le maintien de la qualité des eaux ; promouvoir un tourisme compatible avec la protection du site et développer un centre d’éducation à la nature..

Développement de Virelles Nature Avec ces changements, l’ASBL Virelles Nature a été créé afin d’être chargé de la gestion du domaine suivant trois axes : la conservation, la sensibilisation et le tourisme.

Pendant plusieurs années, les changements effectués sur le site ont été progressifs afin de mettre en place une phase de transition sans pour autant vouloir faire table rase du passé. Des mesures ont donc été prises afin de faire un compromis entre tourisme et préservation. La pêche à la ligne a pu continuer ainsi que la voile et les barques mais seulement un tiers de l’étang était accessible à ceux-ci. Peu à peu ces activités se sont arrêtées et le club de voile présent sur le site a décidé de migrer vers les Lacs de l’Eau d’Heure.

L’infrastructure touristique devenant obsolète et les moyens financiers étant maigres, il y a eu une décision d’épuration en ajoutant tout de même un mirador, une plaine de jeu, un barbecue ainsi que des panneaux didactiques le long de la promenade. A l’époque, la petite équipe de 4-5 personnes a mis en place des activités de prévention et d’animation que l’on peut encore retrouver aujourd’hui telles que des visites guidées, des visites de groupes et des stages. La fréquentation du site était alors importante et avoisinait les 45 000 à 65 000 visiteurs par an.

Début des années 2000, après une régression touristique et une diminution de la fréquentation expliquées par une concurrence importante, un public plus exigeant et des infrastructures vieillissantes, la décision a été prise d’intensifier l’activité, en particulier avec l’accueil des scolaires et la création des aubes sauvages.

Pour redynamiser le site, des budgets plus importants étaient alors nécessaires et après plusieurs projets n’ayant pas vu le jour, le projet de l’Aquascope est né.

L’Aquascope Grâce au projet européen Phasing Out et à Electrabel, le projet de l’Aquascope a pu voir le jour en 2004. L’idée est alors de placer le bâtiment au milieu du site avec d’un coté une zone de loisir et de l’autre une zone de découverte de la nature sur la rive sud.

Ce bâtiment représente le nouveau visage de Virelles Nature et démontre une volonté de regrouper, sous une même appellation, les différents secteurs présents sur le site c’est-à-dire l’animation, l’ethnobotanique, le tourisme et bien évidemment la conservation. Les objectifs de préservation, de sensibilisation et touristiques restent toujours bien présents. L’Aquascope propose, à travers 2 parcours, un à l’extérieur et un à l’intérieur du bâtiment, de découvrir la nature.

La réserve Bien que l’environnement de Virelles ait subi une série de dégradations, la création d’une réserve naturelle restait intéressante dû d’une part à sa situation de zone humide de premier intérêt en Wallonie, et d’autre part à la diversité et la richesse biologique présentes sur le site grâce à sa position sur deux régions de sous-sol de natures très différentes.

Plan de gestion En 1988, un plan de gestion scientifique fut mis en place avec comme principe majeur que tout aménagement quel qu’il soit, doit être compatible avec le maintien de la faune et de la flore en ayant pour originalité de vouloir concilier tourisme et protection de la nature.

Le domaine est alors divisé en trois zones :

La réserve intégrale où on laisse les milieux évoluer naturellement La réserve dirigée où des travaux sont menés afin de maintenir les milieux dans un stade déterminé Le parc où l’on privilégie l’accueil du public tout en appliquant un mode de gestion respectueux de l’environnement.}.

Maintien des milieux semi-naturels 3 milieux semi-naturels sont présents à Virelles :

Cariçaies et prairies humides Cette grande zone ouverte qui se situe derrière la grande roselière était jadis fauchée et s’est réduite petit à petit face au développement de la forêt. Le fauchage a donc été remis en place afin de permettre l’installation d’espèces plus petites telles que la grenouille rousse, la marouette ponctuée et la rousserolle verderolle..

Le pré de fagne Ce fragment de prairie est typique de la fagne et grâce au défrichement de la forêt primitive, il favorise la reconstitution d’associations végétales typiques de ces sols schisteux. On y constate le retour de plantes disparues depuis longtemps telles que la succise des prés, la molinie et l’orchis de Fuchs mais également d’espèces animales telles que des lézards vivipares et des orvets..

La grande roselière Pauvre en espèces végétales, la roselière principalement composée de roseau est très riche sur le plan ornithologique. Par sa superficie d’environ 10 hectares, la grande roselière constitue un des derniers sites importants de reproduction en Wallonie pour certaines espèces telles que le grand butor ou le busard des roseaux..

Conservation du patrimoine naturel

Pollution et déséquilibre au sein de l’étang         Avant les années 2000, l’étang de Virelles subissait plusieurs sources de pollution. Tout d’abord, les eaux usées provenant des installations touristiques étaient rejetées directement dans l’étang ainsi que les égouts de certaines habitations du village. Il y avait aussi une certaine pollution agricole générée par certains des agriculteurs travaillant en amont de l’étang.

Ces différentes formes de pollution ont mené à une destruction de la végétation aquatique et à la disparition de certaines espèces d’oiseaux d’eau telles que les hérons ou le butor étoilé.

Il y avait également un déséquilibre dans la population de poisson. Pendant les années 1950 et 1960, l’étang était géré en pisciculture semi-intensive. Les carpes et les brèmes ont alors pris le dessus et consommaient toute la nourriture disponible de l’étang. La végétation ne s’implantait plus et les petits poissons se faisaient rares..

Les réactions

Eliminer les sources de pollution Les eaux usées provenant des installations touristiques sont maintenant collectées dans des fosses de récupération qui sont vidangées régulièrement et les maisons dont les égouts se déversaient dans les fosses de l’étang sont maintenant raccordées au réseau d’égouttage communal.

La vidange de l’étang Milieu des années 1980, il a été décidé de renouer avec la pratique régulière de la vidange qui répond à plusieurs objectifs :

La constitution d’un nouvel équilibre de la population piscicole La lutte contre l’eutrophisation et le comblement progressif de l’étang La remise en état des ouvrages de vidange.

La charte de l’Étang de Virelles Une charte de l’étang de Virelles a été créée à l’intention de tous les intervenants de l’étang et ce pour sensibiliser les riverains (agriculteurs ou habitants) ainsi que les personnes travaillant et gravitant autour de Virelles Nature.

Le plan de gestion