Jacques Peirotes, né le à Strasbourg et mort le à Lichtenberg, est un homme politique socialiste français et allemand, maire de Strasbourg de 1919 à 1929Danièle Voldman, La reconstruction des villes françaises de 1940 à 1954 – Histoire d'une politique, éd. L'Harmattan, 1997, , 382 et député du Bas-Rhin de 1924 à 1932.
Biographie vignette|gauche|Peirotes vu par Jacques Gachot en 1919 Le jeune Jacques-Laurent Peirotes, fils d'un ouvrier menuisier travaillant à l'usine de locomotives de Graffenstaden, apprend le métier de typographe tout en se lançant dans la vie politique. Dès 1900, il est rédacteur de la Freie Presse (la Presse libre) qui était un organe du Parti social-démocrate allemand (SPD) d'Alsace-Lorraine qu'il avait rejoint en 1895. En 1902, il en devient directeur politique. En 1913, le journal tire à .
Il entre au conseill municipal de Strasbourg en 1902 et est élu conseiller du canton sud du Kreis Straßburg (Stadt) (arrondissement de Strasbourg-Ville) en 1903. Il est aussi député à la deuxième chambre du Landtag d'Alsace-Lorraine, de 1911 à 1918. Il est ensuite élu député, sur la circonscription No. 3 (Colmar), au Reichstag de 1911 à 1918 pour le SPDKaiserliches Statistisches Amt (ed.): Die Reichstagswahlen von 1912. No. 2. Berlin: Puttkammer & Mühlbrecht, 1913, (série de publications = Statistik des Deutschen Reichs; vol. 250). Au Reichstag, il a pris la parole dans le débat sur l'incident de Saverne.
Quand la guerre éclate en 1914, il est exilé par les autorités allemandes à Hanovre et . Il fait publier Neutral oder Französisch (Neutre ou français). De retour à la fin de la guerre, il a l'habileté de neutraliser les comités de soldats et d'ouvriersJacques Fortier, , Les Dernières Nouvelles d'Alsace, . , consulté le .. Il siège en tant que président de la Commission municipale de Strasbourg du 10 au .
Alors que la révolution vient d’éclore à Strasbourg, Jacques Peirotes, à la suite de la démission de Schwander, est élu maire le . Tandis que la salle du conseil municipal est occupée par les soviets qui forment un gouvernement révolutionnaire composé de 120 représentants, Peirotes rassemble le conseil municipal en salle des commissions, et est élu à l’unanimité. Le gouvernement révolutionnaire siège dans la salle de la cour d’assises du Tribunal au 1 quai Finkmatt. Deux exécutifs rivaux coexistent. Vers midi, le conseil municipal, Peirotes en tête, quitte l’Hôtel de ville de la rue Brûlée pour se rendre place Kléber. Il y proclame la République, devant la statue du général Kléber, sans plus de précision. Dans le même temps, le « soviet de Strasbourg » proclame une « République d'Alsace-Lorraine » (Republik Elsaß-Lothringen). Pendant dix jours, Jacques Peirotes doit composer avec les éléments révolutionnaires, civils et militaires. Il siège en même temps dans les deux gouvernements : au Conseil d'ouvriers et de soldats et au Gouvernement provisoire désigné par le Landtag devenu « Conseil national » (Nationalrat).
Élu maire de Strasbourg en 1919 et réélu en 1925, il crée un office municipal d'habitat bon marché qui construit sociaux en dix ans. Il est battu en 1929 par une coalition de communistes et d'autonomistes qui porte Charles Hueber à la mairie.
Il est inhumé au cimetière Saint-Gall de Strasbourg (Koenigshoffen)Strasbourg-Koenigshoffen. Cimetière Saint-Gall, Ville de Strasbourg, 2008, .
Postérité
Le nom de Jacques Peirotes a été donné à une rue de Strasbourg (Quartier Suisse), où un monument orné d'une plaque en bronze réalisée par le sculpteur Alfred Marzolff honore sa mémoire« Jacques Peirotes », in Les statues de Strasbourg, Éditions Coprur, Strasbourg, .
Son monument funéraire au cimetière Saint-Gall de Strasbourg (Koenigshoffen) porte la même plaque.
Notes et références
Annexes Bibliographie Léon Strauss, Jean-Claude Richez et François Igersheim, Jacques Peirotes (1869-1935) : Député maire de Strasbourg (catalogue de l'exposition tenue du 20 au aux Salons Ricard), Alsace, culture et démocratie, Strasbourg, 1985, 20 p. Jean-Claude Richez, Léon Strauss, François Igersheim, Stéphane Jonas, 1869-1935, Jacques Peirotes et le socialisme en Alsace, BF Éditions, Strasbourg, 1989, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, notice de Léon Strauss, vol. 29,
Articles connexes Révolution de 1918 en Alsace-Lorraine Eugène Ricklin
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