Marcelle Pardé, née le à Bourgoin (actuelle commune de Bourgoin-JallieuArchives départementales de l'Isère, registres de l'État-civil :) et morte le à Ravensbrück, est une déportée résistanteJournal officiel de la République française du 25 février 1996 française, cheffe de la Section Bourgogne du réseau de renseignement Brutus.

Biographie vignette|Collège Marcelle-Pardé à Dijon. Marcelle Pardé sort de l'École normale supérieure de Sèvres en 1914, en pleine guerre. Se mettant au service des hôpitaux militaires dans l'École de Sèvres même, elle se retrouve finalement près de sa famille à Chaumont où elle est nommée au lycée de garçons. Elle passe alors ses loisirs à agir comme infirmière à l'hôpital militaire local. . Cette proximité lui fait s'intéresser aux États-Unis et accepter en 1919 un poste d'enseignement du français au collège Bryn Mawr en Pennsylvanie, . Elle peut alors profiter d'une liberté exceptionnelle pour une femme de sa génération, se promenant régulièrement à cheval et apprenant à conduire une voiture. , elle obtient en 1932 la bourse Albert Kahn pour mener une enquête sur l'état des écoles françaises au Moyen-Orient. Cette mission la conduira en Espagne, en Égypte, en Palestine, au Liban, en Syrie, et en Perse. Elle gagne Bagdad et parcourt la Perse en auto de la mer Caspienne à l'Océan Indien. Au retour, un grave accès de paludisme la retient plusieurs semaines à Alep. Elle revient par l'Asie Mineure (Turquie), Constantinople, la Yougoslavie et l'Autriche. Après une période de convalescence, elle devient directrice du lycée de jeunes filles Edgar-Quinet à Bourg-en-Bresse en 1932Bourg se souvient, , paragraphe "Lycée Pardé". puis directrice du lycée de filles de Dijon en 1935. . Le gouvernement français lui confie une mission délicate de renseignement et de propagande française en Turquie en 1939. gauche|vignette|Carte d'enregistrement de Marcelle Pardé à Buchenwald puis Ravensbrück. Peu de temps après son retour de mission en , elle cherche à se rendre utile à la France puis après juin à la Résistance. Elle parvient finalement à s'engager dans les Forces françaises combattantes en liaison directe avec Londres en . Dès 1943, elle est lieutenante au sein du réseau Brutus, coordonnant la collecte de renseignements militaires et coordonnant avec d'autres unités résistantes. À la suite d'arrestations effectuées à Paris en , elle est arrêtée le avec sa fidèle secrétaire Simone Plessis, résistante de la première heure et déportée avec elle par le « convoi des 57000 » le à Ravensbrück"Livre Mémorial des Déportés de France" de la Fondation pour la mémoire de la déportation Tome 3 MemorialGenWeb.org - Marcelle PARDÉ, où Marcelle Pardé meurt d'épuisement, de famine et de maladie en . Selon des témoignages de survivantes, elle fut, pendant les quelques mois qui lui restaient à vivre, le soutien spirituel du camp, empêchant ses sœurs prisonnières de sombrer dans l'abrutissement bestial complet en organisant des causeries diverses et cultivées. Sa promotion à la Légion d'honneur du souligne l'exemple qu'elle donna à Ravensbrück

En , Denis Couillard de Lespinay, un petit neveu canadien de Marcelle Pardé publiait aux éditions À LA UNE de Chaumont sa première biographie complète, résultat de 10 ans de recherche en archives publiques et privées. 67 collaborateurs dans 8 pays aidèrent à dépouiller 76 fonds d’archives et à réaliser et retrouver de nombreuses entrevues de témoins importants. La publication de 224 pages comprend 200 illustrations, 550 notes, une bibliographie et un index|url=https://a-la-une-librairie.fr/produit/marcelle-parde/.

Famille Marcelle Pardé est la sœur d'Isabelle Pardé (1900-1993), artiste-peintreCercle Généalogique de Haute-Marne, "Isabelle Pardé", Leurs ancêtres étaient Haut-Marnais, 2004., et de Maurice Pardé (1893-1973), éminent potamologue de renommée internationale. Parmi ses neveux, Emile Pardé (fils de Maurice) s'est engagé dans le maquis de l'Oisans où il a été tué, le , lors de l'attaque du Poursollethttp://www.maquisdeloisans.fr/wp-content/uploads/2016/12/Biographie-dEmile-Pard%C3%A9-V2.pdf. Son petit-neveu Philippe Couillard est Premier ministre du Québec entre 2014 et 2018.

Distinctions Marcelle Pardé est récipiendaire, à titre posthume, des décorations suivantes : (décret du ) (1946) (décret du ) En 2002, Marcelle Pardé se vit également octroyer le titre de « Gardien de la Vie » par L'Association Française pour l'Hommage aux Justes en reconnaissance de son action déterminée pour la sauvegarde de ses élèves juives lors de ses années de résistance à l'occupation.

Hommages En 1945, le Collège de Bryn Mawr créa une bourse « Marcelle Pardé » en mémoire de leur collègue. À la fin de la guerre, le lycée qu'elle dirige à Dijon prend son nom, avant que celui-ci devînt un collège en 1967. Le lycée professionnel issu de son lycée de Bourg-en-Bresse porte également son nomQui était Marcelle Pardé sur le site du lycée Marcelle-Pardé..

Notes et références

Bibliographie « Le Lycée pendant l'occupation (1939-1944) » in : Le Lycée de Jeunes Filles de Dijon, 1897-1967, par Marie-Jeanne Ormancey, ouvrage broché édité par le Collège Marcelle Pardé, coopérative scolaire, en 1998. Bulletin des Anciennes Élèves du Lycée Marcelle-Pardé de Dijon, année 1967 : une brève biographie (3 pages) écrite par une compagne de l'École de Sèvres de Pardé. Archives familiales de Hélène Pardé-Couillard, nièce de Marcelle Pardé. Hélène Pardé étudia elle-même à Bryn-Mawr en 1954-1955 en tant que boursière « Marcelle Pardé ». Les Femmes et la Résistance en Côte-d'Or, par le Collège Marcelle Pardé, 1991. Ravensbrückerinnen, par Sigrid Jacobeit en collaboration avec Elisabeth Brüman-Güdter, 1995.

Couillard, D. (2025), « Marcelle Pardé - Intellectuelle, Aventurière, Résistante », éditions À LA UNE, Chaumont, 224 p. Cet ouvrage est le fruit de dix ans de recherches par le petit neveu canadien de Marcelle Pardé, fils de sa nièce Hélène, et une équipe de collaborateurs.

Voir aussi

Liens externes

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