La Fédération allemande de football (en allemand : ; sigle : ) est une association regroupant les clubs de football d'Allemagne et organisant les compétitions nationales et les matchs internationaux de la sélection d'Allemagne dans toutes les catégories.

Fondée en 1900, la fédération allemande de football (DFB) est affiliée une première fois à la Fédération internationale de football association (FIFA) de 1904 jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Incorporée sous le régime du Reich mis en place en 1933 dans la Fédération des exercices physiques (Reichsbund für Leibesübungen), Service spécial football (Fachamt Fußball), la DFB se trouve vite réduite au simple rôle d'affiliation à la FIFA. En 1940, les dirigeants de la fédération allemande de football sont sans ressource et décident alors en assemblée générale de dissoudre la DFB. En 1945, la Fédération internationale de football association prononce des sanctions à la suite de la Seconde Guerre mondiale : elle interdit l'Allemagne de toute rencontre internationale et supprime le siège de membre de la fédération allemande de football (qui n'existe déjà plus) à la FIFA.

Remise sur pied à partir de peu de temps après la constitution de la RFA, la DFB retrouve son affiliation auprès de la FIFA en . Elle est membre de l'UEFA depuis sa création en 1954. Son siège se trouve à Francfort-sur-le-Main.

La fédération allemande compte plus de 7 millions de licenciés et équipes, répartis dans clubs environ. La DFB compte par ailleurs plus de licenciées, qui participent au sein de équipes consacrées au football féminin.

Le , la fédération allemande présente une mascotte officielle, un aigle à plumes noires et à bec jaune prénommé Paule.

Histoire

Les premières années thumb|upright=0.8|Timbre commémorant les 100 ans de la DFB en 2004.

1875 à 1900 À la fin du , le football pratiqué sur le sol allemand et en Europe est très différent du jeu pratiqué actuellement. Les règles sont fluctuantes d'une région à l'autre et, avant , adoptent quelquefois les règles du rugby (ainsi il est parfois possible de prendre le ballon à la main pour « marquer »). Il faut attendre les années 1860 pour voir les clubs anglais s'accorder sur les premières lois du jeu, qui ne s'imposent sur le continent que des années plus tard. En Allemagne, c'est vers 1890 que les premières associations sportives s'entendent pour organiser des compétitions communes, et les premiers championnats régionaux font leur apparition au sein de l'Empire allemand, constitué depuis 1871.

1900 à 1933 La DFB (Deutscher Fußball-Bund) est créée à Leipzig le par les représentants des 86 clubs fondateurs. L'objectif est de faciliter l'organisation des championnats régionaux tout en lançant une première division nationale, réunissant les meilleures équipes de l'Empire. Le vote établissant la DFB réunit 62 voix pour et 22 voix contre (soit 84 mandats en tout). Certains délégués représentaient plus d'un club, mais n'ont eu qu'une voix. D'autres délégués n'avaient pas de mandat de leur club pour voter. Ferdinand Hueppe, représentant du DFC Prague, est nommé président de la nouvelle fédération..

La DFB organise de nombreuses compétitions régionales allemandes et la première édition du championnat d'Allemagne au cours de l'année 1902 avec six équipes, championnes de leur championnat régional respectif : le Britannia Berlin, le Altonaer FC 1893, le Victoria Magdebourg, le Karlsruher FV, le DFC Prague (basé à Prague) et le VfB Leipzig, ce dernier remportant la compétition grâce à sa victoire en finale contre le DFC Prague (7-2) le au cours d'une rencontre disputée à Hambourg.

Bien qu'absente lors de la fondation de la Fédération internationale de football association (FIFA), la fédération allemande en devient le huitième membre (par télégramme) le , quelques mois plus tard. Après avoir rejoint la fédération internationale, la fédération allemande doit refuser l'accès de ses championnats aux équipes qui ne sont pas sur son territoire ; c'est le DFC Prague qui est le club exclu le plus notable.

Le , l'équipe fédérale allemande dispute son premier match officiel à Bâle face à la Suisse.

Avant , l'Empire allemand était plus vaste que l'Allemagne actuelle, et comprenait l'Alsace-Lorraine et les provinces orientales. . Ainsi, les clubs de Bohême, qui faisait partie de l'Autriche-Hongrie, étaient considérés comme allemands. Par exemple, une équipe de Prague a été finaliste du championnat d’Allemagne. En revanche, les clubs de la minorité danoise du Schleswig du Nord n’ont pas voulu adhérer à la DFB. D'ailleurs après la Première Guerre mondiale, le Schleswig du Nord rejoint le Danemark par référendum. Suite aux changements de frontière dûs au traité de Versailles, la DFV adapte sa structure. La Sarre, Dantzig et le Memelland sont détachés de l'Allemagne alors que la Prusse-Orientale, quoique séparée du reste de la Prusse par le corridor de Dantzig continue à en faire partie.

1933 à 1945 Le rôle de la DFB et de ses représentants, comme Felix Linemann, sous le Troisième Reich, a été documenté par Niersbach Wolfgang et Rudi Michel dans 100 Jahre DFB et par Nils Havemann dans Fußball unterm Hakenkreuz. Selon la politique de Gleichschaltung, la DFB, avec ses nombreux membres issus de tous les partis politiques et ses structures régionales fortes par rapport aux faibles structures nationales, se soumet à des nouveaux dirigeants et aux nouveaux Gaue. Le , une réunion extraordinaire de la DFB a lieu à Berlin et dure 28 minutes. Linnemann est autorisé à l'unanimité à prendre toutes les mesures personnelles et matérielles afin d'intégrer la DFB dans le programme du commissaire aux sports du Reich et de procéder ainsi à une transformation décisive de la DFB. Puisque Linnemann suit les instructions de Hans von Tschammer und Osten et les met en œuvre sans résistance, les clubs établis sont autorisés à conserver leur nom (sauf quelques-uns qui ont été renommés ou nouvellement fondés) et ses anciens collègues sont restés au pouvoir. Il réussit également à faire en sorte qu'aucun nouveau venu du parti, à l'exception du chef du Gau Grand-Berlin Otto Glöckler, n'atteigne des postes de direction dans la nouvelle fédération de football.

Plus tard, le salut nazi est rendu obligatoire, et les marxistes et les juifs sont exclus. Les noms des juifs allemands sont effacés des archives de la DFB, comme celui de Gottfried Fuchs qui avait marqué dix buts pour l'Allemagne lors de la victoire 16-0 contre la Russie lors des Jeux olympiques de 1912 à Stockholm, devenant le meilleur buteur du tournoi, et établissant un record international.. En , quand l'ancien joueur et entraîneur de l'équipe nationale Sepp Herberger a demandé au vice-président de la DFB, Hermann Neuberger d'inviter Fuchs lors d'un match international face à la Russie à l'occasion du de la performance de Fuchs, le comité exécutif de la DFB a refusé, arguant que cela aurait créé un précédent malheureux (comme cela a été souligné, étant donné que Fuchs était le dernier ancien international allemand juif restant, la crainte de la DFB de créer un précédent était difficile à comprendre).

Une nouvelle organisation, le Deutscher Reichsbund für Leibesübungen (Fédération nationale-socialiste pour l'éducation physique), est établie et Linnemann est nommé chef de la Fachamt Fußball (section football). La DFB perd alors la plupart de ses fonctions et son rôle est réduit à son siège de membre à la FIFA, jusqu'à sa dissolution officielle en .

Sur le terrain, l'Allemagne obtient de bons résultats en , mais après une défaite 0-2 contre la Norvège en quart de finale des Jeux olympiques de 1936, en présence d'Adolf Hitler, la DFB et le football tombent en disgrâce. Le Reichsjugendführer Baldur von Schirach et les Jeunesses hitlériennes reprennent le football des moins de 16 ans des clubs à la suite d'un accord avec le Reichssportführer Hans von Tschammer und Osten, qui était responsable de tous les sports en Allemagne depuis , ce qui rend les responsables de la DFB encore plus impuissants. Candidate pour accueillir la Coupe du monde de football 1938, l'Allemagne essuie un revers lors du vote en août 1936 à Berlin en n'obtenant aucune voix. Elle ne renonce cependant pas : elle est la première à faire acte de candidature pour le mondial 1942, mais en 1939, en raison de la guerre qui vient d'être déclarée, les préparatifs pour la Coupe du monde de 1942 sont abandonnés par la FIFA avant même de choisir le pays hôte.

À la suite de l'Anschluss de , qui annexe l'Autriche à l'Allemagne, la Fédération autrichienne de football est intégrée à la DFB. Sepp Herberger, le nouvel entraîneur, est sommé de sélectionner en équipe d'Allemagne les meilleurs joueurs autrichiens. Le renfort des Autrichiens est inefficace, l'Allemagne est éliminée au premier tour de la Coupe du monde, ce qui affaiblit encore plus la position du football au sein de la politique nazie jusqu'à le rendre quasi insignifiant. Quatre allemands (Hans Jakob, Albin Kitzinger, Ludwig Goldbrunner, et Ernst Lehner) ont représenté l'Europe de l'Ouest lors d'un match amical de la FIFA le à Amsterdam, et deux autres (Kitzinger, et Anderl Kupfer) représentent une équipe continentale de la FIFA le à Londres. Pendant la guerre, après la dissolution de la DFB, l'Allemagne jouera des matchs internationaux jusqu'en .

1945 à 1963 Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les organisations allemandes sont dissoutes par les alliés. La FIFA décide en de bannir la DFB (qui n'existe plus) et la Fédération japonaise de football des compétitions internationales, tandis que la Fédération autrichienne de football retrouve son siège. Au niveau des instances internationales, les Allemands étaient cependant toujours représentés, notamment par Ivo Schricker, basé à Zurich, qui était secrétaire général de la FIFA de à . En , la Suisse demande à la FIFA de lever le bannissement contre les Allemands, mais cela est refusé dans un premier temps. Les clubs suisses jouent néanmoins contre des clubs allemands, mais doivent cesser en raison de protestations internationales. La sanction est finalement levée en , après l'intervention de la Fédération anglaise de football qui avait demandé à la FIFA l'autorisation de jouer des matchs contre des clubs allemands. La FIFA accepte le , deux semaines avant la fondation de la République fédérale d'Allemagne, l'organisation de matchs nécessitant l'autorisation des gouvernements militaires de l'époque. En raison de la partition en plusieurs zones d'occupation, la DFB, pourtant restaurée dès juillet 1949, retrouve sa pleine autorité légale à Stuttgart le avec l'adhésion de toutes les fédérations régionales ouest-allemandes. La Fédération sarroise de football du protectorat de Sarre, reconnue par la FIFA dès le , fait cependant exception et reste indépendante. Lors du congrès de la FIFA tenu le 22 juin avant la Coupe du monde de football 1950 au Brésil, l'Association suisse de football demande la réintégration de la DFB comme membre à part entière de la FIFA, demande accordée le à Bruxelles. Ainsi, l'Allemagne était dans l'impossibilité de s'inscrire pour la Coupe du monde de football 1950. L'équipe d'Allemagne dispute son premier match international d'après guerre en novembre 1950 contre la Suisse.

Au début de la division de l'Allemagne, l'Allemagne de l'Ouest revendique la souveraineté sur l'entièreté de l'Allemagne, mettant ainsi la RDA dans une position particulière. Ainsi, le Comité international olympique ne reconnait que le comité olympique de RFA et n'accorde qu'une reconnaissance provisoire à l'Allemagne de l'Est en , conduisant les deux Allemagnes à présenter une équipe unifiée d'Allemagne aux Jeux de 1956. La FIFA, qui accepte au contraire la réalité de plusieurs États allemands indépendants, reconnait pleinement la Fédération d'Allemagne de l'Est de football fondée en .