Louis-Alexandre Taschereau, né le à Québec et mort le dans cette même ville, est un avocat et homme politique québécois. Il est élu onze fois dans la circonscription de Montmorency., à partir de 1900. Il est le premier ministre du Québec, fonction qu'il exerce de 1920 à 1936. Il est en poste au moment de la Grande Dépression au Canada dans les années 1930..
Biographie Jeunesse et début de carrière Né à Québec le , fils de Jean-Thomas Taschereau, avocat et juge à la Cour suprême, et de Marie-Louise-Joséphine Caron, Louis-Alexandre Taschereau fait ses études au séminaire de Québec et à l'Université Laval, où il obtient un diplôme en droit. Il est admis au Barreau du Québec le .
En 1903, il devient conseiller du roi..
Après s'être lancé dans la vie politique, il sert comme chef lieutenant au sein du gouvernement libéral de Lomer Gouin. Il pratique sa profession au cabinet d'avocat de Charles Fitzpatrick et de Simon-Napoléon Parent. Il est également journaliste à l'Action libérale et président et vice-président de la Banque d'économie de Québec.
Il est bâtonnier du Québec de 1912 à 1913.
Son oncle Elzéar-Alexandre Taschereau. avait été archevêque de Québec et avait lui aussi pris ses distances avec les ultramontains.
Député au parlement québécois
Élu député à l'Assemblée législative du Québec pour la première fois en 1900, il devient plus tard le ministre des Travaux publics sous Lomer Gouin de 1907 à 1919. En 1919, il devient Procureur général de la province de Québec.
Premier ministre de la province de Québec
Développement économique et interventionnisme vignette|Adine Dionne, épouse de Louis-Alexandre Taschereau, vers 1900.|gaucheÉlu premier ministre en 1920, à une époque où l'économie nord-américaine commence à éprouver des difficultés qui mèneront finalement à la Grande Dépression, Taschereau encourage vigoureusement le développement, par l'entreprise privée, des ressources forestières et minérales importantes dans la région d'Ungava et du Nunavik que le Parlement du Canada avait ajoutée à la province de Québec.
Pendant la Grande Dépression (crise économique des années 1930), Taschereau se souciant de la précarité d'une partie de la population de la province, créera la première loi sur le chômage.
Un des premiers à prôner l'exploitation de l'énorme potentiel hydraulique des cours d'eau de la province de Québec de même qu'à tracer les voies à une nationalisation de l’hydroélectricité par l'établissement d'une commission provinciale d'enquête sur cette ressource, Taschereau comprend les limites du capital disponible dans un Canada peu peuplé, et travaille activement à attirer des investissements américains pour développer le potentiel industriel du Québec et tenter d'arrêter l'émigration massive vers les États-Unis.
Ses politiques mettent à l'épreuve la société agraire traditionnelle que la dominance et l'influence de l'Église catholique romaine avaient réussi à maintenir au Québec plus longtemps qu'ailleurs en Amérique du Nord. Les libéraux de Taschereau étaient principalement opposés aux nationalistes tels que Henri Bourassa, éditeur du quotidien Le Devoir, et le prêtre catholique Lionel Groulx, éditeur de L'Action canadienne-française.
Louis-Alexandre Taschereau instaure également le monopole du gouvernement du Québec sur la vente des vins et spiritueux durant l'ère de la prohibition aux États-Unis. Il crée les écoles des beaux-arts à Québec et Montréal et subventionné les œuvres scientifiques et littéraires.
Attentat manqué (1929) Le , lors de la 17 législature, un bâton de dynamite est découvert dans le bureau du premier ministre Taschereau à l'Assemblée législative. La mèche s'est éteinte d'elle-même avant d'atteindre la charge. Taschereau déclare à la Chambre qu'. Aucun suspect n'est jamais arrêté.
Le dossier des écoles juives Taschereau introduit une mesure en 1930 pour créer un conseil juif qui aurait permis une participation juive au plus haut conseil décisionnel en matière d'éducation au Québec, le Conseil de l'instruction publique du Québec. Trois écoles protestantes majoritairement fréquentées par des « Israélites » seraient devenues des écoles confessionnelles juives. En outre, une partie de la « taxe des neutres », jusqu'alors partagée également entre commissions scolaires catholiques et commissions scolaires protestantes, aurait été plutôt attribuée aux nouvelles écoles juives.
Les attaques verbales et journalistiques contre la population juive étaient fréquentes et souvent violentes dans une presse écrite qui voit dans la tentative de Taschereau de réformer le système confessionnel des écoles un exemple des juifs pour tenter de miner le christianisme. Résultat de cette opposition véhémente, la communauté juive est intimidée et n'insiste pas sur la question lorsque Taschereau est forcé de retirer le projet de loi et de proposer un compromis qu'il soumet d'abord à l'examen et à l'approbation de l'Église catholique romaine. Dans le projet de loi qui en résulte, les juifs sont renvoyés dans le système d'écoles protestantes, et le conseil juif n'a pas de pouvoir sauf celui de négocier une entente avec la commission scolaire protestante.
Dernier mandat vignette|gauche|Louis-Alexandre Taschereau (à droite) avec William Lyon Mackenzie King (au centre), premier ministre du Canada et Howard Ferguson (à gauche), premier ministre de l'Ontario, au cours d'une conférence Dominion-Provincial, le . Les élections de 1932 sont mouvementées. Le chef du Parti conservateur du Québec, le futur maire de Montréal, Camilien Houde, est considéré comme une forme de renouveau pour la province de Québec avec son attitude populiste. Toutefois, il perd ce scrutin malgré un suffrage au-dessus de 40 %. Le système parlementaire étant ce qu'il est, les libéraux réussissent à aller chercher plus de 70 comtés.
C'est alors que Houde entreprend de contester judiciairement le résultat des élections dans tous les comtés que les libéraux ont remportés, allant même jusqu'à financer les actions judiciaires entreprises. Mal lui en prit. Aussitôt la nouvelle session parlementaire ouverte, Taschereau fait voter une loi qui oblige les contestataires à payer de leur poche directement la procédure judiciaire. Étant donné que c'est en pleine période de la Grande Dépression, les gens n'ont pas nécessairement le montant demandé, ce qui tue dans l’œuf la tentative louable de Houde pour contester l'élection.
Son gouvernement crée un certain mécontentement au sein du Parti libéral. L'aile réformiste du parti quitte les libéraux pour former un nouveau parti, l'Action libérale nationale. Paul Gouin, le fils de Lomer Gouin et petit-fils d'Honoré Mercier, se joint à ce nouveau parti. L'Action libérale nationale fusionne plus tard avec le Parti conservateur du Québec afin de former l'Union nationale sous la houlette de Maurice Duplessis, qui devient célèbre en dénonçant publiquement la corruption du gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau devant le Comité des comptes publics de l'Assemblée législative.
Taschereau démissionne après que son frère Antoine ait avoué devant le Comité des comptes qu'il avait déposé sur son compte en banque personnel, les intérêts des fonds appartenant à l'Assemblée législative. L'élection de 1936 portant au pouvoir l'Union nationale met fin à un règne libéral de 40 ans.
La longévité de Taschereau en tant que premier ministre et membre du parlement québécois est remarquable. Il siège comme député pendant plus de 35 ans..
Mort quelques mois après son épouse, il est inhumé le dans le cimetière Notre-Dame-de-Belmont, à Québec.
Hommages et distinctions Louis-Alexandre Taschereau a reçu les distinctions suivantes .:
Ordres 50px Officier de la Légion d'honneur (1924) (1925) 50px Commandeur de l'Ordre de la Couronne de Belgique (1926) 50px Commandeur de la Légion d'honneur (1927) 50px Grand-croix de la Légion d'honneur (1934)
Titre honorifique Conseiller du roi ()
Titre de civilité Monsieur le bâtonnier
Doctorats honorifiques 1908 : doctorat en droit honoris causa de l'Université Laval 1921 : doctorat en droit honoris causa de l'Université de Toronto
Autres et toponymie Patron d'honneur des emprunts de la Victoire de 1939 à 1945 Président honoraire conjoint de la campagne nationale de la Croix-Rouge La municipalité de Taschereau a été nommée en son honneur en 1926. La circonscription provinciale de Taschereau a été nommée en son honneur en 1972. La rue Louis-Alexandre Taschereau a été nommée en son honneur, en 1996, dans la ville de Québec. Une plaque est présente au 425, Grande Allée Est à Québec de ce bâtiment patrimonial qui fut son ancienne résidence.
Galerie
Résultats électoraux Résultats électoraux de Louis-Alexandre Taschereau
Résultats électoraux du Parti libéral du Québec sous Taschereau
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Gouvernement Taschereau
Archives Le fonds d'archives de Louis-Alexandre Taschereau est conservé au centre d'archives de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Voir en ligne
Liens externes
«Duplessis — les comptes publics» — Épisode de la série télévisée diffusée en 1978 reconstituant les sessions du comité des comptes de 1936. Louis-Alexandre Taschereau — Ville de Montréal Louis-Alexandre Taschereau — Université d'Ottawa
Catégorie:Naissance en mars 1867 Catégorie:Naissance à Québec Catégorie:Décès en juillet 1952 Catégorie:Décès à Québec Catégorie:Décès à 85 ans Catégorie:Premier ministre du Québec Catégorie:Chef du Parti libéral du Québec Catégorie:Ministre des Finances et Trésorier du Québec Catégorie:Ministre des Travaux publics du Québec Catégorie:Ministre du Travail du Québec Catégorie:Ministre de la Justice et procureur général du Québec Catégorie:Ministre des Affaires municipales du Québec Catégorie:Député du Parti libéral du Québec à l'Assemblée nationale Catégorie:Personnalité liée à la ville de Québec Catégorie:Étudiant de l'Université Laval Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Chevalier de l'ordre de Léopold Catégorie:Personnage historique désigné du Québec Catégorie:Famille Taschereau Catégorie:Docteur honoris causa de l'Université Laval Catégorie:Bâtonnier québécois