Le massif du Luberon ou simplement le Luberon est un massif montagneux peu élevé qui s'étend d'est en ouest entre les départements des Alpes-de-Haute-Provence et de Vaucluse en France. La première mention du massif est antérieure au début de l'ère chrétienne (Louerionos). La forme moderne Luberon (ou Lubéron selon une graphie actuellement contestée) est attestée à partir du .

Le massif, comprenant notamment les montagnes du Grand et du Petit Luberon, mesure plus de soixante kilomètres de long pour une largeur de cinq kilomètres environ, et son point culminant est le Mourre Nègre, sommet arrondi qui s'élève à d'altitude, dans le Grand Luberon. L'hydrologie du relief comprend plusieurs rivières et sources et un seul plan d'eau, l'étang de la Bonde. Composé de roches du Mésozoïque comme du Tertiaire, majoritairement calcaire, le massif est riche en fossiles de la fin du secondaire, et comprend de nombreuses carrières.

Son climat de type méditerranéen lui apporte une saisonnalité très marquée des pluies et des températures qui favorise une grande variété d'écosystèmes, et par là une économie variée. Soumise à une émigration marquée sur le dernier quart du , la population connaît un habitat hétéroclite, dû principalement aux contraintes de l'activité agricole. Si ses flancs sont peuplés dès le Paléolithique et que ses ressources naturelles permettent aux populations périphériques de se développer, sa situation géographique ne prend une importance stratégique qu'au Moyen Âge et décline à l'époque moderne. Le massif se trouve désormais au cœur du parc naturel régional du Luberon et devient au fil du temps un lieu emblématique de la haute Provence, réputé au-delà des frontières de l'Hexagone.

Le massif connaît depuis son peuplement une forte activité agricole, notamment grâce à son vignoble, couvert par deux appellations d'origine contrôlée. Le tourisme s'est développé depuis l'époque contemporaine, alors que le commerce des marchés de Provence date de l'époque médiévale ; ces deux activités influent fortement sur l'économie de la région.

Toponymie La forme la plus ancienne connue du nom, Louerionos, est donnée par le géographe grec Strabon, qui écrivait à l'époque de l'empereur Auguste : « Les auteurs grecs les plus récents nomment les Salyens celto-ligures et leur attribuent tout le pays de plaine qui s'étend jusqu'au Louerion et au Rhône »Strabon, Géographie, 4,1,3, puis Léberon, présent dans un dictionnaire de 1743Dictionnaire Universel Francois Et Latin: Contenant La Signification Et La Definition Tant des mots de l'une & de l'autre Langue, avec leurs différens usages, que des termes propres de chaque Etat & de chaque Profession, Delaune, 1743 ou Leberon, déjà présent sur les cartes de Cassini (vers 1779), et dont on trouve des traces à partir de la deuxième moitié du Théodore de Bèze, Nicolas Des Gallars Histoire eccéesiastique des églises réformées au royaume de France, Volume 3, 1580, pages 366 et 370: Leberon Honoré Bouche, La chorographie ou description de Provence et l'histoire chronologique du mesme pays, Volume 2, 1664, page 225. Selon Bouche, le nom a été utilisé par Jules Raymond de Soliers, mort vers 1594. et jusque dans la deuxième moitié du J. E. Bertrand, Descriptions des arts et métiers, Volume 18, publié par 1781, page 308 Jean-Pierre Papon, Voyage littéraire de Provence: contenant tout ce qui peut donner une idée de ..., Barrois, 1780, page 96 et au début du , au moment de la création du département de Vaucluse Encyclopédie méthodique: ou par ordre de matières, Volume 23, 1809, page 696. Ce nom perdure jusqu'au milieu du Charles Martins, Du Spitzberg au Sahara: étapes d'un naturaliste : au Spitzberg, en Laponie ..., 1866, page 391. On trouve sur certaines cartes de géographie scolaires que l'on utilisait au milieu du le massif désigné sous le nom de Lébéron, mais il s'agit tout de même d'éditions parisiennes. La graphie « Luberon » se rencontre cependant déjà fin - début Charles-François Bouche, Essai sur l'histoire de Provence, suivi d'une notice des Provençaux célèbres, 1785, page 452. Il écrit Luberon, mais le corrige en appendix en Leberons. Maxime Pazzis, Mémoire statistique sur le département de Vaucluse, 1808, page 76. Il écrit Léberon avec une note sur l'usage de Luberon. et s'établit au début du Étienne de Jouy, L'hermite en province: ou, Observations sur les mœurs et les ..., Volume 3, 1820, pages 44, 130 Étienne de Jouy, Œuvres complètes d'Étienne Jouy: Avec des éclaircissements et des ..., Volume 9, 1823, pages 217, 290.

Des dictionnaires ou encyclopédies comme LarousseArticle « le Luberon ou le Lubéron » sur larousse.fr et Le Robert admettent les formes Luberon () ou Lubéron (). L'orthographe et la prononciation « Lubéron » sont toutefois à éviter au profit de Luberon.

Selon Charles Rostaing, le nom du Luberon serait basé sur une racine prélatine *Lup-, « hauteur », suivie du double suffixe -air-one, que l'on retrouve dans le nom du Cithéron, montagne de l'ancienne BéotieEssai sur la toponymie de la Provence et Dictionnaire étymologique des noms des lieux en France. Les Fénié reprennent cette explication, et expliquent le passage de [p] à [b] par l’attraction du provençal loba. Selon Pierre-Yves Lambert, Louernos est un mot celte, gaulois, qui signifie « renard », et se retrouve peut-être dans ce toponyme, ce qui en ferait le « mont aux renards ».

Parmi les étymologies fantaisistes, on trouve celle de « vallée des loups », peut-être liée à la présence de très nombreux loups dans le Luberon, qui attaquaient les troupeaux de moutons. Le dernier loup fut aperçu en 1922, cependant il semblerait que plusieurs meutes aient commencé à repeupler ce territoire depuis (cinq à six meutes en 2021 selon le parc régional du Luberon).

En occitan provençal, il est noté Leberon selon la norme classique ou Leberoun selon la norme mistralienne. Dans les deux cas, le e de la seconde syllabe se prononce é (Lébéroun). Dans son Trésor du Félibrige, Frédéric Mistral traduit le nom du massif en français en Léberon. Il précise en outre que les formes Liberoun (« Libéroun ») et Luberoun (« Lubéroun ») existent également en provençalF. Mistral, Trésor du Félibrige, tome 2, p. 496 . Toutes ces formes sont des variantes locales en Provence. Dans le sous-dialecte rhodanien du provençal, le -e avant une consonne se prononce parfois -œ selon les cas alors que dans la majeure partie de la Provence, le -e conserve sa prononciation en -é. Les orthographes modernes « Lubéron » et « Luberon » ne sont que le résultat d'un vestige des prononciations provençales, toutes deux valides selon l'endroit où l'on se situe en Provence.

Géographie Situation thumb|upright=1.5|Le massif du Luberon et ses environs.

Le massif du Luberon est un massif des Préalpes situé dans le sud-est de la France, à cheval entre les départements de Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence (région Provence-Alpes-Côte d'Azur), à au nord de Marseille. Il s'étend sur L'Atlas - Parc naturel régional du Luberon, Natura 2000, le site "massif du Luberon" d'est en ouest pour cinq kilomètres de largeur moyenne Arrêté n° 3455 portant approbation du Schéma départemental d'Analyse et de Couverture des Risques de Vaucluse : le .

Il est limité par le Calavon et les monts de Vaucluse au nord et la Durance au sudLe Luberon sur Wikimapia.

Quatre villes se sont développées autour de lui : Apt au nord, Cavaillon à l'ouest, Pertuis au sud et Manosque à l'est.

Topographie Ce massif comprend plusieurs « montagnes » : le Grand Luberon et le Petit Luberon en sont les principales. Il existe également un Luberon oriental dont les altitudes sont comprises entre 280 et à Bellevue L'Atlas - Parc naturel régional du Luberon, le relief et les pentes et qui correspond à la partie la plus à l'est du massif. Toutefois, de nombreuses cartes anciennes ou guides n'en font pas mention, ne parlant que du Grand et du Petit Luberon Maison de Provence, terre de tradition - Les massifs de la moyenne montagne ()Le Guide du routard, édition « Provence », 2001-2002.

C'est la rivière de l'Aiguebrun traversant le massif du nord au sud qui sépare le Petit Luberon du Grand Luberon. Celle-ci a creusé une combe que l'on nomme la combe de Lourmarin.

Le Grand Luberon, où culmine le Mourre Nègre (), est la partie principale du massif tant en taille qu'en longueur et largeur. Il est situé à l'est de la combe de Lourmarin, au sud de la sous-préfecture de Vaucluse Apt et des monts de Vaucluse, à l'ouest et au nord du lit de la Durance qui longe tout le massif d'est en ouest en partant de Manosque, descendant jusqu'à Pertuis et remontant jusqu'à Cavaillon.

thumb|upright=2.5|center|Le Grand Luberon, depuis le nord-ouest, avec en premier plan les vignes puis un hameau de la vallée du Calavon.

Le Petit Luberon, quant à lui, correspond au triangle Cavaillon, Apt, Lourmarin Carte de la zone Natura 2000 sur le Petit Luberon, au sud de la vallée du Calavon qui le sépare des monts de Vaucluse. Ce triangle, situé dans la partie du massif à l'ouest de la combe de Lourmarin, commence à une altitude de et culmine à une altitude de au Mourre de Cairas.

Accès et voies de communications thumb|left|upright=1.2|Cavaliers en Luberon (sur le chemin des cavaliers).

Le Luberon oriental et le Grand Luberon sont séparés par une voie de communication nord-sud : la , puis la .

Le Petit Luberon et le Grand Luberon sont également séparés par un axe de communication nord-sud : la qui relie Lourmarin à Apt, par le col du Pointu et la combe de Lourmarin. Une bifurcation par la permet de rejoindre Bonnieux.

right|thumb|Draille montant sur le Luberon au niveau de Robion.

Plusieurs chemins permettent la découverte du Luberon. Certains sont réservés aux marcheurs , VTTistes ou cavaliers Les chemins pour une découverte du Luberon.

D'autres sont ouverts ou semi-ouverts (restriction en période de sécheresse) à la circulation routière. Le « chemin des crêtes » et le « chemin des cavaliers » parcourent ainsi les sommets du Grand Luberon (dont le Mourre Nègre culminant à mètres et le Gros Collet à mètres). Accès par Lourmarin (ou variante par Cucuron ou Auribeau) joignant à la frontière départementale la route départementale de Vaucluse 33 qui devient 31 dans les Alpes-de-Haute-Provence. Une route équivalente existe sur le Petit Luberon passant par la forêt des cèdres, mais celle-ci est fermée à la circulation motorisée sur une grande partie de son tracé.

Hydrographie Le Calavon, dont la vallée se situe au nord du Petit Luberon, borde aussi une partie du Grand Luberon alors que la Durance contourne le massif par le sud.

L'Aigue Brun traverse le massif du nord au sud, de la commune de Sivergues vers celle de Lourmarin.

Sources

Un réseau de fissures et de galeries s'est creusé dans la roche calcaire du Petit Luberon (ainsi qu'une petite partie du Grand Luberon) sous l’action des eaux de pluie et d’infiltration (on parle d'un système karstique) Parc naturel régional du Luberon : le Petit Luberon. L’eau qui y circule alimente des sources, permanentes ou temporaires, en piémont du massif. Le massif est en relations hydrogéologiques avec l'aquifère de Vaucluse. De nombreux petits cours d'eau y prennent naissance puis se rejoignent pour se jeter dans le bassin collecteur de la Durance : les principaux ruisseaux sont l'Aigue Brun (Lourmarin), le Réal (Ménerbes), le Valadas (Oppède), le Boulon et l'Escalon (Robion), le Régalon (Mérindol), le Renard (Cabrières-d'Aigues) et le Laval (Cucuron).

Galeries drainantes

Importants réseaux de galeries drainantes à Cabrières-d'Avignon page sur des associations locales, Lauris Plaquette sur les journées du patrimoine et à Gordes au lieu-dit « le vallon ». Le Luberon compte des puits horizontaux datant de l'époque romaine appelés aussi « mines ».

Retenues et lac artificiels