Les () sont un sous-genre de mammifères périssodactyles africains de la famille des Équidés, reconnaissables à leur pelage rayé noir et blanc. On distingue trois espèces actuelles : le Zèbre de Grévy (Equus grevyi), le Zèbre des plaines (Equus quagga) et le Zèbre de montagne (Equus zebra). Les zèbres appartiennent au genre Equus qu’ils partagent avec les chevaux (du sous-genre Equus) et les ânes (du sous-genre Asinus), ces trois groupes constituant les seuls membres actuels de la famille des équidés. Les rayures des zèbres présentent des motifs variables, propres à chaque individu. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer leur fonction, la plus étayée suggérant qu’elles servent de protection contre les mouches piqueuses. Les zèbres vivent en Afrique de l'Est et en Afrique australe, dans des habitats variés tels que savanes, prairies, zones boisées, maquis et régions montagneuses.

Les zèbres se contentent de brouter les herbes au sol et peuvent subsister grâce à une végétation de moindre qualité. Leurs principaux prédateurs sont les lions ; ils fuient généralement lorsqu’ils sont menacés, mais peuvent aussi mordre et ruer. Le comportement social varie selon les espèces : les zèbres des plaines et de montagnes vivent dans des harems stables composés d’un mâle adulte, l’étalon, de plusieurs femelles adultes, les zébrelles et de leurs petits, zébreaux et zébrettes, tandis que le zèbre de Grévy vit seul ou en troupeaux éparses. Chez les espèces vivant en harem, les femelles adultes ne se reproduisent qu’avec l’étalon dominant, alors que les mâles du zèbre de Grévy établissent des territoires attirant les femelles, l’espèce étant polygynandre. Les zèbres communiquent à l’aide de divers vocalises, postures corporelles et expressions faciales. Le toilettage social renforce les liens sociaux des membres du groupe, chez les zèbres des plaines et de montagnes.

Leur pelage particulier fait des zèbres l’un des animaux les plus reconnaissables à l’esprit humain. Ils sont représentés dans l’art et les récits, aussi bien dans leur continent d’origine, qu’à travers le monde. Historiquement, ils ont été très recherchés par les collectionneurs d’animaux exotiques, mais contrairement aux chevaux et aux ânes, les zèbres n’ont jamais été complètement domestiqués. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe le zèbre de Grévy parmi les espèces en danger, le zèbre de montagnes comme vulnérable et le zèbre des plaines comme quasi menacé. Le Couagga (E. quagga quagga), une sous-espèce du zèbre des plaines, a disparu au XIXe siècle. Néanmoins, les zèbres sont présents dans de nombreuses aires protégées.

Étymologie et dénominations Le substantif masculin [consulté le 17 novembre 2016].Entrée , dans .Entrée [consulté le 17 novembre 2016]. « zèbre » () est un emprunt au portugais , substantif féminin lui-même probablement issu d'un latin vulgaire *, variation vernaculaire du latin (« cheval sauvage »), composé de (« cheval ») et de (« sauvage »).

En français, « zèbre » est attesté au début du : d'après le Trésor de la langue française informatisé, sa première occurrence (graphie : ) se trouve dans l’Histoire des choses plus mémorables advenues tant ez Indes orientales, que autres païs de la descouverte des Portugais de Pierre du Jarric, parue à Bordeaux en ..

Le portugais servait initialement à désigner un équidé sauvage, le zevro ou zebro, particulièrement abondant dans la péninsule Ibérique jusqu'au . En , la nature biologique précise de l'animal reste incertaine. Quatre hypothèses ont été avancées selon lesquelles le zebro ibérique serait : soit l'hydrontin (Equus hydruntinus), un onagre éteint ; soit l'ancêtre du Sorraia, une race chevaline portugaise ; soit un onagre moderne, introduit dans la péninsule Ibérique par les musulmans ; soit un équidé domestique errant, âne ou chevalOn peut voir, à ce sujet, le texte en espagnol de Martín Sarmiento..

Le petit du zèbre s'appelle le zébreau et la femelle du zèbre s'appelle la zébrelle. On rencontre aussi le terme zébresse ou zebrette.

On dit que le zèbre hennitMeyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad. comme le cheval mais le zèbre de Grévy brait, comme l'âne, on dit aussi qu'il jappe.

Liste alphabétique de noms vernaculaires ou des noms vulgaires attestésAttention aux appellations et traductions fantaisistes circulant sur l'Internet. en français. Note : certaines espèces ont plusieurs noms et, les classifications évoluant encore, certains noms scientifiques ont peut-être un autre synonyme valide. En gras, l'espèce la plus connue des francophones.

Dauw - Equus burchelli burchelliV.Eisenmann et C. de Giuli. Caractères distinctifs entre vrais zèbres (Equus zebra) et zèbres de Champman (Equus burchelli antiquorum) d'après l'étude de osseuses. Extrait de Mammalia. Lire ledocument .

Zèbre de Chapman - Equus quagga antiquorum Murray Wrobel, 2007. . Elsevier, 2007. . . Rechercher dans le document numérisé. Zèbre de Crawshay - Equus quagga crawshayi Zèbre de Grant - Equus quagga boehmi Zèbre de Grévy - Equus grevyi - Equus zebra et plus spécialement : Zèbre de montagne de Hartmann ou simplement zèbre de Hartmann - Equus zebra hartmannae Equus zebra ssp. hartmannae, UICN. Zèbre de montagne du Cap - Equus zebra zebra Equus zebra ssp. zebra, UICN. Zèbre des plaines (ou zèbre de Burchell) Equus burchelli, Banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada. - Equus quagga ou Equus burchelli Equus quagga, UICN. Zèbre de Selous - Equus quagga selousi Zèbre des steppes - Equus quagga Zèbre vrai - Equus zebra

Taxonomie et évolution

Les zèbres sont classés dans le genre Equus avec les chevaux et les ânes. Ces trois groupes sont les seuls membres vivants de la famille des Équidés. Le genre Equus est originaire d’Amérique du Nord, et le séquençage paléogénomique direct d’un os de métapode de cheval du Pléistocène moyen (700 000 ans) du Canada implique que l’ancêtre commun le plus récent des équidés vivants remonterait à environ 4,07 millions d’années (avec unintervalle de 4,0 à 4,5 Ma). Les chevaux se sont séparés des ânes et des zèbres à cette époque, et les équidés ont colonisé l’Eurasie et l’Afrique il y a environ 2,1 à 3,4 mya. Les zèbres et les ânes se sont différenciés il y a environ 2 Ma, le zèbre des montagnes il y a 1,6 Ma et le zèbre des plaines et le zèbre de Grévy se sont séparés il y a 1,4 Ma.

Une étude de l’ADN mitochondrial de 2017 a placé le Equus ovodovi eurasien et le sous-genre Sussemionus plus proches des zèbres que des ânes.

Cependant, d’autres études ont contesté cette position, estimant que la lignée Sussemionus serait basale par rapport au groupe zèbres+ânes, tout en suggérant que cette lignée aurait pu recevoir du flux génétique provenant des zèbres..

Aujourd’hui, il est relativement accepté que les zèbres forment un sous-genre bien distinct de celui des chevaux (Equus) et des ânes (Asinus), cependant ce ne fut pas toujours le cas et on a longtemps pensé que le « zèbre » n’était pas une entité zoologiquement distincte, mais un modèle issue de la convergence évolutive : ainsi, là où le zèbre des plaines et le zèbre des montagnes étaient traditionnellement placés dans le sous-genre Hippotigris (C. H. Smith, 1841), le zèbre de Grévy fut placé dans un sous-genre à part : Dolichohippus (Heller, 1912); dont il était la seule espèce.

Dans une étude menée en 2004 Groves et Bell ont placé les trois espèces au sein du même sous-genre Hippotigris. Cette idée fut confirmée par une nouvelle étude phylogénétique menée 2013, qui a montré que le zèbre des plaines est plus étroitement lié au zèbre de Grévy qu’au zèbre des montagnes. Des résultats encore soutenues par des preuves moléculaires confirmant que les zèbres forment une lignée monophylétique. Le éteint avait été initialement classé comme une espèce distincte. Des études génétiques ultérieures l’ont placé comme la même espèce que le zèbre des plaines, soit comme une sous-espèce, soit comme la population la plus méridionale.

Phylogénie Le cladogramme du genre Equus ci-dessous est basé sur Vilstrup (2013) et Jónsson (2014).

Espèces actuelles sticky header + Espèce et auteur Caractéristiques Distribution Sous-espèces Equus grevyi Zèbre de Grévy Oustalet, 1882 100px|centré Crâne fin et allongé, cou robuste et oreilles coniques ; rayures étroites, croupe concentrique, ventre et base de la queue blancs, ligne blanche autour du museau cendré. Longueur du corps : de 2,5 à 3 m Longueur de la queue : de 38 à 75 cm Hauteur au garrot : de 125 à 160 cm Poids : de 352 à 450 kg. Nombre de chromosomes : 46. Afrique de l'Est incluant la Corne de l'Afrique ; milieux arides et semi-arides. Monotypique Equus quagga Zèbre des plaines Boddaert, 1785 100px|centré Corps épais, jambes relativement courtes, profil crânien avec front saillant et nez plus rentré ; rayures larges, horizontales sur la croupe ; populations du nord avec plus de rayures, populations du sud avec pattes et ventre plus blancs, « ombre » brune sur les rayures, museau noir. Longueur du corps : de 2,17 à 2,46 m Longueur de la queue : de 47 à 56 cm Hauteur au garrot : de 1, 10 à 1, 45 m Poids : de 175 à 385 kg. Nombre de chromosomes : 44. Afrique orientale et australe ; savanes, prairies et zones boisées ouvertes. 6 sous-espèces : Equus zebra Zèbre des montagnes Linnaeus, 1758 100px|centré Orbites plus circulaires et reculées, crête nucale carrée, fanon sous le cou, sabots compacts ; rayures intermédiaires, motif en grille sur la croupe, ventre blanc, museau noir bordé d’un brun châtaigne ou roussâtre. Longueur du corps : de 2,10 à 2,60 m Longueur de la queue : de 40 à 55 cm Hauteur au garrot : de 1,16 à 1,46 cm Poids : de 204 à 430 kg. Nombre de chromosomes : 32. Afrique du Sud-Ouest ; montagnes, plateaux rocheux et Karoo. 2 sous-espèces : Equus zebra zebra Equus zebra hartmannae

Évolution et registre fossile Évolution

Pendant l'Éocène, il y a environ d'années, un petit mammifère de la taille d'un chien, baptisé Hyracotherium par les paléontologues, vivait sur le continent américain. Il serait à l'origine de tous les équidés (cheval, poney, âne, zèbre).

À ce moment-là, on pense qu'ils ressemblaient beaucoup au zèbre de Grévy d'aujourd'hui. Grâce à leur développement, ils gagnèrent en vitesse, se déplacèrent davantage à la recherche de nourriture et entreprirent de plus longues migrations. C'est à ce moment-là qu'ils se répandirent en Asie, en Afrique et en Europe, passant par le détroit de Béring, alors recouvert de glace épaisse.

Des fossiles datant du Pléistocène démontrent la grande répartition de ces équidés. L'évolution de nombreuses espèces d'équidés est mal connue, une des difficultés étant qu'il est difficile de distinguer les caractères évolutifs de certaines adaptations morphologiques locales. On sait qu'il existait encore des ânes sauvages et des zèbres en Europe à la fin de la dernière période glaciaire de l’ère quaternaire.

Aujourd'hui, les équidés sauvages sont devenus rares. Il existe sept principales espèces équines, dont la plupart sont très proches de l'extinction : les trois zèbres d'Afrique et leurs cousins, l'âne sauvage ; le cheval sauvage de Mongolie ; les deux ânes sauvages d'Asie, le kiang et l'hémione.

Registre fossile thumb|right|alt=Crâne fossile d'Equus mauritanicus | Crâne fossile d’Equus mauritanicus En plus des trois espèces actuelles, plusieurs zèbres fossiles et espèces apparentées ont été identifiés. E. oldowayensis est connu par des restes découverts dans les gorges d’Olduvai et datés de 1,8 million d’années. Des crânes fossiles d'E. mauritanicus en Algérie, datés d’environ 1 million d’années, semblent présenter des affinités avec le zèbre des plaines . E. capensis, est apparu il y a environ 2 millions d’années et vivait dans toute l’Afrique australe et orientale.

Hybridations