L'arbre waq-waq est un arbre mythique persan, de lointaine origine indienne, dont les branches ou les fruits se transforment en têtes d'hommes, de femmes ou d'animaux monstrueux (selon les versions) qui hurlent "waq-waq" ("glapissement" en persan).

Mythes L'arbre waq-waq est un élément familier dans tous les contes et légendes persans, qui prend des formes variables. On le trouve notamment dans le Shâh Nâmâ : c'est lui qui annonce à Iskandar sa mort prochaine, loin de son pays.

Le thème de l'arbre waq-waq est importé en Chine par les navigateurs arabes vers 751 et devient commun dans les arts décoratifs. Sa représentation se déforme pour intégrer des fruits zoomorphes. Il en figure un en illustration de l'Anthologie de Yazd (1431) et du parasol de Timur dans le Zafarnameh.

Dans l'Eskhôl Hakôfer (c 1148) de Yehouda ben Eliya Hadassi, le mythe de l'arbre waq-waq est originaire d'Inde. Hadassi le décrit ainsi: « Trente-quatrième merveille du monde. Dans le pays de wâq-wâq, il y a un arbre ; lorsque quelqu'un porte la main sur lui pour en cueillir un fruit, il se met à crier "wâq-wâq", d'où le nom. » Il est repris par les auteurs arabes dans Les Mille et Une Nuits (histoire d'Hasan cherchant sa femme transformée en oiseau et disparue), où Hassan voyage jusqu'à l'archipel à 7 îles Wâq-wâq, sur le mont Wâq-wâq de cet archipel : « Des têtes humaines y pendent qui crient au lever et au coucher du soleil "wâq-wâq", louange au Créateur ».

Trois siècles plus tard, Shimon ben Tsemah Duran décrit un arbre dont le fruit est une « figure de femme suspendue par les cheveux ». Le fruit-visage lâcherait son cri au moment de tomber au sol, et l'odeur de sa dépouille serait particulièrement pestilentielle. Christiane Klapisch-Zuber rapporte une description semblable à celle de Duran, précisant « Quelques heures ou quelques jours suffisaient pour qu’elles s’y décomposent, non sans parfois qu’un hardi marin en ait auparavant tiré d’extraordinaires jouissances ». Klapisch-Zuber relie le thème à l'Arbre de vie, mais souligne que la figuration de ce dernier en Europe est souvent accompagnée d'une contrepartie négative.

Symbolisme Ce type de décor est lié au mystère de la régénération et à la vie ; il évoque l'énergie vitale libérée par l'arbre et ses grands pouvoirs divinatoires.

Représentation Il est représenté dans l'art depuis au moins le . Il voit le jour dans certaines miniatures persanes dès le et le et commence à apparaitre sur des tapis en Inde au avant de se répandre dans la Perse séfévide.

Notes et références

Bibliographie

Issawi, Charles, "Arab Geography and the Circumnavigation of Africa" in Osiris, Vol. 10, 1952, The Chicago University Press Suarez, Thomas, Early Mapping of Southeast Asia, Tuttle Publishing, 1999, , 9789625934709 Toorawa, Shawkat M., "Wâq al-wâq : Fabulous, Fabular, Indian Ocean (?) Island(s) ..." in Emergences : Journal for the Study of Med, Volume 10, No. 2, , Cornell University Press Allibert Claude, "Wakwak: végétal, minéral ou humain? Reconsidération du problème", 1991, Études Océan Indien n° 12: 171-189, Paris, INALCO

Catégorie:Art en Iran Catégorie:Roman d'Alexandre Waq-waq