vignette|Le foie est en marron sur cette représentation du système digestif humain.

Le foie est le plus gros organe abdominal et fait partie de l'appareil digestif sécrétant la bile et remplissant plus de vitales, notamment les trois suivantes : une fonction d'épuration, une fonction de synthèse et une fonction de stockage. Il s'agit d'une glande amphicrine permettant la synthèse de la bile (rôle exocrine) ainsi que celle de plusieurs glucides et lipides (rôle endocrine). Il joue aussi un rôle important dans l'hémostase. Il s'agit d'un organe richement vascularisé.

C'est un organe vital.

Terminologie Le substantif masculin () [consulté le 2017]. (consulté le 2017).Entrée () des Dictionnaires de français [en ligne], sur le site des éditions Larousse [ 2017].Entrée (), dans () [consulté le 2017].Entrée , dans [consulté le 2017]. « foie » (prononcé en français standard) est issu du latin tardif (« foie gras » d'où, plus généralement, « foie ») formé sur (« figue ») comme calque du grec ancien (« foie gras d'animal nourri de figues », dérivé de , « nourrir de figues », de / , « figue ».

Fonctions Le foie est impliqué dans plus de vitales.

Le foie a cependant pour principale fonction de permettre le transport et le stockage du sang, la formation de la bile et l'épuration du sang.

Fonction nutritionnelle Le foie joue un rôle : dans le métabolisme des glucides : néoglucogenèse (fabrication d'une nouvelle molécule de glucose à partir d'une molécule non-glucidique), glycogénolyse (libération de glucose à partir du glycogène) sous l'effet du glucagon, glycogénogenèse (stockage du glucose sous forme de glycogène) sous l'effet de l'insuline ; dans le métabolisme des lipides : synthèse de cholestérol, dégradation du cholestérol en acides biliaires. Le foie est le seul organe permettant l'élimination du cholestérol, production de triglycérides, synthèse de lipoprotéines. Il emmagasine les vitamines liposolubles (A, D, K et E) et le glycogène.

Il aurait une influence sur notre appétit et nos comportements alimentaires.

Fonction de synthèse La synthèse d'indole de Fischer synthétise une grande partie des protéines circulantes du sang, notamment les transporteurs comme l'albumine et les apoprotéines. Elle est aussi à l'origine de la synthèse de la bile, par capture et synthèse des acides biliaires à partir du cholestérol.

Durant le développement du fœtus, le foie et la rate produisent les globules blancs et rouges, réalisant l'hématopoïèse hépatosplénique.

Fonction sanguine Rôle dans le métabolisme des protéines : production des facteurs de coagulation ( (fibrinogène) , , , , ). Destruction des hématies et leucocytes vieillis, ainsi que de certaines bactéries présentes dans le sang. Transformation de la bilirubine libre (toxique) en bilirubine conjuguée (non toxique). La bilirubine provient de la dégradation des globules rouges dans la rate. Le foie est aussi le plus important régulateur de glycémie dans le sang (et plus précisément le plasma). En effet, il est le seul organe à passer de producteur à stockeur de glucose. On dit qu'il est hypoglycémiant (stockage de glucose sous forme de glycogène) ainsi qu'hyperglycémiant (libère du glucose dans le sang après avoir fait une glycogénolyse). C'est en période de jeûne que le foie rejette du glucose dans le sang. Grâce à l'enzyme glucose-6-phosphatase, il peut sécréter dans le sang le glucose issu de la dégradation du glycogène. Cette enzyme étant inexistante dans les tissus adipeux et les muscles, le glucose-6-phosphate issu de la dégradation du glycogène ne peut pas y être transformé en glucose et être ainsi sécrété dans le sang. Le foie est donc le seul organe hyperglycémiant, bien que les lipocytes (tissus adipeux) et les myocytes (cellules musculaires) puissent stocker du glycogène.

Fonction endocrine Le foie permet l'hydroxylation du cholécalciférol en calcifédiol (calcidiol), métabolite intermédiaire de la vitamine D, la synthèse du proangiotensinogène, précurseur de l'angiotensine, et de la somatomédine C (ou IGF-1).

Fonction antitoxique Destruction des toxines et des médicaments (clairance hépatique). Conversion de l'ammoniac en urée.

Autres fonctions de stockage Réserve d'une multitude de substances, dont la vitamine B12, le fer et le cuivre. Ces substances sont notamment recyclées lors de la destruction des globules rouges sénescents.

Le foie humain vignette|Foie humain. Chez l'humain, il est impair et asymétrique. Il est logé dans l'hypocondre droit, la loge sous-phrénique droite, la partie supérieure du creux épigastrique puis atteint l'hypochondre gauche. C'est le plus volumineux des viscères abdominaux (2 % du poids corporel, soit une moyenne de pour une vingtaine de centimètres de long) et l'organe du corps humain qui effectue le plus grand nombre de transformations chimiques. La discipline médicale qui lui est rattachée se nomme l'hépatologie. Le foie contient près de 13 % de la quantité de sang présent dans notre corps. Il peut connaitre des variations de volume allant jusqu'à 40 %..

Anatomie right|250px Le foie est un organe intrapéritonéal : il est recouvert à sa surface de péritoine viscéral, qui le rattache à la paroi abdominale en se réfléchissant sur le péritoine pariétal. La capsule de péritoine viscérale qui l'entoure est appelée la capsule de Läennec. Toutefois, elle possède une zone non péritonisée appelée l'area nuda, située en arrière et contre le diaphragme. De plus, le foie est entièrement recouvert d'une capsule fibreuse sous-jacente au péritoine viscéral, appelée la capsule de Glisson.

On distingue habituellement deux faces au foie : une face diaphragmatique, lisse et en forme de dôme qui épouse la concavité du diaphragme ; une face viscérale, plane et présentant de nombreux replis de péritoine et des fissures. La face diaphragmatique est séparée de la face viscérale en avant par le bord inférieur, qui est aigu et dit « tranchant », en regard du rebord costal inférieur, et en arrière par le bord postérieur, qui est plus arrondi.

Le ligament falciforme, issu du mésentère ventral lors du développement embryonnaire, relie le foie à la paroi abdominale antérieure. C'est un repli de péritoine tendu verticalement depuis l'appendice xiphoïde et le diaphragme jusqu'à l'ombilic. Il contient entre ses deux feuillets le ligament rond du foie, vestige de la veine ombilicale qui s'oblitère après la naissance. Ce ligament falciforme est continu avec la capsule de Glisson qui entoure le foie : sur la face antéro-supérieure (face diaphragmatique), il sépare le foie en deux parties gauche et droite, souvent considérées comme des lobes droit et gauche du foie. Sur la face viscérale, le ligament falciforme se continue par la capsule, tandis que le ligament rond qu'il contient s'insère dans la moitié antérieure d'un sillon appelé le sillon sagittal gauche.

On distingue donc au foie deux lobes — gauche et droit — sur la face diaphragmatique du foie, marqué par l'insertion du ligament falciforme. Cette subdivision du foie repose uniquement sur un critère anatomique : on ne devrait pas parler de « lobe », car la lobulation d'une glande repose sur d'autres critères structuraux, notamment la présence de septa conjonctifs qui viennent séparer la glande en plusieurs unités fonctionnelles. Le lobe droit du foie est le plus volumineux, tandis que le lobe gauche est petit et se termine en pointe (apex du foie).

En plus de ces deux lobes principaux, on distingue deux petits lobes à la face viscérale du foie : le lobe caudé et le lobe carré.

Face diaphragmatique La face diaphragmatique est lisse et convexe. Elle occupe les parties antéro-supérieure et postéro-supérieure du foie. Elle présente dans sa partie postérieure une zone à nu, non péritonisée, appelée l'area nuda, qui la fixe au diaphragme.

En avant, elle est séparée du diaphragme par le récessus subphrénique, une extension de la grande cavité péritonéale. Ce récessus subphrénique est séparé en deux par l'insertion du ligament falciforme à la paroi abdominale antérieure, sur le péritoine pariétal. Le foie est fixé en haut par les ligaments coronaires, qui sont des replis péritonéaux en continuité avec la capsule de Glisson, et donc en continuité avec les ligaments falciformes d'une certaine façon. On distingue deux lames à ces ligaments coronaires par rapport à la zone dépéritonisée qu'elles entourent : une lame antérieure, et une lame postérieure. Aux extrémités supérieures droite et gauche du foie, les deux lames s'adossent et forment les ligaments triangulaires droit et gauche du foie, respectivement.

Face viscérale La face viscérale du foie occupe la partie inférieure du foie, dans le plan transversal, et regard en arrière, en bas et à gauche. Elle présente deux fissures sagittales et une fissure transversale qui lie ces dernières et forme un « H » : la fissure sagittale droite (ou sillon sagittal droit) correspond à la fosse de la vésicule biliaire en avant, et au sillon de la veine cave inférieur en arrière ; la fissure sagittale gauche (ou sillon sagittal gauche) est le sillon continu formé par la fissure du ligament rond en avant, et par la fissure du ligament veineux en arrière. Le ligament rond du foie est le reliquat fibreux de la veine ombilicale, qui transporte le sang bien oxygéné et riche en nutriments, du placenta au fœtus. Le ligament veineux est également un vestige, du conduit veineux, qui court-circuite la circulation hépatique et achemine ainsi les nutriments du placenta à la circulation systémique. Lors de la naissance, ces deux veines s’oblitèrent en tissu fibreux (ligaments) ; le sillon transversal relie en arrière les deux sillons sagittaux et forme le hile du foie (ou porte du foie), point de passage des vaisseaux vasculaires et lymphatiques, des nerfs et des conduits biliaires. C'est donc par la face viscérale que rentrent et sortent des structures telles que des vaisseaux sanguins et lymphatiques, nerfs et conduits biliaires, au niveau de la porte du foie (hile hépatique) : la porte du foie sert de porte de rentrée pour l'artère hépatique propre, la veine porte hépatique et les lymphonoeuds hépatiques, et de point de sortie pour les conduits biliaires (conduit hépatique commun et cystique, formant le cholédoque à la sortie du hile).

La face viscérale présente deux petits lobes accessoires : le lobe carré et le lobe caudé.

Vascularisation

Les vaisseaux qui irriguent et drainent le foie sont regroupés en trois groupes : les vaisseaux du pédicule hépatique (vaisseaux afférents), comprennent les artères hépatiques propres qui va donner l’artère hépatique droite et gauche, le système porte et le tronc hépatique provenant l’artère gastrique gauche (artère coronaire stomachique). Ils acheminent le sang artériel et veineux vers les sinusoïdes hépatiques ; les veines hépatiques (ou sus-hépatiques), qui drainent le sang et le ramènent dans le circuit systémique en s'abouchant dans la veine cave inférieure ; les vaisseaux accessoires, qui ont une origine variée et inconstante. L'apport sanguin est réalisé par l'artère hépatique propre, amenant le sang oxygéné, et par la veine porte ramenant le sang du tube digestif, du pancréas et de la rate riche en nutriments en période postprandiale. Le sang de ces deux vaisseaux se mélange dans les sinusoïdes hépatiques qui cheminent entre les travées hépatocytes pour se réunir dans les veines centrales du foie (veine centrolobulaire). En période post-prandiale, environ 70 % du sang est issu de la veine porte hépatique, et 30 % de l'artère hépatique propre. Le sang veineux porte est riche en nutriments, tandis que le sang artériel sert principalement à l'apport d'oxygène. La vascularisation hépatique est dite mixte. Le foie contient près de 13 % de la quantité de sang présent dans notre corps, avec une augmentation importante du volume la nuit, jusqu'à 40 %.