vignette|Bonnacon représenté dans un manuscrit médiéval.

Le bonnacon (parfois nommé Bonacon ou Bonasus) est un animal présent dès les croyances antiques gréco-romaines, décrit comme étant originaire d'Asie et de Grèce. Ce serait un taureau dont les cornes, tournées vers l'intérieur, l'empêcheraient d'attaquer. Puisque ses cornes ne lui permettent pas d'attaquer, le bonnacon émet des gaz ayant comme particularité de pouvoir brûler son ennemi, à la manière d'une mouffette.

Mentions dans d'anciens textes

vignette|Le bonnacon du bestiaire d'Aberdeen.

, ouvrage grec anonyme faussement attribué à Aristote, lire en ligne le texte grec, ainsi que sa traduction en anglais., semble être le premier texte le décrivant. :

Les premières sources connues concernant cet animal légendaire figurent dans L'Histoire naturelle écrite par le naturaliste romain Pline l'Ancien. et publiée vers 77, sans qu'il ne soit précisé si cette arme était liquide ou gazeuse, surchauffée ou acide :

On retrouve mention du bonnacon dans le bestiaire d'Aberdeen, du . :L'animal est évoqué sous le nom de « Bonachus » dans Vie de sainte Marthe, dite du Syntique ou de la pseudo-Marcelle, un ouvrage apocryphe datant de la fin du ... :

Au , le Bestiario moralizzato di Gubbio anonymeBestiario moralizzato di Gubbio, 19. Del bonatio (lire en ligne, en italien). présente l'animal ainsi dans un sonnet. en l'appelant « Bonatio » :

D'autres naturalistes semblaient s'inspirer de ses caractéristiques pour observer une faune nouvelle : les onagres polonais, étudiés au siècle par Gervais de Tilbury, buvaient abondamment lorsqu'ils se sentaient menacés, expulsant un aveuglant par leurs narines. Barthélemy l'Anglais décrivait au une bête bohémienne sans nom qui .

Représentations Une représentation supposée d'un bonnacon figure sur les armoiries de la famille Hollingshead, et fait peut-être allusion à une confrontation légendaire entre l'un de leurs ancêtres et cette bête.

Une autre représentation existe sur la Tabulam Orbis Terrarum de la cathédrale d’Hereford commandée par Richard de Haldingham aux alentours de 1300.

Analyse Si de nombreuses créatures des bestiaires médiévaux sont chargées de symbolisme chrétien, l'apparence du bonnacon semble davantage relever de la farce, tant pour ses victimes que pour le public. Les images l'illustrant sont risibles. Des chasseurs, leurs boucliers inefficaces, fixent le spectateur, comme s'ils imploraient son aide, suffoquant sous l'odeur nauséabonde. Le bonnacon semble rarement souffrir, mais plutôt dégoûté par ce qu'on l'a contraint à faire, ou prenant un plaisir manifeste à sa souillure.

Cet animal, cousin du bœuf sauvage, est identifié par des érudits modernes au bison, déjà décrit par Aristote dans trois passages de son Histoire des animauxAristote, Histoire des animaux, Livre II, chapitre II, 5 et 17 & chapitre XII, 1 (lire en ligne) (écrit en langue grecque vers 343 av. J.-C.) sous le nom de bonaseMichel Pastoureau, Bestiaires du Moyen Âge, éditions du Seuil, Paris, 2011, , .. Ainsi, lorsqu'il décrit les quadrupèdes, il signale : . Plus loin il décrit . Enfin, il souligne que . Cependant, le traducteur du texte grec Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, dans des notes de sa traduction, hésite quant à identifier clairement le bonnacon au bison, en soulignant par exemple : . Se basant sur les caractéristiques physiques, il dit .

Galerie

Dans la culture Le bonacon est représenté dans un gag intitulé « Bêtes bizarres », de Chroniques du Château Faible, bande dessinée de Jean-Christophe Mazurie (2024)Voir la planche en ligne, correspondant à la p. 47 du livre..

Notes et références

Annexes Articles connexes

Liens externes Dessins anciens de Bonnacon Medieval Illustrations of Bonnacons, sur la Public Domain Review

Bibliographie Pline l'Ancien, Histoire Naturelle 8, 16

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