L'Île-Rousse est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. La ville appartient à la piève d'Aregno, en Balagne.

L'Île-Rousse comporte un port de commerce qui est le de Corse par l'importance du trafic de marchandises et passagers après Bastia et Ajaccio.

Devant sa façade maritime se situe l'île de la Pietra et l'île de Saletta, reliées à la terre par un comblement rocheux construit au milieu du , l'Île-Rousse fut créée en 1758 et fondée en 1765 sous la République corse par Pascal Paoli selon les plans de Don Gregorio Salvini, d'où son surnom de « cité paoline ».. Bâti entre la fin du et le début du , le centre-ville est doté d'un réseau quadrillé de rues étroites et rectilignes débouchant sur le littoral. Un buste de Pascal Paoli orne la grande place de la ville, qui porte son nom et fait face à l'église de l'Immaculée-Conception.

Géographie

Situation L’Île-Rousse est une commune du littoral balanin, et un centre de la pieve de Sant'Angelo placée sous l'administration militaire française dans la deuxième moitié du , devenue chef-lieu du canton de l'Île-Rousse.

Communes limitrophes

Géologie et relief vignette|L'Île-Rousse et la vallée de Palazzi, vues depuis la route de Santa-Reparata-di-Balagna.|alt= vignette|L'Île-Rousse vue depuis la route de Corbara.|alt=

Territoire Son territoire de faible superficie () s'étend dans un rayon d'environ un kilomètre autour de la ville, enclavé entre Corbara à l'Ouest dont elle est séparée par une ligne Nord-Sud, de la colline du Sémaphore jusqu'au col de Fogata et passant par Capu Curboriu ( - Corbara), Santa-Reparata-di-Balagna au sud et Monticello à l'Est, ne laissant à cette dernière que les de l'extrémité orientale de la plage de la Marinella.

Sa façade maritime baignée par la mer Méditerranée, est divisée en son milieu par des îlots rocheux de porphyre rouge qui lui ont valu son nom ; elle est composée à l'Ouest d'une côte rocheuse inhospitalière et à l'Est de la plage de Marinella, bande de sable blanc immaculé aux eaux limpides.

À l'Ouest de la plage de la Marinella qui borde le Centre-ville, se situe sous le quai et la voie ferrée, l'embouchure maçonnée d'un petit fleuve côtier couvert à l'approche de la mer : le ruisseau de "Padule". Celui-ci naît sous l'ancien couvent de Palmento (Santa-Reparata-di-Balagna) sous le nom de ruisseau de "Giovaggio".

Au Nord de la commune, le petit archipel comprenait avant les comblements et modifications apportées au site, huit îlots qui ont pour nom : Saletta : le premier îlot au Sud qui est relié par un pont à la terre et l'archipel ; E Trè Petre : trois grands rochers au centre de l'archipel qui relient Saletta avec Isula Grande où fut construite la jetée du port. île de la Pietra (Isula Grande) : îlot le plus grand où se trouve le site de A Petra avec le phare et la tour génoise Isola di u Brocciu (Rucciu) : îlot situé à l'Est du phare en face de l'anse de Funtanaccia Isula Piana : îlot plat situé à côté de celui de Rucciu Brocettu (Ruccettu) : le plus petit des îlots situé à l'Ouest du phareA Petra L'île Rousse, éditions Albiana (UMR Lisa), commune de L'Île-Rousse, 2010, ouvrage collectif..

L'île de la Pietra vignette|L'îlot de la Pietra.

L'île de la Pietra est la plus grande de l'archipel. Dans la Chronique d'Anton Pietro Filippini, en 1566, elle était nommée l'« île de Monticello ». Elle comporte deux points forts de la commune : le phare de la Pietra et la tour génoise du . Reliée aujourd'hui à la terre par la route du port, elle est devenue une presqu'île. Elle fait écran aux vents d'Ouest dominants, créant un abri dans lequel a été construit le port de L’Île-Rousse.

Les couchers de soleil sur (ou depuis) l'île de la Pietra sont remarquables.

C'est sur cette île qu'ont été effectuées des campagnes de fouilles archéologiques sous la direction de Michel-Claude Weiss, archéologue insulaire de renom, entre 1983 et 1985Eugène Bonifay, Corse, Gallia préhistoire, tome 29, fascicule 2, 1986. ., puis entre 2003 et 2006.

Urbanisme Typologie Au , L'Île-Rousse est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient avec Monticello à l'unité urbaine de L'Île-RousseUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de L'Île-Rousse, il y a une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de L'Île-Rousse, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Morphologie urbaine vignette|Place Paoli et l'église paroissiale.

La vieille ville voulue par Pascal Paoli, « le Père de la Patrie », étire ses rues pavées, quasiment rectilignes et orientées Nord-Sud. Depuis les quais du port de commerce installé sur trois des huit îlots, le port de pêche et les ouvrages qui rattachent le complexe portuaire à la côte, jusqu'au marché couvert aux vingt et une colonnes, les fortifications et les maisons de l'ancienne ville s'étalent dans le temps, de 1765 au milieu du .

vignette|Vue de la plage de l’île Rousse.

La première maison d'habitation particulière y est élevée en 1766. Les premiers habitants viennent des villages voisins, du Cap Corse, mais il y a aussi des Français et des ItaliensDictionnaire Historique de la Corse (sous la direction de Antoine-Laurent Serpentini), Éditions Albiana, 2006, .. Certaines maisons aux escaliers intérieurs florentins sont remarquables.

La chapelle de la Conception, église construite parmi les premières en 1740 et détruite en 1936, a donné son nom à la rue Notre-Dame. Jusqu'en 1860 elle avait été l'église paroissiale. Elle était devenue ensuite la chapelle réservée aux pêcheurs avant d'être désaffectée. Propriété de la commune, Michèle Castelli in Marie di Lola, Éditions Albiana (2000) - Ajaccio .. L'église dédiée à Notre-Dame-de-Miséricorde jouxte un ancien couvent des franciscains. Quant à l'église de l'Immaculée-Conception-de-Marie, la paroisse de l'Île-Rousse, elle se trouve sur l'ouest de la grande place, avec son parvis et ses remarquables palmiers-dattiers plantés en 1890 à l'ombre desquels il fait bon jouer à la pétanque en été.

vignette|Le marché couvert restauré. La ville nouvelle continue harmonieusement l'ancienne au-delà de la place Paoli ombragée par ses platanes plus que centenaires où il fait bon prendre le frais l'été. L'intérieur de la vieille cité offre aux visiteurs l'occasion de flâner sur les vieux pavés ressuscités en partie, à travers les rues aux noms historiques : Pascal Paoli, Napoléon, les frères Arena, Louis-Philippe, Agilla.

Construite sur l'ordre de Pascal Paoli, dotée par ses édiles après 1815 d'un blason orné du lys royal de France et dirigée durant plus d'un demi-siècle par des élus bonapartistes, L'Île-Rousse est une ville à part dans l'histoire de la Corse. Ses contradictions en font un lieu attachant et plein d'imprévus pour les touristes qui viennent chaque année s'asseoir sous les platanes centenaires de sa remarquable place centrale.

Le lieu-dit « U Scalu » est désormais réhabilité : la place de la mairie et la tour de Scalo en 2012, le môle et quai d'Orléans en 2004.

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (53,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (47,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (53,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (20,5 %), zones agricoles hétérogènes (18,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (5,8 %), eaux maritimes (2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports Accès routiers La commune est traversée par la Route territoriale 30 (ex-RN 197) qui relie Calvi et la Balagne au centre de la Corse. L'Île-Rousse se trouve à de Calvi à l'Ouest, de Ponte-Leccia au Sud-Est et de de Saint-Florent à l'Est.

L'Île-Rousse est reliée à Santa-Reparata-di-Balagna par la D 13, et à Monticello par la D 63, deux routes qui aboutissent à la D 71, dite encore « route corniche de la Balagne », qui dessert douze « villages en balcons ».

La ville est distante, par route, de :

Accès ferroviaires

vignette|La gare de L'Île-Rousse est située face au port.

La ville est desservie par la ligne Ponte-Leccia - Calvi des Chemins de fer de la Corse qui y ont une gare à proximité du port et un arrêt à la plage de Marinella pour U trinighellu, dit le « tramway des plages » qui est mis en service durant la saison estivale pour la desserte des plages entre Calvi et L'Île-Rousse.

Accès portuaire vignette|Le ferry Mega Regina accosté au port de L'Île-Rousse.

Le port de L'Île-Rousse est le troisième port de Corse par l'importance du trafic aussi bien de passagers que de marchandises. La ville est reliée au continent par des liaisons en trafic régulier assurées par deux compagnies maritimes : Corsica Linea à raison de trois rotations par semaine toute l'année depuis Marseille (ainsi qu'une traversée complémentaire en saison estivale) et Corsica Ferries depuis Toulon et Nice, mais aussi épisodiquement avec Savone en Italie.

Périodiquement, un cargo transporteur de ciment en vrac (Capo Rosso ou Capo Nero) de la Société Méditerranéenne de Cabotage (SoMeCa) touche le port pour approvisionner la région.

Le port départemental de L'Île-Rousse est le seul port de Corse habilité à recevoir des marchandises de classe 1, habituellement acheminées par Corsica Linea.

Accès aérien L'aéroport de Calvi-Sainte-Catherine se situe à .

Toponymie En corse, la commune se nomme, en abrégé, Ciurrata di la lingua gadduresa, J. Chiorboli, L'usu corsu, Pascal Marchetti, Ed. Alain Piazzola ou , littéralement « l'île ». Ses habitants sont les Îles-Roussiens en français, les Lisulani en corse. La commune a francisé son nom en 1848..

En italien, officiel jusqu'au : Isolarossa.

Histoire Préhistoire