Louis Auguste Théodore Pein, né à Châlons-sur-Marne le et mort à Villenauxe-la-Grande le , est un militaire français.
Biographie Il est fils de Théodore Pein, juge de Paix et de sa deuxième épouse Ange Marie-Didier Guerey. Après des études au collège de Châlons, il embarque au Havre en 1827 comme mousse sur le "Chon-Qua" vers la Chine et Macao . De retour en 1828, il embarque en 1830 sur la "Marie-Thérèse " à Toulon et assiste au siège d'Alger. Engagé volontaire le à Bar-le-Duc au régiment d'infanterie légère avec lequel il prend part au siège de la citadelle d'AnversSource : La Vie rémoise, il gravit progressivement les échelons de la hiérarchie militaire pour devenir officier.
Officier dans l'armée d'Afrique C'est avec le grade de capitaine qu'il arrive en Algérie en 1840source : Théodore Pein, Lettres familières sur l'Algérie, 1871 pour participer à la colonisation puis aux opérations militaires dans le sud, à la suite de la reprise des combats en 1839 avec les troupes de l'émir Abd El-Kader.
Officier l'Armée d'Afrique, il se fait remarquer par ses faits d'armes. En 1849, il vient à bout de l'insurrection conduite par le Cheikh Mohamed Benchabira à Bou-Saâda. La cité abdique le , après l'emploi de l'artillerie par les troupes françaisesSource : .
Par la suite, Théodore Pein se comporte en bâtisseur et contribue au développement de la ville ; il est même qualifié de « créateur de Bou-Saâda »source : Pierre Fontaine, Bou-Saada, Porte du désert, 1952. Il est notamment à l'initiative de la plantation d'une peupleraiesource : www.botanicus.org ; la place centrale de la ville a longtemps porté son nomSource : Youssef Nacib, Cultures oasiennes : essai d'histoire sociale de l'oasis de Bou-Saâda, 1986 cité par www.bou-saada.net.
Il reste un combattant efficace. Le , il participe à la prise de Laghouat aux côtés notamment des futurs généraux Margueritte et du Barail. Cet épisode est particulièrement sanglant, car une partie du fort abrite une population civile. Pein écrira : « Le carnage fut affreux ; les habitations, les tentes des étrangers dressées sur les places, les rues, les cours furent jonchées de cadavres. ». En 1853, il réprime la révolte des Ouled Toaba près de MessaadSource : .
Ses faits d'armes lui valent une promotion continue dans l'armée : il est nommé chef de bataillon en 1849, lieutenant-colonel en 1855 et enfin colonel en 1859. Blessé plusieurs fois, cité à l'ordre de l'armée, il est élevé au grade de commandeur de l'ordre national de la Légion d'honneur le . Il rentre en métropole en 1863. Pendant vingt-trois années de service dans l'armée d'Afrique, tout comme de nombreux autres militaires de l'époque tels le général Margueritte, il s'est familiarisé avec les langues arabe et kabyle.
La guerre de 1870 Il prend sa retraite en 1863, à la veille d'être nommé général, à la suite d'un « dissentiment avec une haute personnalité militaire »Journal de la Marne du 15 janvier 1892.. En 1870, il reprend du service et reçoit le commandement du fort de la Couronne du Nord à Saint-Denis, où il subit le bombardement prussien. Après son retour à la vie civile, il écrit quelques ouvrages mineurs sur la chose militaire. Ses volumineuses mémoires Lettres familières sur l'Algérie, un petit royaume arabe valent cependant d'être citées pour l'éclairage direct qu'elles permettent d'apporter sur les opérations militaires françaises conjointes à la conquête de l'Algérie.
Il épouse à Toulouse Mélanie Esquerré, le . Ils sont les parents du futur colonel Louis Auguste Théodore Pein.
Bibliographie Source : Catalogue Bn-Opale Plus
Ouvrages personnels Théodore Pein, Réveil de la mobile, lettre familière, J.-L. Le Roy, Châlons-sur-Marne, 1871, 28 p. Théodore Pein, Armée française. À quelque chose malheur est bon, J.-L. Le Roy, Châlons-sur-Marne, 1871, 51 p. Théodore Pein, Lettres familières sur l'Algérie, un petit royaume arabe, C. Tanera, Paris, 1871, 483 p. (préalablement publié dans le Journal de la Marne du ). Théodore Pein, Essai sur l'hygiène des champs de bataille, G.-B. Baillière, Paris, 1873, 79 p. Théodore Pein, Lettres familières sur l'Algérie, un petit royaume arabe, A. Jourdan, Alger, éd., 1893, 519 p.
Sur Théodore Pein et l'histoire de Bou-Saâda Pierre Fontaine, Bou-Saada, Porte du désert, Dervy, Paris, 1952, 124 p. Youssef Nacib, Cultures oasiennes : essai d'histoire sociale de l'oasis de Bou-Saâda, Publisud, Paris, 1986, 505 p.
Notes et références
Liens externes Nécrologie dans La vie rémoise
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