de Champagne (né en 1074 et peut-être mort en 1126), est le troisième fils du comte () et d'Alix de Valois, comtesse de Bar-sur-Aube.

Biographie Origines Né vers 1074 ou 1077, Hugues est le quatrième fils de , comte de Blois, de Tours, de Châteaudun, de Chartres, de Sancerre, de Provins, de Saint-Florentin, de Château-Thierry depuis 1037 ainsi que de Troyes et de Meaux depuis 1066, et de sa seconde épouse Adèle de Valois, comtesse suo jure de Bar-sur-Aube et de Vitry. Il a ainsi pour frères aînés Étienne-Henri (très probablement issu du premier mariage de leur père avec Gersende du Maine), et Philippe.

Leur père meurt en et Étienne-Henri, en sa qualité d'aîné de la fratrie, hérite de la majeure partie des titres paternels tandis que le cadet hérite du comté de Troyes. Quand à Philippe, il se destine à une carrière ecclésiastique et devient évêque de Châlons en 1093.

Probablement encore très jeune à la mort de son père, Hugues n'a alors probablement pas eu de part dans la succession, car il n'était alors pas capable de tenir un fief selon le droit féodal. Il devait toutefois être du devoir de l'aîné de lui constituer une portion convenable de cet héritage lorsqu'il attendrait la majorité. Celle-ci coïncide probablement avec le décès de son frère en 1093, sans avoir contracté de mariage ni eu de descendance, et Hugues obtient alors le comté de Troyes.

Pour ce qui est de ses autres frères, Philippe meurt en 1100 tandis qu'Étienne-Henri meurt à son tour en Terre sainte en 1102 lors de la bataille de Ramla. Leur mère Adèle de Valois meurt quant à elle entre 1093 et 1100, et Hugues en est le principal héritier et obtient alors les comtés de Bar-sur-Aube et de Vitry, qu'elle détenait de son propre droit, ainsi que la seigneurie d’Épernay qui faisait partie du douaire que lui avait laissé son défunt époux.

Début de carrière Hugues est cité pour la premier fois dans les archives contemporaines dans une charte de son père , non-datée mais rédigée entre 1077 et 1081, en faveur de l'abbaye de Saint-Faron où il figure parmi les signataires comme , c'est à dire , en compagnie de son père et de sa mère, de son frère Étienne-Henri mais aussi de l'évêque Gauthier Saveyr...

Il devient comte de Troyes à la mort de son frère en 1093, celui-ci n'ayant ni épouse ni postérité. Il apparait cette même année avec ce titre dans une charte en faveur de l'abbaye de Saint-Oyand-de-Joux dans le massif du Jura, en compagnie de sa mère et de son frère Philippe. Bien que lointaine de ses terres, cette abbaye possède plusieurs prieurés dans les environs de Bar-sur-Aube et a un lien fort avec sa famille maternelle. Son oncle maternelle, Simon de Vexin, également appelé Saint Simon, y a notamment embrassé l'état monastique. De concert avec sa mère et son frère, Hugues offre alors aux moines de ce monastère une grande étendue de terrains près de Sermaize, dans le comté de Vitry, pour y fonder un prieuré bénédictin.

Entre 1093 et 1095, il épouse en premières noces la princesse Constance de France, fille du roi et de sa première épouse Berthe de Hollande. Bien que toujours marié à Berthe, le roi l'avait répudiée pour vivre avec Bertrade de Montfort, déjà mariée avec le comte . Bien qu'ayant épouse sa maîtresse, ce second mariage royal est alors prohibé par l’Église qui ne reconnait pas le divorce. L'union de Constance avec Hugues permet ainsi de faire entrer dans sa sphère d'influence la puissante maison de Blois, afin de contrebalancer l'opposition de celle d'Anjou, à qui le roi vient d'enlever la comtesse. De son mariage avec Constance, Hugues reçoit comme dot le bourg d'Attigny, siège d'un ancien palais des rois mérovingiens et carolingiens et où se sont tenus des conciles..

Lors de celui de Clermont en 1095, le pape appelle à la libération ses lieux saints occupés par les musulmans. Si Hugues ne rejoint pas cette première croisade, son frère aîné Étienne-Henri y participe. Toutefois, il ne se couvre pas de gloire lors de cette expédition, mais au contraire y gagne une réputation de pleutre en rentrant en Europe avant la prise de Jérusalem par les croisés. De retour à Blois, il est froidement accueilli par sa femme Adèle de Normandie qui se dit offusquée, elle, fille de Guillaume le Conquérant, d'être mariée à un lâche. Elle le persuade de penser à sa réputation et de retourner en Terre sainte. Il rejoint alors la seconde vague de participants à la première croisade qui part au printemps 1101 lors de laquelle il rachète sa conduite précédente par une mort glorieuse à la bataille de Ramla en . Albert d'Aix rapporte qu'il y aurait été capturé puis décapité par les musulmans.

Premières années comtales En 1096, alors que les moines du prieuré de Chaudefontaine, dépendant de l'abbaye Saint-Vanne de Verdun, avaient été chassés par les habitants, le pape écrit à l'évêque Philippe afin qu'il prie son frère le comte Hugues de remettre les moines en possession de leurs biens. La même année, il assiste à une assemblée d'évêques et de barons à Reims afin de régler un problème d'avouerie de l'abbaye Saint-Basle de Verzy avec un prénommé Gui dont les frais d'avoué auraient été trop onéreux.

L'année suivante, en 1097, il passe avec sa cour les fêtes de Pâques à l'abbaye de Molesme. Afin de remercie les moines de leur hospitalité, il leur confère diverses libéralités, dont notamment son château et l'église d'Isle afin d'y transférer le prieuré de Saint-Thibault. Il leur cède également des terres situées de part et d'autre de la voie romaine toute proche qui longe la Seine, des moulins ainsi qu'un four banal et le droit de pêche sur la Mogne..

Peu après, alors qu'il est dans son château de Bar-sur-Aube avec sa Constance, il donne à l'abbaye de Molesme des droits qu'il possède dans cette ville sur la vente du sel. Son frère l'évêque Philippe étant signataire ce cet acte, il date au plus tard de l'année 1100. Vers la même période, toujours en compagnie de son épouse Constance et de son frère Philippe, il donne à l'abbaye Saint-Loup de Troyes tous les droits qu'il possède sur le village de Rouilly-Saint-Loup. Puis, le , il reçoit dans son château de Troyes Othon, abbé de Montiéramey, et lui cède le village de Saint-Martin-ès-Vignes. Le de la même année, le comte est présent dans cette abbaye où il fait de nouveau preuve de libéralités.

L'année suivante, en 1101, il passe pour la seconde fois les fêtes de Pâques à l'abbaye de Molesme, accompagnés de son épouse Constance, et tous deux donnent aux moines la seigneurie de Rumilly-lès-Vaudes, se réservant pour eux l'usufruit de la moitié de cette seigneurie. Le comte continue alors sa cour itinérante et il est ensuite à Bar-sur-Aube, dans son château situé sur la colline Sainte-Germaine, où il reçoit ses vassaux , comte de Brienne, et son frère , comte de Bar-sur-Seine, qui font alors partie des témoins d'un don de leur suzerain envers les moines du prieuré Sainte-Germaine. Le comte se rend ensuite à Épernay où il visite sa belle-sœur Adèle de Normandie et ses trois neveux, alors que son frère Étienne-Henri est reparti en croisade Terre sainte pour la seconde fois. Là-bas, il reçoit également la visite de l'abbé Robert de Molesme, qui sera plus tard canonisé par l’Église. L'année d'après, en 1102, il est présent à Reims avec son épouse Constance et le frère de celle-ci, le futur roi , déjà associé au trône depuis 1098.

Ancien article (provisoire) En janvier 1093, à la mort de son frère , il devient comte de Troyes, de Vitry et Bar-sur-Aube. En 1102, il se dit premier comte de Champagne, bien qu'il ne tienne pas le comté en entier.

vignette|gauche|Sceau de , comte de Champagne (vers 1093-1125)..

En 1103, une tentative d'assassinat oblige le comte à recevoir les soins des moniales de l'abbaye Saint-Pierre d'Avenay.. Miraculé, il assiste et donne son consentement en 1104 à une charte du duc en faveur du prieuré Saint-Marcel de Fleurey-sur-Ouche.. N'ayant pas participé à la première croisade, il part cette même année une première fois en Palestine et rentre en 1107. En août 1114, il repart en Terre sainte accompagné de Hugues de Payns. Ce dernier est l'un des fondateurs et maître de l'ordre du Temple en 1118 à Jérusalem.

Revenu en 1116, le comte favorise l'expansion de l'abbaye de Clairvaux fondée en partie grâce à ses fonds par saint Bernard de Clairvaux. En 1125, il abdique, transmet son héritage à son neveu de Champagne - de Blois et rejoint l'ordre du Temple en Terre sainte.

Il meurt en Palestine mais l'année de sa mort n'est pas connue avec certitude. Un obituaire de la cathédrale de Chartres précise qu'il est mort en 1126.. Pourtant, il est cité en témoin d'un acte de donation daté de 1130, réalisé par le prieur du Saint-Sépulcre à l'intention de l'abbaye de Josaphat.. La nature de cette seconde source, confortée par sa situation géographique, tendrait à soutenir la thèse d'un décès postérieur à 1130. Politique comtale et postérité

Sur le plan territorial, ses relations avec son beau-père le roi lui offrent la garantie de pouvoir agir librement dans les comtés de Vitry et de Troyes qui lui ont été attribués par la Maison de Blois. Il permet à deux féodaux français de tenir des fonctions importantes : Manasses, frère du sire de Nangis (Brie française), tient la châtellenie de Villemaure-sur-Vanne (1103) ; Milon de Montlhéry devient vicomte de Troyes (sa forteresse deviendra le "Beuffroy", à l'Ouest de la ville commerçante en devenir). La bonne entente du comte Hugues avec son frère l'évêque de Châlons-en-Champagne sont tout aussi pacifiques et l'autorisent à éliminer ses co-héritiers au sein du comté de Bar-sur-Aube (échu de son oncle maternel mort en 1082) permettant de se faire très insistant auprès du comte de Brienne (1104) et de sires de Vendeuvre-sur-Barse (1121). Les comtés de Rosnay et d'Arcis(-sur-Aube) disparaissent respectivement après 1114 et 1126. En 1102, le port du titre de comte de Champagne, manifestement autorisé par son beau-père, permet d'afficher l'apparition d'une nouvelle construction politique au sein du royaume.

Sur le plan religieux, il n'aide en aucune façon Clairvaux, abbaye fondée en 1115 sur les terres données par le vicomte de La-Ferté-sur-Aube, féodal récemment entré dans la vassalité de son père. Les premières filles de Clairvaux se font aux abords des comtés de Tonnerre-Auxerre (Pontigny) et chez son neveu comte de Blois (Preuilly). Il n'aide pas plus l'abbaye de Vauluisant, dont l'achèvement de la fondation est transféré par les moines de Pontigny au plus tard en 1127 aux moines de Preuilly (date de l'inauguration de l'église abbatiale achevée). Par contre, il sanctionne le lignage de Pont-sur-Seine (capitale du Morvois) qui a eu l'audace de capturer l'évêque d'Arras se rendant au concile de Clermont en 1095. Le comte s'adjuge Pont-sur-Seine, sa rive droite, et ses abords (futur siège de douaires des comtesses de Champagne). Il fait venir de Châlons-en-Champagne le chevalier Milon (fils de Fréhier ?) à qui il confie la châtellenie de Nogent-sur-Seine (avant 1127) qui s'allonge du cours de la Seine jusqu'aux coteaux surplombant celui de la Vanne.

À Troyes, sur le plan économique, le canal de La Moline est achevé en 1121. L’édification des remparts de la ville neuve (5,2 km) est terminée en 1125. Le poids public génère de gros revenus. En 1114, les troupeaux du monastère de Montier-la-Celle y sont vendus ordinairement..

Ces éléments permettent d'assurer que le comte Hugues a mené une politique indépendante originale, distincte de celle de son neveu et héritier Thibault le Grand. Ce n'est qu'après son abdication que les domaines blésois (Provins, Montereau, Meaux) et champenois (Troyes, Vitry, Bar-sur-Aube) seront unis, non sans résistance de ces derniers qui n'ont jamais adhéré au bellicisme irrédentiste de Thibault le Grand.

Famille Mariage et enfants