vignette|Tête d'une statue antique romaine en bronze, qui fait partie d'un groupe de sculptures. Elle a été trouvée dans un temple romain sur le site archéologique de Cabezo de Alcalá en Azaila (Province de Teruel, Aragon, Espagne). C'est une représentation d'un jeune seigneur local datant du premier tiers du
L'Hispanie romaine désigne tous les territoires contrôlés par la République romaine, puis par l'Empire romain dans la péninsule Ibérique entre 218 et le début du , après la chute de l'Empire romain d'Occident en 476. L'Hispanie romaine inclut l'actuel territoire espagnol continental avec ce qui est maintenant le PortugalAppien, Ibérie, paragraphe 102..
Historiographie et sources Antique thumb|200px|Statue de Plutarque, un des historiens les plus importants pour les informations concernant l'Hispanie romaine qui avec les œuvres d'Appien et de Polybe pour l'étude de l'histoire de l'Espagne pendant sa conquête par l'Empire romain.
La connaissance de l'Hispanie romaine a été rendue possible grâce à l'historiographie d'auteurs anciens comme Polybe — Histoires : livre III, X, XI et XXXV — qui a visité la péninsule à la fin de la guerre de Numance, et a écrit un livre sur la guerre de Numance, compilé par CicéronJosé María Blázquez Martínez, Hispania en época Julio-Claudia, . En outre, les sources comprennent Strabon, même s'il n'a pas visité la péninsule Ibérique, ses informations provenant d'autres sources, qu'il a recueilli des données d'autres auteurs qui connaissaient directement l'Hispanie tels que Polybe, Posidonios, Artémidore de Daldis et Asclepiades de MicleaÁngel Montenegro, Historia de España antigua: Hispania romana, et 254.. De la même manière, Tacite, et son œuvre des Annales est une source importante pour les conquêtes de Rome en dehors de son territoireTacite, Annales : livre VI, paragraphe 19, 1..
D'autres auteurs de moindre mesure qui apportent des informations sur les activités économiques de l'Hispanie sont Claude ÉlienÉlien, De natura animalium, XIII, 15., Oppien de Syrie et le médecin Galien<ref>Galien, Des facultés naturelles, III, 1, 15.</ref>. De même, Tite-Live — Histoire romaine : livres XXI, XXII, XXIII, XXIV, XXVI, XXVII, XVIII, XXXIV, XXXIX, XL et XCI ; Periochae, paragraphes 55 et 92 ; Appien — Ibérie, paragraphes 16, 24, 25, 27, 43, 45, 46,47, 48, 49, 50, 55, 58, 59, 64, 66-69, 76, 80, 83-92 et 110-112 ; Bellum Civile : livre I, paragraphes 110 et 112 ; Frontin — Stragemata : livres I et II -; Plutarque — Vies parallèles, Tiberius Gracchus et Sertorius ; Jules César — De Bello Civile : livre I, De Bello Alexandrino, paragraphes 49, 59, 64, 57 ; De Bello Hispaniensi ; Salluste — Historiarum Reliquiae : livre II ; Florus — Epitome Gestae Romanae : livres I et II ; Paul Orose — Adversus Paganos, paragraphe 5 ; Dion Cassius — Histoire romaine : livres LIII et LIV . Mais aussi Végèce — Epitome Rei Militari ; Vitruve — De Architectura et Sextus Julius Africanus — Cestes. Pline l'Ancien, Pomponius Mela, Isidore de Charax, Silius Italicus et Diodore de Sicile, selon les auteurs modernes, apportent des informations sur des connaissances de l'Hispanie à l'époque de l'Empire romain. Parmi les autres sources antiques, il convient de noter les inscriptions trouvées en Hispanie, comme les décrets de Paul Émile le Macédonique, Lucius Cesius et Lucius Minus au , et de la même manière Judas MaccabéeJudas Maccabée, Macab : livre I, paragraphe 8, 5., Manlius Acidinius Teodorus et Flavius EutropiusJosé María Blázquez Martínez, El rechazo y la asimilación de la conquista en Hispania, .. Les œuvres les plus utiles pour l'Hispanie d'après une grande partie des experts sont les écrits d'Appien, Plutarque et Polybe.
Certains historiens grecs ont recueilli des informations sur l'Hispanie romaine comme Ératosthène, Artémidore, Apollonios de Tyane et PhilostratePhilostrate, V. A., paragraphe 5, 6.. Toutefois, il jette le doute sur ses œuvres, en dépit de sa visite de l'HispanieStrabon, Histoire : livre III, paragraphe 2, 1., par des mauvaises interprétations possibles des sources romaines comme Pline le Jeune, par rapport à celle de Pline l'AncienA. Chastagnol, ..
Moderne thumb|200px|left|Théâtre romain de Mérida, exemple précis de l'implantation romaine en Espagne.
L'historiographie moderne est fondée sur l'étude des œuvres anciennes et la compilation de celles-ci afin de créer un large éventail de références. En particulier, peuvent être soulignés les travaux de José María Blázquez Martínez, Antonio García y Bellido et Marco García Quintela, qui ont publié de nombreux ouvrages sur l'Hispanie romaine sur les thèmes de la conquête, de l'économie, de la société, des camps, des guerres, des ports et sur d'autres sujetsCompilation d'œuvres de José María Blázquez Martínez.. Toutefois, la consultation de données ne se fait pas seulement à travers des livres, mais aussi par des fouilles archéologiques, qui ont permis la découverte de certains bâtiments à Saragosse, Cordoue, Cadix et le long du Guadalquivir. D'autres sites qui datent aussi de cette époque se situent en Galice et à Pollentia (aujourd'hui Alcúdia), où furent retrouvées des statues et des camées en l'honneur des empereurs ou des généraux romaines et hispaniquesStrabon, Livre III, paragraphe 5, 1.Pline l'Ancien, Naturalis Historiae : livre III, paragraphe 77.Ptolémée , Livre II, paragraphe 6, 73..
L'histoire de la conquête romaine de l'Hispanie est complexe et l'historiographie de l'Hispanie romaine a été la comparaison entre la colonisation antique et colonisation moderneVoir les textes de José María Blázquez Martínez, Causas de la romanización en la Hispania Romana.. Pour de nombreux experts, l'Hispanie est le centre de l'économie romaine et la puissance de cette civilisation au cours de la République et de l'EmpireJosé María Blázquez Martínez, Historia económica de la Hispania romana, .. En outre, les textes sur les peuples pré-romains en Hispanie abondent, mais leur étude est extrêmement complexeJuan Maluquer de Motes, Tartessos, ..
Ibérie et Hispanie Trogue Pompée situe l'Hispanie à l'extrémité occidentale de l'Europe, et il explique l'origine du nom. Tout d'abord, elle se nomme Ibérie - seulement pour la région de Huelva - la région prend ce nom de la rivière Iber ou Iberus, qui serait aujourd'hui le Tinto ou l'Odiel, selon Avienus qui a fait en 400 une visite de Cadix, ce qui lui a permis d'écrire un poème décrivant l'Ibérie. Ce poème reste la plus antique description des côtes et des villes des régions occidentales de l'Empire romain Antonio García y Bellido, , .. Le nom Iberia se répandit ensuite dans toute la péninsule, comme le souligne StrabonStrabon, , ..
Au fil du temps, les auteurs grecs appelèrent Ibérie toute la péninsule Ibérique qui est délimitée au nord par les Pyrénées. Pour le moment, nous avons expliqué le nom d'Ibérie dans le contexte de la colonisation et l'expansion grecque dans la Méditerranée. Les Grecs, qui connaissaient déjà bien la terre de la colonie grecque d'Ibérie dans le Caucase, donnèrent à la péninsule qui se situe l'extrémité ouest de la Méditerranée, le même nom à cause des caractéristiques similaires du terrain, ainsi que des richesses communes.
L'étymologie du nom « Hispanie » proposé par Trogue Pompée est totalement fausse : selon lui, le nom viendrait d'un roi nommé « Hispalo », mais il n'a jamais existé.
Au moins depuis le début de l'époque moderne jusqu'en 1927, la théorie défendue est celle que le mot Hispanie est une déformation d'Hispalis, mot d'origine ibérique qui signifierait la ville de l'OccidentL’étymologie selon Antonio de Nebrija est la suivante : la décomposition de Hispalis donne ili (la ville, dans la langue ibérique) et spa signifiant occident. Hispalis signifie bien la ville de l'Occident. ; et Hispalis étant la principale ville de la péninsule, les Phéniciens, plus tard les Romains ont donné le nom de la cité à l'ensemble du territoire.
Les écrivains latins utilisaient le nom d'Hispanie à la place de celui d'Ibérie Antonio García y Bellido, , .. L'écrivain latin Ennius qui a vécu entre 239 et 169 , est le premier à appeler l'Ibérie par Hispanie dans son Histoire romaine Antonio García y Bellido, , , .. Au cours du , les écrivains latins se référèrent à la péninsule Ibérique, comme Hispanie ou Ibérie. Le géographe StrabonStrabon, Géographie : , ., dont le troisième livre de sa Géographie est le document le plus important sur l'ethnologie des peuples de l'Hispanie antique, affirme expressément qu'il utilisait indistinctement dans son temps (le ), les noms d'Ibérie et d'Hispanie. Cet auteur a l'idée que toute la terre située au sud des montagnes des Pyrénées forme une unité et qu'elle se situe entre la Gaule et l'Afrique, et séparé par la mer MéditerranéeStrabon, Géographie : , .. Par extension, selon Trogue Pompée, son étendue est moindre que celle de la Gaule et celle de l'Afrique Antonio García y Bellido, , ..
Toutefois, plus tôt dans le deuxième livre, Strabon fait référence aux Ibères caucasiens. Il fut un grand voyageur qui, en mettant la paix romaine en profita pour parcourir presque toutes terres de l'écoumène, depuis l'Arménie en orient, jusqu'à la Sardaigne en occident, et depuis la mer Noire au nord jusqu'aux limites de l'Éthiopie au sud.
Il parcourut même le Nil jusqu'à Assouan dans une expédition dirigée par Elius Galus, un préfet romain de l'ÉgypteStrabon, Géographie : , ..
Polybe est un historien grec du qui a vécu un certain temps dans la péninsule. Il a été le premier historien grec qui traita le phénomène romain, influencé par Timée de Tauroménion, avec profondeur. Il est né en 200 à Mégalopolis. Peu de temps après la conquête romaine, il est déporté à Rome avec d'autres notables de la ville. Durant son séjour, il se lie une amitié avec les Scipions, et va suivre Scipion Emilien dans ses conquêtes. En ce qui concerne son travail historiographique, il écrit une Histoire romaine de quarante livres dont seulement les à et à sont conservés presque complètement, pour les autres nous ne possédons que des fragments. Son œuvre fait l'histoire du progrès romain depuis la première guerre punique jusqu'en 146 , après la destruction de Corinthe et de CarthageCruz Andreotti, Polibio. Historias, introduction .. Polybe dit textuellement :
Appien d'Alexandrie () dans son Histoire romaine, écrit :
Histoire Antécédents Peuples pré-romains thumb|left|200px|Plaques de Botorrita trouvées dans l'ancienne Contrebia Belaisca, à Cabezo de las Minas, près de l'actuel Botorrita, à proximité de Saragosse. Elles datent du et possèdent une écriture de langues paléo-hispaniques (langue celtibère).
Avant que le territoire passe sous l'influence romaine, il subit plusieurs changements culturels. Les premiers changements concernent les Tartessos, les Ibères et les Celtes, qui ont influencé et ont légué de nombreuses religions et coutumes aux indigènes de l'Hispanie avant qu'elle ne soit coloniséeAlejo Fernández Francisco, Cultura andaluza: geografía, historia, arte, literatura, música y cultura popular, ..