Louis Parrot, né dans le quartier Saint-Symphorien de Tours le et mort à Paris le Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 3216, vue 5/31., est un poète, romancier, essayiste, journaliste et traducteur français.
Biographie Fils de maçon, il ne peut poursuivre de longues études et c'est en autodidacte qu'il acquiert une culture suffisante. Il est mis en apprentissage dès 12 ans et est coursier puis commis avant de devenir responsable du département littéraire d'une librairie de Poitiers.
Il publie à 15 ans son premier recueil de poèmes, Ode à Minerve meurtrière, avec lequel il remporte le prix de poésie des Jeux Floraux de Touraine, puis écrit deux autres recueils les années suivantes, tous empreints du symbolisme en vogue à l'époque. S'ensuivit une période de correspondances avec René Char et Pierre Reverdy qui l'amène à changer et personnaliser son style, une transformation patente à la publication de Misery farm.
Avant la guerre d'Espagne, il est lecteur à l'Université de Madrid où il rencontre de nombreux poètes espagnols et fait la rencontre de Paul Éluard. C'est le début d'une profonde amitié et d'une collaboration entre ces deux poètes. Louis Parrot fait placer un poème d'Éluard dans L'Humanité du . Ils traduisent ensemble l'Ode à Salvador Dalí de Federico Garcia Lorca parue en 1938, dont ils dédicacent une copie au compositeur et pianiste Francis Poulenc. Il traduit également le plus célèbre ouvrage du philosophe espagnol José Ortega y Gasset, La Révolte des masses, paru chez Stock en 1937. En , il publie chez Pierre Seghers une monographie sur Paul Éluard, premier des ouvrages de la célèbre collection « Poètes d'aujourd'hui ».
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Parrot est le correspondant de son ami en Zone libre, en même temps qu'un homme de lettres résistant collaborant aux éditions clandestines de Minuit, notamment au recueil L'Honneur des poètes. De 1940 à 1944, sa maison à Clermont-Ferrand est un lieu de passage et de résistance pour les intellectuels. À la fin de l'année 1945, il publie le premier ouvrage panoramique sur la résistance intellectuelle et artistique pendant l'Occupation, L'Intelligence en guerre. Son livre, écrit à chaud, est un témoignage important. L'ouvrage s'intéresse aussi bien à l'Université, aux poètes et aux éditeurs de revues, publiques ou clandestines, qu'aux peintres et aux musiciens.
À la reparution du journal « Ce Soir » en 1944, il est appelé pour être le rédacteur en chef et écrit en grande partie seul le numéro du . Il dirige également l'Éternelle Revue, revue littéraire fondée par Paul Éluard.. Il est critique littéraire aux Lettres françaisesSa notice dans Le Maitron..
Il meurt le à Paris.
Œuvres Poésie Ode à Minerve meurtrière (Bouescat, Tours, 1924) Tristesse des soirs paisibles (Jardin de la France, Blois, 1925) Cornemuse de l'orage (Pannier fleuri, Tours, 1927) Misery farm (Hors commerce, Poitiers, 1934. Nouvelle édition augmentée, Éditions Seghers, Paris, 1945) Ode à Salvador Dali (GLM, Paris, 1938) (traduction avec Paul Eluard) Mystères douloureux (Robert Laffont, Paris, 1945) Œil de fumée (Amis de Rochefort, 1953) (posthume) Soleil voilé par nos ombres, choix de poèmes extraits de Mystères douloureux, préface de Marc Fontana (éd. de L'Arrière-Pays, 1994) (posthume)
Prose Panorama de la culture espagnole (Éditions Sociales Internationales, 1937) Le poète et son image (Cahiers du Rhône, 1943) Paul Éluard (Seghers, coll. Poètes d'aujourd'hui , 1944) L'intelligence en guerre (1940-1945), la résistance intellectuelle sous l'occupation (La Jeune Parque, 1945 ; réédité au Castor Astral en 1992, ) Où habite l'oubli publié en Suisse en 1944 aux éditions du Continent; réédité en 2006 aux éditions Farrago) Federico Garcia Lorca (Seghers, coll. Poètes d'aujourd'hui , 1947) Ursule la laide (Éditions Ides et Calendes, Neuchâtel (Suisse), 1947) Blaise Cendrars (Seghers, coll. Poètes d'aujourd'hui , 1948) Paille noire des étables (Trois collines, 1944; réédition suivi de Ursule la laide, Farrago, 2006) Mozart (Robert Laffont, 1945)
Romans Le Grenier à sel (Robert Laffont, 1943) Nous reviendrons (Éditions Robert Laffont, 1946; réédition Éditions du Castor Astral, 1992) La Flamme et la Cendre (Robert Laffont, 1949)
Autre Faux papiers, Les Lettres françaises du , reproduit in La République du Silence, 1946,
Correspondance Lucien Scheler, La Grande Espérance des poètes, 1940-1945, précédé de Hier Demain Toujours par Jean Lescure, Paris, Temps actuels, 1982, 388 p. [Contient notamment les correspondances durant ces années de Louis Parrot avec Paul Éluard et Pierre Seghers, mais aussi avec Louis Aragon, Jean Amrouche, Gabriel Audisio, Jean Ballard (directeur des Cahiers du Sud), Albert Béguin, Alain Borne, Joë Bousquet, Pierre Emmanuel, Max-Pol Fouchet, Pascal Pia, Michel Seuphor.]
Hommages Une plaque a été apposée en 1981 sur la route des Crêtes à la sortie de Limeuil (Dordogne) : "Ici face à cette vallée, Paul Eluard et Louis Parrot ont rêvé ensemble d'une poésie faite pour tous et par tous."
Bibliographie François Lachenal, Éditions des Trois Collines, Genève-Paris, IMEC Éditions, Paris, 1995, 168 p. Lucien Scheler, La grande espérance des poètes, éd. Temps actuels, 1982. La flamme et la cendre : Louis Parrot et le réalisme ébloui, article de Marc Fontana, revue Poésie 89, n° 28, 1989. Erwan Caulet, notice « Louis Parrot », Le Maitron en ligne.
Notes et références
Liens externes
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