La grippe canine est une maladie virale des chiens, qui se manifeste par des troubles respiratoires aigus. Le virus grippal est parfois classé comme pathogène émergentTimm C. Harder, Thomas W. Vahlenkamp ; Influenza virus infections in dogs and cats Review Article Veterinary Immunology and Immunopathology, Volume 134, Issues 1-2, 15 March 2010, Pages 54-60 (Résumé)Faris F. Jirjis, Muralidhar S. Deshpande, Anna L. Tubbs, Huchappa Jayappa, Nallakannu Lakshmanan, Terri L. Wasmoen ; Transmission of canine influenza virus (H3N8) among susceptible dogs ; Veterinary Microbiology, Volume 144, Issues 3-4, 26 August 2010, Pages 303-309 (Résumé).
Un sous-type de virus grippal peut être considéré comme émergent ou « ré-emergent » chez le chat ou le chien Emerging and Reemerging Viruses in Dogs and Cats ; Veterinary Clinics of North America: Small Animal Practice Volume 38, Issue 4, Pages 755-936 (July 2008) Edited by Sanjay Kapil and Catherine G. Lamm (sommaire), deux espèces commensales de l'homme.
Symptômes Environ 80 % des chiens infectés par le H3N8 présentaient des symptômes, généralement légers, tandis que 20 % présentaient des infections asymptomatiques ou subcliniques. Le taux de mortalité pour les Greyhounds des premiers foyers était de 5 à 8 %Carter, G.R.; Flores, E.F.; Wise, D.J. (2006). "Orthomyxoviridae". A Concise Review of Veterinary Virology. http://www.ivis.org/advances/carter/Part2Chap20/chapter.asp?LA=1#Canine. Consulté 2006-08-17.. Hors de cas particulier liés à des virus plus pathogènes, le taux de létalité global est supposé être probablement inférieure à 1 %de Morais, Helio Autran (November 2006). "Canine influenza: Risks, management, and prevention". Veterinary Medicine (Advanstar Communications) 101 (11): 714.. Les symptômes de la forme bénigne sont une toux (qui dure de 10 à 30 jours, parfois associé à un écoulement nasal verdâtre).
Les formes plus graves sont associées à une forte fièvre et une pneumonieControl of Canine Influenza in Dogs — Questions, Answers, and Interim Guidelines". AVMA. 2005-12-01. http://www.avma.org/public_health/influenza/canine_guidelines.asp. Retrieved 2006-08-17. qui n'est pas causée par le virus lui-même mais par des surinfections bactériennes secondaires. Dans ce dernier cas, le taux de mortalité peut atteindre 50 % sans traitement appropriéYin, Sophia (September 2007). "Managing canine influenza virus". Veterinary Forum (Veterinary Learning Systems) 24 (9): 40–4].
Dans les cas mortels, l'autopsie a montré des vascularites et des pneumonies hémorragiques sévères.
Diagnostic La présence d'une infection des voies respiratoires supérieures chez un chien qui a été vacciné contre les autres causes principales toux (toux de chenilToux de chenil, Adenovirus/Toux du chenil Dossier Toux du chenil) peut faire suspecter une grippe canine, en particulier dans les zones et périodes où la maladie est déjà signalée. Un échantillon de sérum sanguin analysé par PCR et tests pour ce virus peut confirmer le diagnostic.
Histoire
Les virus grippaux canins ne sont étudiés que depuis une époque récente, avec des sous-types viraux identifiés aux États-Unis et en CoréeEdward J. Dubovi PhD ; Canine Influenza ; Veterinary Clinics of North America: Small Animal Practice Volume 40, Issue 6, November 2010, Pages 1063-1071 Current Topics in Canine and Feline Infectious Diseases ; doi:10.1016/j.cvsm.2010.07.005 .
L'attention des spécialistes a été attirée par une épidémie née après une course de lévriers en Floride, avec un nouveau variant H3 de la grippe qui s’est rapidement propagé du cheval au chien et de chien à chien aux États-Unis en 2004, puis en 2005Crawford PC, Dubovi EJ, Castleman WL, Stephenson I, Gibbs EP, Chen L, et al. Transmission of equine influenza virus to dogs. Science. 2005;310:482–5. (Résumé/Medline). Le virus est toujours présent en 2007 où il avait infecté des chiens dans plus de 10 états des États-Unis en 2006 et plus de 20 états en 2006Tremayne J. Canine flu confirmed in 22 states. DVM Newsmagazine. 2006 Aug 1 (22 mai 2007).
La surveillance écoépidémiologique de la grippe s'intensifiant, il est probable qu'on découvre bientôt plus de virus grippaux chez les chiens (autrefois non détectés) ou chez des canidés sauvages ou issus du marronnage.
Historique En , 22 lévriers sont victimes en Floride d’une maladie respiratoire sur un champ de course. 14 d'entre eux avaient contracté une forme bénigne de grippe (pic fébrile, puis toux persistante durant 10 jours). 8 autres en sont rapidement morts avec des symptômes évoquant un virus HP (Hautement pathogène) : hémorragies pulmonaires, ainsi que des signes à l'autopsie d'inflammation des alvéoles (bronchiolite) et de pneumonie suppurative (due à une surinfection bactérienne). Un test a mis en évidence une grippe A, puis Cynda Crawford et son équipe ont montré grâce à des antigènes spécifiques, que le virus était un virus grippal de type H3 dont l'Hémagglutinine était du même type que celle de la grippe du cheval. Fin , 11 États de la côte est des États-Unis sont touchés, dont le Texas. Depuis le virus s’est propagé chez de nombreux lévriers. De juin à , en 2 mois, l'épidémie se répand sur au moins 14 autres champs de course dans 6 États américains (dont Texas, Kansas, Virginie-Occidentale et Floride) ; plus de chiens sont touchés. Le taux a doublé en 2005 avec 20 champs de course touchés dans 11 États.
(De janvier à , sept champs de course ont été touchés en Floride, et bien d’autres encore en Arizona, Massachusetts, Alabama, Kansas, Virginie-Occidentale et le Wisconsin). Environ chiens supplémentaires auraient contracté ce virus (avec une mortalité de 5 à 8 %). Dimanche ; les CDC (Centers for Disease Control and Prevention américains) annoncent que ce virus est déjà très présent dans des chenils de chiens de compagnie du Connecticut, et dans la région de Westchester (près de New-York).
Une surveillance virologique des chiens et chevaux a eu lieu de 2005 à 2008 aux États-Unis. L'analyse phylogénétique de génomes de souches virales A H3N8 isolés à partir de 36 chiens et chevaux (séquencés pour déterminer leur origine et phylogénie) a révélé que les virus grippaux H3N8 chez des chevaux et les chiens ont été dans ces cas monophylétique et distincts. On n'a pas trouvé de traces d'infection grippale par virus canin chez les chevaux souffrant de maladies respiratoires ni de nouvelles introductions de virus équins chez des chiens aux États-Unis. Ceci laisse supposer que le franchissement de la barrière des espèces entre chien et chevaux reste rare et difficile pour les grippes cliniquement apparentes chez les chiens et chevauxPierre Rivailler, Ijeoma A. Perry, Yunho Jang, C. Todd Davis, Li-Mei Chen, Edward J. Dubovi, Ruben O. Donis ; Evolution of canine and equine influenza (H3N8) viruses co-circulating between 2005 and 2008 Original Research Article Virology, Volume 408, Issue 1, 5 December 2010, Pages 71-79 P ( Résumé).
Caractéristiques et origine du virus Le séquençage de la totalité du génome viral en 2005 montre qu’il s’agit bien d’un H3N8 mutant, proche du A H3N8 de la grippe équine qui affecte les chevaux depuis une quarantaine d'années. Les chiens auraient pu s'infecter en respirant des particules de crottin de cheval ou de mucus sur les pistes de course.
En 2005, Patti Cynthia Crawford et son équipe estiment que le virus est passé directement du cheval au chien, sans recombinaison. Les modifications moléculaires des hémagglutinines observées laissent penser que l’adaptation s’est faite dans l’organisme canin.
Une comparaison avec les séquences génétiques de virus d'autres espèces et les arbres généalogiques génétiques montrent une identité de 96 % entre ce virus qui touche le chien et celui du cheval.
Pour Cynda Crawford «c’est le même virus. Nous avions 3 isolats au départ, pour lesquels il y a cette identité et de nombreux autres aujourd'hui qui le confirment ».
La comparaison des mêmes gènes viraux aviaires, porcins ou humains montre 80 à 94 % de séquences communes avec celles de ce qu’il convient d’appeler un nouveau virus canin.
Transmission du virus entre espèces Le virus peut être acquis de l'oiseauExemple: Li, S., Shi, Z., Jiao, P., Zhang, G., Zhong, Z., Tian, W., ... & Wan, X. F. (2010).Avian-origin H3N2 canine influenza A viruses in Southern China. Infection, Genetics and Evolution, 10(8), 1286-1288. (en le prenant dans la gueule, ou en lapant de l'eau contaminée par des fientes ou en nageant dans cette eau...), de l'Homme ou du chat, mais aussi d'autres espèces telles que le cochon ou le cheval (comme cela a été clairement démontré en 2004Crawford, P. C., Dubovi, E. J., Castleman, W. L., Stephenson, I., Gibbs, E. P. J., Chen, L., ... & Donis, R. O. (2005). Transmission of equine influenza virus to dogs. Science, 310(5747), 482-485..
Inversement, le chien grippé, peut en excrêtant des virions infecter un chatSong, D. S., An, D. J., Moon, H. J., Yeom, M. J., Jeong, H. Y., Jeong, W. S., ... & Kang, B. K. (2011). Interspecies transmission of the canine influenza H3N2 virus to domestic cats in South Korea, 2010. Journal of General Virology, 92(10), 2350-2355. ou d'autres espèces.
Virulence Elle varie selon les souches, mais, fait jugé rare par les spécialistes : ce virus est passé tout entier, sans réarrangements génétiques, de son hôte, le cheval, vers un nouvel hôte, le chien, sans perdre de son pouvoir pathogène a expliqué Cynda Crawford au Figaro, alors que [.
Les modifications moléculaires des hémagglutinines (le H dans la dénomination du virus) suggèrent que l’adaptation s’est faite dans le nouvel hôte canin.
Situation écoépidémiologique en 2006 Vendredi : Alors qu’on espérait une accalmie avec la belle saison, un chenil sud-Californien déclare un nouveau foyer grippal à virus A H3N8.
Deux chiens ont été testés positifs au virus. : Soixante deux autres dans ce même chenil présentaient des symptômes d'infection (toux, congestion nasale) évoquant cette grippe, ce qui a justifié la mise en quarantaine du chenil.
Risques pour l'Homme À ce jour, selon les CDC américains, rien ne laisse penser que ce variant du H3N8 puisse passer du cheval à l’homme ou du chien à l’homme.Si le virus mutait ou se recombinait pour s'humaniser, il faudrait prendre en compte un risque de contamination par le mucus pulmonaire, mais aussi par les excréments et par les poils à la suite de leur contamination possible lors du toilettage.
Contagiosité, transmission à d'autres races de chiens Dès 2005, la communauté scientifique craint une extension au Canada. Quelques cas observés dès 2005 chez des chiens domestiques laissent craindre une possible épizootie chez les chiens… voire chez d’autres canidés, sauvages ? (loup, chacal, dingo, renard.)
Les grippes canines sont transmises par des chiens infectés à d'autres (éventuellement plus "sensibles), par contacts directs ou indirects (fomites). On a récemment expérimentalement montré que la transmission se produit facilement au sein d'un groupe de chiens dont l'un est infecté (4 chiens expérimentalement infectés ont été mêlés à un groupe de huit chiens sains (au 1 et jour après l'infection) puis les symptômes respiratoires ont été observés chez les 2 groupes. L'apparition de signes cliniques, l'excrétion du virus, la séroconversion et l'apparition de lésions pulmonaires ont été observées plus tôt chez les chiens expérimentalement infectés, mais la sévérité des signes cliniques et des lésions pulmonaires étaient très semblables au sein des deux groupes. Dans ce cas, 100 % des chiens infectés expérimentalement et 75 % des de ceux exposés au contact de chiens infectés ont excrété le virus dans leurs sécrétions nasales. En outre, 100 % des chiens infectés expérimentalement et 75 % des chiens exposés au contact ont présenté, à des degrés divers des pneumonies. Ceci laisse penser que le virus peut se propager facilement à partir de chiens infectés vers d'autres chiens sensibles, par contacts directs.