L'apéritif anisé Pernod est la plus ancienne marque d'anisés française, appartenant à la société Pernod du groupe Pernod Ricard. Le produit, créé en 1918 à Avignon sous le nom « Anis Pernod » par la distillerie « Pernod Père et Fils », est élaboré par mélange d'huiles essentielles de plantes aromatiques.
Il est composé principalement d'anéthol extrait de l'anis étoilé ainsi que de quatorze herbes aromatiques tel que la menthe, le coriandre et le fenouil, mais très peu de réglisse ce qui ne lui permet pas d'être classé comme un pastis..La boisson, d'un degré en alcool de 40°, est obtenue par distillation aqueuse, avec de l'alcool neutre, de l'eau, du sucre et un ou plusieurs colorantsMention sur l'étiquette dans les pays où elle est obligatoire..
L'origine provençale avignonnaise de la boisson s'est perdue au fil des fusions industrielles du et des choix commerciaux de la société Pernod dont la boisson se réclame aujourd'hui de Paris et héritière de « Pernod Fils » de Pontarlier..
Histoire Création de l'« Anis Pernod » à Avignon gauche|vignette|250x250px|Publicité pour l'absinthe Jules Pernod d'avant 1907. Pendant la Première Guerre mondiale, en mars 1915, l’absinthe est interdite par le gouvernement en raison des inquiétudes pour la santé des soldats. À Montfavet (Vaucluse), les établissements « Pernod Père et Fils » qui produisaient de l'absinthe doivent trouver une solution et contourner la loi. Jules-François Pernod puis son fils Jules-Félix Pernod développent alors une nouvelle absinthe anisée autorisée par la loi. En 1918, Jules-Félix commercialise l’« Anis Pernod », considéré comme le premier apéritif anisé industriel produit en France.. Le nom de la boisson change ensuite pour « Pernod » puis « Un Pernod » en 1921, monopolisant ainsi le nom pour tous les anisés qui pourraient être créés ultérieurement.
Création des Établissements Pernod gauche|vignette|Buvard publicitaire « Pernod Père et Fils » pour l'apéritif anisé, d'avant 1928. L'actuelle boisson anisée commercialisée est en réalité le produit d'une histoire amalgamée d'homonymies au fil des fusions industrielles du de la société Pernod. Cette situation a conduit à une confusion entre la maison « Pernod Fils », fondée en 1805 à Pontarlier, et la maison « Pernod Père et Fils » de Montfavet, fondée en 1882 à Avignon et à l'origine de la boisson historique de l'« Anis Pernod » créée en 1918. Les deux sociétés n’entretiennent aucun lien de parenté et se sont déjà opposées avant la Première Guerre mondiale par un contentieux judiciaire concernant l’usage du nom « Pernod » pour leurs absinthesMarie-Claude Delahaye, Pernod. 200 ans d'entreprise, Auvers-sur-Oise, Musée de l'Absinthe, 2005..
Malgré le succès de leur boisson anisée, l’usine de Montfavet ferme en 1924 et la société avignonnaise « Pernod Père et Fils » est réorganisée sous la forme d’une société anonyme. Pour « Pernod Fils », la situation est encore plus difficile : fragilisée par l’interdiction de l’absinthe en 1915, leur usine de Pontarlier ferme dès 1917. Ce n’est qu’avec sa fusion en 1926, avec la « Distillerie Hémard » en pleine expansion, que l’entreprise parvient à assurer sa survie.
En 1926, la nouvelle société « Hémard et Pernod Fils » de Montreuil dépose la marque d'un « Anis Pernod fils » pour rebondir: c'est le début d'une véritable guerre commerciale entre les deux boissons anisées portant le même nom. Jules-Félix Pernod d'Avignon s'y oppose et porte plainte estimant avoir l'antériorité du droit à l'usage du nom. Le procès est gagné en 1928 par la famille Pernod d'Avignon dont la société anonyme fusionne finalement avec celle des Hémard et Pernod Fils: c'est la naissance des « Établissements Pernod » et la nouvelle société transfère son siège et ses activités à Montreuil.
Avec le regroupement des deux sociétés puis la concentration de la production sur Paris, l’origine provençale avignonnaise de la boisson anisée « Pernod » fut progressivement éclipsée dans la communication officielle au profit de la filiation avec Paris et « Pernod Fils » comme l'atteste les étiquettes des bouteilles. Selon la communication actuelle de la marque sur sa page internet, le « Pernod » daterait de 1920 et serait lié à Paris, à la maison « Pernod Fils » fondée en 1805, alors qu'il n'en est rien historiquement.
Évolution des apéritifs anisés « Pernod » gauche|vignette|200x200px|Publicité dans un catalogue d'opérette pour le « Pernod 45 », 1950 En 1938, la société Pernod commercialise la liqueur anisée « Pernod 45 » à 45° d'alcool, dans un contexte d’assouplissement de la législation française sur les boissons anisées et de concurrence avec le pastis Ricard depuis 1932. En effet, après l’interdiction de l’absinthe en 1915 puis les fortes restrictions imposées aux apéritifs anisés, la loi autorise de nouveau, à partir de 1938, la commercialisation de boissons titrant jusqu’à 45°. Toutefois, la production sera de courte durée: le régime de Vichy à l'été 1940 interdit la vente d'alcool de plus de 16° ce qui pousse Pernod à commercialiser le « PSA » (Pernod Sans Alcool).vignette|250x250px|Une bouteille de « Pernod » à 40° étiquetée « Pernod Fils », années 1970.En 1949, la loi d'interdiction des alcools de plus de 16° est abrogée ce qui permet de reprendre la production des liqueurs anisées « Pernod » à 40° et « Pernod 45 », même si toute publicité dans la presse ou par affichage public reste interdite. C'est en 1951 que cette interdiction prend fin, et pour le célébrer et concurrencer Ricard, la société Pernod commercialise un pastis étiqueté « Pernod 51 », en référence à l'année du lancement. En 1954, ce « Pernod 51 » est rebaptisé «Pastis 51 » pour éviter la confusion avec le « Pernod 45 », puis aujourd'hui tout simplement « 51 ».
Depuis 2001, Pernod commercialise également un « Pernod Absinthe » aux extraits de plantes d'absinthe, « spiritueux anisé » inspiré d'une recette qui fit le succès de la maison « Pernod Fils » à la fin du , profitant de la fin de l'interdiction de l'absinthe en France. Cette liqueur sans sucre à 68° a un taux de thuyone inférieur à , ce qui lui permet de répondre aux contraintes légales françaises en vigueur.
Consommation Le « Pernod » se consomme traditionnellement dilué dans de l'eau fraîche avec des glaçons. Il peut aussi servir d'ingrédient dans différents cocktails, par exemple mélangé à de la vodka, de la limonade et du sirop de cassis, ou dilué avec du jus de canneberge, une boisson très répandue en Amérique du Nord. À l'international, « Pernod » est consommé en « long drink », mélangé à du bitter lemon, du cola ou des jus de fruits.
Surnom Il est traditionnellement surnommé le perniflard.
Notes et références
Catégorie:Apéritif Catégorie:Boisson provençale Catégorie:Boisson anisée Catégorie:Groupe Pernod Ricard Catégorie:Marque du groupe Pernod Ricard