L'ordre de la Couronne de fer est un ordre honorifique fondé le à Milan par , agissant en tant que roi du royaume d'Italie (1805-1814), sur le modèle de la Légion d'honneur.

Signification symbolique de la Couronne de fer La Couronne de fer, selon la tradition, contient le long de sa surface intérieure un cercle de fer obtenu à partir l'un des clous utilisés lors de la Crucifixion du Christ, d'où le nom de la Couronne de fer. Le clou, par la suite, avait été introduit en Italie par sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin, qui s'était distingué lui-même à plusieurs reprises non seulement comme un fervent chrétien, mais aussi comme un chercheur de grandes reliques (il avait également trouvé la Sainte-Croix).

vignette|gauche|Couronne de fer de Lombardie, utilisée pour le couronnement de Napoléon roi d'Italie.Cette couronne se trouve au dôme de Monza. La couronne fut donnée par Théodelinde de Bavière, princesse lombarde, à la cathédrale de Monza, où elle est conservée. Elle fut utilisée pour le couronnement de Charlemagne comme roi du trône de Lombardie en 774, puis par les empereurs du Saint-Empire romain germanique, héritiers de cette tradition.

Après une conquête territoriale de la péninsule italienne comparable à celle de l'empereur d'Occident et comme un geste symbolique, Napoléon se fit couronner de la relique roi d'Italie le . La Révolution française, dans ses idéaux d'égalité et de fraternité, avait aboli tous les ordres de chevalerie typiques de l'Ancien Régime et tous les honneurs attribués pour mérite par les rois de France. Dans l'intention de récompenser les valeureux soldats qui s'étaient battus en Italie et plus précisément dans la République italienne (et avant elle, la Cisalpine), Napoléon institua l'ordre de la Couronne de Fer, sur le modèle de la Légion d'honneur.

vignette|gauche|180 px|Buste de portant la Couronne de fer de Lombardie, Museo del Risorgimento (Milan). Le lien sacramental de la couronne de fer est un symbole de la consécration royale de droit divin. Elle conférait un pouvoir particulier émanant des sacres séculaires opérés par cette couronne, et avec l'approbation du pape, qui légitimait une prise de possession réelle de la Lombardie à son porteur. Ce sera l'une des raisons de son usage par Napoléon, les empereurs d'Autriche et enfin les derniers rois d'Italie qui en feront une couronne nationale.

Lors de la campagne d'Italie de 1859, la Couronne de fer fut préservée par l'empereur François-Joseph à Vienne. Son retour en Italie, en 1866, coïncide avec la souveraineté de la maison de Savoie sur l'Italie (à l'exception du Latium et de Rome, conquis seulement en 1870) et la cession par l'empire d'Autriche de la Vénétie à l’État unitaire italien.

vignette|droite|180 px|Croix de commandeur de l'ordre de la Couronne d'Italie créé par Victor-Emmanuel II : on trouve au centre une représentation de la couronne de fer.

C'est la Couronne de fer qui sera le symbole constitutif du nouvel ordre de chevalerie, en l'occurrence l'ordre de la Couronne d'Italie, institué par Victor-Emmanuel II (ordre conçu comme successeur de la Couronne de fer napoléonienne, continué en outre par les empereurs autrichiens jusqu'en 1918 au titre de leurs revendications sur leurs anciennes possessions italiennes).

Création de l'Ordre , roi d'Italie (couronné le sous ), institue, par le statut constitutionnel du , .

Le VIII précise que : Jean Tulard (dir.) (préf. Général d'armées Jean-Louis Georgelin, grand chancelier de la Légion d'honneur), La Berlin de Napoléon : Le mystère du butin de Waterloo, [Michel], 2012 ( éd. 2012), , 312 p. , cf , entrée intitulée « Ordre de la Couronne de fer » par Anne de Chefdebien..

L'ordre tient son nom de l'antique Couronne de fer de Lombardie, reliquaire, puisque le cercle de fer qui se trouve en son sein est réputé avoir été forgé à partir d'un des clous de la Passion, prélevé de la Vraie Croix sur laquelle a été crucifié Jésus-Christ. Elle est l'un des plus forts symboles de la royauté italienne depuis le Moyen Âge

Administration et organisation Le grand conseil d'administration de l'ordre est composé des grands dignitaires et présidé par le grand maître. Tandis qu’un chancelier et un trésorier de l'ordre sont choisis parmi les dignitaires, un maître de cérémonies l'est parmi les commandeurs et deux aides de cérémonies parmi les chevaliers.

Ferdinando Marescalchi (ministre des Relations extérieures) est fait grand chancelier de l'ordre et Antonio Aldini (ministre d'État), trésorier.

L'ordre a été initialement réparti en trois catégories Le fichier manuscrit des membres de l'ordre de la Couronne de fer se trouve au musée de la Légion d'honneur selon la note (35) du site Napoleon.org .. L'institution sera composée, au plus, de : 20 dignitaires, grands-croix ; 100 commandeurs ; 500 chevaliers.

250px|vignette|Charles Lock Eastlake, , 1816.Il s'agit d'une des rares représentations de l'Empereur où celui-ci porte les décorations des trois ordres dont il est le grand maître : Légion d'honneur, ordre de la Réunion et ordre de la Couronne de fer. Lors de la création, l'Empereur tint à ce que Le prince de la maison du grand-maître, les princes des maisons étrangères et les autres étrangers auxquels les décorations de l'ordre seront accordées, ne comptent pas dans ce contingent.

Par décret impérial du 19 novembre 1807, quinze dignitaires, cinquante commandeurs et trois cents chevaliers sont ajoutés au nombre des membres de l'ordre de la Couronne de fer

C'est le grand-maître qui nomme à toutes les places de l'ordre : les commandeurs sont choisis parmi les chevaliers, et les dignitaires parmi les commandeurs (en conséquence, et pour la première formation, tous les membres de l'ordre furent nommés chevaliers).

Chaque année, au jour de l'Ascension, les places vacantes sont pourvues. Tous les chevaliers, commandeurs et dignitaires se réuniront ledit jour en chapitre général dans l'église métropolitaine de Milan. Les nouveaux chevaliers y prêtent sermentLe serment des chevaliers est conçu en ces termes : et il est procédé à leur réception, conformément au cérémonial qui est régléL'éloge historique de ceux des membres morts pendant l'année, sera prononcé dans cette solennité. L'orateur y fait l'histoire des nouveaux services qu'ils auront rendus depuis leur nomination, et rappellera les principes sur lesquels l'ordre est fondé, et les circonstances qui ont précédé sa fondation..

Les membres de l'ordre jouissent d'un traitement annuel : livres pour les dignitaires ; 700 livres pour les commandeurs ; 300 livres pour les chevaliers.

Cette pension est prélevée du fonds constitué par la dotation de l'ordre sur le , d'un revenu de livres de Milan. Il est en outre réservé sur le revenu de cette dotation une somme annuelle de livres pour les pensions extraordinaires que le grand-maître juge à propos d'accorder à des chevaliers, commandeurs ou dignitaires (ces pensions sont à vie).

Insigne et ruban La décoration de l'Ordre avait été décidée statutairement par le décret de 1805 : L'insigne consistait en une médaille où l'aigle napoléonien est posé au-dessus de la Couronne de Fer, sur laquelle était inscrite la devise (en français ou en italien selon la nationalité du récipiendaire), (reprenant la célèbre phrase prononcée par Napoléon lui-même lors de son sacre à Milan). La Couronne de fer, était surmontée de six pointes, dont le centre, d'émail bleu, arborait le profil de Napoléon en or.

Les pointes de la couronne furent plus tard pommetées.

Cette décoration était suspendue à un ruban, dans , . La couleur correspond symboliquement à l'or impérial, qui a été adopté par la version autrichienne.

Il était ainsi décidé du port des insignes de chaque grade : Dignitaires : port de la décoration en or, au cou et en baudrier, de l'épaule droite à la hanche gauche, ainsi que d'une étoile à huit pointes à prendre sur la poitrine gauche ; Commandeurs : port de l'insigne en or accompagné d'une rosace, attaché au côté gauche de la boutonnière ; Chevaliers : port de l'insigne en argent, attaché de la même manière.

400px|centréRuban100px|centréChevalier100px|centréCommandeur100px|centréDignitaire

Ces couleurs ont été reprises par le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte pour la médaille militaire française instituée en 1852.

Grand-maître de l'Ordre 1806–1814 : , empereur des Français ;

Membres

Dignitaires Le cardinal Caprara, archevêque de Milan. Le comte Codronchi, archevêque de Ravenne, grand aumônier du Royaume d'Italie, sénateur. Francesco Melzi d'Eril, comte de Magenta, duc de Lodi, chancelier, Garde des Sceaux de la Couronne, sénateur. Antonio Litta Visconti Arese, comte Litta, Grand chambellan, sénateur. Le comte Carlo Caprara, Grand écuyer, sénateur. Le comte Fenaroli, Grand-maître du palais (Grand majordome, -1814), sénateur. Le comte Marescalchi, ministre des Relations extérieures, chancelier de l'Ordre. Le général-comte Pino, premier capitaine de la Garde royale. Le comte Prina, ministre des Finances, sénateur. Le comte Antonio Veneri, ministre du Trésor public, sénateur. Le comte Aldini, ministre secrétaire d'État, trésorier de l'ordre. Le comte Luosi, Grand juge, ministre de la Justice. Le comte Costabili Containi, Intendant général de la Maison Royale, sénateur. Le comte Giovanni Paradisi, président ordinaire du Sénat d'Italie. Le comte Moscati, préteur du Sénat. Marzio Mastrilli, marquis de Gallo, ministre des Relations extérieures du royaume de Naples. Le comte Bovara, Ministre des Cultes, sénateur. Le comte Arborio de Breme, sénateur. Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie. Joseph Bonaparte, roi des Espagnes, Grand Électeur. Louis Bonaparte, roi de Hollande, connétable de l'Empire. Joachim Murat, roi , Grand-amiral. Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie. Camille, prince Borghèse. Le maréchal Berthier, prince de Neuchâtel et Valangin, prince de Wagram et vice-connétable. Le maréchal Bernadotte, prince de Pontecorvo, futur roi de Suède (beau-frère de Joseph Bonaparte). Le maréchal Augereau, duc de Castiglione. Le maréchal Masséna, prince d'Essling et duc de Rivoli. Le maréchal-comte Sérurier, sénateur, gouverneur des Invalides. Francesco, prince Aldobrandini Borghese. François de Beauharnais. Le Général de Lariboisière. Le comte de Lauriston, général de division. Le comte Sorbier, général de division.

Commandeurs Le comte Antoine François Andréossy, général de division. Le comte Marc-Antoine Bonnin de La Boninière, général de division. Le comte Augustin Daniel Belliard, général de division. Le Comte Michel Ordener, général de division, premier écuyer de l'Impératrice Joséphine. Le maréchal Jean-Baptiste Bessières, duc d'Istrie, Colonel général de la Garde impériale ; Guillaume Marie-Anne Brune, maréchal d'Empire. Le comte François de Chasseloup-Laubat, général de division. Le baron Claude Dallemagne, général de division. Le comte Louis Friant, général de division. Le comte Pierre-Augustin Hulin, général de division, commandant la première division militaire. Jean-Andoche Junot, duc d'Abrantès, colonel général des Hussards, gouverneur de Paris. Le maréchal François Christophe Kellermann, duc de Valmy. Le comte Jean Le Marois, général de division, aide de camp de S. M. l'Empereur. Le comte Augustin de Lespinasse, sénateur. Le maréchal Auguste-Frédéric-Louis Viesse de Marmont, duc de Raguse. Le comte Sextius Alexandre François de Miollis, général de division. Georges Mouton, comte de Lobau, général de division, aide de camp de S. M. l'Empereur. Le comte Antoine-Guillaume Rampon, général de division, sénateur. Le comte Nicolas Marie Songis des Courbons, général de division, sénateur, inspecteur général de l'artillerie. Le comte Jean Antoine Verdier, général de division. Le maréchal Claude-Victor Perrin, duc de Bellune, commandant le de la Grande Armée. Le baron Martin Vignolle, général de division.