La Table ronde belgo-congolaise, aussi appelée table ronde de Bruxelles ou Table ronde congolo-belge, est une conférence organisée en 1960 à Bruxelles entre des représentants politiques et coutumiers congolais et des représentants belges. Elle aboutit à la fixation de l'indépendance du Congo belge au .

Contexte

La Table ronde s'inscrit dans le contexte de la montée des revendications indépendantistes au Congo belge, de la crise politique provoquée par les émeutes de à Léopoldville et de l'accélération générale des processus de décolonisation en Afrique.

Le , le roi Baudouin annonce la volonté de conduire les populations congolaises à l'indépendance « sans atermoiements funestes, mais sans précipitation inconsidérée ». Cette déclaration ouvre une phase de négociations entre le gouvernement belge et les forces politiques congolaises.

L'idée d'une conférence bilatérale est soutenue par plusieurs formations congolaises, dont l'Alliance des Bakongo et des courants proches du Mouvement national congolais, ainsi que par des responsables politiques belges favorables à une transition négociée. Le ministre August De Schryver, chargé du Congo belge et du Ruanda-Urundi, accepte finalement l'organisation d'une table ronde à Bruxelles.

Déroulement

La conférence politique se tient à Bruxelles du au . Elle est ouverte par le Premier ministre belge Gaston Eyskens.

Les discussions portent sur le calendrier de l'indépendance, l'organisation des institutions, la préparation d'élections générales et les modalités du transfert de souveraineté. La délégation congolaise obtient que la date de l'indépendance soit fixée au .

Une seconde conférence, consacrée aux questions économiques et financières, se tient du au . Elle examine la répartition des charges financières, les questions monétaires, les relations économiques entre la Belgique et le futur État congolais, ainsi que la place des intérêts publics et privés belges dans l'économie congolaise.

Participants

La délégation congolaise réunit des représentants de partis politiques, des chefs coutumiers et des personnalités associées aux principaux courants politiques du Congo belge.

Parmi les formations congolaises représentées figurent l'Alliance des Bakongo, avec Joseph Kasa-Vubu, Daniel Kanza et Edmond Nzeza-Nlandu, le Mouvement national congolais dans ses tendances conduites par Patrice Lumumba et Albert Kalonji, ainsi que la Confédération des associations tribales du Katanga, représentée par Moïse Tshombe. Patrice Lumumba, emprisonné peu avant l'ouverture de la conférence, est libéré afin de pouvoir participer aux travaux.

Le journaliste Joseph-Désiré Mobutu, alors proche du Mouvement national congolais de Lumumba, assiste également à la conférence.

La délégation belge comprend plusieurs membres du gouvernement et responsables politiques, parmi lesquels Gaston Eyskens, August De Schryver, Arthur Gilson, Pierre Harmel, Albert Lilar, Henri Rolin et Charles du Bus de Warnaffe.

Résolutions et décisions

La conférence politique adopte seize résolutions relatives à l'avenir du Congo belge. La décision la plus importante est la fixation de la date de l'indépendance au .

Les résolutions prévoient aussi l'organisation d'élections législatives, la mise en place d'institutions nationales, l'élaboration d'une loi fondamentale et le transfert progressif des responsabilités politiques aux autorités congolaises. La loi fondamentale relative aux structures du Congo est ensuite votée par le Parlement belge en .

Le compromis trouvé à Bruxelles ouvre la voie aux élections de , à la formation du premier gouvernement congolais et à la proclamation de l'indépendance du Congo le .

Postérité

La Table ronde belgo-congolaise est considérée comme une étape décisive dans le processus d'indépendance du Congo. Elle marque le passage d'une politique coloniale belge encore hésitante à un calendrier d'indépendance rapide, adopté sous la pression des représentants congolais et du contexte international.

L'événement occupe aussi une place dans la culture populaire congolaise. La chanson Indépendance Cha Cha, interprétée par Joseph Kabasele et l'African Jazz, est créée dans le contexte de la conférence et devient l'un des symboles musicaux de l'indépendance congolaise. Une autre chanson, Table ronde, commémore également l'événement.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Indépendance de la république démocratique du Congo Congo belge Patrice Lumumba Joseph Kasa-Vubu Moïse Tshombe August De Schryver Gaston Eyskens Indépendance Cha Cha Table Ronde (chanson)

Bibliographie

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