vignette|Portrait du capitaine Jean Danjou, Musée de la Légion étrangère, Aubagne en France. thumb|250px|Relique de la main en bois du capitaine Danjou, Aubagne, Musée de la Légion étrangère. thumb|220x220px|Grenade à 7 flammes de la Légion étrangère. thumb|150px|Logotype de la Légion étrangère.

La Légion étrangère est une troupe d’assaut, une force combattante de l'Armée de terre française disposant d'un commandement particulier et présente en tant que subdivision d'arme au sein des armes de l'infanterie, de la cavalerie, du génie et des troupes aéroportées. Elle est indépendante du point de vue de son recrutement.

La Légion étrangère est créée le par le roi Louis-Philippe , pour être employée en Algérie. Elle doit permettre d'incorporer des soldats étrangers dans l'Armée française. Elle fait partie du d'armée, appelée « armée d'Afrique ».

Elle hérite des traditions des anciennes Légions : Légion italique, Légion des Francs du Nord, Légions polonaises, Légion portugaise et Légion irlandaise. En 1805, des unités étrangères hétérogènes sont créées : le régiment de la Tour d’Auvergne, le régiment d’Isembourg, le régiment de Prusse et le bataillon d’Irlande. Ils deviendront, en 1811, les quatre premiers régiments étrangers. Pendant les Cent-Jours, leur nombre sera doublé. En 1815, ces huit régiments étrangers de la Grande Armée formeront par ordonnance royale la Légion royale étrangère. En 1818, la Légion royale est démembrée, et devient la Légion d'Hohenlohe, décline en 1821 pour devenir le régiment d'Hohenlohe, du nom de son chef, le prince Louis Aloÿs de Hohenlohe-Waldenbourg-Bartenstein, un maréchal français de nationalité autrichienne. Ce régiment est dissous le . Le de la même année, une ordonnance royale recrée la Légion étrangère pour armer l’Armée d’Afrique déployée en Algérie.

L'engagement dans la Légion est réservé aux personnes (en pratique aux hommes) dont l'âge est compris entre 17,5 et (une dérogation est possible). Elle a compté, depuis sa création jusqu'en 1963, plus de : une majorité d'Allemands, suivis de trois fois et demie moins d'Italiens, puis de Belges, mais aussi de Français, d'Espagnols et de Suisses. De nombreuses nationalités sont représentées : les ressortissants des pays d'Europe de l'Est et des Balkans sont majoritaires dans les années 2000. Le prestige de ce corps suscite l'engagement. Les conflits mondiaux, crises économiques ou politiques ont contribué, dans le passé, à un recrutement spécifique : Espagnols à l'issue de la guerre d'Espagne, Allemands après 1945, Hongrois en 1956.

Les légionnaires, surnommés également les képis blancs, de la couleur de leur coiffe, ont acquis leur notoriété sur les champs de bataille : conquêtes coloniales, les deux guerres mondiales, et les guerres d'Indochine et d'Algérie. La Légion est une unité combattante ; sa principale mission est le combat, mais elle peut participer à des missions de protection des populations, de maintien de la paix, ou de coopérations au profit des gouvernements étrangers, liés à la France.

Les traditions à la Légion étrangère constituent un ciment qui se traduisent par les détails vestimentaires, les emblèmes et symboles spécifiques, les chants et musiques, et par ses fêtes particulières. Son image auprès du grand public et des artistes est à l'origine de nombreuses œuvres en musique, cinéma, peinture, sculpture et littérature. Le code d'honneur du légionnaire dicte la conduite de ces hommes au quotidien, en temps de guerre comme en temps de paix.

Histoire

Création La Légion étrangère est fondée le par pour la conquête de l'Algérie.

Elle est formée à partir des soldats de métier, qui sont sans emploi après les guerres impériales, et des révolutionnaires de tous les pays d'Europe, réfugiés en France.

Conquête de l'Algérie (1830-1849) thumb|Légion étrangère et tirailleurs indigènes vers 1840. Créée pour combattre « hors du territoire continental du Royaume », la Légion étrangère est stationnée en Algérie ; elle participe à la conquête et à la mise en valeur du territoire. En 1832, la Légion est employée à l'assèchement des marais dans la région d’Alger. Les et s’emparent d’une redoute à Maison-Carrée, aujourd’hui El-Harrach, quartier au sud-est d’Alger. Pour sécuriser la zone, campent près du marabout de Sidi Mohamed Tittery lorsque la tribu des El Ouffia s’agite. Le , sous les ordres du commandant Salomon de Mussis, une colonne de commandés par le lieutenant Châm et d’Afrique, patrouille dans la région. Le commandant pousse une reconnaissance avec les chasseurs et laisse les légionnaires au bivouac. Les légionnaires sont attaqués par arabes. Le petit détachement est exterminé. Le lieutenant Châm est le premier officier de la Légion mort au combat.

En 1834, les Espagnols du bataillon sont démobilisés et autorisés à rentrer dans leur pays, en proie à la guerre civile. Le bataillon est ramené à Oran et prend le numéro 4. En 1849, le participe au siège et à la prise de Zaatcha.

Guerres carlistes (1835-1839) En 1835, la Légion est mise à disposition de l'Espagne, pour soutenir la reine Isabelle II dans sa lutte contre la rébellion carliste.

Au cours de cette campagne, le « principe de l'amalgame » va être imaginé et mis en application. Mécontent du système des bataillons par nationalité, le général Bernelle va brasser les légionnaires dans les unités, quelles que soient leurs origines, et imposer le français comme langue de commandement.

La Crimée (1854-1856) vignette|Siège de Sébastopol (1854-1855) par Franz Roubaud (détail). La Légion étrangère participe au siège de Sébastopol.

Campagne d'Italie (1859) La Légion étrangère participe aux batailles de Magenta et de Solferino.

Expédition du Mexique (1863-1867) Pendant l'expédition du Mexique, la Légion étrangère participe à la bataille de Camerone. Son comportement au combat deviendra un symbole et un modèle de toute la Légion..

Guerre franco-prussienne de 1870 Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, la Légion fait partie de l’Armée de la Loire et combat devant Orléans, puis Belfort.

Troisième République Elle accueille les jeunes Alsaciens-Lorrains qui refusent de servir dans l’armée allemande.

Tonkin (1883-1885) La Légion étrangère participe à la conquête du Tonkin.

Dahomey (1892-1894) La Légion participe à la conquête du Dahomey par la France.

Soudan français et Niger (1892-1894) La Légion est déployée au Soudan français.

La Légion est déployée à Madagascar de 1895 à 1905.

Première Guerre mondiale (1914-1918) left|thumb|Américains dans la Légion étrangère (1916).

La Légion est au Maroc quand la Première Guerre Mondiale se déclenche.

En 1914, la Légion est renforcée par , engagés volontaires pour la durée de la guerre ; ils constituent quatre régiments de marche, regroupés le en un seul corps : le Régiment de marche de la Légion étrangère.

Entre-deux-guerres La Légion est engagée en Syrie et au Maroc dans la cadre des mandats confiées par la SDN. Elle participe à la bataille de Rachaya.

Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

Drôle de guerre La Légion augmente ses effectifs jusqu’à atteindre au début de l’année 1940.

Campagne de France Certaines unités disparaissent en , d’autres sont dissoutes à l’armistice.

France libre Certains légionnaires choisissent la France Libre et rejoignent la 13e DBLE. Par la suite, ils sont rejoints par les régiments d’Afrique du Nord et participent ensemble à la campagne de la libération du territoire national et la campagne d’Allemagne.

Décolonisation thumb|Parachutistes de la Légion, entre 1950 et 1970Le jaunissement de la Légion en Indochine, 1950-1954..La Légion participe aux Guerre d'Indochine et d'Algérie.

Depuis 1962 La Légion est basée en Métropole.

Elle intervient à Loyada en 1976, à Kolwezi et au Tchad en 1978, à Beyrouth en 1983-1984 et forme une partie de la Division Daguet, lors de la première Guerre du Golfe.

Au cours de l'année 2003, les unités de la Légion étrangère ont été déployées en Afghanistan, dans le cadre de l'opération PAMIR.

La légion participe à l'opération Sentinelle.

Faits d'armes Siège de Constantine (1837) thumb|Constantine (Algérie) (1840).

Le , l'armée arrive à Constantine. La ville résiste ; les Français subissent de lourdes pertes. Le 10, toutes les pièces de 24 sont placées sur la colline ; le 11, les forces françaises commencent à bombarder les murs, entre les portes Bal el Oued « porte de la Rivière » et Bab el Decheddid. Dans la matinée du 12, la brèche est assez large. Vers huit heures, le gouverneur fait cesser le feu : il attend le retour d’un parlementaire envoyé dans la ville pour sommer les habitants de se rendre.

Après deux jours de combats, le 13, la première colonne d’attaque française, formée d'un bataillon de Zouaves, deux compagnies du léger, la compagnie franche et une partie du génie sous le commandement du lieutenant-colonel Louis Juchault de Lamoricière, pénètrent dans la ville par un endroit dénommé « Place de la Brèche » (en référence à la brèche dans la défense de la ville).

La seconde colonne d’assaut, composée des compagnies d’élite du léger et du de ligne, des tirailleurs d’Afrique et de la Légion étrangère, sous le commandement du colonel Michel Combe, arrive devant la brèche au moment où les Zouaves demandent des échelles.La ville de Constantine avait encore . Les habitants continuèrent de résister dans les rues, pour s’assurer une retraite vers la Kasbah et une issue hors la ville. Beaucoup de Constantinois meurent dans le ravin en tentant de fuir les assaillants.

Vers , le drapeau tricolore avait remplacé le drapeau rouge sur le rocher .

Ahmed Bey s'enfuit dans les Aurès ; il continuera le combat jusqu'en 1848.

Bataille de Magenta et de Solférino (1859) vignette|La bataille de Magenta, par Gerolamo Induno. Musée du Risorgimento (Milan).

La bataille de Magenta, livrée le , pendant la campagne d'Italie, se termine par une victoire franco-sarde. Dans cette bataille, la Légion perd le colonel de Chabrières, les capitaines Alavoine et d’Assis, le lieutenant André ; et soldats sont tués ; et et soldats sont blessés. Le capitaine Danjou a un cheval tué sous lui. Il sera fait chevalier de l’Ordre des saints Maurice et Lazare. Le sergent Vilain est fait chevalier de la Légion d’honneur et l’adjudant Maine et le fusilier Wensel reçoivent la médaille de la Valeur militaire de Sardaigne. Les deux régiments étrangers inscrivent sur leur drapeau le nom de « Magenta » et seront décorés de la médaille de la ville de Milan, cinquante ans plus tard. Avec ce succès, Mac Mahon, commandant en chef du corps, obtient la dignité de maréchal de France et le titre de duc de Magenta. Les restes des combattants tombés dans cette bataille reposent dans un mausolée.

Le , la bataille de Solférino se déroule en Lombardie, dans la province de Mantoue, et se conclut par une victoire des armées françaises de . Le régiment étranger, aux ordres du colonel Signorino y participe. En arrivant à hauteur de Ca' Morino, les légionnaires, avec le deuxième régiment de zouaves, formant l’avant-garde du deuxième corps d’armée commandé par le maréchal de Mac-Mahon, rencontrent une forte colonne autrichienne se dirigeant sur Castiglione.

Les légionnaires se déplacent en direction de Mantoue. Les premières salves d’artillerie ennemies sont tirées. En début d'après-midi, sous une chaleur accablante, les légionnaires et les zouaves prennent Cassiano. Le maréchal de Mac-Mahon donne l’ordre aux compagnies de tirailleurs de la Légion de se déployer pour placer l’artillerie au centre de la bataille. Les combats sont acharnés, finissent à la baïonnette. Le régiment étranger perd et , ce qui est peu au regard des pertes totales.

Bataille de Camerone (1863) thumb|Jean Danjou (1863).