Guy de Maupassant, né le au château de Miromesnil près de Tourville-sur-Arques. ont cependant longtemps donné comme lieu de naissance le quartier du Bout-Menteux à Fécamp. (France) et mort le dans le , est un écrivain et journaliste littéraire français.

Lié à Gustave Flaubert et à Émile Zola, Maupassant a marqué la littérature française par ses six romans, dont Une vie en 1883, Bel-Ami en 1885, Pierre et Jean en 1887-1888, et surtout par ses nouvelles (parfois intitulées contes) comme Boule de Suif en 1880, les Contes de la bécasse (1883) ou Le Horla (1887). Ces œuvres retiennent l’attention par leur force réaliste, la présence importante du fantastique et par le pessimisme qui s’en dégage le plus souvent, mais aussi par la maîtrise stylistique. La carrière littéraire de Maupassant se limite à une décennie avant qu’il ne sombre peu à peu dans la folie due à la syphilis et ne meure peu avant l'âge de 43 ans. Reconnu de son vivant, il conserve un renom de premier plan, renouvelé encore par les nombreuses adaptations cinématographiques de ses œuvresPar exemple, celles de Jean Renoir au cinéma ou de Claude Santelli ou Claude Chabrol à la télévision..

Biographie vignette|redresse|gauche|Gustave de Maupassant, le père de l'écrivain. vignette|redresse|Laure Le Poittevin, mère de Guy de Maupassant.|gauche

Enfance et jeunesse Né Henri-René-Albert-Guy de Maupassant en 1850 au château de Miromesnil, près de Dieppe dans le département de Seine-Inférieure (aujourd'hui Seine-Maritime), il est le fils aîné de Gustave de Maupassant (1821-1899), dont la famille est de petite noblesse : son quadrisaïeul, Jean-Baptiste de Maupassant (1699–1774), titulaire de la charge de conseiller-secrétaire du roi, est nommé et anobli en tant qu'écuyer par lettres patentes datées de 1752 par l'empereur François www.almanachdegotha.org..

La famille Maupassant ne dispose d'aucune reconnaissance nobiliaire officielle correspondante au royaume de France et ne peut profiter de cette ascension, et bien qu' part s'installer en Seine-Inférieure au début du . Son père, Gustave de Maupassant homme volage, en 1846, se marie avec Laure Le Poittevin, une demoiselle de la bonne bourgeoisie normande. Sa mère l'a exhorté lors de leur mariage en 1846 à obtenir le droit d'utiliser la particule nobiliaire ou la forme « de Maupassant » en tant que nom de famille, pour reconnaître son ascendance noblewww.classiques-garnier.com/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france.html Du nouveau sur la noblesse de Guy de Maupassant par Dzintars Freimanis, année, No. 2 (Mar. - Avr., 1969), .. Avec son frère Alfred, elle est l’amie de Gustave Flaubert, le fils d’un chirurgien de Rouen qui devait exercer une certaine influence sur la vie de ce dernier. Le père d'Alfred et de Laure est le parrain de Flaubert.

Laure fut une femme d’une culture littéraire peu commune, aimant beaucoup les classiques, particulièrement Shakespeare. En 1854, la famille s’installe au château Blanc de Grainville-Ymauville, près du Havre. En 1856, naît Hervé, le frère cadet de Guy. En 1859, Gustave de Maupassant trouve un emploi à la banque Stolz à Paris ; Guy est scolarisé au lycée impérial Napoléon. Séparée de son mari volage en , Laure s'installe avec ses deux fils à Étretat (elle survivra à ses deux fils, comme leur père).

Guy passe le reste de son enfance dans la maison « Les Verguies », une grande bâtisse du à Étretat où, entre mer et campagne, il grandit dans l'amour de la nature et des sports en plein air ; il va pêcher avec les pêcheurs de la côte et parle cauchois avec les paysans. Il est profondément attaché à sa mère.

À 13 ans, il est pensionnaire de l'Institution ecclésiastique d'Yvetot, selon le souhait de sa mère. C’est en ces lieux qu’il commence à versifier. De sa première éducation catholique, il conservera une hostilité marquée envers la religion ; il finira par se faire renvoyer en 1868, ayant écrit des vers licencieux.

Il est alors inscrit au lycée de Rouen, où il se montre bon élève, s’adonnant à la poésie et participant beaucoup aux pièces de théâtre. Il étudie entre autres les textes de Hegel, pour qui il éprouve d'ores et déjà un profond intérêt.. Il a pour professeur de littérature le philologue Alexandre Héron. À cette époque, il côtoie Louis-Hyacinthe Bouilhet et surtout Gustave Flaubert, dont il devient le disciple.

En 1868, en vacances à Étretat, il sauve de la noyade le poète anglais décadent Algernon Swinburne, lequel l'invite à dîner dans sa Chaumière de Dolmancé en remerciement pour son courage (cette villa où Maupassant fut invité à plusieurs reprises par et son ami Swinburne se trouvait au chemin des Haules à ÉtretatAmis de Flaubert & de Maupassant / Itinéraire de Maupassant en Normandie / par Marlo Johnston 2018.). Mais, ce qu'il voit lors de ce repas l'effraie : Powell, Swinburne, un singe et une main coupée. (il en tirera la nouvelle La Main d'écorché, qu'il modifie et publie en 1883 sous le titre de La Main). Puis vient un second repas quelques jours plus tard. : G. E. J Powell suce les doigts de la main coupée.

Bachelier ès lettres le 27 juillet 1869 à Rouen, il part étudier le droit à Paris sur le conseil de sa mère et de Flaubert. La guerre qui s'annonce va contrarier ces plans.

Ayant à peine 20 ans, Guy de Maupassant s'engage comme aspirant pour la guerre franco-prussienne. Affecté d’abord dans les services d’intendance puis dans l’artillerie, il participe à la retraite des armées normandes devant l’avancée allemande. Après la guerre, il paie un remplaçant pour achever à sa place son service militaire. et il quitte la Normandie pour s'installer durablement à Paris. Premiers métiers vignette|redresse|Guy de Maupassant à 18 ou 20 ans. À Paris, Guy de Maupassant travaille un an gratuitement au ministère de la Marine , probablement à partir de mars 1872, dans l'espoir de monter dans l'administration. Embauché, il passera dix années comme commis, d’abord à la MarineMaupassant commis au ministère de la Marine, Guy Thuillier, Bureaucratie et bureaucrates en France au , Genève, Droz, 1980, ., puis au ministère de l’Instruction publique où il est transféré en 1878 grâce à Gustave Flaubert ; il y restera jusqu'en 1882. Le soir, il travaille d'arrache-pied à ses œuvres littéraires. En , il publie son premier conte, La Main d'écorché, sous le pseudonyme de Joseph Prunier dans L'Almanach lorrain de Pont-à-Mousson et Le Bulletin Français publie le , sous la signature de Guy de Valmont, son conte En canot. En , à Catulle Mendès qui l'approche pour devenir franc-maçon, Maupassant répond : . (Armand Lanoux date la lettre de Maupassant à Catulle Mendès d'octobre 1876..

vignette|redresse|gauche|Guy de Maupassant en tenue de chasseur.

Pendant huit ans, de 1872 à 1880, sa distraction fut le canotage sur la Seine, toujours en galante compagnie, le dimanche, et pendant les vacances. Il va à Bezons, Argenteuil, Sartrouville., Chatou, Bougival et le plus souvent se rend à l’auberge Poulin à Bezons, à la maison Fournaise à Chatou et à La Grenouillère, un radeau-établissement de bains située face à Croissy-sur-Seine... En compagnie de ses amis, « Tomahawk » (Henri Brainne), « Petit Bleu » (Léon Fontaine), « Hadji » (Albert de Joinville), et « La Tôque » (Robert Pinchon), Maupassant forme une joyeuse confrérie, et emmène en promenade des filles dociles sur la yole achetée en commun et baptisée Feuille de rose.. Lui se fait appeler .

vignette|Portrait de Maupassant par Augustin Feyen-Perrin, 1876. Auparavant, fin , le romancier russe Tourgueniev le rencontre et le trouve tout décati [sic], bien qu'il n'aura que vingt-sept ans en août. Le diagnostic tombe : syphilis. Cette maladie — il en mourra — ne cessera d'empoisonner l'existence du jeune homme, même s'il s'en gausse alors dans une lettre écrite le 2 mars 1877 à son ami Pinchon : Et il ajoute, cynique : « Je baise les putains des rues, les roulures des bornes et, après les avoir baisées, je leur dis : "J’ai la Vérole". Et elles ont peur et moi je ris, ce qui me prouve que je leur suis bien supérieur. ».

Le 11 mars 1877, Maupassant prend un traitement à base d’arsenic et d’iodure de potassium. Mais cela lui occasionne des troubles digestifs ; il doit l’arrêter. Ladreit de la Charrière, médecin au ministère de la Marine, l’envoie alors faire une cure d’eaux sulfatées.

En 1877 toujours, Guy Maupassant se plaint à Tourgueniev de perdre ses cheveux par poignées, ce qui est le signe d'une syphilis secondaire. Il se plaint également de migraines tenaces qui lui broient la tête et qui l’empêchent de lire plus d’une heure de suite.

Une autre activité de Maupassant est la chasse : il ne la manquera que rarement, dosant la poudre de ses cartouches et sélectionnant ses chiens d'arrêt. L'activité cynégétique de l'auteur est surtout présente dans l'imaginaire des contes..

Débuts littéraires vignette|Le groupe de Médan, avec, en commençant en haut puis dans le sens des aiguilles d'une montre : Paul Alexis, Guy de Maupassant, Henry Céard, Léon Hennique, Joris-Karl Huysmans et au centre Émile Zola.

Flaubert le prend sous sa protection et devient pour lui une sorte de mentor littéraire, guidant ses débuts dans le journalisme et la littérature. Le , dans l'atelier du peintre Becker, dans le arrondissement, en présence de Flaubert, d'Émile Zola, de Valtesse de La Bigne, de Suzanne Lagier et d'Edmond de Goncourt, Maupassant et ses amis organisent une seconde représentation de la pièce À la feuille de rose, maison turque Edmond de Goncourt raconte : .. À la même époque, il se rend chez Mallarmé, pour ses jeudis au 87, rue de Rome dans le . Au mois d'août de cette même année de farces et de salons, le jeune Maupassant suit une cure à Loèche dans le Valais suisse : Flaubert à cette occasion rapporte à Tourgueniev : . Flaubert cependant ne craint pas de le rappeler à l'ordre, comme en témoigne cette lettre du : Thierry Poyet, L'héritage Flaubert Maupassant, Éditions Kimé, 2000, ... Chez Flaubert, outre Tourgueniev, il rencontre Émile Zola, ainsi que de nombreux écrivains appartenant aux mouvements naturaliste et réaliste. Il écrit beaucoup de vers et de courtes pièces. Il commence aussi à fournir des articles à plusieurs journaux importants comme Le Figaro, Gil Blas, Le Gaulois et L'Écho de Paris, puis consacre ses loisirs à l’écriture de romans et de nouvelles. Toujours encouragé par Flaubert, le vieil ami de sa famille, il publie en 1879 son premier livre, un fascicule d’une centaine de pages, Histoire du vieux temps. Celui-ci est représenté le chez Ballande, au Troisième Théâtre Français, sous la forme d'une comédie en un acte et en vers ; c'est un honnête succès.

S'étant lié avec Zola, il participe en 1880 au recueil collectif des écrivains naturalistes Les Soirées de Médan avec sa première nouvelle, Boule de Suif, qui remporte d'emblée un grand succès et que Flaubert qualifie de . Maupassant a décrit dans sa nouvelle l'Auberge du cygne à Tôtes, il y a également séjourné comme Flaubert qui y écrivit en partie Madame Bovary.. La même année, la disparition subite de Flaubert, le , laisse le nouvel écrivain seul face à son destin (C'est à l'auberge Poulin de Bezons que Guy de Maupassant apprend par un télégramme, la mort de son maître)... À cette occasion, il écrit un peu plus tard : ..

Écrivain à succès vignette|redresse|gauche|150px|Maupassant à 31 ans. La décennie de 1880 à 1890 est la période la plus féconde de la vie de Maupassant : il publie six romans, plus de trois cents nouvelles et quelques récits de voyage. Rendu célèbre par sa première nouvelle, il travaille méthodiquement et produit annuellement deux et parfois quatre volumes. Le sens des affaires joint à son talent lui apporte la richesse.