Oscar Claude Monet, dit Claude Monet, né le à Paris et mort le à Giverny, est un peintre français et l’un des fondateurs de l'impressionnisme.

Il commence sa carrière d'artiste en réalisant des portraits-charge des notables de la ville du Havre. En 1859, il part pour Paris tenter sa chance sur le conseil d'Eugène Boudin. En 1866, il connaît le succès au Salon de peinture et de sculpture grâce à La Femme à la robe verte représentant Camille Doncieux qu'il épouse le . Il fuit la guerre de 1870 à Londres, puis aux Pays-Bas. Dans la capitale anglaise, il fait la rencontre du marchand d'art Paul Durand-Ruel, qui sera sa principale source de revenus, pendant le reste de sa carrière. De retour en France en 1871, il participe à la première exposition des futurs impressionnistes, en 1874.

vignette|droite|Claude Monet peignant à l'orée d'un bois, vers 1885,John Singer Sargent,Londres, Tate Gallery..

En 1876, il rencontre Ernest Hoschedé, un mécène qui va rapidement faire faillite. La mort de Camille en 1879, et les nombreuses absences d'Ernest, conduisent au rapprochement de Monet et d'Alice Hoschedé. En plus de peindre intensivement la Seine, Claude se rend régulièrement sur la côte normande pour peindre. En 1883, lui, ses deux enfants et la famille Hoschedé emménagent définitivement à Giverny. C'est à partir de cette période que prennent fin ses ennuis financiers.

À partir de 1890, Monet se consacre à des séries de peintures, c'est-à-dire qu'il peint le même motif à différentes heures de la journée, à diverses saisons. Il peint alors parfois des dizaines de toiles en parallèle, changeant en fonction de l'effet présent. Il commence par Les Meules, puis enchaîne successivement Les Peupliers, la série des Cathédrales de Rouen, celle des Parlements de Londres et Les Nymphéas de son jardin, qu'il décline en grand format pour peindre ce qui deviendra les « grandes décorations » qui seront installées au musée de l'Orangerie. La fin de sa vie est marquée par la mort d'Alice et par une maladie, la cataracte, qui affecte son travail. Il meurt à d'un cancer du poumon.

Monet peint devant le modèle sur l'intégralité de sa toile dès les premières ébauches, il retouche ensuite de nombreuses fois jusqu'à ce que le résultat le satisfasse. Contrairement à ce qu'il affirme, il termine la plupart de ses toiles en atelier, prenant modèle sur les premières peintures d'une série pour peindre les autres.

vignette|Autoportrait, 1917, MUba Eugène-Leroy, Tourcoing.

Biographie Enfance et adolescence (1840-1858) vignette|Caricature de Léon Manchon réalisée en 1858, Art Institute of Chicago. Oscar Claude Monet est né le au 45, rue Laffitte dans le arrondissement de Paris. Il est le second fils d’Adolphe Monet, un négociant en tissus, et de Louise Justine Aubrée, né quatre ans après son aîné Léon Pascal Monet, dit Léon (1836-1917).. Baptisé sous le nom d'Oscar Claude à l'église Notre-Dame-de-Lorette de Paris, au début de l'année 1841, il est appelé « Oscar » par ses parents.. Il aime à dire plus tard qu’il est un vrai Parisien. Ses parents sont tous deux nés à Paris, tandis que ses grands-parents y étaient déjà installés aux environs de 1800. La famille, grands-parents paternels compris, s’installe au Havre en Normandie vers 1845, l'année de ses cinq ans. Ce déménagement est certainement provoqué par la situation financière précaire dans laquelle se trouve alors Adolphe.. L'influence de la demi-sœur de ce dernier, Marie-Jeanne Lecadre, née Gaillard, épouse et fille de commerçants havrais, y est aussi certainement pour quelque chose.. C'est elle qui, à la suite de la mort de Louise-Justine Monet survenue en 1857, élève Léon et Oscar.

vignette|gauche|Eugène Boudin, Vue du port de Quimper, v. 1857, musée des Beaux-Arts de Quimper.

Le jeune Oscar n’est pas un élève très appliqué selon ses propres dires, mais il apparaît dans les annales du collège havrais situé rue de la Mailleraye, qu’il fréquente à partir du comme . De manière précoce, il développe un goût pour le dessin et il suit avec intérêt le cours d’Ochard, un ancien élève de David. Ses premiers dessins sont des « portraits-charges » de personnages (professeurs, hommes politiques) dont Monet selon ses propres termes. Il fait déjà des croquis de bateau et des paysages en « plein air » sur le motif. Sur les caricatures, Le Men 2010 ( éd. 2017), ..

Le , sa mère meurt et il abandonne ses études. Sa tante Jeanne Lecadre (1790-1870), qui peint elle-même à ses heures perdues, l’accueille et l’encourage à continuer le dessin. Face au succès rencontré par ses caricatures, il décide d'y apposer la signature « O. Monet » et de les vendre chez un papetier-encadreur, du nom de Gravier, ancien associé d'Eugène Boudin qui lui confie le négoce de certaines de ses toiles.. C’est là que Claude Monet va faire sa connaissance, vraisemblablement début 1858, rencontre déterminante pour sa carrière artistique : .

Monet commence à peindre ses premières toiles de paysage à l'été 1858. Il en présente deux à l'exposition municipale des Beaux-Arts de la ville du Havre qui se déroule durant les mois d'août et de septembre de la même année. Ces deux toiles, fortement influencées par la technique de Boudin, sont acceptées et présentées sous le titre unique : Paysage. Vallée de Rouelles.. Devant ce succès, Boudin conseille à son jeune comparse de quitter Le Havre pour Paris dans le but d'y suivre des cours et d'y rencontrer d'autres artistes..

Premier séjour à Paris (1859-1860) Claude Monet arrive à Paris en et s'installe à l'hôtel du Nouveau Monde, place du Havre. Il visite immédiatement le salon qui vient d'ouvrir. Ensuite il est accueilli par Amand Gautier, un ami de sa tante Lecadre. Celle-ci lui verse une pension régulière et gère ses économies d'environ accumulées grâce à la vente de dessins à charge. Ils lui seront précieux car son père avait demandé une bourse à la ville du Havre, le , mais il a essuyé un refus. Il rend également visite à Charles Lhuillier, Constant Troyon et Charles Monginot. Ces deux derniers lui conseillent d'entrer dans l'atelier de Thomas Couture, qui prépare à l'École des Beaux-arts. Toutefois celui-ci refuse le jeune Monet.. Début 1860, probablement en février, il entre à l'Académie Suisse, située dans l'île de la Cité, que dirige Charles Suisse.. Il y rencontre notamment Camille Pissarro. Lors du salon de cette année, il admire tout particulièrement les œuvres d'Eugène Delacroix, l'année précédente c'était Daubigny qui attirait son attention. Ce premier séjour n'est cependant pas consacré qu'au travail. En effet, Claude passe une part non négligeable de son temps dans les cafés parisiens et plus particulièrement à la brasserie des Martyrs, alors haut lieu des rencontres entre auteurs et artistes...

Algérie et retour en Normandie (1861-1862) vignette|Claude Monet en tenue militaire de zouave par Charles Lhullier en 1861. Musée Marmottan-Monet, Paris. vignette|Le Déjeuner sur l'herbe (partie centrale) , 1865-1866, musée d'Orsay, Paris. Le , Monet est tiré au sort au Havre pour être conscrit. Certes, sa famille aurait pu payer l'exonération de , mais celle-ci est liée à son renoncement à la carrière d'artiste pour reprendre les affaires familiales. Monet s'y refuse et intègre le de chasseurs d'Afrique le et va stationner à Mustapha en Algérie. Début 1862, il contracte la fièvre typhoïde à Alger et est autorisé à rentrer au Havre durant l'été. Sa tante, Jeanne Lecadre, accepte de le faire sortir de l'armée et de payer les quelque que coûtent l'exonération, à condition qu'il prenne des cours d’art à l’académie. Il quitte donc l’armée, mais n’aime pas les styles traditionnels de peinture enseignés à l'académie. En revanche, malgré les expériences pouvant paraître déplaisantes qu'a vécues Monet en Algérie, il en retient un bon souvenir en général. Il dit en effet à Gustave Geffroy : .. En 1862, il se lie d’amitié avec Johan Barthold Jongkind et retrouve Eugène Boudin, lors de son séjour à Sainte-Adresse..

Vers la maturité (1862-1865) vignette|Le Déjeuner sur l'herbe (partie gauche), 1865-1866, musée d'Orsay, Paris. La même année en 1862, il commence à étudier l’art dans l’atelier de l’École impériale des beaux-arts de Paris dirigé par Charles Gleyre à Paris, grâce aux recommandations de son cousin par alliance Auguste Toulmouche.. Mais il finit par quitter rapidement l'atelier de son maître, étant en désaccord avec celui-ci sur la manière de présenter la nature. En effet, Gleyre, dont l’art prône le retour à l'antique, privilégie une idéalisation des formes tandis que Monet la reproduit telle qu'elle est.. Après qu’il a déclaré à Monet : , le soir même, il réunit Frédéric Bazille, Auguste Renoir et Alfred Sisley et leur suggère, selon sa déclaration, de quitter l'atelier de GleyreGustave Geffroy, François Blondel, Théodore Duret, Alfred Sisley, p. 9-10 (en ligne)., ce qu'ils feront 15 jours plus tard, au printemps 1863Pour d'autres auteurs, c'est Sisley qui, indigné par le dédain de Gleyre pour le paysage, a incité ses amis à quitter son atelier et à peindre dans la nature. Voir ..

Ce passage rapide à l'École impériale des beaux-arts lui aura toutefois permis de rencontrer Pierre-Auguste Renoir, Alfred Sisley et Frédéric Bazille. avec qui il entretient, par la suite, une importante correspondance. Au printemps 1863, devenu copiste au Louvre, Monet va, avec Bazille, peindre devant nature à Chailly-en-Bière près de Barbizon.

vignette|left|Terrasse à Sainte-Adresse, 1867, The Metropolitan Museum of Art, New York.

Mi-, Monet retourne sur la côte normande et en particulier à Honfleur en compagnie de Bazille. Il réside un temps à la ferme Saint-Siméon. Frédéric retourne à Paris, tandis que Claude continue à peindre en Normandie. Fin août, il retrouve Jongkind et Boudin. De sa période honfleuraise en compagnie de ces deux peintres, Monet conservera un attachement et ils auront une influence essentielle dans la genèse de son art. C'est aussi à cette période qu'éclate une brouille avec sa famille, qui menace de lui couper les vivres. Il appelle alors pour la première fois à l'aide Bazille..

Fin 1864, Claude s'installe avec Frédéric dans un atelier à Paris. Il présente deux vues de l'estuaire de la Seine prises à Honfleur et à Sainte-Adresse au jury du salon de 1865 : La Pointe de la Hève et Embouchure de la Seine. Acceptées par le jury, ces deux œuvres sont exposées et rencontrent un accueil positif, notamment de la part des critiques.. Par la suite, il fait à Chailly les premières études pour son Déjeuner sur l'herbe, une toile de grande taille () qui sera commencée en atelier à Paris et suscitera l'admiration de nombre de ses confrères.. Mais un changement d'atelier impose de la rouler et elle sera plus tard laissée en gage à un bailleur par l'artiste en désespoir de cause en 1878, avant d'être rachetée en mauvais état en 1884.. Elle restera inachevée et sera coupée en deux parties avant amputation de sa partie droite...

Camille (1866-1879)

vignette|Portrait de Claude Monet par Carolus-Duran, 1867 au musée Marmottan Monet, Paris.