Carlo Castelbarco Pindemonte della Torre di Rezzonico, né à Venise le et mort à Rome le , est un prêtre catholique vénitien, canoniste et juriste de la cour pontificale. Évêque de Padoue en 1747 puis Cardinal en 1756, il devient le de l’Église catholique romaine le , adoptant le nom de (en latin ).

Biographie Accession au pontificat vignette|gauche|Clément XIII par Antonio Canova, Musée Correr. Carlo della Torre di Rezzonico est le fils de Giambattista Rezzonico, l'homme qui avait acheté la Ca' Rezzonico, palais inachevé sur le Grand Canal. Il en acheva la construction. Sa famille, comme leurs amis au Palazzo Labia, avait acheté ses lettres de noblesse vénitienne au milieu du , quand les caisses de l'État de Venise étaient au plus bas.

Éduqué par les Jésuites de Bologne, il fit des études de droit canonique et commença sa carrière en 1716, à la Curie romaine, comme référendaire au Tribunal suprême de la Signature apostolique. En 1725, il fut promu auditeur de la Rote romaine pour la république de Venise. En 1747, il fut consacré évêque de Padoue. Le 11 décembre 1756 il fut créé cardinal-prêtre de Saint-Marc par le pape Benoît XIV.

Il succéda en 1758 sur le trône de Pierre à . La famille della Torre di Rezzonico était alors au faîte de sa puissance : la même année elle célébrait le mariage de Ludovico Rezzonico avec une épouse de la puissante famille des Savorgnan. Très lié à sa famille, le nouveau pontife romain était connu pour son népotisme.

En 1759, mit à l'Index l'Encyclopédie de d'Alembert et Diderot. De plus, décrète que .

Plus pudique que ses contemporains, il fit recouvrir de feuilles de figuier artificielles les parties sexuelles de sculptures de l'époque classique.

La question des Jésuites

Le pontificat de fut troublé par les pressions continues exercées par les cours catholiques européennes (Portugal, France, Espagne et Deux-Siciles), pour qu'il supprimât la Compagnie de Jésus. En 1758, le marquis de Pombal, ministre de (1750-1777), très en faveur d'un régime absolutiste royal, voulait réduire l'Église catholique en une sorte d'anglicanisme lusitanien. Il fit arrêter les Jésuites du Portugal et de ses colonies. Nombre d'entre eux moururent en prison et plusieurs furent exécutésLa barbarie du traitement infligé au père Malagrida, un vieillard respecté mais devenu sénile, écœura les 'esprits éclairés' d'Europe, dont Voltaire. . D'autres furent expédiés à Civitavecchia, comme « cadeau pour le pape ». En 1760, Pombal renvoya à Rome le nonce apostolique et rappela l'ambassadeur du Portugal. Une brochure intitulée Brève Relation représenta les Jésuites comme ayant fondé en Amérique du Sud sous leur propre souveraineté un royaume pratiquement indépendant où ils tyrannisaient les Indiens, le tout pour servir leur insatiable ambition et leur avarice : un tissu de calomnies mais qui fit du tort aux Jésuites.

En France, le Parlement de Paris, dominé par la haute bourgeoisie et qui affichait des sympathies jansénistes et gallicanes, commença au à faire pression pour bannir les Jésuites de France. Quoiqu'un synode épiscopal réuni à Paris en recommandât de ne rien faire, (1715-1774) promulgua un ordre royal qui ne permettait à la Compagnie de Jésus de rester dans le royaume de France, que si certains changements étaient apportés dans leurs Constitutions pour la conformer aux souhaits du Parlement et si l'on créait le poste d'un vicaire général des Jésuites français qui serait indépendant du supérieur général résidant à Rome. refusa avec les paroles devenues célèbres : « Sint ut sunt aut non sint ». Le , le Parlement rendit la situation impossible en imposant des conditions inacceptables à chacune de leurs demandes de rester dans le pays, répondit par une protestation contre la violation des droits de l'Église et cassa l'arrêt, mais les ministres de ne pouvaient permettre qu'on annulât ainsi une loi française et le roi finalement dut expulser les Jésuites en au grand dam de la famille royale notamment, la reine, le dauphin Louis et de la dauphine Marie-Josèphe de Saxe, tous trois proches de leur fin.

Par une sorte de bravade, renouvela son soutien à l'Ordre religieux et l'approuva à nouveau publiquement par une bulle papale Apostolicum pascendi (), où il repoussait comme calomnies les critiques contre les Jésuites et louait l'utilité de l'Ordre. En 1766, il rédigea la bulle Christianæ reipublicæ salus, contre les Lumières. Face à la France et au Portugal, il refusa de modifier les Constitutions de la Compagnie de Jésus.

Tout cela fut fait en vain. Un an avant sa mort, en 1768, les Jésuites avaient été expulsés de France, d'Espagne, du royaume de Naples et de Sicile et du duché de Parme et Plaisance. En Espagne, les Jésuites se croyaient en sûreté, mais (1759-1788), impressionné par ce qu'on affirmait en France, choisit finalement d'agir encore plus énergiquement : dans la nuit du au , toutes les maisons des Jésuites en Espagne furent soudainement encerclées, et ceux qui s'y trouvaient furent arrêtés, expédiés vers les ports dans les vêtements qu'ils portaient sur eux et entassés sur des bateaux qu'on envoya à Civitavecchia, port des États pontificaux. Dans une lettre à , le roi très catholique prévint que son allocation annuelle de serait retirée pour l'ordre entier si n'importe lequel de ses membres s'avisait à un moment quelconque d'écrire une justification quelle qu'elle fût ou de critiquer les motifs de leur expulsion.

C'est pratiquement le même sort qui les attendait dans les territoires du duc de Parme et Plaisance, lui aussi Bourbon, petit-fils de et neveu de et de auxquels il était aussi allié par le pacte de famille de 1761. , âgé de , que conseillait le ministre libéral Guillaume du Tillot. En 1768, publia une protestation énergique (Monitorium) contre la politique du gouvernement de Parme. La question de l'investiture de Parme accrut les ennuis du Pape. Les rois Bourbon soutinrent la cause de leur parent, occupèrent Avignon, Bénévent et Pontecorvo et présentèrent conjointement une demande péremptoire pour la suppression totale des Jésuites (). Poussé dans ses derniers retranchements, consentit à convoquer un consistoire pour examiner la question, mais, miné par les soucis, il mourut la veille même du jour où celui-ci devait se réunir ().

Succession apostolique Clément XIII a ordonné les évêques suivants : Archevêque Domenico Monti (1750) Évêque Pellegrino Ferri (1750) Évêque Gian Alberto De Grandi, C.R.L. (1750) Évêque , O.F.M. (1750) Évêque Giovanni Maria Castelvetri (1750) Évêque (1751) Évêque Jean-Baptiste-Marie Champion de Cicé (1758) Cardinal Henri Benoît Stuart (1758) Évêque Marco Giuseppe Cornaro (1759) Cardinal Antonio Maria Erba Odescalchi (1759) Cardinal Ludovico Valenti (1759) Patriarche (1760) Archevêque Giuseppe Locatelli (1760) Cardinal Francesco Carafa della Spina di Traetto (1760) Cardinal Pietro Colonna Pamphili (1760) Archevêque (1760) Cardinal Antonio Eugenio Visconti (1760) Cardinal Giovanni Francesco Albani (1760) Cardinal Giovanni Carlo Boschi (1760) Archevêque (1760) Évêque Benedetto Mattei (1760) Évêque , O.Carm. (1762) Cardinal Marcantonio Colonna (1762) Évêque Antonio Ripanti (1762) Évêque Giovanni Agostino Gradenigo, O.S.B. (1762) Cardinal Tommaso Maria Ghilini (1763) Archevêque Gianbattista Colombini, O.F.M.Conv. (1764) Cardinal Urbano Paracciani Rutili (1764) Cardinal Luigi Valenti Gonzaga (1764) Évêque Giovanni de Vita (1764) Évêque (1764) Cardinal Guido Calcagnini (1765) Cardinal Filippo Maria Pirelli (1765) Évêque , B. (1765) Archevêque Giovanni Girolamo Gradenigo, C.R. (1766) Évêque , O.S.B. (1766) Évêque Alessandro Pisani (1766) Archevêque Ignazio Reali (1766) Archevêque Michael Angelus Giacomelli (1766) Cardinal Giovanni Battista Caprara Montecuccoli (1766) Cardinal Giovanni Archinto (1766) Cardinal Angelo Maria Durini (1766) Cardinal Francesco Saverio de Zelada (1766) Évêque Olivier-Simon Le Bon, M.E.P. (1766) Cardinal Bernardino Giraud (1767) Évêque (1767) Archevêque (1767) Archevêque Giuseppe Maria Contesini (1768)

Références

Voir aussi

Articles connexes Suppression de la Compagnie de Jésus Liste des cardinaux créés par Expédition de Civitavecchia et de Corse (1767)

Liens externes

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