vignette|redresse=1.2|Dépenses de défense dans le monde (vue globale 1990-1998-2011-2018)Données SIPRI vignette|redresse=1.2|Part des dépenses de défense dans le PIB mondialDonnées Banque mondiale. et SIPRI

Cet article traite des budgets de la défense dans le monde aux , globalement, par région et par pays. Les budgets de la défense sont les sommes que les États dépensent pour la mise sur pied, le maintien en condition et le déploiement en opérations de leurs forces armées. Leur définition précise est propre à chaque pays, ce qui complique les comparaisons internationales. Des statistiques sont cependant publiées chaque année par des organisations étatiques, comme l'OTAN, ou privées comme le SIPRI ou l'IISS.

En 1990, sous l'effet de la course aux armements entre les deux blocs de l'Ouest et de l'Est, les dépenses de défense représentent , un niveau élevé mais déjà en décroissance par rapport aux années précédentes, les premiers effets des négociations de réduction des armements conventionnels et nucléaires commençant à se faire sentir. Cette baisse se poursuit jusqu'en 1998 où les budgets de défense totalisent , le niveau le plus bas en monnaie constante atteint depuis la disponibilité de statistiques. La tendance s'inverse en 1999. Durant treize années, les dépenses de défense augmentent de façon continue jusqu'à atteindre en 2011. Elles demeurent très proches de ce niveau record jusqu'en 2016 inclus, et repartent à la hausse en 2017 et 2018, année où elles atteignent .

Toutefois, l'analyse du niveau des dépenses de défense dans le monde doit aussi tenir compte de l'évolution de la richesse mondiale. De ce point de vue, la part du produit intérieur brut que les États consacrent à la défense est l'indicateur le plus répandu pour mesurer l'intensité de l'effort de défense. Selon les données publiées par la SIPRI, dans les années 1960, le monde consacre de 5 à 6 % de son produit mondial brut aux dépenses de défense, dans les années 1970, de 4,87 à 3,5 %, en 1990, à la fin de la guerre froide, la part est de 3,27 %. Ce chiffre baisse de façon continue jusqu'en 2000, mais les conflits qui éclatent au début du conduisent à une hausse de ces dépenses jusqu'en 2009. Celles-ci repartent les années suivantes à la baisse pour atteindre un point bas historique en 2018 où elles représentent 2,141 % du produit mondial brut.

Ainsi, la croissance économique mondiale continue depuis le début du - sauf en 2009 - explique le paradoxe apparent qu'en 2018 les dépenses de défense atteignent en valeur absolue un niveau record, tout en se situant en part du PIB à un niveau historiquement bas.

Les dix pays qui ont depuis 2013 les budgets de défense les plus élevés, sont les États-Unis, quatre pays en Asie , quatre pays en Europe , et l'Arabie saoudite au Moyen-Orient. Les États-Unis demeurent de très loin la première puissance militaire mondiale, suivie par la Chine qui développe très rapidement ses forces armées depuis le début du XXIe siècle.

En 2021, les dépenses mondiales en matière de défense atteignent 2113 milliards de dollars.

En 2024, selon l'institut international de recherche sur la paix, les États-Unis ont consacré 3,4 % de leur PIB pour la défense, la Chine, 1,7 %, la Russie 7,1 %, la France 2,1 %, le Royaume-Uni 2,3 %, l'Inde 2,3 %, Israel 8,8 %, la Corée du Sud 2,6 % et l'Allemagne 1,9 %.

Sources et définitions variables des dépenses de défense Sources Les comparaisons internationales sont rendues complexes par les différences de méthodes comptables et par les effets des variations de cours de change. Le SIPRI, l'OTAN et l'EDA sont les trois principales sources d'information accessibles facilementLes données publiées par ces trois organismes sont accessibles gratuitement sur leurs sites internet. pour la période post-Seconde Guerre mondiale. La première couvre le monde entier, tandis que les deux autres publient des données pour les pays respectivement membres de l'OTAN et de l'Union européenne. L'Année stratégique, ouvrage publié chaque année par l'IRIS, fournit des informations relatives aux dépenses de défense dans le monde, dont les sources sont notamment le SIPRI et The Military Balance édité par l'IISS.

Les sources OTAN et EDA fournissent des données comparatives en monnaie nationale et en dollar américain, en monnaie courante et en monnaie constante. Les données de l'OTAN et de l'EDA sont identiques durant les années 2010 pour la France et l'Allemagne, mais différentes d'environ plus ou moins 2 à 3 % pour le Royaume-Uni où des débats ont eu lieu dans les années 2015-2018 sur la qualité des informations fournies. Ces données établies sur la base de règles précises et connues diffèrent parfois significativement de celles du SIPRI qui demeurent toutefois une source largement utilisée par les organismes internationaux et les médias. C'est le cas, par exemple, des données relatives à la France, pour lesquelles le SIPRI continue d'inclure les dépenses liées à la Gendarmerie nationale, alors qu'elles ne figurent pas dans les données de l'OTAN et de l'EDA.

Définitions variables Il existe différentes méthodes pour estimer les dépenses militaires respectives de chaque pays. Prendre le budget annoncé des ministères de la défense par exemple est la plus courante. Mais une partie de celui-ci peut être destiné à un usage non militaire et comprend généralement les pensions et retraites des anciens militaires. En 2011 par exemple, le département de la Défense des États-Unis consacre 50,7 milliards de dollars pour la santé de 9,6 millions de soldats, retraités, réservistes et personnes à charge. Des organismes d'États peuvent également consacrer un budget au secteur militaire. La recherche et développement pour la mise au point des réacteurs et armes nucléaires, dépend ainsi du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives pour la France et du Département de l'Énergie des États-Unis pour ce pays. Des forces de sécurité intérieure – tel les gendarmeries dans la francophonie ou la police armée du peuple en Chine – jouent également un rôle dans la défense mais leurs budgets peuvent être inclus dans celui de ou équivalents. Les fluctuations des taux de change et l’inflation rendent une évaluation stricte difficile au niveau international.

Des dons financiers ou matériels de pays amis ou d'organisations internationales., voire la mise à disposition de troupes contre compensations., permettent d'alimenter les besoins militaires sans alourdir le budget de la défense nationale de nombreux pays.

À l'issue des conflits, les pratiques d'indemnités de guerre, permettant au vainqueur de se faire rembourser par le vaincu., étaient courantes jusqu’à la première moitié du .

Évolution des dépenses de défense dans le monde depuis la fin de la guerre froide Évaluées sur la base des données en US$ constant 2017 publiées par le SIPRI, les dépenses de défense connaissent dans le monde des évolutions contrastées depuis le dénouement de la guerre froide à la fin des années 1980.

La fin de la guerre froide et l'effondrement de l'URSS entrainent une baisse significative des dépenses de défense dans le monde jusqu'en 1998. Puis elles augmentent durant treize années consécutives entre 1999 et 2011, avec notamment la guerre en Afghanistan et en Irak, le retour de la Russie et l'émergence de la Chine. Elles baissent ensuite légèrement entre 2012 et 2016, sous l'effet de la diminution du budget militaire américain durant la présidence Obama, puis retrouvent en 2017 leur niveau de 2011. L'année 2018 est marquée par une hausse de 2,6 %, la plus importante depuis 2009Le SIPRI considère qu'il ne peut calculer de montant total de dépenses pour l'année 1991, faute de disposer de données pour la Russie.. Depuis, les dépenses ne cessent de croitre.

vignette|centré|upright=3.5|Ce graphique montre l'évolution des dépenses totales de défense dans le monde, aux États-Unis et en Chine entre 1988 et 2018.Les données, en milliard de US$ constants 2017, sont celles figurant dans la base de données du SIPRI.

Durant les dernières années de la guerre froide, le budget consacré par les États-Unis à l'effort de défense représente environ 40 % du total mondial. Ce total passe à 45,8 % en 1992 corrélativement à la chute brutale des dépenses militaires de l'ex-URSS : selon les estimations du SIPRI, le budget de défense de la Russie est en effet de 48,6 milliards US$ en 1992, alors que celui de l'URSS atteignait 227,5 milliards US$ en 1990. En 2000 et 2001, les dépenses de défense des États-Unis retombent à environ 40 % du total mondial. En raison des guerres engagées en Afghanistan et en Irak par les États-Unis, elles augmentent fortement durant la décennie 2000 pour atteindre dans les années 2009-2011 leur plus haut niveau historique, autour de 775 milliards US$, soit 45 % des dépenses de défense dans le monde. Durant la présidence de Barack Obama, elles décroissent régulièrement jusqu'à être de 606 milliards US$ en 2017, soit 35 % du total mondial.

Durant la même période, le budget militaire de la Chine connait une augmentation considérable, parallèle à celle du développement économique du pays. En 1992, le budget de défense chinois est estimé être de l'ordre de 27 milliards US$ soit 2,3 % des dépenses mondiales. En 2018, ces mêmes données sont respectivement de 239 milliards US$ et de 13,4 %.

Dépenses de défense mondiales et par région au Évolution mondiale Depuis le début du , les États-Unis demeurent de très loin la principale puissance militaire mondiale. Leur part, agrégée avec celle du Canada, évolue entre 35 % et 45 % du total mondial en US$ constant 2017. Leur part relative diminue nettement depuis 2010, en partie par la baisse des dépenses en valeur absolue voulue par Obama mais davantage en raison de l'augmentation des dépenses en Asie.vignette|centré|upright=3.5|Ce graphique montre l'évolution de la part des quatre régions qui consacrent le plus de moyens à leur défense, rapportée aux dépenses totales de défense dans le monde, entre 2000 et 2018.Les données, en US$ constants 2017, sont celles figurant dans la base de données du SIPRI.L'évolution la plus spectaculaire est l'inversion du poids respectif de l'Asie et de l'Europe entre 2000 et 2018 : en 2000, l'Europe et l'Asie représentent respectivement 27 % et 18 % des dépenses de défense mondiales. En 2018, ces rapports sont inversés, l'Asie en représente 28 % et l'Europe 20 %.

Non représentées sur le graphique ci-dessus, la part de l'Afrique, environ 2 % du total mondial, et celle de l'Amérique centrale et du sud, environ 4 % du total, sont stables depuis le début du .

Évolutions en Amérique du Nord Depuis la fin de la guerre froide, le budget de défense des États-Unis connaît des variations importantes liées aux conflits dans lesquels ils sont engagés, aux évolutions du contexte international et au contexte économique américain. Avec 649 milliards de dollars, les dépenses militaires des États-Unis augmentent de 4,6 % en 2018. Ce niveau de dépenses demeure inférieur de 19 % au sommet atteint en 2010. Le processus de vote par le Congrès des ressources consacrées à la défense a été particulièrement difficile au cours des années 2010, dans le contexte des efforts visant à réduire le déficit des États-Unis et à équilibrer le budget du pays. Après trois années (2012-2014) de forte baisse, le budget se stabilise durant les trois années suivantes (2015-2017). La forte hausse de 2018 est confirmée en 2019 sur fond de compétition stratégique avec la Chine et la Russie et de tensions au Moyen-Orient.

Les dépenses de défense du Canada, membre de l'OTAN, se situent en 2018, comme les années précédentes au quatorzième rang mondial, à hauteur de 21,6 milliards US$. Sur une décennie, de 2009 à 2018, elles augmentent de 12 % en termes réels, soit un niveau plus élevé que les autres grandes nations occidentales de l'OTAN.

Évolutions en Asie