Ziad Rahbani (en ) est un compositeur, metteur en scène, comédien et pianiste libanais né le à Antélias et mort le à Beyrouth.

Il est populaire par ses positions politiques communistes et son humour décalé, et devient une icône de la vie artistique et culturelle au Liban..

Biographie Né le au Liban au sein d'une famille orthodoxe libanaise, Ziad Rahbani est le fils aîné de la chanteuse libanaise Faïrouz et du compositeur libanais Assy Rahbani.

Débuts Ayant publié un livre à l'âge de 13 ans, Mon ami Dieu (''), sa carrière débute véritablement en 1973 à 17 ans avec une chanson composée pour sa mère, Sa'alouni El Nas, qui devient rapidement un franc succès.

Œuvre théâtrale Ziad Rahbani commence sa carrière atypique d'auteur de théâtre avec la comédie musicale Sahriyé () en 1973, dont le « cadre rural ne semble finalement qu’un prétexte pour une succession de compositions musicales », production qui est dans la pure tradition des œuvres de ses parents Assy Rahbani et Faïrouz.. Mais précoce et autonome, il bifurque vers des productions se situant dans le cadre urbain, multiplie les succès et enchaîne pièces de théâtre, chansons et émissions politiques satiriques à la radio.

Période de la guerre civile libanaise Rapidement, une polémique s'installe autour de sa personne. Communiste de cœur et de conviction, symbole de la révolte étudiante que connaissait le Liban dans les années 1970, il va provoquer son public en le critiquant d'une façon désobligeante, mais très subtile et juste. Toute une génération y adhère et Ziad Rahbani devint un phénomène de société.

Ziad crée quatre pièces de théâtre en pleine guerre civile libanaise.

Nazl e'ssourour (L'Auberge du bonheur), en 1974 Binnisbi la boukra shou ? (Et pour demain ?), en 1978 Film amerki tawil (Long métrage américain), en 1981 Chi fechil (Fiasco), en 1983

Gravées dans la mémoire de toute une génération, ces pièces de théâtre ont un caractère prémonitoire.

En 1976, pendant le siège du camp de réfugiés palestiniens de Tel al-Zaatar, Ziad Rahbani, âgé d’une vingtaine d’années, assiste aux bombardements du haut de la maison familiale de Rabieh. Celle-ci est régulièrement visitée par des dirigeants des Kataeb (Karim Pakradouni, Michel Samaha) et des représentants des services secrets syriens. Il enregistre alors les conversations, et rapporte la teneur des discussions secrètes au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Le massacre des habitants de Tal El-Zaatar, en août de la même année, le décide à fuir l’est chrétien, pour rejoindre Beyrouth ouest.

S’ensuit une collaboration de plusieurs années avec l’organisation palestinienne et avec son jumeau libanais, le Parti d’action socialiste arabe (PASA). Il compose plusieurs chansons pour le FPLP et travaille avec son département cinématographique. Il compose ainsi la bande originale de l’adaptation filmée de Retour à Haïfa, nouvelle de l’écrivain, intellectuel et ancien porte-parole du FPLP Ghassan Kanafani (1936-1972), assassiné par le Mossad à Beyrouth. Le film sort en 1982, sous la direction du réalisateur irakien Kassem Hawal.

Il rejoint dans les années 1980 le Parti communiste libanais (PCL), qui était alors très impliqué, au sein du Front de la résistance nationale libanaise, dans la résistance à l'invasion israélienne du Liban. En 1984, il compose l’hymne du PCL, à l’occasion du soixantième anniversaire de la fondation du Parti. Il travaille régulièrement avec les grands médias du PCL – la radio Sawt el-chaab (La voix du peuple) et le journal Al-Nidaa (L’Appel) — et participe de l’univers culturel du PCL aux côtés d’artistes communistes, comme Khaled El-Haber ou Sami Hawat.

Après-guerre Passionné de politique et de psychanalyse, Ziad Rahbani invente des personnages caricaturaux et dotés d'une épaisseur psychologique unique.

À la fin de la guerre civile, Ziad Rahbani écrivit deux longues pièces. La première en 1993, De la dignité et des têtes de mule (Bikhsous il karami w'ichaab il aanid) et la deuxième en 1994, L'Espoir fait vivre (Lawla foushat al amali). « Ces deux pièces avant-gardistes dans le paysage théâtral libanais, connurent une critique virulente et infondée ; les Libanais refusaient de se voir ainsi caricaturés sur scène ».

À partir de l’été 2006, il tient une chronique dans le quotidien de gauche Al-Akhbar (les Nouvelles).

Œuvre musicale Se revendiquant musicien et pianiste avant tout, Ziad Rahbani se consacre depuis 1994, date de sa dernière pièce, à sa production musicale. Qu'il se produise dans les bars underground de Beyrouth ou sur la scène des festivals les plus huppés du Liban (Festival de Beiteddine de 2010), il réunit une foule transgénérationnelle.

Musique de films Nahla, 1979, film algérien de Farouk Beloufa tourné à Beyrouth, au Liban, avec une brève apparition de Ziad Rahbani dans un rôle de musicien Les faits de l'année prochaine, 1985, film syrien de Samir Zikra Beirut: The Last Home Movie, 1987, documentaire fiction libano-américain de Jennifer Fox Civilisées, 1999, film libanais de Randa Chahal Sabbag Le Cerf-volant, 2003, film libanais de Randa Chahal Sabbag, Ziad Rahbani y joue un rôle d'un lieutenant druze dans l'armée israélienne Dhilal as-samt, 2006, film saoudien d'Abdallah Al-Muhsein

Famille Ziad Rahbani est marié à Dalal Karam, avec qui il a un garçon nommé « Assi », mais il découvre plus tard qu'il n'était pas son fils biologique. Rahbani a composé un certain nombre de chansons sur leur relation, dont Marba el Dalal et Bisaraha.

Mort L'hôpital où il est traité à Beyrouth annonce sa mort des suites d'ennuis de santé le à du matin, à l'âge de 69 ans..

À l’annonce de son décès, le président libanais Joseph Aoun déclare dans un communiqué. :

Ses obsèques ont lieu le lundi , en présence de sa mère, Faïrouz — dont c’est la première apparition publique depuis de nombreuses années —, ainsi que de nombreuses figures du monde culturel et politique.. Il est inhumé dans le caveau familial à Zeghrine.. Le , le gouvernement libanais décide de rebaptiser l'avenue Hafez al-Assad de Beyrouth du nom de l'artiste décédé.

Discographie

Décorations

50x50px|Ribbon bar of the National Order of the Cedar, Commander grade Commandeur de l’ordre du Cèdre du Liban (le , à titre posthume)..

Notes et références

Liens externes

Une compilation d'articles de presse et d'interviews de Ziad Rahbani sur la musique des frères Rahbani, en arabe. Une étude sur le théâtre de Ziad Rahbani, par Arnaud Chabrol Ziad Rahbani, au cœur de l’arabité

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