Mora est une commune du Cameroun située dans la région de l'Extrême-Nord et le département du Mayo-Sava, à proximité de la frontière avec le Nigeria. La ville de Mora est à la fois le siège de la commune et le chef-lieu du départementPlan communal de développement de Mora, PNDP, CAPROVI, novembre 2013, .

Géographie vignette|gauche|upright|Randonnée dans le massif de Mora. La commune de Mora est limitée à l'est par celles de Petté et Maroua III, à l'ouest par Kolofata, Mozogo et la frontière avec le Nigeria, au nord par Waza (et le parc national de Waza), et au sud par Tokombéré et Koza.

Couvrant une superficie de , elle s'étend à 80 % dans une zone de plaine à proximité des monts Mandara. La zone montagneuse (20 %) est très peuplée. vignette|Massif de mora Cameroun Le climat y est de type soudano-sahélien avec une longue saison sèche de 8 à 9 mois et une courte saison des pluies de 3 à 4 mois.

Population

En 1966-1967 la ville de Mora comptait . À cette date, elle était dotée d'une école publique à cycle complet, d'un hôpital public, d'un poste d'élevage et d'une mission protestante. Un marché hebdomadaire s'y tenait le dimanche, ainsi qu'un marché quotidienDictionnaire des villages du Margui-Wandala, ORSTOM, Yaoundé, juin 1972, .

Lors du recensement de 2005, on a dénombré personnes dans la commune, dont pour Mora Ville. En 2013, le plan communal de développement relève une population de l'espace urbain de habitantsPNDP, Plan communal de développement de Mora, novembre 2013.

Les groupes ethniques les plus représentés sont les Podoko (19 %), les Kanouri (14,4 %), les Mouktélé (13,7 %), les Mandara (11,5 %), les Moura/Mbirmé (9 %), les Mada (6 %), les Arabes choua (6 %), les Mousgoum (6 %), les Mafa, les Hourza, les Mouyeng et les Peuls (moins de 5%PCD de Mora, 2013, op. cit., ).

Chefferies traditionnelles L'arrondissement est le siège de l'une des deux chefferies traditionnelles de degré du département du Mayo-Sava : Sultanat de Wandala ( habitants en 2015) L'arrondissement de Mora compte 15 chefferies traditionnelles de degré reconnues par le ministère de l'administration du territoire et de la décentralisationMinistère de l'administration du territoire Annuaire statistique 2015 : 390 : Canton de Meme 391 : Canton de Podoko Centre 392 : Canton de Zouelva 393 : Groupement de Mora Ville 394 : Canton de Podoko Sud 395 : Groupement de Kourgui 396 : Canton de Limani 397 : Canton de Podoko Nord 398 : Canton de Kossa 399 : Groupement de Djoundé 400 : Groupement de Doulo 401 : Canton de Mora Massif 402 : Canton de Baldama 403 : Canton de Warma 404 : Canton de Bounderie 404 : Groupement de Magdene

Structure administrative de la commune

Outre Mora proprement dit, la commune comprend une soixantaine de villages et 16 chefferies, notamment les localités suivantes :

Histoire

Créée vers le , Mora est une ancienne ville coloniale, comme en témoignent plusieurs constructions et vestiges.

Le major Dixon Denham a visité Mora lors de son expédition africaine entre 1822 et 1825 et en rend compte dans son rapport de missionNarrative of travels and discoveries in Northern and Central Africa in the years 1822, 1823, and 1824 par le major Denham, le capitaine Clapperton, et feu le docteur Oudney. Traduction française : Voyages et découvertes dans le Nord et dans les parties centrales de l'Afrique par le géographe Jean-Baptiste Benoît Eyriès publiée par la Bibliothèque du Palais des Arts en 1826 .

Le fort allemand de Mora a été le dernier fort allemand au Cameroun à se rendre au cours de la Première Guerre mondiale. Après un long moment sous un , le capitaine von Raben et ses hommes se rendent aux forces alliées le , plus d'un an après que le reste de l'armée allemande se soit retiré hors du Cameroun Saliou Abba1 and Dekane Emmanuel, « Kamerunian veterans of Germans’ garrisons and the post- Great War period », in International Journal of Innovation and Scientific Research, vol. 16, , juin 2015, , à télécharger .

Michel Leiris a visité Mora au cours de la mission Dakar-Djibouti (1931-1933) et en donne un bref commentaire dans son livre L'Afrique fantômeMichel Leiris L'Afrique fantôme Paris, Gallimard, 1934, réédition dans Michel Leiris, Miroir de l'Afrique, Paris, Gallimard, 1996 (collection « Quarto »).,

À l'indépendance, Mora est créée en tant que commune le .

Économie Les principales activités pratiquées dans la commune sont l'élevage, l'agriculture, le commerce et l'artisanatPCD de Mora, 2013, op. cit., . Le coton y constitue la principale culture de rente. La commune accueille 16 marchés hebdomadaires et à bétail qui drainent des commerçants de toute la région et principalement en provenance du Nigeria voisin et contribuent de manière significative à ses ressources propresPCD de Mora, 2013, op. cit., .

Éducation En 2018 Mora dispose de trois établissements publics d'enseignement secondaire : un lycée classique francophoneLycée classique de Mora, Schoolmap, Cameroon ,un lycée technique francophoneLycée technique de Mora, Schoolmap, Cameroon et un lycée bilingueLycée bilingue de Mora, Schoolmap, Cameroon .

Personnalités liées à la ville Félix-Roland Moumié y a exercé en tant que médecin en 1951Jean Koufan Menkene, « Félix Moumié : Un martyr de la révolution et du nationalisme camerounais », Mediapart, 3 novembre 2013 . Abba Boukar, homme politique, maire de Mora (1942-)

Philatélie En 1966, la République fédérale du Cameroun émet un timbre intitulé « Campement de chasse, Mora »Catalogue Yvert&Tellier, .

Notes et références

Annexes

Bibliographie Jean Boulet, Magoumaz : pays Mafa (Nord-Cameroun) : (étude d'un terroir de montagne), ORSTOM, Paris, La Haye, Mouton, 1975, 92 p. Jean Boutrais, La colonisation des plaines par les montagnards au nord du Cameroun (Monts Mandara), ORSTOM, Paris, 1973, 307 p. Dictionnaire des villages du Margui-Wandala, ORSTOM, Yaoundé, , 115 p. Antoinette Hallaire, Paysans montagnards du Nord-Cameroun : les monts Mandara, ORSTOM, Paris, 1991, 253 p. Anne Lebel (et Emmanuelle Pontié), « Mora », in Le Cameroun aujourd'hui, Éditions du Jaguar, Paris, 2011, Bertrand Lembezat, Les Populations païennes du Nord-Cameroun et de l'Adamaoua, Presses universitaires de France, Paris, 1961, 252 p. Jean-Yves Martin, Les Matakam du Cameroun : essai sur la dynamique d'une société pré-industrielle, ORSTOM, Paris, 1970, 215 p. Petits Frères de Jésus, « Mora (Cameroun) », in Frères au cœur du monde : à la suite de Charles de Foucauld ; lettres des fraternités (1960-2002), Karthala, 2002, Plan communal de développement de Mora, PNDP, CAPROVI, , 262 p. Guy Pontié, « Les Guiziga du Cameroun septentrional. L'organisation traditionnelle et sa mise en contestation », ORSTOM, Paris, 1973, 255 p. (thèse de de Sociologie ; voir note de lecture ) .

Articles connexes Vamé (peuple) Vamé (langue) Wandala (langue)

Liens externes Mora, sur le site Communes et villes unies du Cameroun (CVUC)

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