Michel Droit est un écrivain, journaliste et académicien français né le à Vincennes et mort le à La Celle-Saint-Cloud..
Il fut l'interlocuteur de prédilection du général de Gaulle lors d'entretiens télévisés en direct du palais de l'Élysée.
Il est aussi connu pour son article polémique visant Serge Gainsbourg publié le dans le Figaro Magazine accusant le chanteur de provoquer l'antisémitisme, ceci à la suite de la publication d'Aux armes et cætera, une version reggae de l’hymne national français, La Marseillaise.
Le lors d'une chasse au lion au Cameroun, il blesse mortellement l'industriel Jacques Chibret, un coup de feu étant parti accidentellement de son fusil alors qu’il trébuchait.
Biographie Famille Michel Droit est né en 1923, du peintre illustrateur Jean Droit (1884-1961).
Époux de Janine Bazin (1923-2021), il est le père du photographe Éric Droit (1952-2007).
Études Il fait ses études à l'école Massillon, puis aux lycées Voltaire et Louis-le-Grand, et enfin à la faculté des lettres de Paris et à l'École libre des sciences politiques..
Journaliste Militant dans la Résistance, il est l'un des plus jeunes correspondants de guerre des armées alliées et débute comme radio-reporter en , lors de l'insurrection de Paris. Blessé en Allemagne, près d'Ulm, en avril 1945, il devient ensuite grand reporter pour la radio, la presse et la télévision.
C'est en 1954 qu'il publie son premier roman, Plus rien au monde, que l'Académie française récompense du prix Max-Barthou, avant de lui conférer son grand prix du roman pour Le Retour, en 1964.
Toujours en 1954, il publie Jours et Nuits d'Amérique, petit essai où, contre toute attente, il critique les États-Unis, leur préférant Saint-Domingue ou Cuba, pourtant pauvres et affligés de régimes militaires à l'époque à la solde des États-Unis .
Après avoir été rédacteur en chef de l’Actualité télévisée de la RTF, Michel Droit devient celui du Figaro littéraire, en 1961, et le reste jusqu'en 1971, tout en poursuivant parallèlement sa carrière d'écrivain.
Membre de la CNCL, il participe en 1987 à l'audition du groupe Bouygues pour la cession de TF1. À cette occasion, il « eut à cœur de défendre la cause du régime d'Apartheid en Afrique du Sud », relève l'Almanach critique des médias, jugeant en effet que l’information est trop souvent « traitée de façon unilatérale » et demandant un « pluralisme total » sur le sujet.
Entretiens avec de Gaulle En 1965, 1968 et 1969, il est le seul journaliste à s'entretenir avec le général de Gaulle sur les écrans de la télévision. Ces interventions sont diffusées en direct du palais de l'Élysée, siège de la présidence de la République.
Michel Droit a été souvent brocardé par les milieux de gauche pour son excessive révérence envers le général de Gaulle, et symbolise pour beaucoup une certaine inféodation de l'ORTF à l'. Ainsi Le Canard enchaîné en fait une de ses têtes de turc favorites, le surnommant « Michel Courbe », tandis qu'Hara-Kiri Hebdo le caricature régulièrement. Cette inféodation de l'ORTF lui a fait cependant parfois regretter la frilosité du pouvoir pour convier l'opposition (hommes politiques ou journalistes) sur les plateaux de télévision..
Il est l'auteur et le réalisateur des séries Ces Années-là et Cela s'appelle l'Empire, sur TF1.
Il tient, de 1969 à 1981, une chronique régulière sur France-Inter. Directeur jusqu'en 1986 des Grandes Conférences du Figaro, Michel Droit continue de travailler dans ce journal, comme éditorialiste et chroniqueur, ainsi qu'au Figaro Magazine où il a notamment la responsabilité des pages de Figaro Histoire.
En , il signe un appel demandant l'arrêt de poursuites en cours contre le Groupe union défense (GUD). , un groupe d'étudiants d'extrême droite.
Polémique avec Serge Gainsbourg Au printemps 1979, la chanson Aux armes et cætera, de Serge Gainsbourg qui est une version en Reggae de La Marseillaise, devient un tube si important qu’elle provoque une vive réaction des militaires et de certains hommes politiques de tendance conservatrice. La polémique est lancée par Michel Droit qui rédige une diatribe contre ce qu’il nomme « l’odieuse chienlit […], une profanation pure et simple de ce que nous avons de plus sacré. » Le texte paraît le dans le Figaro Magazine : « Quand je vois apparaître Serge Gainsbourg, je me sens devenir écologiste. Comprenez par là que je me trouve aussitôt en état de défense contre une sorte de pollution ambiante qui me semble émaner spontanément de sa personne et de son œuvre, comme de certains tuyaux d’échappement… » L’éditorialiste, révolté par cette version de l’hymne national, s’emporte, allant jusqu’à écrire que Gainsbourg fait du tort aux autres Juifs en suscitant un regain d’antisémitisme par sa version de La Marseillaise.. La controverse prend bientôt une ampleur considérable, l’album devenant d’ailleurs disque de platine en quelques mois.
Serge Gainsbourg répond deux semaines plus tard par un article intitulé paru dans Le Matin-Dimanche : . Jane Birkin réagit aussi en écrivant à Michel Droit.
Académicien Le , Michel Droit est élu à l'Académie française au fauteuil de Joseph Kessel (). Il représente l'Académie à la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL), autorité administrative contrôlant l'audiovisuel mise en place dans les années 1980.
Procès au sein de la CNCL En 1987, accusé de « forfaiture » dans l'exercice de ses fonctions au sein de la CNCL, il est « soupçonné d'avoir favorisé l'accès au réseau FM parisien d'une radio locale, contre divers avantages ; soupçonné également d'usage de faux documents destinés à masquer des salaires extérieurs, encore perçus alors qu'il faisait déjà partie de la CNCL. ». Défendu par , il bénéficie d'un non-lieu.
Chasseur Conservateur assumé et adepte des safaris africains, Michel Droit tue accidentellement au Cameroun l'un de ses partenaires de chasse, l'industriel Jacques Chibret, le Réaction du Canard enchaîné : « Coup tordu pour Michel Droit ».. Au cours d'une progression en brousse, il fait une chute et son fusil lui échappe. Un coup de feu part et une balle atteint à la jambe son compagnon de traque, placé dix mètres devant lui, qui succombe à une hémorragie à l'âge de .
Mort Michel Droit meurt le à La Celle-Saint-Cloud. après des années d'une grave maladie neurologique..
Décorations
(1981)
Œuvres
Sous le nom de Michel-Droit De Lattre, Maréchal de France, Flore et Pierre Horay, 1952 Chez les mangeurs d'hommes : cinquante années de luttes apostoliques en Papouasie, Éditions de la Table ronde, 1952; réédition sous le titre Chez les mangeurs d'hommes, couverture de Pierre Joubert, illustration de Henry de Dryverhttps://www.bedetheque.com/auteur-8373-BD-Endry.html, Gérard et Cie, Collection « Marabout-Junior », , 1953 André Maurois, préface de Robert Kemp, Éditions universitaires, Collection « Classiques du » présentée par Pierre de Boisdeffre, , 1953 Plus rien au monde, Ferenczi, 1954, prix Max-Barthou de l’Académie française; réédition sous le titre L'écorché par Michel Droit, Éditions Julliard, 1968 Jours et Nuits d’Amérique, Gérard Nizet, 1954 Visas pour l’Amérique du Sud, Éditions Gallimard, Collection « L'Air du Temps », 1956 Pueblo, Éditions Julliard, 1957; réédition sous le nom de Michel Droit : 1964; réédition aux Éditions Rombaldi, Collection « Bibliothèque du Club de la Femme », 1968 J’ai vu vivre le Japon, Fayard, 1958 Panoramas mexicains, Fayard, 1960
Sous son nom La Camargue, photographies de Michèle Brabo et Serge Holtz, couverture Yves Brayer, Benjamin Arthaud, 1961, Prix Carlos de Lazerme Le Retour, Julliard, 1964, Grand prix du roman de l'Académie française; réédition : Éditions Sélection des Amis du Livre Strasbourg, 1965 Les Compagnons de la Forêt-Noire, Julliard, 1966, Tome 1 de la série Le Temps des hommes« Le temps des hommes Tome IV : La mort du Connétable » La Fille de l’ancre bleue, Solar, 1967 L’Orient perdu, Julliard, 1969, Tome 2 de la série Le Temps des hommes L’Homme du destin, Larrieu-Bonnel, 1972 La Ville blanche, Julliard, 1973, Tome 3 de la série Le Temps des hommes La coupe est pleine, France-Empire, 1975 La Mort du connétable, Julliard, 1976, Tome 4 de la série Le Temps des hommes Les Feux du crépuscule (Journal 1968-1969-1970), Plon, 1977 Les Clartés du jour (Journal 1963-1964-1965), Plon, 1978 Le Lion et le Marabout, Plon, 1979 Les Lueurs de l’aube (Journal 1958-1959-1960), Plon, 1981 Une plume et un micro, Plon, 1982 Et maintenant si nous parlions de l’Afrique du Sud, Plon, 1983 Une fois la nuit venue (Journal 1972-1973-1974), Plon, 1984 Lettre ouverte à ceux qui en ont plus qu’assez du socialisme, Albin Michel, 1985 La Rivière de la guerre, Julliard, 1985 Le Fils unique, Plon, 1988 Le Rendez-vous d’Elchingen, Plon, 1990 Nous parlerons de Rome, Le Fallois, 1992 Le Temps d’apprendre à vivre, Le Rocher, 1993 Le Temps qui tient au cœur, Le Rocher, 1996
Notes et références
Liens externes
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