Un côtes-d'auvergne est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit en rouge, rosé et blanc dans le département du Puy-de-Dôme. Le vignoble est rattaché au vignoble de la vallée de la Loire, avec une aire de production de Riom au nord à Issoire au sud, en passant par Clermont-Ferrand, entre la chaîne des Puys et la rivière Allier. Le nom de l'appellation peut être complété par celui d'une des cinq dénominations géographiques : côtes-d'auvergne Madargue, côtes-d'auvergne Châteaugay, côtes-d'auvergne Chanturgue, côtes-d'auvergne Corent et côtes-d'auvergne Boudes, sous réserve du respect des normes plus strictes du cahier des charges.
L'AOC été reconnue par décret le . La superficie de production est de (moyenne 2022-2024) avec comme cépage unique le chardonnay pour le vins blancs, et le gamay et le pinot noir pour les vins rouges et les rosés. La production de rouge représente approximativement 65 % de la production (moyenne 2022-2024), le blanc et le rosé se partageant le reste à parts égales.
Histoire Origines Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont, atteste dans ses écrits que les vignobles prospéraient dans cette région du Massif central, dès le Cahier des charges du vin de pays du Puy-de-Dôme.
La région est marquée par un long passé viticole, sans doute dès le . Les premières traces écrites du vignoble datent du , grâce aux cartulaires de l'abbaye Saint-Pierre-Saint-Paul de Sauxillanges et du chapitre de Brioude. . Vigne et religion se mêlent aussi dans les symboles. .
Ils se développèrent tout au long du Moyen Âge, et la superficie plantée en vigne atteignit à la fin du , puis après la Révolution française.
Période moderne vignette|centre|redresse=2|Sur les coteaux de Montferrand, le vignoble de Chanturgue, cartographié par Cassini. Le Puy-de-Dôme cultivait 27 ou de vignes (pour une production de 600 à par an) durant le , lorsque le phylloxéra impacta sérieusement les vignobles du Midi qui répondaient à la consommation nationale pour une bonne part. Les départements situés plus au nord bénéficièrent alors d'un surcroît de demande. C'est pourquoi, dans le Puy-de-Dôme, le vignoble s'accrut notablement après 1880 jusqu'à dépasser les en 1892Louis Levadoux, La Vigne et sa culture, Presses universitaires de France, , Paris, 125 p., 1961..
vignette|gauche|Au début du , vendangeuse et vendangeur en Auvergne. Mais à cette date, le phylloxéra atteignait déjà le département, alors même que les régions du Midi commençaient à s'en remettre. Production et vignoble plongèrent alors, progressivement mais irrémédiablementMarcel Lachiver, Vins, vignes et vignerons, Fayard, 1988 (les tableaux statistiques sont à la fin de l'ouvrage).. Vers 2000, il restait à peine et la surface a encore diminué depuis. Cependant, en 2015, une centaine de producteurs commercialisent environ , structurés par une appellationRobert Chapuis, La Renaissance d'anciens vignobles français disparus, L'Harmattan, 2016, 168-170..
Période contemporaine vignette|gauche|Repas des vendangeurs en 1907. Le côtes-d'auvergne est classé « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS) par l'arrêté du , publié au JORF du .. Ce vignoble ancien, dont le renouveau est incontestable, a particulièrement progressé depuis 1990. Les millésimes 2003 et 2005 sont remarquables.
Il a obtenu le un avis favorable du Comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées et des eaux-de-vie de l’INAO pour le passage en appellation d'origine contrôlée (AOC)La Montagne, 17 novembre 2010.. Il obtient la protection sous AOC par le décret du , publié au JORF du .. Le cahier des charges de l'appellation a été ensuite modifié en , publié au JORF du ., en , publié au JORF du ., en , homologué par l'arrêté du publié au JORF du . et en , homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..
Étymologie Madargue :
Chanturgue : dérivé du gaulois Canto + benno. La majorité des historiens, linguistes et philologues penchent pour des sens comme "pic de hauteur" (tautologie) ou "pic brillant", seul Xavier Delamarre traduit cette composition par l'hypothétique interprétation « les cent têtes »Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003.. Cependant, toutes ces interprétations ne peuvent qu'être appliquées à Chantoin (*Cantobennu, Cantobennum) et non pas spécifiquement à Chanturgue (Cantobennici montesGrégoire de Tours, Histoire des Francs, T. II, ); puisqu'elles ne tiennent pas compte de l'apport, après la conquête romaine, du suffixe adjectival latin -icus (relatif à) prouvant que l’étymologie prêtée à Chanturgue trouve son origine dans celle d'un autre lieu proche : Chantoin. le radical canto en guise de suffixe peut - selon le contexte et les compositions - correspondre à hauteur, avec, ensemble, cercle, rocher (à noter l’existence de la racine celtique *kant- = pierre/Rocher ou encore à cent. Les premières mentions de ce puy se trouvent chez Grégoire de Tours qu'il nomme Cantabennensi et Cantobennici montes dans son Histoire des Francs. Ces trois premières mentions amènent à l'assurance d'une étymologie basée sur les radicaux canto et benno. Il est indéniable que l'étude toponymique de Chanturgue est complexe et à confronter à Chantoin qui se situe en aval et était nommé Cantobennum, par glissement - depuis les termes anciens désignant Chanturgue - ainsi qu'à l'abbaye de Chantoen dont le chanoine Audigier situait, sans assurance, les ruines sur le Puy de Chanturgue. Appellations de Chanturgue au cours des siècles : 1017-1021 : in monte Cantoergo, Cantoenrgo; dans une charte de 1065, Chanturgue est nommé Monte CantoennicoAD Puy-de-Dôme, 3 G arm. 18 sac A où Pierre, fils de Dagobert et Laujarda, donne à Florence, fille d'Arbertus et Wuillate, pour constituer son douaire, dix sétariées de terres et de vigne, situées dans le pagus de Clermont, à Monte Cantoennico, à Monte Judeco (Montjuzet), à Cuciaco (abbaye de Cusset), à Terrallio (peut-être le Terrail aujourd'hui en centre-ville) et autres lieux. : Chantoergue, el som del poih de Chantoergue, lo ceirh del poi de Chantoergues, Chantorgue; 1443 : Chemptourgue; 1467 Champtorgue.. Chanturgue et son vin jouent un rôle dans un récit fantastique de George Sand, « L'Orgue du titan », paru dans les Contes d'une grand-mère en 1876.
L'Abbé Delarbre avançait une hypothèse quant à l'étymologie des lieux : On y célébrait des bacchanales et des orgies, d'où dérive la dénomination de Champturgues, campus orgius.Châteaugay : de l'occitan (nord-occitan) chastèl + adjectif "gai" (gaillard)Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Toponymie nord-occitane, Éditions Sud Ouest, Collection Sud Ouest Université, Bordeaux, 2003.. Ce nom fut donné par Pierre de Giac au châteauE. Nègre in Toponymie Générale de la France, Tome III - et par éponymie au village et terres dépendantes - qu'il fit construire à la fin s. en lieu et place du château de Vigosche.. Anciennes formes : Vigoche (1266, 1379, 1397), Vigocha (1378) puis Chastel-Gay et ChâtelgayA. Tardieu in Grand Dictionnaire Historique du Département du Puy-de-Dôme, .
Corent :
Boudes : Buciacensis au , Bosdes en 1373, Bousde en 1510Grand dictionnaire historique du ¨Puy-de-Dôme d'A. TardieuToponymie générale de la France: Tome 2, Formations non-romanes d'E. Negre.
Vignoble Aire d'appellation
Le vignoble s'étend sur 61 communes du Puy-de-Dôme s'étendant d'Issoire à Clermont-Ferrand : sur l'arrondissement de Clermont-Ferrand : Aubière, Authezat, Beaumont, Billom, Blanzat, Cébazat, Chanonat, Chas, Chauriat, Clermont-Ferrand, Corent, Cournon-d'Auvergne, Égliseneuve-près-Billom, Le Crest, Glaine-Montaigut, Laps, Lempdes, Les Martres-de-Veyre, Mur-sur-Allier, Mirefleurs, Orcet, Pérignat-lès-Sarliève, Pignols, Plauzat, Reignat, La Roche-Blanche, La Roche-Noire, Romagnat, Saint-Amant-Tallende, Saint-Bonnet-lès-Allier, Saint-Georges-sur-Allier, Saint-Julien-de-Coppel, Saint-Maurice, Saint-Sandoux, La Sauvetat, Sayat, Tallende, Vassel, Vertaizon, Veyre-Monton et Vic-le-Comte ; sur l'arrondissement de Riom : Beauregard-Vendon, Châteaugay, Châtel-Guyon, Gimeaux, Malauzat, Ménétrol, Prompsat, Riom, Volvic et Yssac-la-Tourette ; sur l'arrondissement d'Issoire : Aulhat-Flat, Boudes, Chadeleuf, Chalus, Montpeyroux, Neschers, Orbeil, Saint-Hérent, Sauvagnat-Sainte-Marthe et Saint-Yvoine.
Dénominations géographiques complémentaires L'appellation côtes-d'auvergne reconnaît cinq dénominations géographiques complémentaires : côtes-d'auvergne-boudes (vins rouges) : sur les communes de Boudes, Chalus et Saint-Hérent ; côtes-d'auvergne-chanturgue (vins rouges) : sur les communes de Cébazat (au sud de la commune) et Clermont-Ferrand ; côtes-d'auvergne-châteaugay (vins rouges) : sur les communes de Cébazat (au nord de la commune) Châteaugay et Ménétrol ; côtes-d'auvergne-corent (vins rosés) : sur les communes de Corent, Les Martres-de-Veyre, La Sauvetat et Veyre-Monton ; côtes-d'auvergne-madargue (vins rouges) : sur le commune de Riom. L'utilisation de ces dénominations géographiques complémentaires, outre l'appertenance parcellaire, exige le respect de normes du cahier des charges plus exigeantes que celles de l'appellation générique pour le rendement, la charge de production à l'hectare, la teneur en sucre et le degré d'alcool.
Géologie et orographie La vigne est cultivée sur des coteaux argilo-calcaires recouverts d'éboulis volcaniques, particulièrement présents dans la région de Riom. Sols de nature variée : sablo-siliceux, argilo-calcaires, basaltiquesGuide Vert Solar : Vins de France. (Page sur Côtes d'auvergne) vignette|centre|upright=3|Vignoble de la vallée de la Loire.
Climatologie Située à l'est de la chaîne des Puys, le vignoble est caractérisé par une des plus fortes amplitudes thermiques annuelles de France. L’été chaud est marqué par des orages tandis que l’hiver est plutôt froid et sec. Le vignoble est ensoleillé toute l'année avec plus de d'heures d'ensoleillement annuelles. Le nombre de jours enneigés par année est de 22. La pluviométrie est l’une des plus faibles de France avec 590 millimètres de précipitations par anMoyenne 1961-1990. Source : Mémorial de la météorologie nationale, Quid 2007, 984. ; les pluies provenant de l'ouest sont arrêtées par la chaîne des Puys (d'où les sources, comme celle de Volvic). L’ensoleillement est de heures par an en 2010, ensoleillement en constante progression depuis une dizaine d'annéesMoyenne 1991-2000 - Source : Météo France.
La station météorologique d'Aulnat (sur l'aéroport de Clermont-Ferrand-Auvergne, à d'altitude : ). est représentative de l'aire d'appellation :
Température la plus haute : le Année la plus chaude : 2003 Année la plus ensoleillée : 1949 () Année la moins ensoleillée : 1965 ()
Température la plus basse : le Année la plus froide : 1956 Année la plus sèche : 1991 ( ou l/m²) Année la plus pluvieuse : 1927 ( ou l/m² ; données fournies par Météo-France). thumb|À Châteaugay, une des caves de la rue des caves à vin
Encépagement Les cépages des vins rouges et rosés sont le gamay noir à jus blanc NLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. . comme cépage principal (au moins 50 % de l'encépagement) et le pinot noir N. Pour les blancs, un seul cépage est admis : le chardonnay B.
Rendements Le rendement visé par le cahier des charges est de 55 hectolitres par hectare, le rendement butoir étant de 66 hl/ha pour l'appellation générique ; ces valeurs étant de 52 hl/ha et 58 hl/ha respectivement pour les dénominations géographiques complémentaires.
Vins
Volumes Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont :