vignette|Ancienne mine d'or de Skidoo, dans la vallée de la Mort en Californie.

Une mine est un gisement exploité de matériaux (par exemple d'or, de charbon, de cuivre, de diamants, de fer, de sel, d'uranium). Elle peut être à ciel ouvert ou souterraine.

Dans les années 1980, environ vingt milliards de tonnes de matériaux étaient extraits annuellement des seules mines à ciel ouvert dans le monde, dont plus de la moitié des mineraisLouis Simonin, Jean-Claude Beaune, La vie souterraine : les mines et les mineurs, 1982 - Technology & Engineering, 306 p. alors que plus de six milliards de tonnes de charbon, de tonnes de minerai de fer, de tonnes de minerai d'aluminium sont présumés extraits du sous-sol par des galeries et puits au début du .

La distinction entre mine et carrière tient à la nature du matériau extrait (stratégique ou précieux pour la mine, de moindre valeur pour la carrière). En France, cette distinction est définie par le droit minier.

L'existence des mines remonte à la Préhistoire, où certains puits et galeries étaient creusés dans la craie pour l'extraction du silex, et d'autres servaient à l'extraction de minerais (fer et cuivre notamment).

À partir du , les progrès techniques et de la géologie ont permis d'exploiter plus rapidement des gisements de plus en plus profonds, jusque sous la mer à partir d'une plate-forme de forage, non sans impacts environnementaux, sociaux et sanitaires directs ou indirects. L'extraction minière est responsable d'un grand nombre de morts, dans les galeries, ou à la suite de la silicose, l'asbestose ou à des cancers dus à la radioactivité. Les déchets, poussières des « stériles minières » sont parfois à l'origine de pollutions graves différées dans l'espace ou le temps (à partir des métaux lourds notamment). Certaines mines ont engendré un phénomène d'acidification du milieu, auto-entretenu (ce phénomène est dit « drainage minier acide »). Des mines abandonnées sont aussi à l'origine d'effondrement du sol superficiel. Des séismes induits peuvent être produits par les grandes mines.

En France, il y a eu de très nombreuses mines dans presque toutes les régions. Les gisements de charbon se trouvent dans le Nord-Pas-de-Calais (plus grand réseau de galeries souterraines au monde), en Lorraine (où l'on trouvait également des gisements importants de minette), dans le Massif central, en Provence, dans le Sud-Ouest (exemple : Carmaux) mais aussi autour de Saint-Étienne. L'Ukraine et la Russie possèdent aussi de nombreux gisements de charbon (exemples : Donbass et Sibérie). Le Royaume-Uni possède quant à lui d'importants gisements de charbon au nord (Lowlands en Écosse), au Pays de Galles, autour de Manchester, dans le centre (Midlands) et dans le Yorkshire.

Histoire thumb|left|upright|Puits pour la recherche de silex, illustration de De Re Metallica, Agricola, 1556. thumb|Schéma d'une exploitation minière en montagne, extrait du Meyers, 1890. thumb|La mine, c'était aussi l'exploitation des enfants ; ici en 1853 les « esclaves blancs d'Angleterre », livre de John Cobden.

Préhistoire La mine la plus ancienne attestée est la mine d'hématite de Ngwenya au Swaziland, datée de 42 000 ans et toujours en exploitation.

L'exploitation du sous-sol date au moins de la fin du Néolithique en EuropeTylecote R.F. (1987) The early history of metallurgy in Europe, Longman, London and New York, 329 p.. Les hommes creusaient déjà dans la roche des puits et des galeries parfois de plusieurs dizaines de mètres pour la recherche de minéraux variés (silex, ocre, variscite, etc.), au moyen d'outils rustiques mais efficaces tels que des galets de roche dure utilisés comme broyeursEspérou J.-L., Roques P., et Ambert P.(1992) L'outillage des mineurs historiques de Cabrières ; Les Broyeurs, Colloque en Hommage à J. Arnal, Saint Mathieu de Trévier, Archéologie en Languedoc , .

Comme en témoignent certains restes préhistoriques de charbon de bois retrouvés dans d'anciennes petites mines de par le monde, l'homme préhistorique a précocement appris à aussi utiliser le feu et peut-être le feu et l'eau pour disloquer la roche et « ouvrir » des minesDubois C (1996) L'ouverture par le feu dans les mines : Histoire, archéologie et expérimentations = Fire setting in mines : history, archaeology, perimentations ; Revue d'archéométrie , (1 p.1/4) ISSN 0399-1237 (Résumé Inist/CNRS) (technique confirmée par l'expérimentation et l'archéométrie) ; et même le feu a-t-il été utilisé pour « l'abattage » dans les galeries, notamment dans le sud de la France).

Les archéologues ont ainsi retrouvé dans les années 1980 des traces de ces techniques minières préhistoriquesAmbert P., Barge H., Bourhis J.-R. et Espérou J.-L. (1984) Mines de cuivre préhistoriques de Cabrières (Hérault) Premiers résultats ; Bull. Soc. préhist. Fr., t. 81 , 3, ., plus d'une dizaine de mines de cuivre (avec un peu d'antimoine et d'argentAmbert P. (1995) Antimony and Silver in copper artefacts from sou thern France first evidence of metal lurgical utilisation at the beginning of the III millenium ВС, Symposium de Bochum.). Ces mines ont été creusées dans la région de Cabrières dans l'Hérault il y a plusieurs milliers d'années (4310 ± 75 BPPaul Ambert (1995) Les mines préhistoriques de Cabrières (Hérault) : quinze ans de recherches. État de la question ; Bulletin de la Société préhistorique française ; Volume 92, Numéro 4 ; .), à la fin du Néolithique, et étaient considérées à l'époque de leur découverte comme le plus vieux site minier de FranceAmbert P. sous la direction de (1990) Cabrières-Hérault, le plus vieux centre minier métallurgique de France (2500 av. J.-C), Livret-Guide de l'Excursion A 2 du Colloque en Hommage à J. Arnal, 24 septembre 1990, Archéologie en Languedoc, t. 3, Ambert P. (1992) L'émergence de la métallurgie en France méridionale. État actuel des connaissances. In : le Chalcolithique en Languedoc, Archéologie en Languedoc, , ..

Antiquité Les premières constructions en pierre ont été une origine probable aux premières carrières, et l'agriculture aux premières marnières. Il fallait creuser le sol pour extraire de la pierre ayant une qualité suffisante pour bâtir et certaines pierres se taillent plus facilement aussitôt extraites, avant qu'elles ne durcissent.

En creusant en profondeur, on atteignait une couche de roche non dégradée par la microfaune et flore du sol, ou les racines d'arbres (une « veine »), puis on creusait horizontalement pour extraire la roche de cette couche (la couche suivant les plis géologiques). Ces puits et couloirs pouvaient ensuite servir à se protéger des agressions.

On trouve la trace dès la très haute Antiquité de l'extraction de l'argent, du cuivre et du plomb dans les mines du Laurion, à une cinquantaine de kilomètres au sud d'Athènes. À l'époque classique, les Athéniens déployèrent une énergie et une inventivité spectaculaires pour en tirer le maximum de minerai. Au , de nombreux vestiges de ces mines (puits, galeries, ateliers de surface) marquent le paysage de la région.

À l'époque de l'Empire romain de nombreuses et importantes exploitations minières se développent dans certaines régions comme l'Hispanie ainsi que dans les Balkans en Dalmatie et en Mésie et plus tard en Dacie. L'exploitation minière romaine est connue par les textes des auteurs anciens comme Strabon ou Pline l'Ancien, ainsi que par des inscriptions, comme les tables de bronze de Vipasca, règlement d'un district minier situé près de l'actuelle ville d'Aljustrel au Portugal ou encore comme les inscriptions figurant sur les lingots de métal. Les fouilles archéologiques ont aussi révélé différentes techniques d'extraction et le matériel utilisés par les mineurs. Ceux-ci appartenaient à des catégories de population variées : si sous la République la main d'œuvre servile semble avoir dominé, sous l'Empire romain l'importance des travailleurs salariés locaux semble s'être considérablement accrue. Bien des sites miniers romains sont cependant encore mal connusPour un aperçu des recherches sur les mines romaines : J. Andreau, « Recherches récentes sur les mines romaines I : propriété et mode d’exploitation », Revue numismatique, 1989, 6, XXXI, 86-112 et J. Andreau, « Recherches récentes sur les mines romaines II : Nature de la main d’œuvre, histoire des techniques et de la production », Revue numismatique, 1990, 6, XXXII, 85-108..

Époque médiévale thumb|Mines et forges de Baigorry, original de 1787 refrappé en 1970. Description revers : Scène représentant l'extraction du minerai et son traitement dans les hauts fourneaux ; à droite, laveries.

Le Moyen Âge a vu l'exploitation de mines dans presque tous les pays d'Europe, que ce soit des mines de fer ou de non ferreux. Très abondant à la surface de la planète, le minerai de fer est disponible dans de petits gisements à la surface du sol ou à faible profondeur. Les hommes du Moyen Âge ont surtout exploité les gîtes de ce type qui n'exigeaient pas d'équipements sophistiqués. La diffusion du procédé indirect de réduction du minerai, apparu au , a considérablement transformé les conditions d'extraction. La demande de plus en plus importante, la possibilité de traiter des minerais moins fusibles, ont conduit à rechercher des gisements plus abondants même si leur qualité était moindre.

Dans la majorité des cas, les métaux non-ferreux provenaient de mines ouvertes pour produire de l'argent presque à partir de minerais complexes tels que du sulfure de cuivre et du sulfure de plomb. Pendant longtemps, la galène, plus facile à traiter, a fait l'objet de l'extraction la plus intensive. À l'époque des Carolingiens, les mines de Melle, en Poitou, fournissent la part la plus importante de l'argent produit dans l'Empire carolingien. Au , d'autres centres d'extraction apparaissent dans le Harz, en Forêt-Noire et dans le massif des Vosges.

Le , temps de croissance des échanges et d'instauration de pouvoirs nouveaux, connaît une intense activité minière en Italie, en Europe centrale et en France.

Au cours du , l'Italie continue d'être un producteur important. Cependant, l'Europe centrale, en particulier la Bohême, prend la première place. Les mines françaises connaissent aussi un grand développement : le premier règlement minier français conservé, la charte d'Hierle en Languedoc, date de 1272. Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, s'attache à développer la production minière dans ses domaines du Midi..

La crise européenne du milieu du au milieu du conduit à un bouleversement de l'activité minière qui recule en France et en Italie, mais qui reste forte en Europe centrale.

La seconde moitié du voit un nouvel essor de la production dans laquelle s'impliquent les plus grandes fortunes. C'est le cas de Jacques Cœur ou encore de Jacob Fugger. Dans le même temps se met en place un nouveau système d'exploitation fondé sur le transport par roulage et par l'usage de plus en plus important de l'énergie hydraulique.

Époque moderne