Charles de Freycinet, né le à Foix (Ariège) et mort le à Paris, est un homme d'État, écrivain et ingénieur français.
Biographie
Enfance et études (1828-1852) Charles de Freycinet est le fils de Casimir Frédéric de Saulces de Freycinet. (1786-1862.), botaniste puis directeur des impôts indirects à Montauban, et d'Anne Nancy Malet (1791-1871).
Élève du Collège royal à Toulouse., il étudie à l'École polytechniqueOuvrir la , sélectionner l’onglet « Catalogues de la BCX → Famille polytechnicienne », effectuer la recherche sur « Charles de Freycinet », résultat obtenu : « Saulces de Freycinet, Louis Charles de ». à partir de 1846, puis à l’École des mines de Paris le , est diplômé le . et devient à cette date ingénieur ordinaire de classe..
Premiers postes (1852-1862) Il commence sa carrière professionnelle dans l'administration des Travaux publics.
En 1852 il est chargé du sous-arrondissement minéralogique de Mont-de-Marsan..
En 1854 il est muté au sous-arrondissement minéralogique de Chartres. tout juste délimité..
En 1855, il est nommé au sous-arrondissement minéralogique de Bordeaux et attaché au service de contrôle et de surveillance des chemins de fer du Midi..
En , il est mis sur sa demande en congé illimité et autorisé à passer au service de la compagnie concessionnaire des chemins de fer du Midi.. Il est chef de l’exploitation de la Compagnie des chemins de fer du Midi jusqu'en 1862.
Pendant son séjour à Bordeaux, il épouse Jeanne Alexandrine Bosc. Une fille unique Anne Cécile naît le ..
Missions à l'étranger et élection au conseil général du Tarn-et-Garonne (1862-1868) Du jusqu'à 1868, il conduit une mission spéciale d'étude. sur la prévention des risques industriels et l'amélioration de la protection des travailleurs.
Parallèlement, il devient membre du conseil général du département de Tarn-et-Garonne pour le canton de Nègrepelisse. Il reste membre de ce conseil jusqu'en ..
Commissions sur l'inspection du travail des enfants et la décentralisation (1868-1870) Le , il est désigné comme secrétaire-adjoint de la commission supérieure relative à l'inspection du travail des enfants dans les manufactures..
Le , il est nommé membre du conseil supérieur de l'enseignement technique..
Guerre franco-allemande (1870-1871) Il devient collaborateur de Gambetta et est nommé délégué du ministre auprès du département de la guerre.
Retour à la vie civile (1871-1876) Après la guerre, il échoue aux élections législatives à Paris en 1871.. Il participe au journal La République française de Gambetta.. Le , il est nommé membre du comité consultatif des arts et manufactures. Le , il est mis sur sa demande en congé illimité du corps des mines et œuvre au sein de la compagnie des forges de Buglosse (Landes).
Premiers mandats politiques
Sénateur (1876-1877) Il est élu sénateur de la Seine aux élections sénatoriales française de 1876., mandat qu'il conserve jusqu’au (réélu les 8 janvier 1882., 4 janvier 1891, 28 janvier 1900 et 3 janvier 1909).
Ministre des Travaux publics (1877-1879) Il est nommé ministre des Travaux publics le . dans le cinquième gouvernement présidé par Jules Dufaure puis dans le gouvernement Waddington.
Son nom est alors attaché à un programme, dit plan Freycinet. Il contribue également à la modernisation des voies fluviales.
Pour l'historien Pierre-Cyrille Hautcœur, le a permis à la France de rattraper son retard ferroviaire, a assuré sa croissance et l’adhésion au régime républicain.. Concernant les canaux, le gabarit Freycinet est institué à cette période.
Gouvernement Charles de Freycinet (1879-1880) Il est ensuite à quatre reprises président du Conseil (28/12/1879-19/09/1880 ; 30/01/1882-07/08/1882 ; 07/01/1886-05/12/1886 et 17/03/1890-27/02/1892).
Il est appelé pour la première fois à cette fonction par Jules Grévy le . et cumule la présidence du conseil et le ministère des Affaires étrangères
Président du conseil Le , il prononce devant le Sénat une communication qui résume la politique que souhaite mener son gouvernement. qui s'inscrit dans la continuité de la politique « prudente et mesurée » du gouvernement précédent, favorisant l'unité des fractions républicaines, en évoquant comme priorités l'Instruction publique, la réforme de la magistrature, du personnel administratif, le droit de réunion, la liberté de la presse, l'exécution d'un vaste programme de travaux publics, le règlement du régime douanier, des lois militaires et le budget.
C'est durant ce gouvernement que sont prises des mesures de laïcité : la loi du excluant les ecclésiastiques du Conseil supérieur de l'instruction publique, celle du excluant les établissements privés d'enseignement supérieur de l'appellation d'université et de la délivrance des grades universitaires, les décrets du expulsant les congrégations les obligeant à quitter leurs instituts d’enseignement, tandis que les jésuites sont expulsés le et le repos dominical institué en 1814 est supprimé le .
Il prononce à ce sujet un discours le au Sénat pour défendre sa politique en matière d'Enseignement supérieur et le un discours au Sénat sur la question des décrets du concernant les congrégations..
Sur la même période sont également prises des décisions symboliques renforçant le sentiment républicain : le 14 juillet devient fête nationale (), des Communards sont amnistiés() bien que Charles de Freycinet s'oppose en février à une amnistie de Louis Blanc., la devise Liberté, Égalité, Fraternité apparaît sur les frontons de toutes les institutions publiques françaises ().
Le , il prononce un grand discours-programme à Montauban après la victoire républicaine aux élections cantonales.
Le gouvernement est victime le d'une crise ministérielle sur la question de l'application des décrets du sur les congrégations et Charles de Freycinet démissionne du ministère le . Sa démission est effective au .. Le , il défend devant le Sénat sa position durant cette crise ministérielle..
Ministre des Affaires étrangères Il signe comme ministre des Affaires étrangères le avec la Grande-Bretagne un Arrangement postal relatif à l'échange par la poste d'échantillons de marchandises avec la Grande-Bretagne ; le une convention relative à l'assistance judiciaire avec l'Allemagne ; le un arrangement relatif au recouvrement par la poste des valeurs commerciales ou autres avec la Belgique, le un arrangement postal relatif à l'intervention de la poste dans les abonnements des journaux et publications périodiques avec les Pays-Bas ; le un arrangement relatif au recouvrement par la poste des quittances, factures, valeurs commerciales, etc. avec le Luxembourg ; le même jour une déclaration relative à la protection réciproque des marques de fabrique et de commerce avec le Luxembourg ; le une circulaire aux représentants de la France à l'étranger., le un arrangement postal relatif au recouvrement par la poste des effets de commerce avec les Pays-Bas ; le un arrangement relatif aux poids et aux dimensions des paquets d'échantillons échangés par la poste avec le Luxembourg ; le une convention relative à la protection réciproque des œuvres littéraires, scientifiques et artistiques avec le Salvador et le une convention relative à la protection réciproque des œuvres littéraires, scientifiques et artistiques avec l'Espagne..
Il défend les choix budgétaires du gouvernement en matière d'Affaires étrangères devant la Chambre dans un discours du et soumet des rapports le sur la réorganisation administrative du ministère des Affaires étrangères..
Autres activités Il est élu par le canton de Beaumont et préside le conseil général du Tarn-et-Garonne à partir de la séance du ..
Travaux au Sénat (1880-1882) Il préside la commission des Finances du Sénat., est rapporteur de celles examinant des projets de loi sur l'avancement dans l'armée. et membre de celle sur la garantie des droits des citoyens..
En , il est nommé président de la commission sénatoriale sur le projet de loi autorisant le président de la République à ratifier le traité conclu le avec le bey de Tunis..
En , il est nommé membre de la commission chargée d'examiner le projet de loi portant dérogation à la loi du sur les brevets d'invitation, à l'occasion de l'exposition internationale d'électricité, tenue à Paris en 1881..
N'ayant jamais démissionné du corps des mines, le jour où s'achève son gouvernement, il devient ingénieur en chef des mines de classe et est chargé d'une mission consistant dans l'étude des questions relatives à l'exploitation des chemins de fer en France et à l'étranger..
Le , il est nommé membre du conseil de l'Observatoire de Paris..
Il participe à la fondation de la Société nationale d'assistance pour les aveugles travailleurs en ..
Le , il est nommé président du bureau de l'association polytechnique (pour le développement de l'instruction populaire)..
Il est réélu le lors des élections sénatoriales de 1882. Il se présente dans quatre circonscriptions et parvient à être élu dans chacune d'elles.
Deuxième gouvernement de Freycinet et élection à l'Académie des sciences (1882)
Président du conseil Le ., il forme le gouvernement Charles de Freycinet 2. Comme durant son premier gouvernement, il cumule la présidence du conseil et le ministère des Affaires étrangères..
Ce gouvernement fait suite au « Grand ministère » de Léon Gambetta qui démissionne le en opposition à un vote de la Chambre en faveur d'une forte révision de la Constitution.
Au cours de la séance du , il présente au Sénat le programme de son gouvernement. Celui-ci est basé sur une volonté de paix intérieure au pays et à l'extérieur avec pour priorités : l'application libérale des lois sur la presse et le droit de réunion ; la présentation de réformes de la liberté d'association, du système judiciaire, des institutions militaires et de la loi de 1867 sur les sociétés commerciales ; la poursuite de l’œuvre d’Éducation nationale ; la restriction des dépenses publiques ; la poursuite du programme de grands travaux ; le renouvellement des traités de commerce avec l'étranger et la généralisation parmi les travailleurs d'institutions de prévoyance et d'assistance. Par contre il indique qu'il ne souhaite nullement réformer la constitution et le régime électoral, ceci ne constituant pas une priorité les prochaines élections étant prévue dans trois ans.. Ceci apparait comme une prise en compte des raisons qui ont fait chuter le précédent gouvernement.
Il soutient alors Jules Ferry dans ses projets de laïcisation et d'instruction obligatoire. et le , est votée la loi Jules Ferry (obligatoire et laïque) sur l'école primaire.
Au cours de ce gouvernement, la France se retrouve impliquée dans la guerre des mahdistes au Soudan et dans la guerre anglo-égyptienne. Durant la séance du , la mise en minorité du gouvernement sur la question d'une intervention sur le canal de Suez entraîne sa démission le même jour. Charles de Freycinet défendra son action durant cette période dans un ouvrage en 1905. Sa démission est acceptée le ..
Ministre des Affaires étrangères