Le système éducatif en république populaire de Chine () est géré par le ministère de l'Éducation.
Tout citoyen a l'obligation d'aller à l'école sur une durée minimale de neuf ans (instruction théoriquement gratuite et obligatoire de neuf ans mise en place par le gouvernement). De manière générale, la scolarité est donc obligatoire de 6 à 15 ans. En réalité, du fait de dotations budgétaires disparates entre zones rurales et zones urbaines, et d'une forte décentralisation dans la gestion de ces budgets, l'éducation primaire est le parent pauvre de l'éducation en Chine. Dans les zones rurales, il est fréquent que les parents payent pour assurer les salaires des enseignants.
Avant la création de la république populaire de Chine, l'éducation n'était disponible de fait que pour les notables, néanmoins l'accès à la fonction de mandarin était ouverte à tous. L'accession au pouvoir du Parti communiste chinois en 1949 entraîna une modification profonde de l'ensemble du système éducatif.
Les régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao gèrent leurs systèmes éducatifs en autonomie.
Faits historiques
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un grand nombre de savants, ingénieurs et intellectuels suivirent Tchang Kaï-chek dans sa retraite sur Taïwan, ce qui contribua grandement à l'avènement du miracle économique de la république de Chine, mais cette population éduquée fit défaut à la jeune république populaire de Chine. La méfiance du Parti communiste chinois vis-à-vis des populations citadines éduquées et intellectuelles entraina de nombreuses purges, dont la révolution culturelle fut l'une des plus importantes. En 1973, Zhang Tiesheng rend une copie blanche à un examen universitaire, indiquant n'avoir Du maoïsme à la bourse, en passant par les geôles chinoises Libération, 31 juillet 2014. Cette posture sera appréciée des autorités maoïstes qui utiliseront son cas dans leur propagande. Il sera élu député à l'Assemblée nationale populaire en 1975 Jacques Andrieu Psychologie de Mao Zedong. Lors de cette période, les écoles d'éducation supérieure ont été fermées et une génération entière de diplômés a été perdue, amenant un appauvrissement de la main-d’œuvre qualifiée par rapport aux avancées technologiques que connaît plus tard la Chine.
Durant la période post-Mao, les politiques d'éducation évoluent. Sous Deng Xiaoping, le régime politique en place ressent la nécessité de développer la science, la technologie, les ressources intellectuelles et surtout l'éducation populaire afin de moderniser le pays. Les demandes en éducation sont alors élevées, notamment dans les domaines des nouvelles technologies, des sciences de l'information et de l'administration, en raison de la réforme économique du pays. Le gouvernement perçoit des besoins importants en main-d’œuvre qualifiée afin de subvenir aux besoins de sa nombreuse population.
Par ailleurs dès les années 1950, il est créé pour les minorités des écoles spécifiques. Ainsi après l'intervention de l'armée populaire de libération au Tibet en 1950, des enfants tibétains ont été accueillis dans les écoles des minorités chinoises pendant la décennie 1950-1960La nouvelle histoire du Tibet de Gilles Van Grasdorff Édition Perrin 2006 Page 415. L'étude établie par l'université Laval située à Québec, indique deux raisons à ce déplacement d'enfants : d'une part ils devaient recevoir une éducation politique et d'autre part être initiés à la culture HanSource : Université de Laval. « des milliers d'enfants furent arrachés à leur famille pour recevoir en Chine une éducation marxiste-léniniste . » « Enfin, une autre forme de la politique d'immigration consistait à déporter de jeunes enfants issus des minorités nationales vers la région de Pékin en vue de les initier à la culture han. Cette dernière mesure fut inégalement appliquée parce qu'elle provoquait la révolte chez les minoritaires, notamment les Tibétains, qui ne semblaient pas comprendre les « bienfaits » de l'éducation han. » « À cette époque, les déclarations du gouvernement chinois portaient constamment sur la « supériorité des Han », la « mission civilisatrice des Han », le « devoir moral » pour les non-Han d'accéder au niveau des Han. Pour le gouvernement, les Han, perçus comme « plus avancés », constituaient « le guide des peuples ». La tâche du Parti communiste et du gouvernement était donc d'« aider les peuples minoritaires à rattraper le peuple han dans la grande marche vers le socialisme ». Pour leur part, les Han considéraient les groupes minoritaires comme des arriérés ou des barbares, voire des chiens, des requins ou des bons à rien qu'il faut tirer de leur infériorité. »
Vers 1980, la base du système scolaire évolue : le développement des attitudes et des connaissances politiques est mis au second plan, remplacé par la qualification en vue du marché du travail. Les politiques actuelles d'éducation visent un système d'éducation universelle au primaire et au secondaire afin de rendre la main-d’œuvre plus qualifiée. Cette politique contraste avec la précédente qui visait l'éducation universelle pour des raisons d'égalité. Parmi ces politiques, en 1985, le gouvernement a instauré une loi rendant obligatoire un minimum de 9 ans d'éducation. Cependant, aujourd'hui, si l'éducation primaire est universelle, un manque de ressources limite l'accès à l'éducation secondaire et supérieure.
Système scolaire + Système éducatif chinois Universités / Études supérieures Gaokao (Baccalauréat chinois) Lycée général / professionnel Classe Lycée 3 (équivalent de la terminale) Classe Lycée 2 (équivalent de la première) Classe Lycée 1 (équivalent de la seconde) Zhongkao (Brevet chinois) Collège Classe Collège 3 (équivalent de la troisième) Classe Collège 2 (équivalent de la quatrième) Classe Collège 1 (équivalent de la cinquième) École primaire (à partir de 6 ou 7 ans) Classe École Niveau 6 (équivalent de la sixième du collège) Classe École Niveau 5 (équivalent du CM2) Classe École Niveau 4 (équivalent du CM1) Classe École Niveau 3 (équivalent du CE2) Classe École Niveau 2 (équivalent du CE1) Classe École Niveau 1 (équivalent du CP) Maternelle (à partir de 4 ans) Grande section Moyenne section Petite section Le système scolaire classique est semblable au système français, comprenant l'école maternelle (幼儿园), l'école primaire (小学), le collège (初级中学/初中), le lycée (高级中学/高中) et l'université (大学).
D'autres institutions existent comme des garderies, des écoles spécialisées pour les sourds et les muets, des écoles secondaires (comprenant des écoles d'agriculture et professionnelles), des écoles pour les enseignants, des écoles techniques et plusieurs institutions d'études supérieures (collèges et universités généraux ou spécialisés), etc.
En , la Conférence nationale sur l'éducation a aboli l'ancien ministère de l'éducation et a créé une « Commission d'État pour l'éducation » (State Education Commission). Celle-ci a pour but de coordonner les politiques d'éducation, de gérer toutes les organisations éducatives (sauf celles relevant de l'armée), de planifier les objectifs éducatifs généraux, de coordonner les programmes de différents départements, de normaliser la réforme, d'universaliser et d'améliorer les études élémentaires, d'augmenter le nombre d'écoles, de qualifier les enseignants et de développer l'éducation technique et professionnelle. Une norme uniforme pour les examens, les cahiers de notes et la qualification des enseignants a été mise en place.
Des commissions scolaires régionalisées assurent une autonomie aux provinces et à certaines villes afin d'adapter leur enseignement aux besoins de leur région et à leurs ressources financières. La Commission d'État sur l'éducation dirige ces commissions scolaires. Le but premier de la création de ces commissions est le développement de l'éducation primaire ; ceci fait suite à la loi de 1986 instaurant le principe d'une scolarité obligatoire et gratuite de neuf ans (six ans d'école primaire et trois ans de collège).
Éducation préscolaire L'éducation préscolaire, qui débute vers l'âge de trois ans et demi, fut réformée vers 1985. Le gouvernement croit que l'éducation préscolaire doit être financée par des organisations individuelles et des entreprises. Éducation primaire Dans un pays aussi vaste que la république populaire de Chine, le développement de l'enseignement primaire universel est un accomplissement. Avant 1949, 20 % des jeunes de sept ans fréquentaient l'école primaire ; en 1985, ce pourcentage était monté à 96 %. Cependant, seuls 30 % des élèves terminent et réussissent leurs études : ces élèves vivent principalement dans les villes. La république compte approximativement primaires. Dans les villages, on compte plusieurs enseignants itinérants : ils donnent des cours le matin dans une école et l'après-midi dans une autre. La loi sur l'instruction obligatoire de 9 ans implique des écoles gratuites et situées dans des endroits accessibles aux enfants. En réalité, les parents doivent payer de petits frais pour les livres, le transport et la nourriture (environ 20 yuans vers la fin des années 1980), quand ils ne doivent pas se substituer aux gouvernements locaux ayant privilégié l'éducation universitaire au détriment du primaire et du secondaire ; les familles les plus pauvres reçoivent une allocation.
Les enfants commencent l'école à sept ans pour deux semestres d'études. Les cours enseignés sont les cours de chinois, de mathématiques, d'éducation physique et sportive, de musique, d'arts plastiques, de sciences naturelles et d'éducation civique, morale et société. L'anglais comme langue seconde est introduite à la classe Niveau 2.
Dans toutes les écoles primaires en Chine, les élèves assistent à une cérémonie du lever du drapeau tous les lundis matin et sont obligés de porter l'uniforme de leur école ce jour-là. En plus de l'uniforme, les écoliers doivent porter un foulard rouge autour du cou, symbolisant un angle du drapeau chinois ainsi qu'un chapeau jaune à l'extérieur de l'établissement scolaire pour la sécurité routière.
Les écoles rurales adoptent généralement un horaire flexible, variant selon la saison agricole, et visent à préparer les élèves au travail manuel. Ainsi, leur programme se limite souvent aux cours de langue chinoise, de mathématiques et de morale. Au contraire, les écoles urbaines ont un horaire fixe sur six jours et donnent une éducation en vue d'études et d'emplois supérieurs. d'autant plus que nombre de parents croient que l'éducation rurale ne donne aucune chance à leurs enfants et les confine à une vie agricole qu'ils peuvent déjà exercer sans éducation. D'une façon générale, le système scolaire chinois propose des enseignements de qualité très variables, avec des filières destinées de fait aux enfants de l'élite, qui favorise la reproduction ou l'accroissement des inégalités sociales.
Le Parlement adopte en une loi visant à limiter les devoirs et les cours extrascolaires, les autorités estimant que la charge de travail pesant sur l'élève était excessive et nuisait à son développement personnel. Les élèves inscrits dans des centres de soutien scolaire privés sont passés de 90 % à 30 % à la suite de cette réforme. Les établissements scolaires ont inclus le sport et les activités artistiques et renforcés l'attention portée à la santé mentale des élèves.
Éducation spécialisée La Conférence nationale sur l'éducation de 1985 reconnaissait l'importance d'accorder une éducation spécialisée, aussi bien afin de favoriser les surdoués que les élèves en difficultés d'apprentissage. Dans la majorité des cas, la responsabilité des élèves ayant des problèmes physiques ou psychologiques sévères était laissée aux familles. En 1985, environ 2 % des élèves sourds ou aveugles étudiaient dans des écoles spécialisées. En général, l'éducation spécialisée ne fait pas partie des priorités du gouvernement actuel.
Éducation secondaire