Cet article recense les timbres de France émis en 1850 par l'administration des Postes.
Aucun nouveau timbre est émis en 1851. Voir Timbres de France 1852.
Généralités Les timbres de France émis en 1850 sont au type Cérès et portent les mentions : « REPUB FRANC / POSTES », le premier pour République française. La valeur faciale est exprimée en centime (abrégé : c) et en franc français (abrégé : F).
Légende Pour chaque timbre, le texte rapporte les informations suivantes : date d'émission, valeur faciale et description, formes de vente, artistes concepteurs et genèse du projet, date de retrait, tirage et chiffres de vente,
ainsi que les informations utiles pour une émission donnée.
Janvier
Février Cérès, 40 centimes orange right|thumb|40 centimes orange, Cérès, IIe République. Oblitération « grille continue » du bureau central de Paris Le , est émis le troisième timbre-poste non dentelé de France. Il est au type Cérès, d'une valeur de 40 centimes et de couleur orange. L'émission d'un 40 centimes bleu était prévue au , mais a été retardée pour affecter le bleu au timbre de 20 centimes.
Le créateur de l'illustration est le graveur Jacques-Jean Barre. Ces timbres sont imprimés en typographie à plat, en feuille de trois cents exemplaires, divisée en deux panneaux de 150 timbres (15 lignes de 10 timbres) séparés par une marge.
Le tirage s'élève à environ 4,1 millions de timbresEncyclopédie des Timbres-poste de France, Académie de Philatélie, tome 1, p.90. Celui-ci a commencé dès avril 1849, mais l'émission est retardée le temps de rappeler les un franc rouge de nuance claire dite « vermillon », trop proche de l'orange, sous les éclairages de l'époque.
La nuance varie de l'orange clair à l'orange foncé, en passant par un orange vif lumineux et un orange-rouge, le papier est assez constant, jaunâtre plus ou moins teinté.
Le 40 centimes « Cérès » est remplacé par un timbre de même valeur et de même couleur à l'effigie de l'Empereur Napoléon III en septembre 1853.
right|thumb|40 centimes orange, Cérès, IIe République. Variétés dite des « 4 retouchés » : 20c modifiés en 40c Il n'existe aucun tête-bêche dans les panneaux d'impression utilisés. Par contre, il existe une variété célèbre, dite des « 4 retouchés ». Aux cases 146 et 147 des feuilles, deux clichés de 20 centimes ont été inclus par erreur et retouchés, les 2 ont été modifiés en 4 à la mainTimbroscopie, numéro hors série tome 1, Les « Classiques de France », 3e trim. 1989, pp. 19.
Le 40 centimes orange est un timbre qui aura une longue histoire : les planches d'impression de 1849 - 1853 seront réutilisées en 1870 dans Paris assiégé par les armées prussiennes, puis par la entre 1871 et 1874. Parallèlement, entre 1871 et 1875, des timbres de 40c orange non dentelés seront utilisés dans les Colonies sous administration française. Ces derniers timbres non dentelés sont souvent confondus avec les tirages de 1850L'avis d'un expert est donc utile, vu les très grandes différences de cotation entre les deux timbres. On retrouve dans tous ces tirages les variétés constantes de « case », dont les 4 retouchés.
Mars
Avril
Mai Le , le Conseil des Postes avait fixé les couleurs prévues pour le timbre à 10 centimes (en bistre) et celui à 15 centimes (en vert). Le Ministre avait approuvé ce choix le , en cas de fabrication de ces nouvelles valeurs d'affranchissement.
La Loi du , modifiant les tarifs postaux, suivie de la Circulaire de l'Administration des Postes du , crée les nouveaux timbres-poste à 10 centimes et 15 centimes prévus en 1849, ainsi que le timbre-poste à 25 centimes (en bleu) en remplacement du 20 centimes noir par l'augmentation de certains tarifs postaux.
Juin
Juillet Tarifs au juillet 1850
La loi du , applicable au , modifie et augmente les tarifs « inter-urbains » pour compenser les déficits apparus à la suite de l'application de la réforme postale de 1849. Les autres tarifs restent inchangés.
- Tarif général, (Bureau à Bureau) Port local, (même bureau de distribution) Port urbain, (pour la même ville) Tarif spécifique, (Paris pour Paris) : jusqu'à 7,5g 25 c 10 c (0 à 15g) 10 c (0 à 15g) 15 c : de 7,5 à 15g 50 c 20 c (15 à 30g) 20 c (15 à 30g) 25c : de 15 à 100g 1 F (15 à 30g) 30 c (30 à 60g) 30 c (30 à 60g) 35 c par tranche supplémentaire (par 100g) 1 F (par 30g) 10 c (par 30g) 10 c (par 30g) 10 c
Ces tarifs seront en usage jusqu'au .
Les lettres chargées sont taxées au port double, comme antérieurement, par contre les lettres recommandés sont surtaxées de 25 centimes, indépendamment de leur poids.
Un tarif spécifique à 20 centimes est maintenu pour les lettres à destinations des sous-officiers et soldats.
Pendant quelque temps, les timbres à 20 centimes noir conservant leur pouvoir d'affranchissement, on trouve des lettres portant à côté du timbre à 20 centimes la marque rouge P.P. (Port Payé). Cette marque matérialise le paiement complémentaire en numéraire de l'expéditeur au guichet postalTimbrologie, janvier 1992, p. 15.
Voici les tarifsD'après le Catalogue des timbres de France, Dallay, édition 2007-2008qui peuvent être réalisés avec un seul ou plusieurs des timbres émis fin 1850 (sachant que tous les tarifs de l'époque ne peuvent être réalisés avec les timbres-poste alors émis).
Tarifs intérieurs :
Port local (tarifs inchangés): 10 c bistre : lettre de moins de 7,5 grammes à destination d'un lieu desservi dans la même circonscription postale (donc dans le même bureau postal) ; 10 c : lettre de moins de 15 grammes à destination de la même ville en Province (par exemple : Lyon pour Lyon) 20 c : deux timbres à 10 c , port double (15g à 30g) pour la même ville, ou, de 7,5g à 15g pour la même circonscription postale ; 30 c : 3 fois 10 c, ou 20 c (noir de 1849) plus 10 c : port triple (30g à 60g) pour la même ville, ou de 15g à 30g pour une distribution dans la même circonscription postale ; puis 10 c par tranche de 30g supplémentaires ; Port local « Paris pour Paris » (tarifs spécifiques inchangés): 15 c vert : lettre de moins de 15 grammes de Paris pour Paris ; 25 c soit 10 c bistre plus 15 c vert (rare) ; ou un timbre à 25 c bleu : tarif double de 15g à 30g de Paris pour Paris ; 35 c soit deux timbres à 10 c et un timbre à 15 c : tarif triple (30 à 60g) de Paris pour Paris ; 45 c soit 3 timbres à 15 c vert (rare usage en multiple de ce timbre) : tarif de 60 grammes à 90 grammes de Paris pour Paris.
Tarif général (Bureau à Bureau) (nouveaux tarifs) : 25 c bleu : lettre de moins de 7,5 grammes au tarif intérieur ; deux timbre à 25 c : soit 50 c : lettre de 7,5 à 15g ; idem : lettre recommandée de moins de 7,5g.
L'usage du timbre à 1 F rouge émis antérieurement est inchangé (voir année 1849).
Tarifs pour l'étranger : deux timbres à 25 c soit 50 c : port d'une lettre de moins de 7,5g pour les États Sardes trois timbre à 15 c plus un timbre à 25 c, soit 70 c : lettre pour les États Sarde par les Postes françaises et partant de Paris ; 40 c orange : lettre de moins de 7,5g pour la Suisse
Cérès, 25 centimes bleu right|thumb|Cérès, 25 centimes bleu, IIe République. Oblitération « grille ».
Le , à la suite de la modification du tarif des lettres entre deux villes françaises (bureau à bureau), est émis non dentelé le quatrième timbre de France au type Cérès de 25 centimes et de couleur bleu. Il remplace à cet usage le 20 centimes noir. Son émission rend finalement inutile le stock de 20 centimes bleu imprimé en avril 1849 qui est détruit en .
Le créateur de l'illustration est le graveur Jacques-Jean Barre. Ces timbres sont imprimés en typographie à plat, en feuille de trois cents exemplaires, divisée en deux panneaux de 150 timbres (15 lignes de 10 timbres).
Le tirage est supérieur à 45 millions d'exemplairesEncyclopédie des Timbres-poste de France, tome 1, Académie de Philatélie, 1968, pp.92-93 (41 millions pour le 20 centimes noir, son prédécesseur pour la lettre de moins de 7,5 grammes à destination de la France). Il est remplacé en septembre 1852 par un 25 centimes bleu au type président Louis-Napoléon Bonaparte.
Il existe un tête-bêche dans le panneau d'impression n°2, faute de décompte exact des tirages par panneaux, le nombre de paires avec tête-bêche est estimé à 136 000Revue Timbroscopie n°57, avril 1989, pp.24-25. On ne connait qu'un seul bloc de quatre avec tête-bêche sur une lettreRevue Timbroscopie, n°57, avril 1989, p.64.
Comme pour le précédent timbre, il existe plusieurs tirages utilisant les mêmes planches d'impression : outre une réimpression en 1862 pour les collections publiques et Sir Rowland Hill, ce timbre a été réimprimé, dentelé, en sous la troisième république. Un tirage spécifique pour les Colonies non dentelé et en bleu utilisé entre et 1877 ressemble au premier tirage de 1850L'avis d'un expert est conseillé, il existe de nombreuses fausses oblitérations sur des non dentelés coloniaux pour tromper les collectionneurs. Ces différents tirages se distinguent par leur couleur, la qualité de l'impression, ainsi que l'épaisseur et la teinte du papier.
Cérès, 15 centimes vert
left|thumb|Cérès, 15 centimes vert, . Émission prévue pour le . Mais ces timbres-poste seront imprimés et livrés avec retard, la plus ancienne date d'utilisation connue à ce jour est le . Ce cinquième timbre non dentelé de France au type Cérès avec une valeur de 15 centimes est de couleur verte sur papier vert clair teinté dans la masse. Il est vendu uniquement à Paris pour affranchir les lettres de moins de 15 grammes postées dans et à destination de la capitale (tarif spécifique). Il est rare sur lettres pour l'étranger et exceptionnel en provinceIl s'agit alors de timbres-poste ramenés par un usager ayant séjourné à Paris.
Le créateur de l'illustration est le graveur Jacques-Jean Barre. Le timbre est imprimé en typographie à plat, en feuille de trois cents exemplaires, divisée en deux panneaux de 150 timbres (15 lignes de 10 timbres).
Le tirage est d'environ 3,3 millions de timbresEncyclopédie des Timbres-poste de France, Collectif : Académie de Philatélie, 1968, p.95, les timbres seront vendus jusqu'à épuisement des stocks. Il est remplacé le par l'utilisation de timbres à 10 centimes couleur bistre (type président Louis-Napoléon Bonaparte, puis type Empire), à la suite de l'abaissement du tarif des lettres circulant dans Paris intra-muros.
Ce timbre peu utilisé présente une des plus grandes raretés des timbres de France. Lors de la constitution de la planche d'impression, une vignette a été disposée à l'envers, créant un « tête-bêche ». Ce fait en soit n'est pas exceptionnel, presque tous les premiers timbres de France ont un ou plusieurs tête-bêche. Mais dans le cas du Cérès 15c vert, seule une unique paire est connue, sur une lettre de surcroîtin Catalogue spécialisé des timbres de France, tome 1, Yvert et Tellier 1975, p.95 ; dans « Timbroscopie », HS n°1, 3e trim. 1989, p.13 ; dans la revue Timbroscopie, n°50, set. 1988, p.37. Aucune autre n'a été découverte, à ce jour. Cette pièce a appartenu au baron Philippe Ferrari de La Renotière aux enchères du 19 au 21 novembre 1924, à l'Hôtel Drouot. Elle a changé dernièrement de propriétaire lors de la vente de la collection « La Fayette » en .
Toutefois, vu la découverte en 1999 du non émis au type Cérès, 40 centimes bleu, 150 ans après son impression, il est possible qu'une nouvelle paire soit découverte un jour ( paires avec tête-bêche existent en théorieRevue Timbroscopie, HS n°1, Les Classiques de France, tome 1, 3e trim. 1989, pp. 95-98 ; et Timbroscopie, n° 50, sept. 1988, p.39 d'après le tirage du timbre).
Cette valeur a fait l'objet d'une réimpression en 1862 pour satisfaire une demande de Sir Rowland Hill (tirage : 4350 timbres-poste conservés, une grande partie des planches est conservée au Musée de La Poste). Il existe deux blocs de quatre timbres-poste avec le tête-bêche provenant de ce retirage, dont un est au musée de la poste à Paris.
Août
Septembre