Jupille-sur-Meuse (en wallon liégeois Djoupèye), Jupille jusqu'en 1963, est une section de la ville belge de Liège située en Région wallonne dans la province de Liège.
C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Déjà cité comme villa romaine sur la Voie des Ardennes, c'est un des lieux possibles de la naissance de Charlemagne et de son père Pépin le Bref.
C'est dans cette localité que se trouve la brasserie Piedbœuf (groupe AB InBev), fabriquant la bière de marque Jupiler.
Étymologie Le nom de la localité proviendrait du roman « petit » (diminutif -illa) et du celte « genévrier » (iuppo).
Il est formé sur le nom d'une villa romaine implantée sur le site de Jupille : Iovis villa, villa dédiée à Jupiter.
Jupille pourrait donc signifier : "Petit genévrier", "Petit-Jupiter", ou, plus vraisemblablement : "Villa Jupiter" du dont on a trouvé des pièces de monnaie sur place au cours de fouilles entreprises en 1872.
Toponymie On trouve les traces de Jupille à travers les siècles sous différentes orthographes :
Iopiliensis (687). Jopila (714). Jobvilla (756). Jopilla (868). Iopilla (888). Juppille (1504).
Géographie
Démographie
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.
Histoire
Topographie thumb|Axe romain de la voie de Tongres à Aix-la-Chapelle jusqu'au gué de Herstal appelée actuellement chaussée Brunehault sur un tronçon thumb|Carte des axes romains, carolingiens, de la Voie des Ardennes et de la voie des hèvurlins
Plusieurs éléments sont favorables à l'installation d'une population à Jupille.
La ligne droite romaine
Jupille s'est construit sur la ligne droite entre Tongri, Aquis Grana et Augusta Treverorum, Tongres, Aix-la-Chapelle et Trèves, les grandes villes romaines et carolingiennes. Sur la rive Ouest, la chaussée Brunehaut ou chaussée romaine de Bavay à Cologne arrivait en droite ligne de Tongres. Les Carolingiens, pour arriver rapidement à Caprimons, le château du comté de Liège (le Luihgau), vont aussi reprendre une ligne droite à partir d'Aix-la Chapelle.
Le gué de la Meuse
Devant Jupille, la vallée de la Meuse s'élargit fortement. Le débit se ralentit et les alluvions de la Meuse, grossie par l'Ourthe qui vient de la rejoindre, vont se déposer. Au fil des siècles, la vallée devient peu profonde, et à la fin du printemps jusqu'au début de l'automne, il devient possible de traverser facilement le fleuve.
Les relais carolingiens de Herstal et Jupille
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Les difficultés du charroi
De Fléron, on prenait les crêtes jusqu'à Aix-la-Chapelle, ou la voie des Ardennes.
Les voies commerciales
Pendant près de dix siècles, la voie des Ardennes va suivre ce chemin pour bifurquer vers Stavelot après avoir traversé le seul gué existant de la Vesdre à Fraipont pour rejoindre Trèves, avec quelques variantes sur le trajet, suivant les alliancesLa voie des hêvurlins, les marchands de Herve vient s'y greffer en suivant une crête du ban d'Olne.. .
Époque romaine La villa était sur un plateau dominant la Meuse au point de rencontre entre le fleuve et l'importante voie romaine Tongres - Trèves encore appelée Voie des ArdennesElle n'était pas au même endroit que le palais carolingien, situé près du donjon du .
Le gué suivant était à Maastricht (Mosae trajectum, passage de la Meuse) sur l'axe Tongres - Aix-la-Chapelle - Cologne.
Les premières fouilles, en 1872 Fouilles de Jupille, Place Gît-le-Coq, BIAL, tome IX, 469-496. 1872 ont permis de retrouver les traces d'une villa gallo-romaine datant probablement du apr. J.-C. Les monnaies retrouvées sont de Domitien (81-96), d'Antonin le Pieux (138-161), Septime Sévère (193-211), et Maximin (235-238). Un fragment de mosaïque, un hypocauste, un calix, un vase planétaire à sept têtes représentant les divinités de chaque jourDemarteau, J. E., « Le vase planétaire de Jupille », dans : Ciel et Terre, Vol. 30, p. 373-381 sur le web: dans Astrophysics Data System (ADS)F. de Villenoisy, Le Vase gallo-belge de Jupille, Impr. de La Meuse (1894)Jean-Luc Schütz, 7000 ans d'Art et d'Histoire au Grand Curtius, 2009, Éditions Luc Pire, originaire de Bavay et quelques poteries sont découverts lors de fouilles en 1872. Ce vase est exposé et plusieurs objets sont conservés au musée Curtius de Liège.
Époque carolingienne
Des documents datés du évoquent la présence d'une résidence des souverains carolingiens. Il faut préciser qu'à ce jour, si les traces romaines sont évidentes, on n'a toujours pas découvert d'indice probant d'une présence franque, mérovingienne ou carolingienne. Un palais aurait existé à Jupille au , où Pépin II, dit de Herstal, séjourna et, selon certaines sources, mourut en 714. Charles Martel, son fils et successeur, y séjourna brièvement en 724. Pépin III, dit le Bref, y séjourna également en 759 ou 760. Ce palais passait au pour avoir été le lieu, contesté par la suite, de la naissance de CharlemagnePhilippe Biermé et François-Xavier Nève, Chez Edgar P. Jacobs Dans l'intimité du père de Blake et Mortimer, 2004, , 84. Le grand empereur est, en tout cas, entré dans la légende jupilloise et reste très présent dans le folklore local.
Le domaine primitif
Le pagus jobvilla était un des pagus du Luihgau, Comté de Liège, il deviendra la Seigneurie de Jupille.
Le domaine du palatium couvrait Beaufays, Bellaire, Beyne-Heusay, Bressoux, Chaufontaine (une partie contestée), Chênée, Évegnée Fléron (village), Forêt, Gomzé-Andoumont, Grivegnée, Jupille, Magnée, Micheroux, Queue-du-Bois et Vaux-sous-Chèvremont.
Certaines de ces limites sont toujours des limites communales actuellement : le Ry du Cheneau, limite d'Olne et Forêt , D/2006/11.092/1.
Haut Moyen Âge En 881, les Vikings détruisent les palatium de Jupille, de Herstal, de Fourons et de Meerssen, le portus de Visé, la civitas de Liège, le castrum de Maastricht et le palais impérial d'Aix-la-Chapelle. Chassés par leurs propres dévastations, ils abandonnent les lieux l'année suivanteLejeune J., Liège, éd. Mercator, 1967, p. 28-30.
En 995, le duc Gislebert de Lotharingie se dit « seigneur de Jupille et d'Amercœur » et soutient les sièges de Chèvremont en 922 contre le roi de France Charles le Simple et en 935 contre Otton I du Saint-Empire.
Bas Moyen Âge Au bas Moyen Âge, le domaine des Pépinides fut donné par une charte de 1008 par Henri II du Saint-Empire au chapitre Notre-Dame de la cathédrale de Verdun, ville libre qui relevait directement du Saint-Empire romain germanique dès 1195.
En 1200, l'église de Verdun possédant beaucoup de biens et de rentes au pays de Liége, avait fait établir à Jupille une cour à laquelle ces biens et rentes ressortissaient. Les membres de cette cour étaient nommés par l'évêque de Verdun ; leurs fonctions étaient d'enregistrer tous les actes qui concernaient ces biens et rentes et de faire la recette des rentes et peut-être aussi celle des fermages. C'est cette cour qui est désignée par curia de Jupilia. Le duc de Limbourg était l'avoué des biens des rentes que l'église de Verdun possédait à JupilleCartulaire des Prémontrés, Fol. 64 v°, dans : Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, vol. 9, p. 347-349.
En 1274, le doyen d'Aix donne aux Prémontrés la desserviture perpétuelle de l'église de JupilleCartulaire des Prémontrés, BIAL, ibidem, p. 359.
Le chapitre Notre-Dame de Verdun vend son tréfonds au chapitre de Saint-Lambert de Liège le Le fermage perpétuel se trouva transformé en vente et, moyennant 3.300 livres petit tournois, in Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, volumes 1-15 p. 284Josse Micheline Le domaine de Jupille des origines à 1297, 1966. Une autre source signale que Robert II de Médidan, évêque de Verdun engage déjà la seigneurie de Jupille en 1266C. Becdelièvre, Biographie liégeoise, t. 1, 1836.
En 1288, le chapitre de Saint-Lambert échange le domaine contre la terre d'Amay appartenant au prince-évêque de Liège Gui de Dampierre, Jean de Dampierre, son fils, lui ayant confié sa charge.
Ceci donne une des grandes possessions du prince-évêque de Liège: le bailliage d'Amercœur, ainsi appelé parce que la cour scabinale de Jupille a déplacé son siège situé au pont d'Amercœur.
La seigneurie de Jupille La brassine banaleBrasserie communale de Jupille
Le , Henri Damery le charpentier demeurant à Jupille céda à Johan fils de feu Gilles Crahea de Jupille une maison, scaillie, étable et puits qu'on dit la brassine banale de Jupille, joignant vers Liège au ruisseau qu'on dit merchant et à Johan Collard, vers le chenal du moulin à une petite voie, derrière au wérixhas du moulin et devant au réal chemin, au prix d'un cens de 10 fl suivant le rendage du ; la garantie est apportée par Lambert Crahea cousin de Johan; Henri Damery retient la chambre et chaffeur au rez-de-chaussée vers le moulin ry la chambre et chaffeur au-dessus et le grenier dessus la chambre et une petite xhaiche d'héritage vers le chenal du moulinP. Guérin, Archives de l'État à Liège, Cour de Jupille: (1) 22-85, 97; (3) 97-83..
Henri Damery était peut-être apparenté à Simon Damery, cité le , commissaire de la cité de Liège, rentier (= receveur qui tient les comptes) du bon métier des brasseursRené Van Santbergen, Les Bons Métiers des meuniers, des boulangers et des brasseurs de la cité de Liège, université de Liège, 1949, p. 214..
Cette brassine avait perdu sa banalité lorsque le : la maison et brassine ci-devant banale de Jupille était habitée par Jean Houleux de JupilleCHF. Juin 2003 p.36 IID-1?) alors cité avec ses deux filles.
L'engagèreCéder ou donner en gagère ou engagère
Le , Ferdinand, prince-évêque de Liège engagea les seigneuries de Jupille, Bellaire, et Queue-du-Bois à Guillaume Fayn. Il engage aussi Bois-De-Breux en 1620Guérin, la Seigneurie de Jupille, CHF, 1984.
Épidémies
La peste s'étend en 1579.
La commune Le bailliage d'Amercœur formé au , ne sera découpé en communes, dont celle de Jupille qu'au Jespers J.J., Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, éd. Racine, 2005.
Les industries Papeterie Deux papeteries sont recensées dans la commune de Jupille en 1811 : La appartient à Léonard Doigné ; on y fabrique du papier à envelopper la chicorée ; elle est en activité durant toute l'année, excepté dans le temps des grandes eaux, de sécheresse ou de fortes gelées ; elle produit pour une valeur de francs. La appartient à Théodore Thonnart et à sa mère ; on n'y fabrique que du papier destiné à emballer les épiceries et autres objets ; elle produit pour une valeur de francs.
Les matières premières sont des chiffons grossiers, du savon, de la houille et de l'huile ; ces objets sont indigènes c'est-à-dire du département de l'Ourte.
Chacune emploie 3 ouvriers qui gagnent chacun par jourGuérin P., Archives de l'État à Liège : Fonds français : n° 661..
Chaudronnerie La société Piedbœuf a commencé par fabriquer, en 1812, du matériel de brasserie.
Brasserie C’est en 1853, que Jean-Théodore Piedbœuf se lance dans le brassage. En 1921, la brasserie se lance dans la fermentation basse.
Liste des bourgmestres de 1830 à 1977
Patrimoine et culture
Patrimoine architectural et sites
Château Piedboeuf, construit en 1862. Le tableau de 1861 Le Banquet de Jupille, du peintre wallon Auguste Chauvin immortalise une altercation entre l'évêque de Maastricht Saint-Lambert, Pépin de Herstal et son épouse préférée Aplaïde.
Culture
Enseignement
Économie
Transports
Bus Jupille est desservie par la ligne de bus TEC 140, de Liège à Visé mais également les lignes 60 qui va de Bois-de-Breux à Liège, 67 qui va de Dalhem à Liège, 68 qui va de Soumagne à Liège et 69 qui va de Verviers à Liège.
Trains vignette|La gare de Jupille en 1905.