Les « Indes occidentales françaises » désignent l'ensemble des territoires et des colonies françaises en Amérique, y compris dans les Caraïbes, et certaines îles de l'océan Pacifique au XVII siècle.
Le nom « Indes occidentales françaises » est utilisé par Colbert en 1664 lorsqu'il impose la refonte de l'ancienne compagnie de négoce en Compagnie des Indes occidentales.
L'appellation « » désignait, au temps du développement des empires coloniaux à l'Est et à l'Ouest, l'ensemble des territoires aux Amériques occupés par les conquistadores espagnols. Elle a survécu en tant que terme commercial, , jusqu'à la . Le qualificatif « françaises » n'était pas couramment utilisé car cette précision ne concernait de fait que les et les gestionnaires.
Pensant avoir fait le tour de la Terre jusqu'à l'Inde, les Espagnols appellent les terres qu'ils découvrent les « Indes », et leurs habitants les « Indiens ». L'appellation « Indes occidentales » apparaît une fois que les colons réalisent qu'ils se trouvent sur un continent non-exploré, par opposition aux Indes orientales que constituent alors les territoires non-africains en bordure de l'océan Indien, depuis l'Inde proprement dite .
Les Grandes Découvertes thumb|100px|left|Statue de Jacques Cartier à Saint-Malo
Explorations de Jacques Cartier À la suite de l'exploration de Christophe Colomb dans les Indes occidentales de 1492 à 1504, les puissances européennes entrent en compétition dans les expéditions à travers l'Atlantique, dans le but de trouver de nouvelles routes commerciales.
La France accuse un retard sur les puissances portugaise et espagnole, le Royaume de France étant retenu par les Guerres d'Italie.
Vers 1530, , roi de France, décide d'entrer dans la course à la recherche d'une nouvelle voie d'eau donnant accès aux produits des Indes. Venise appuyait l'exploration. Avec l'invasion de Constantinople en 1453 par les Turcs ottomans, cette république avait perdu une importante voie d'accès aux Indes. Il lui fallait trouver un nouvel accès aux Indes. Pour la France, son explorateur devra venir de la Bretagne, en particulier de Saint-Malo, un port de marins et de pirates qui chaque année se rendaient faire d'abondantes pêches fort rentables aux abords des Indes occidentales, dans un endroit appelé les « Terres Neuves ». Sur le conseil d'un père abbé du Mont-Saint-Michel, le père Le Veneur, François choisit le marin Jacques Cartier. Sa mission : tout comme Christophe Colomb, pénétrer les Indes occidentales et si possible trouver une voie menant aux Indes. Et surtout, y trouver les richesses tant espérées
Sous mandat de , Jacques Cartier entreprend en 1534 de trouver une voie vers les Indes. Natif de Saint-Malo, il est familier avec les Terres Neuves où les pêcheurs bretons viennent chaque année faire des prises fort avantageuses. Sa mission : trouver une voie vers les Indes.
Jacques Cartier à Gaspé (1534) thumb|Carte du premier voyage de Jacques Cartier en 1534 Le , en compagnie d’une soixantaine de marins, Jacques Cartier quitte Saint-Malo. Parti le , il arrive au cap de Bonne-Viste (Bonavista) le . En quelque vingt jours, il touche les Terres-Neuves au cap Bona Vista, puis il longe la côte du Labrador jusqu’au havre Jacques-Cartier. Il côtoie quelques îles dont les Îles-de-la-Madeleine et la pointe nord de l’Île-du-Prince-Édouard. Il longe la côte nord du Nouveau-Brunswick et entre dans la baie des Chaleurs. Il y rencontre des Amérindiens.
Retenu une dizaine de jours à Gaspé, il entre en contact avec des Iroquoiens de Stadaconé (Québec) venus à la pêche. Il y plante une croix et prend possession du territoire. La saison étant avancée, il décide de retourner en France ramenant avec lui deux Indiens de Stadaconé, Domagaya et Taignoagny. Ils lui serviront de guides pour ses explorations futures. Par ce premier voyage, Cartier a découvert un nouveau pays, de nouveaux territoires de pêche et préparé la voie à la traite de la fourrure.
Jacques Cartier à Hochelaga (1535-1536) thumb|Carte du second voyage de Jacques Cartier en 1535-1536 Quittant Saint-Malo le avec trois bateaux, la Grande Hermine, la Petite Hermine et l’Hémerillon, le navigateur accompagné de 110 hommes, des deux Iroquoiens enlevés l'année précédente à Gaspé entre dans le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Stadaconé (Québec). Puis, il poursuit sa course à l'intérieur des Indes occidentales vers Hochelaga. Là, il sera arrêté par les 3 « saults » qui lui barrent la voie. Puis il entreprend la visite de Hochelaga, une visite qui demeure encore une aujourd'hui une mémorable page d'histoire du Canada.
Visite de Hochelaga - Le , Cartier et sa troupe font voile à destination de Hochelaga. Arrivant au lac Saint-Pierre, l’eau peu profonde du lac lui barre la route. De plus, de nombreuses îles lui coupent le passage et « ne nous apparessoit aucun passage ni sortie ». Il y laisse l’Hémérillon et prend les barques.
Chemin faisant, les Amérindiens lui témoignent un joyeux accueil. La nouvelle de son arrivée à Hochelaga l’a précédé. Le , il met pied à terre à proximité de Hochelaga. La nuit arrivée, il se retira avec ses hommes à bord de ses barques alors que la foule fêtent sur la berge . Tôt, le lendemain matin du , avec ses gentilshommes et vingt mariniers, Cartier prend le chemin de Hochelaga sur une route . Parcourant ainsi deux lieues (environ six miles), Jacques Cartier peut enfin apercevoir Hochelaga entourée d’une montagne couverte de terres labourées pleines de blé.
Jacques Cartier constate qu’une montagne entoure la bourgade. Il la baptise mont Royal. (trois quarts de mile) de la montagne.
Retour de Hochelaga - La visite de Hochelaga terminée, Cartier et sa troupe reviennent à leur pied à terre, à Stadaconé pour hiverner. Mais Donnacona est furieux que Cartier soit allé à Hochelaga. Les Indiens se montrent menaçants. On n’ose plus sortir du fortin érigé à la hâte. L’hiver et ses quatre pieds de neige sont terribles pour nos Bretons bientôt en proie au scorbut. Sur cent dix hommes, vingt-cinq périssent et quinze seulement demeurent valides lorsque Jacques Cartier implore solennellement le Ciel par un vœu à Notre-Dame de Rocamadour. Il ne tarde pas à être exaucé, car les jours suivants des Indiens lui montrent un remède : . Il s’agit d’une infusion de feuilles de thuya ou cèdre blanc du Canada.
De retour à Saint-Malo, l'enthousiasme de Cartier n’en est pas pour autant amoindri. Il expose à François les nombreux avantages que la France pourrait tirer en ces contrées lointaines outre l’évangélisation que l’Église pourrait y accomplir. En bon catholique, Cartier ose même exposer à son roi qu’il tolère trop facilement « ces méchants luthériens » qui mettent en cause l'autorité de Rome. Il lui cite alors comme modèle le catholique roi d’Espagne Charles Quint qui s’oppose aux revendications des Réformistes.
Création d'une vice-royauté : France-Roy - Charlesbourg-Royal À la suite de l'expédition de Jacques Cartier à Hochelaga en 1535, mais surtout en regard des immenses succès financiers remportés par Charles Quint plus au sud, dans les Indes occidentales (les Caraïbes), décide non seulement d'établir une première colonie (pour laquelle il a donné mandat à Jacques Cartier en 1540) mais de fonder une Vice-royauté pour laquelle il nomme un noble de sa cour, Jean-François de La Roque, sieur de Roberval. Il nomme cette royauté, celle du Canada et de Hochelaga, du nom des deux royaumes indiens, la royauté du Canada avec Stadaconé comme centre et la royauté de Hochelaga sis à la croisée des grandes voies de canotage alors en usage.
Jean-François de La Roque, Sieur de Roberval est réputé bon soldat et expert en fortifications. Il est également riche propriétaire foncier. Par le roi il est nommé Duc de Norembèque, un territoire des Indes occidentales aux limites indéfinies comprenant les royaumes du Canada et de Hochelaga. Premier projet de Jean-François de La Roque de Roberval : construire une escadre de quinze navires qu'il mènera sur les rives du fleuve Saint-Laurent.
Précédent le Sieur de Roberval, en 1541 Jacques Cartier revient au Canada avec 5 navires et quelque 400 hommes (le nombre est incertain). Arrivé à Stadaconé, Cartier décide de faire construire à environ quinze kilomètres de Québec (aujourd'hui Cap-Rouge) une habitation qu'il baptise Charlesbourg-Royal, en l'honneur du troisième fils du roi de France.
Charlesbourg-Royal thumb|upright=1.2|carte de 1543 montrant les terres explorées par Jacques Cartier Le , Jacques Cartier avec cinq navires et quelque 400 hommes (le nombre exact est inconnu) de tous métiers est de retour au Canada. Il délaisse le site de Sainte-Croix (ou Stadaconé) établi au cours du voyage précédent pour un nouvel établissement. Cet établissement sera celui aujourd'hui celui de Cap-Rouge. Il sait alors que la bourgade Hochelaga a été détruite par une expédition guerrière de sauvages de Stadaconé depuis son passage à cette bourgade en 1535. De cet établissement, Jacques Cartier projette d'entrer plus avant dans les Indes occidentales, en particulier de rejoindre le Saguenay dont lui avaient parlé les autochtones du pays.
Choix d'un nouveau site (Cap-Rouge)
Le site choisi se situe aujourd’hui à Cap-Rouge.
Fortification au sommet d'un promontoire
Voyage vers le Saguenay
Il sait alors que la bourgade Hochelaga a été détruite par une expédition guerrière de sauvages de Stadaconé depuis son passage à cette bourgade en 1535.
Retour de Jacques Cartier sur l'île du Mont Royal Puis Cartier poursuit sa course vers Hochelaga. Le , accompagné de Martin de Paimpontet et d'une suite, Jacques Cartier reprend son parcours vers l'ouest, espérant franchir les 3 saults qui lui avaient barré la route en 1535. En cours de route, il s'arrête un instant saluer le Seigneur de Hochelay. Ils discutent un instant de la bourgade Hochelaga, bourgade qui a été détruite depuis son passage à cette bourgade en 1535, ce par une expédition guerrière de sauvages de Stadaconé. Le , il arrive au pied d'un saut, à deux lieues de Tutonaguy. Puis, avec 4 guides, il parvient au deuxième sault. À l'aide de bâtonnets, les Indiens lui signalent un troisième sault qu'il ne peut franchir.
Arrêt pour saluer le seigneur de Hochelay Ensemble, ils discutent un instant de la bourgade Hochelaga, bourgade qui a été détruite depuis son passage à cette bourgade en 1535. Il lui donna deux jeunes garçons, et lui laissa pour apprendre leur langue.
Arrivée au premier sault :
Visite d'un village au deuxième sault :
Troisième sault à six lieues du premier (environ 18 miles) :
La visite faite, il retourne à Charlesbourg-Royal. On ne sait ce qui s'est passé pendant l'hiver suivant, car le compte-rendu de l'exploration est brusquement interrompu. Par autres sources, en particulier par l'historien anglais Richard Hakluyt, on sait que la colonie fut frappée d'une nouvelle épidémie de scorbut et que les Iroquois tinrent l'établissement en constant état de siège, tuant plus de 35 Français. Cartier décide alors en juin 1542 d'abandonner les lieux, emportant avec lui les pierres et le minerai que l'on croit fort précieux. thumb|150px|Portrait de Jean-François de la Roque de Roberval par Jean Clouet vers 1540 Au port de Saint-Jean à Terre-Neuve, Jacques Cartier rencontre Jean-François de La Rocque de Roberval, chef de l'expédition qui lui ordonne de le suivre à Canada. Croyant qu'il a à son bord quantité d'or et de diamants et ne voulant pas faire à nouveau face aux Indiens, Cartier contrevient à l'ordre de Roberval et en pleine nuit quitte pour la France. De retour en France, l'or et les diamants s'avèrent être faux. Pour sa part, Roberval se retrouve dépourvu de main-d’œuvre et d'hommes d'expérience.
France-Roy en 1542