Bouvignes-sur-Meuse (en wallon Bovegne) est un village (et ancienne ville) en bord de Meuse (rive gauche) immédiatement au nord de la ville de Dinant (Province de Namur en Belgique), dont elle fait aujourd'hui partie. C'était une commune à part entière avant sa fusion avec Dinant le .

Étymologie

Géographie

Évolution démographique

Source: DGS, 1831 à 1970=recensements population, 1976= habitants au 31 décembre

Histoire vignette|redresse|La Maison espagnole, ancienne maison communale (). Politiquement et commercialement cette ancienne ville du comté de Namur rivalisait avec sa voisine, la ville de Dinant qui dépendait de la Principauté de Liège. Autre rivalité: dans le domaine de la dinanderie et notamment dans la production de laiton. Ce conflit célèbre a été décrit notamment par Philippe de Commynes et Jules Michelet.

Il atteint son paroxysme au lors du sac de Dinant par le duc de Bourgogne Philippe le Bon et son fils, le futur Charles le Téméraire.

Les vestiges de l'enceinte qui entourait la vieille ville et les ruines du château de Crèvecœur démontrent l'importance stratégique du lieu. L'église Saint-Lambert et la maison espagnole témoignent quant à elles du riche passé de Bouvignes.

Première Guerre mondiale

Le , 31 habitants ont été fusillés et 20 habitations ont été incendiées. L'unité mise en cause est le RI — Régiment d'Infanterie — de l'armée allemande.

Seconde Guerre mondiale

Au cours de la bataille de France, devant la menace que constitue l'arrivée imminente des Allemands du XV. Armee-Korps (mot.) d'Hermann Hoth sur la Meuse, le génie belge fait sauter — bien que partiellement — la passerelle de Bouvignes au cours de la journée du . Aussi, les Allemands de la 7e Panzerdivision d'Erwin Rommel qui veulent dès le lendemain franchir la Meuse à Leffe en direction de Bouvignes, fleuve sur lequel repose une partie de la ligne principale de résistance française prévue par le généralissime Maurice Gamelin, devront le faire à l'aide de canots pneumatiques.

Ce sont les Allemands du Schützen-Regiment 7 qui commencent à partir de 3h30 la traversée sous une légère brume, mais les français du I/ d'infanterie (I/ RI, chef de bataillon Théry) établis sur l'autre rive tirent et obligent les Allemands qui sont parvenus à traverser à rester protégés derrière le remblai de la voie ferrée, tout en empêchant toute nouvelle traversée, « les pertes [allemandes], blessés ou morts, sont considérables »Témoignage de G.Starcke, correspondant de guerre auprès de la 7. Panzer-Division, cité par . Les tirs des Panzern, « une pluie d'acier », ne parviennent pas à faire cesser ceux des Français, aussi Rommel et Hoth, prennent des mesures dans le but d'améliorer la situation : Rommel fait mettre le feu aux maisons de Leffe pour que la fumée masque les opérations. Des chars plus puissants (Panzer III et Panzer IV) arrivent en renfort avec une batterie d'obusier 10,5 cm leH18 de la I./Artillerie-Regiment 78. Leurs tirs nourris calment l'intensité du feu des défenseurs, la traversée des Allemands reprend : ils envahissent Bouvignes, à 9 h 00, la du I/ RI évacue le village, mais les Allemands ne peuvent avancer plus loin. Rommel passe alors sur la rive gauche et fait s'emparer du château de Crèvecœur — une position dominante — par le II./Schützen-Regiment 7 qui enfonce le II/ RI (chef de bataillon Boulanger). Le lieutenant Parlebas mène alors une contre-attaque avec une section de la du I/ RI et des éléments récupérés de la et reprennent en partie Bouvignes, sans toutefois pouvoir tenir les positions reconquises ; Parlebas est tué et la décimée : Bouvignes restera aux mains des Allemands.

Liste des bourgmestres de 1830 à 1965

Patrimoine et culture

Patrimoine architectural La Maison espagnole. Les ruines du château de Crèvecœur. L'église Saint-Lambert. Le village avait une gare sur la ligne de chemin de fer Namur-Dinant. Ouverte en 1891 elle fut fermée en 1984.

Culture

Enseignement

Économie

Vie associative

Personnalités Saint Walhère est originaire de Bouvignes. Jehan le Chyne, receveur de Bouvignes dont la fille épouse en , Guillaume de Dave (Williame de Davelz) Louis de Bouvignes (né Louis Bouille) (1630-1701), prédicateur capucin et écrivain spirituel est né à Bouvignes À Bouvignes-sur-Meuse est né Henri Blès, célèbre paysagiste et continuateur de Joachim Patinier. Ses tableaux ont la particularité de dissimuler une petite chouette, peinte en guise de signature.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Mai 1940 - Rommel traverse l’Entre-Sambre-et-Meuse, de Dinant à Landrecies (A. Lépine & G. Heynen; cahier du Musée de Cerfontaine n° 415, 40 pages, 45 photos & croquis, 2009) — Avance foudroyante de la Panzer ou blindée, commandée par Rommel, qui traverse la Meuse à Bouvignes et fonce vers l’ouest, par Onhaye, Philippeville, Cerfontaine, Sivry et Avesnes où se déroule pour la première fois une bataille nocturne de chars. Saint-Amand Pascal & Tixhon Axel, dir., L’église Saint-Lambert de Bouvignes. 1217-2017. Autour du 800e anniversaire de sa dédicace, numéro spécial de la revue Les échos de Crèvecoeur, n°47, Dinant, 2017. Wilmet Aline, en collaboration avec Baudry Antoine, Le décor sculpté de l’église Saint-Lambert à Bouvignes : de la conception médiévale à la restauration de l’Entre-deux guerres, in Saint-Amand Pascal & Tixhon Axel, dir., L’église Saint-Lambert de Bouvignes. 1217-2017. Autour du 800e anniversaire de sa dédicace, numéro spécial de la revue Les échos de Crèvecoeur, n°47, Dinant, 2017, p. 37-59.

.

Catégorie:Village en Wallonie Catégorie:Commune fusionnée de l'entité de Dinant Catégorie:Localité sur la Meuse dans la province de Namur