La centrale nucléaire de Fessenheim est une ancienne centrale nucléaire française définitivement à l'arrêt depuis le . Il s'agit de la première centrale nucléaire française de type réacteur à eau pressurisée du premier palier dit CP0. Implantée en bordure du grand canal d'Alsace sur le territoire de la commune de Fessenheim (Haut-Rhin), sa construction est décidée à la fin des années 1960 par les présidents Charles de Gaulle puis Georges Pompidou. Sa conception repose sur la technologie des réacteurs à eau pressurisée de l'entreprise américaine . La centrale est équipée de deux réacteurs d'une puissance unitaire de .

La centrale est exploitée commercialement durant , de 1978 à 2020. Par décision politique., en application de la loi du relative à la transition énergétique pour la croissance verte. (plafonnement de la production d’électricité d’origine nucléaire), les réacteurs et sont mis à l’arrêt définitif, respectivement les et .

La décision de fermer la centrale de Fessenheim a fait l'objet de vives critiques et demeure l'objet d'accusations de compromis politique à visée électorale. ; en effet, les travaux de rénovation ayant été réalisés, la décision de fermeture ne présentait aucune justification technique..

Présentation vignette|upright|Production électrique de la centrale de 1977 à 2010. La centrale nucléaire est située au bord du Grand canal d'Alsace, Présentation de la centrale de Fessenheim, EDF (consulté le 27 septembre 2019)..

En 2011, environ vivent dans un rayon de autour de Fessenheim..

Elle a produit plus de de kilowatts-heures d'électricité de 1977 à 2019...

En 2010, la production électrique s'est établie à Fessenheim 1, AIEA, 3 octobre 2011.FESSENHEIM-2, AIEA, 3 octobre 2011., soit 2,88 % de la production électrique d'origine nucléaire française cette année (.), et 2,1 % de la production électrique toutes sources confondues ().

En 2012, la centrale a produit , soit plus de 88 % de la consommation alsacienne de 2011EDF - En bref 2012-2013 Centrale nucléaire de production d'électricité de Fessenheim page 6 "En 2012 * produits soit plus de 88 % de la consommation d’une région comme l’Alsace en 2011" et 1,5 % de l'électricité française et la moitié de la production alsacienne..

Elle est certifiée ISO 14001 (management environnemental) depuis 2003.. et OHSAS 18001 (hygiène et sécurité)EDF - En bref 2012-2013 Centrale nucléaire de production électricité de Fessenheim - page 3 "La certification pour la sécurité et la santé au travail a été renouvelée en septembre 2011.", edf.com.

Description technique vignette|upright|Architecture de la centrale nucléaire de Fessenheim. La centrale comprend deux réacteurs à eau pressurisée (REP) à trois boucles d'une puissance électrique nette de chacun. Elle a pour modèle la centrale nucléaire de Beaver Valley aux États-Unis, qui est en service depuis 1976...

La centrale de Fessenheim et celle du Bugey, font partie d'un palier nommé a posteriori CP0Techniques de l'ingénieur - Glossaire des sigles - "Le programme nucléaire français de février 1974 prévoyait à eau légère, pressurisée (CP1) et bouillante (CP2). Cette dernière option a été rapidement abandonnée et les antérieures ont été baptisées, a posteriori, « CP0 ».". La salle des machines est commune aux deux tranches, elle est accolée aux deux bâtiments réacteurs (voir schéma de l'architecture ci joint).

Comme les autres REP à trois boucles de , chacune des deux tranches nucléaires de la centrale de Fessenheim comporte un réacteur qui produit l'énergie, trois générateurs de vapeur, un pressuriseur et trois pompes primaires. La chaleur produite par le cœur du réacteur est évacuée, en fonctionnement normal, par l'intermédiaire de deux circuits fermés successifs : le circuit primaire (à une température d'environ et une pression de ) qui extrait la chaleur produite par le cœur du réacteur, puis le circuit secondaire qui récupère cette chaleur via les générateurs de vapeur ; cette chaleur est ensuite transformée pour environ 1/3 en énergie électrique par l'alternateur, le reste étant évacué via le condenseur en circuit ouvert.

Dans le cas de Fessenheim, le condenseur est alimenté par l'eau du Grand Canal d'Alsace dont le débit est suffisamment élevé pour éviter d'utiliser des tours de refroidissement.

La cuve de chaque réacteur est en acier, elle pèse environ . Dans chaque cuve se trouvent environ de combustible nucléaire : de l'uranium enrichi à 4,2 % (gestion combustible « cyclade »).

Sous chacun des deux réacteurs se trouve une dalle en béton armé d'une épaisseur d'un mètre - le radier - dont l'épaisseur est plus faible que sur les autres réacteurs français. Son renforcement ainsi que la nécessité de mettre en place une autre source froide de secours sont les deux principales leçons tirées de l'accident de Fukushima pour la poursuite de l’exploitation des deux réacteursDix ans de plus pour la centrale de Fessenheim - Article du Figaro publié le 23 juin 2011 (voir ci-après « Débat sur la fermeture de la centrale »).

Deux piscines de désactivation, chacune située dans un bâtiment à combustible séparé et isolé des bâtiments réacteurs, servent au stockage sur place et au refroidissement du combustible nucléaire usé provenant des deux réacteurs, avant son évacuation vers le centre de traitement du combustible usé de la Hague..

Caractéristiques des réacteurs Les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim sont les premiers modèles du palier dit CP0 (contrat palier zéro) qui comprend aussi les quatre réacteurs de la centrale du Bugey. Les chaudières nucléaires ont été construites par Framatome. Les centrales sont exploitées par EDF.

Les caractéristiques détaillées des deux réacteurs de Fessenheim sont regroupées dans le tableau suivant..

Nom du réacteurPuissance [MW]Début constr. raccordement au réseauMise en service commercialeMise à l’arrêt définitifProduction cumuléejusqu'en 2020ThermiqueÉlectrique bruteÉlectrique netteFessenheim-1.MWth : Mégawatt thermiqueMWe : Mégawatt électrique septembre 19716 avril 1977 21 février 2020..Fessenheim-2. février 19727 octobre 1977 avril 197830 juin 2020.

En 2002, l'exploitant EDF a remplacé les trois générateurs de vapeur de la tranche ; les travaux ont duré et coûté environ cent millions d'eurosJournal "Dernières nouvelles de Fessenheim" publié par le réseau sortir du nucléaire.

En 2011/2012, EDF a également remplacé les trois générateurs de vapeur de l’unité de production , ce remplacement a nécessité plus de six mois de travauxLe réacteur de Fessenheim remis en route après la visite décennale - Le Monde - 07 mars 2012 « (…)les trois générateurs de vapeur, pesant plus de chacun, ont été remplacés. Ce dernier chantier a nécessité plus de six mois de travaux et l'intervention de jusqu'à neuf cents techniciens et ingénieurs (…) »Fessenheim-sur-Saône, là où naissent les générateurs de vapeur - article sur un blog.

Rejets radioactifs La centrale nucléaire de Fessenheim rejette des matières radioactives dans l’environnement par la cheminée du BAN (effluents gazeux) et par rejet vers le Rhin via le canal d'Alsace (effluents liquides). EDF a l'obligation de contrôler ces rejets et de ne pas dépasser des limites de rejets annuelles fixées par l'Autorité de sûreté nucléaire.

En 2019 et depuis 2016, les limites de rejets radioactifs liquides autorisés se situent à pour le tritium, pour le carbone 14, pour l'iode et pour les autres produits de fission ou d’activation. Pour les rejets radioactifs gazeux, les limites se situe à pour le tritium, pour le carbone 14, pour les gaz nobles, pour l'iode et pour les autres produits de fission ou d’activation.. En 2018, les rejets liquides atteignirent 70 % de la limite pour le tritium, 10 % pour le carbone 14 et 2 % pour l'iode et les autres éléments radioactifs. Les rejets gazeux furent de 16 % de la limite pour le tritium, 15 % pour le carbone 14 et moins de 1 % pour les autres éléments radioactifs..

Historique Origines du projet En , le CEA, comme concepteur, et EDF, comme exploitant, envisagent la construction de la première centrale nucléaire de production d’électricité rentable du programme français.. Il s’agit alors de franchir le pas de la phase industrielle du programme nucléaire civil français. Pour cela, les ingénieurs des deux organismes partent d’un réacteur Uranium-naturel-graphite-gaz (UNGG) de référence – celui de Saint-Laurent-des-Eaux A1 – qu’ils entendent optimiser pour en accroître la rentabilité. Pour supporter le coût important du projet, le CEA noue un partenariat avec l’industrie allemande qui prévoit le partage de l’investissement en échange d’un droit de tirage sur l’électricité produite par la centrale. Le site frontalier de Fessenheim est choisi.. La France s’occupe de la conception et de la fabrication de la partie nucléaire de l’installation tandis que l’Allemagne s’occupe de la partie conventionnelle. En 1964, EDF et son homologue d’outre-Rhin RWE demandent à Siemens et au Groupement atomique Alsacienne-Atlantique (GAAA) de constituer un consortium en vue de la construction de la centrale tout en gardant la maîtrise d’ouvrage. Le projet prend le nom de « projet franco-allemand de Fessenheim ». Jugeant le seuil de rentabilité de la technologie de réacteur français trop élevé par rapport à ceux du fioul et des filières eau légère (Réacteur à eau pressurisée [REP] et à eau bouillante [REB]) alors également en développement en Allemagne, les Allemands se retirent finalement du projet dès 1965.

Le projet est repris par EDF sous le nom de « projet Fessenheim graphite-gaz ». Le , le Conseil interministériel restreint sous la présidence de Charles de Gaulle prend la décision de la mise en chantier de deux réacteurs nucléaires basés sur la technologie française uranium naturel graphite gaz (UNGG) à Fessenheim, malgré les conclusions du rapport de Pierre Cabanius et Jules Horowitz qui concluait à la supériorité économique des réacteurs à eau pressurisée (REP)..

Retournement de situation le , sous la présidence de Georges Pompidou, le Conseil interministériel restreint arbitre définitivement en faveur de la filière REP, et EDF est autorisé en 1970 à lancer la construction de deux réacteurs REP sous licence Westinghouse Electric, à la place des deux réacteurs UNGG initialement prévus.

Construction thumb|Sociétés propriétaires de la centrale de Fessenheim.

La construction de la centrale, autorisée en 1970, a coûté un peu plus d'un milliard d'euros.

La centrale a été construite avec la participation financière de trois sociétés : Électricité de France (67,5 %), la société allemande EnBW (17,5 %) et un consortium suisse (NOK, EOS et BKW) (15 %). Ces sociétés disposent d’un droit de prélèvement d'électricité proportionnel à leur participation financièreSégolène Royal pour l’arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim - Article du blog finance publié le 26 avril 2007.

En 1971, un accord pour enrichir dans les usines soviétiques la première charge de combustible de la centrale nucléaire de Fessenheim a été conclu par la France et l'U.R.S.S.L'U.R.S.S. va enrichir à façon l'uranium nécessaire à la centrale nucléaire de Fessenheim, Le Monde, 16 mars 1971.

Le , des militants du commando Ulrike-Meinhof-Puig-Antich dont l'autrice Françoise d'Eaubonne., ont commis un attentat à l'explosif (sans faire de victime) sur le chantier et ont ainsi provoqué un retard de plusieurs mois sur le chantier..

La centrale a été mise en service en 1977.. Le calcul de l'amortissement prenait alors en compte une durée d'exploitation de vingt ansPlaquette EDF de 1976.

Organisation La centrale est dirigée par Laurent Jaryhttps://www.lalsace.fr/environnement/2023/10/18/le-predemantelement-est-a-l-heure.

En fonctionnement, la centrale employait directement un peu moins de . et environ . En permanence, près d’une centaine de personnes était d’astreinte pour assurer la gestion technique, la mise en œuvre des moyens ou la communicationCNPE de Fessenheim, hctisn.fr du ..