La Révolution française est un film historique franco-italo-germano-canadien en deux parties, Les Années lumière de Robert Enrico et Les Années terribles de Richard T. Heffron, sorti en 1989. Il met en scène la période historique de la Révolution française de 1789 à 1795 à travers plusieurs épisodes-clés et en suivant plusieurs personnages historiques important, comme Louis XVI, Danton, Robespierre ou Desmoulins.
Réalisé avec un budget de 300 millions de francs pour accompagner les célébrations du bicentenaire de la Révolution, le film fut un échec commercial.
Film de près de six heures, La Révolution française regroupe dans sa première partie Les Années lumière les événements de 1789 jusqu'à l'assaut des Tuileries le 10 août 1792, puis dans sa seconde partie Les Années terribles les évenements de l'emprisonnement du roi Louis XVI avec sa famille au Temple jusqu'à la fin de la Terreur, avec l'exécution de Robespierre.
Le conseiller historique du film est Jean Tulard, historien spécialiste de la période révolutionnaire. Le film existe aussi en version plus longue, montée pour la télévision.
Synopsis
Les événements relatés dans les deux parties de La Révolution française sont nombreux. Les producteurs ont voulu relever le défi inédit de couvrir l’ensemble de la période révolutionnaire et donc tous ses principaux événements (ce qui en fait d'ailleurs un film pédagogique malgré son parti pris clairement dantoniste).
Le film commence en , et se termine sur l’exécution de Robespierre, Saint-Just et Couthon en 1794 (et ce, même si la Révolution française s'étend en principe jusqu'en 1799, année du coup d'État du 18 Brumaire par Bonaparte).
Les Années lumière La première partie du film retrace les événements suivants : La réunion des États généraux du ; Le serment du Jeu de Paume et l'instauration de l'Assemblée constituante ; La séance royale du 23 juin 1789 ; Les émeutes des 12 et 13 juillet 1789 ; La prise de la Bastille le ; L'instauration de la Commune de Paris ; La nuit du 4 août 1789 (abolition des privilèges) ; La déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 ; Les journées des 5 et 6 octobre 1789 (marche sur Versailles) ; La fête de la Fédération () ; La mutinerie de la garnison de Nancy () ; La fuite de Varennes (20-) ; La fusillade du Champ-de-Mars ; L'instauration de l'Assemblée nationale législative ; Le débat sur la guerre entre Brissot et Robespierre puis la déclaration de guerre à l'Autriche () ; La journée du 20 juin 1792 ; L'instauration de la Commune insurrectionnelle de Paris (1792) ; La journée du 10 août 1792 (prise des Tuileries).
Les Années terribles La seconde partie du film retrace les événements suivants : L'enfermement de la famille royale au Temple ; Les massacres de Septembre et l'instauration de la Terreur ; La bataille de Valmy ; L'instauration de la République et de la Convention nationale ; Le procès de Louis XVI et son exécution ; L'instauration du tribunal révolutionnaire et du Comité de salut public ; Les affrontements entre les Montagnards et les Girondins qui aboutissent aux journées du 31 mai et du 2 juin 1793 ; L'assassinat de Marat ; Le procès de Marie-Antoinette et son exécution ; La Grande Terreur ; Le procès des Hébertistes ; Le procès des Dantonistes ; La fête de l’Être suprême ; La chute de Robespierre ; L’exécution de Robespierre.
Musique
Hymne à la Liberté Hymne à la Liberté, paroles et musique de Georges Delerue
Dans le film, il est chanté par Jessye Norman.
Toi, Liberté, Liberté que nous aimons, Toi, Liberté, Liberté que nous voulons, Sois notre espoir et notre force, Sois notre joie, notre bonheur ! Nous pourrons chanter chaque jour plus haut, Chanter chaque jour plus loin, Chanter joyeusement cet hymne de foi : Liberté, Liberté, je crois en Toi, Liberté, Liberté, sois notre Loi ! Ô Toi qui peux donner l'espoir, Ô Toi qui peux sonner la joie, Ô Liberté, Liberté que nous aimons, Sois toujours plus près de nous, Sois toujours plus près des cœurs !
Loin de nous l'esclavage, Loin de nous les prisons ! Plus jamais de privilèges ! Loin de nous famines et massacres, Loin de nous le temps des tyrannies ! Nous chanterons toujours ton nom, Liberté. Nous croyons en Toi.
Fiche technique Titre : La Révolution française Réalisation : Robert Enrico et Richard T. Heffron, assistés de Clément Delage, Marc Jeny, Renaud Alcalde et Frédéric Auburtin Scénario : David Ambrose, Daniel Boulanger, Robert Enrico, Richard T. Heffron et Fred A. Wyler Photographie : François Catonné et Bernard Zitzermann Montage : Anne Baronnet Musique : Georges Delerue Décors : Jean-Claude Gallouin Son : Bernard Le Roux, Jean-Charles Ruault et Claude Villard Effets spéciaux : Georges Démétrau et Émilio Ruiz del Rio Production : Alexandre Mnouchkine Société de production : Les Films Ariane Budget : français (environ en ) Durée : 334 minutes Pays de production : , , , , Langues originales : français et anglais Format : couleur - 35mm - 1,66:1 - Mono Lieu de tournage : Studios de Joinville, Tarascon (prise de la Bastille), Bordeaux (quartier des cordeliers à Paris), Environs de Nevers (Bataille de Valmy), Hôtel de la Marine (Les tuileries), Palais Rohan de Strasbourg (Versailles et Les Tuileries), Château de Vaux-le-Vicomte (Versailles), Château de Versailles, Château de Chantilly (bureau du Roi à Versailles). Ville de Compiègne (première scène du film et quelques scènes de révolte),Chateau de Fontainebleau (serment du jeu de paume, arrivée à Varennes, prise des Tuileries)
Distribution
Production Genèse et développement
Le projet, instigué par les producteurs Antoine de Clermont-Tonnerre et Alexandre Mnouchkine vers 1985-1986, est d'abord conçu par Robert Hossein et le vulgarisateur Alain Decaux, reconnus pour leurs fictions historiques au cinéma et sur scène.. Hossein et Decaux abandonnent face à l'ampleur de la tâche, préférant livrer un spectacle-fresque au palais des congrès de Paris, La Liberté ou la Mort, créé en 1988. Un temps désemparé après ce désistement, Antoine de Clermont-Tonnerre relance le projet en rassemblant des financements de France, d'Italie, d'Allemagne, de Grande-Bretagne et du Canada. La chaîne publique Antenne 2 apporte son soutien en 1988 avec la condition de ne diffuser les six heures de film que deux ans minimum après la sortie en salles, pour ne pas la pénaliser.
La production est pressée par le temps, l'objectif de sortir durant l'année 1989 étant très court pour un tel projet. Le diptyque est ainsi séparé entre deux réalisateurs, qui vont devoir tourner de manière simultanée. Le premier film Les Années lumière est confié au réalisateur français Robert Enrico, artisan de grands succès populaires tels que Les Grandes Gueules (1965), Les Aventuriers (1967) ou Le Vieux Fusil (1975). Le réalisateur britannique d'ascendance française John Guillermin, derrière les blockbusters hollywoodiens La Tour infernale (1974) et King Kong (1976), est engagé pour mettre en scène le deuxième film Les Années terribles. Il est remplacé en cours de tournage par le réalisateur américain Richard T. Heffron, venu de la télévision, à l'œuvre notamment sur les mini-séries historiques Nord et Sud (1985), immense fresque sur l'histoire des États-Unis au , et (1987), sur la relation amoureuse entre Napoléon et Joséphine de Beauharnais de 1794 à 1814. Le scénariste britannique reprend le travail laissé par Decaux. Daniel Boulanger, collaborateur de Philippe de Broca et Jean-Paul Rappeneau, livre les dialogues français.
La création des costumes est menée par Catherine Leterrier, à partir de six mois avant le tournage. Leur confection est assurée par les ateliers de couture des quartiers asiatiques de Paris. Des costumes sont coupés d'après des patrons d'époque conservés dans des musées. D'autres sont chinés dans des brocantes. La seule patine des costumes nécessite .
Au début du projet, le titre complet du diptyque est La Révolution française, pour que vive la liberté...
Choix des interprètes vignette|redresse|Jane Seymour (ici en 1988) incarne la reine Marie-Antoinette.
Le tournage commence alors que certains rôles ne sont pas encore distribués, comme Marat, Desmoulins et Marie-Antoinette. Michel Piccoli est envisagé dans le rôle de Necker et Sandrine Bonnaire pour Charlotte Corday. Pour la reine, puisqu'elle est étrangère, Clermont-Tonnerre et Mnouchkine courtisent des vedettes américaines pour accéder au marché anglo-saxon mais les agents leur rétorquent que le rôle est trop secondaire et s'arrête bien avant la fin du film. Greta Scacchi est évoquée dans ce rôle.
Ce sont les propres enfants de Jane Seymour qui interprètent les enfants de la reine Marie-Antoinette. Édouard Baer, alors inconnu, interprète le furtif rôle d'un pendu. Samy Naceri est également présent comme figurant.
Le rôle du marquis de La Fayette, héros de la guerre d'indépendance des États-Unis, est donné à une révélation du cinéma américain, Sam Neill, après avoir été prévu pour Sam Waterston.
Il s'agit, avec Nikita, de l'un des derniers films dans lequel apparaît Jean Bouise, mort quatre mois avant la sortie du film.
Tournage Le film en deux parties requiert 185 jours de tournage (un article d' prévoit 280 jours). Les prises de vues des deux parties s'enchevêtrent dans l'emploi du temps. Le coût prévu au début du tournage est de de francs. Du fait de la distribution et de la diffusion internationale, le film est tourné en français et en anglais, l'ensemble des scènes étant joué en double. Au vu des accents des uns et des autres dans ces deux langues, le film requiert quoi qu'il en soit une postsynchronisation. Le public anglo-saxon rejetant le doublage, les diffuseurs bénéficient ainsi avec le double tournage d'images où le mouvement des lèvres de tous les comédiens permet de réaliser plus discrètement la postsynchronisation en anglais (de même qu'en français).
Lançant ce complexe tournage, les scènes reconstituant la prise de la Bastille sont filmées devant le château du roi René à Tarascon. Enrico raconte : . Cinq cent figurants locaux sont employés. Les figurants ont des difficultés avec la version anglaise. La Marine participe également à la scène.
Dirigée par John Guillermin, la bataille de Valmy a été tournée à Huez, près de Bona dans la Nièvre, sur les 20 hectares du terrain de Pierre Laporte. Ce tournage a duré une semaine avec 400 soldats volontaires, appelés du contingent venus du d'artillerie de Nevers, du de circulation routière de Dijon, du du train d'Auxonne, 30 civils, une quinzaine de chevaux avec autant de cavaliers et l'équipe technique de près de 200 personnes. La participation d'un régiment à des manoeuvres militaires annuelles est annulée pour le consacrer au tournage du film. Le moulin a été reconstitué sur la colline. Les soldats volontaires pour figurer dans le film ont dû se laisser pousser les cheveux et la barbe pour se rapprocher le plus possible de la réalité historique.
Les scènes se déroulant à la prison du Temple ont été tournées au château de Vincennes, et celles présentant les États généraux à Bordeaux.
La scène se déroulant à Nancy a été tournée dans l'enceinte du château de Fontainebleau en avec des appelés du contingent de la base aérienne de Villacoublay et des musiciens de la Garde républicaine. Les costumes ont été faits sur mesure avec essayage dans les anciens studios de "L'Île aux enfants" à Joinville-le-Pont. Cette scène, qui dure un peu plus de 2 minutes à l'écran, a nécessité 18 heures de tournage, notamment à cause d'une météo capricieuse, caractérisée par des éclaircies et des périodes humides. Mario Luracchi était présent sur les lieux pour gérer ses chevaux qui devaient rester immobiles. Des périodes de "dégourdissement" étaient nécessaires.
Durée du tournage : 6 mois (2 équipes) ; début du tournage en Nombre de techniciens : 380 Nombre de comédiens : 200 Nombre de figurants : .