Blicquy est une section de la ville belge de Leuze-en-Hainaut, située en Région wallonne dans la province de Hainaut.
Toponymie
Géographie
Évolution démographique
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.
Histoire
Liste des bourgmestres de 1830 à 1977
Alexis du Roy de Blicquy, de 1830 à 1875, (Parti Catholique). Charles De Bruycker, de 1904 à 1944, (Parti Catholique).
Patrimoine
Située sur la chaussée Brunehaut, Blicquy est riche d'un important patrimoine historique. Sites gallo-romains de Blicquy-Aubechies. Église Saint-Lambert, en briques, construite en 1776. Autel de Saint-Lambert (Renaissance), statue de saint Lambert en bois sculpté et polychrome (). Fonts baptismaux gothiques en pierre bleueBulletin des commissions royales d'art et d'archéologie, LXIXe année - 1930 (juillet-décembre), Académie Royale de Belgique, Bruxelles, 1930, . . Plusieurs chapelles, dont la chapelle Notre-Dame des Champs Château de la Catoire
Sites gallo-romains de Blicquy-Aubechies Les sites gallo-romains de Blicquy-Aubechies chevauchent deux communes actuelles : Leuze-en-Hainaut et Beloeil, toutes deux dans la province de Hainaut en Belgique. Ce site est occupé dès la Préhistoire. À la période romaine, une agglomération se développe sur un carrefour routier et un complexe cultuel monumental prend place à 2,5 kilomètres à l’ouest. vignette|Carte du site gallo-romain de Blicquy-Aubechies. 1. Voie romaine Bavay-Velzeke ; 2. Chaussée partant vers la côte ; 3. Agglomération routière, « Camp Romain » ; 4. Zone cultuelle, « Ville d’Anderlecht » ; 5. Sanctuaire; 6.Théâtre ; 7. Villa d'Aubechies ©(SOURIS, T., d’après PARIDEANS, N., dans GILLET, E. et al., 2009, ).
Topographie L’occupation gallo-romaine, à la jonction des villages de Blicquy et d’Aubechies, comprend deux pôles de développement : une agglomération routière sur le lieu-dit « Camp Romain » et un complexe cultuel au lieu-dit « Ville d'Anderlecht ». Ces deux implantations se situent dans la civitas des Nerviens, dont la capitale est Bavay (Bagacum) qui se trouve à au sud-ouest. Le cours de l’Escaut, passant par Tournai (Turnacum) plus à l’ouest, constitue la frontière de la civitas avec celle des Ménapiens. L’agglomération comporte des habitations, un quartier artisanal et une nécropole à incinération. Elle se développe près d'un carrefour routier. En effet, la chaussée Brunehaut, qui relie Bavay à Blicquy, se dédouble à cet endroit. Une route se dirige vers le nord-ouest, en direction de l'Escaut et des agglomérations côtières tandis qu'une autre se dirige vers le nord, en direction de Velzeke. Cette agglomération se déploie le long d’un affluent de la Dendre : le Secours de la Dendre. Le site connaît alors une certaine prospérité grâce à la facilité de l'approvisionnement en eau, à la qualité du sol limoneux et, de facto, à la fertilité de la région. Le complexe cultuel gallo-romain se trouve à à l'ouest du premier site et comprend un sanctuaire, un théâtre, un aqueduc, des thermes et un quartier artisanal. Nonobstant l’absence d’éléments naturels susceptibles d'expliquer cette implantation, excepté les sources de la Dendre, le site connaît une longue vie rituelleGILLET, E., PARIDAENS, N. et DEMAREZ, L., 2006, . .
Fouilles Les deux sites sont connus depuis plusieurs siècles. En effet, dès 1783, P. J. Heylen y repéra des monnaies romaines et, en 1848, D. Toilliez, y découvrit des tessons de poterie et des tuilesDE LAET, S.-J., VAN DOORSELAER, A., SPITAELS, P., THOEN, H., 1972, .. À partir des années 1950, les premières données archéologiques sont mises au jour par Léonce Demarez et Marcel Amand. La zone du lieu-dit « Camp Romain », bien que mal connue, révèle des traces d'habitation. Ce site a été fouillé durant les années 1950 et 1960 ; les vestiges mis au jour étaient des fours de potiers et de tuiliers, des puits, une cave, un bas-fourneau et une nécropole à incinération.
Les premières fouilles sur le complexe cultuel de la « Ville d'Anderlecht » en 1953 ont mené durant plusieurs décennies, à une fausse interprétation du site selon laquelle il s'agirait d’une villa gallo-romaine. Le temple gallo-romain de ce site ne sera dévoilé par photographie aérienne qu'en 1976 grâce à des conditions climatiques opportunes. Dès 1978, différentes campagnes amateurs de fouilles gérées par Léonce Demarez, sont entreprises, avec des moyens modestes par le Cercle de Tourisme et de Recherches Archéologiques de Blicquy-Aubechies. En 1993, un plan d'ensemble est enfin dressé et, la même année, la découverte du théâtre par Léonce Demarez, lors de sondages au sud-est du sanctuaire, donne au site une importance nouvelle. En 1994, la Région Wallonne accorde des subsides pour le dégagement et la fouille du théâtre. La fouille dure deux ans ; les archéologues recherchent une vue d'ensemble de ce théâtre et procèdent par un décapage extensif. Cette structure ne conserve aucune élévation et les vestiges archéologiques ont été fortement détériorés par l'érosion et l'agriculture intensive. Les fouilles de ce site révèlent aussi des traces d'habitat, des puits, un atelier de bronziers et un bâtiment avec une pièce sur hypocauste. Un quartier artisanal met en évidence le travail du bronze et de la céramique dans une zone proche du théâtre ; ce quartier est fouillé en 1968 et dans les années 1980.
Sites
Agglomération routière L’agglomération gallo-romaine se développe principalement de part et d’autre de la chaussée romaine. L’état actuel des recherches laisse penser que cette occupation est tout à fait distincte du sanctuaire. Aujourd’hui encore, de nombreuses discussions tentent de déterminer s’il s’agit d’un vicus ou non. En effet, certains spécialistes penchent pour la dénomination de vicusDE LAET, S.-J., VAN DOORSELAER, A., SPITAELS, P., THOEN, H., 1972, passim. Et plus récemment BRULET, R., dir., 2008, ., au vu de l’importance du site tant sur son étendue que sur l’importance de sa nécropole. Cependant, d’autres émettent des réserves quant à ce terme. Nous ne disposons à ce jour d’aucun document permettant d’affirmer ou d’infirmer telle ou telle hypothèseGILLET, E. et al., 2009, .. Autour de cette agglomération routière, se situent une dizaine d’édifices, dont la fonction résidentielle n’est que supposée. Ils s’étendent sur les villages de Blicquy, Aubechies, Chapelle-à-Oie, Ormeignies, Ellignies-Saint-Anne et QuevaucampsGILLET, E. et al., 2009, .. Cette disposition reflète la centuriation romaine mise en place par les Romains en province.
Centre artisanal Le site de production se situe surtout à l’ouest de la chaussée. Sur ce dernier, cinq fours de potiers de forme circulaire sont trouvés ainsi qu’un four de tuiliers. Tout près de ce site, un sondage met en évidence une fosse d’extraction d’argile et, dans les environs de ce quartier, est trouvée en 1965 une statuette du dieu Mars d'une hauteur de 20 cm, aujourd'hui exposée aux Musées royaux d'Art et d'Histoire de BruxellesGILLET, E. et al., 2009, .. Cette statuette est de moindre qualité en comparaison de celle retrouvée dans l'espace cultuel lors de la campagne de fouilles 1994-1996. Cette autre statuette, d'excellente facture et haute de , est actuellement conservée au Centre d'Interprétation des Cultes et des Croyances Antiques (CICCA) à l'Archéosite et musée d'Aubechies.
Nécropole
Une nécropole à incinération remontant à la période gallo-romaine est située au sud-ouest de la chaussée. Cet ensemble funéraire, fouillé partiellement, comporte environ cinq cents tombes et constitue, dès lors, un des dix sites à fonction sépulcrale les plus importants en BelgiqueDE LAET, S.-J., VAN DOORSELAER, A., SPITAELS, P., THOEN, H., 1972, .. Parmi ces sépultures, seules quatre-cent-sept sont datables de l’époque romaineLes renseignements fournis par la fouille de L. Demarez sur les 100 autres tombes ne sont pas fiables et ne peuvent donc faire l’objet d’une étude. Cfr. DE LAET, S.-J., VAN DOORSELAER, A., SPITAELS, P., THOEN, H., 1972, .. Ces dernières se présentent en types différents et en proportions variables. Ainsi, dans 88,9 % des cas, la tombe est une simple fosse creusée dans le sol. Elle peut être délimitée soit par un coffrage en bois (2,4 %), soit par un caveau en pierres de Basècles ou de Grandglise avec parfois une niche latérale (6,9 %). Enfin, 1,7 % des sépultures sont délimitées par un caveau en pierre ou en tegulae. La majeure partie du matériel archéologique est daté de la deuxième moitié du et du ap. J.-C. Les céramiques présentes dans ces tombes, permettent de dater avec plus de précision l’occupation du site. Ainsi sur les quatre-cent-sept tombes datables, différents types ont été observés : la poterie sigillée (14,75 %) la poterie dite « belge » (66 %), la céramique à enduit rouge-pompéien (18,4 %), la céramique savonneuse (23,5 %), la poterie vernissée (6,6 %) et la poterie dite « de Blicquy (32 %)DE LAET, S.-J., VAN DOORSELAER, A., SPITAELS, P., THOEN, H., 1972, ..
Complexe cultuel
Sanctuaire vignette|Plan détaillé du sanctuaire de la « Ville d'Anderlecht » à Blicquy. 1. annexe où arrive l'aqueduc ; 2. cella phase II ; 3. galerie ; 4. Hémicycle ; 5. Pièce attenante à l’hémicycle ; 6. Aqueduc ; 10. Bâtiment à l’angle nord-ouest ; 11. Entrée ; 15. cella phase I ; 16. Culina ; 17. lucus ©(SOURIS, T., d’après GILLET E., DAO: LEDUC, C. et PARIDEANS, N., dans GILLET, E. et al., Le sanctuaire de Blicquy « ville d'Anderlecht ». 1, Campagnes 1994-1996, les vestiges néolithiques et protohistoriques, le théâtre gallo-romain, le secteur artisanal sud-est, Namur, 2009, (Étude et document, archéologie, 12). thumb|right|Reconstitution du fanum de Blicquy. Archéosite d'Aubechies. Une occupation préaugustéenne a été identifiée au sud-ouest du fanum du sanctuaire. Un dépôt humain daté au 14C entre 200 av. J.-C. et 50 av. J.-C., consistant en ossements provenant peut-être d'individus différents (un crâne, un fragment d'omoplate, un humérus, un fémur et sans doute un radius), évoque les pratiques rituelles celtiques. Le dépôt matériel (une poterie fabriquée à la main, potins nerviens et quelques armes miniatures en métal) mis au jour dans la même zone, permet de préciser la datation de cette occupation protohistorique entre 50 av. J.-C. et 30 av. J.-C.GILLET, E., PARIDAENS, N. et DEMAREZ, L., 2006, . .
Un peu à l'est du fanum du sanctuaire gallo-romain, ont été retrouvées les fondations en pierres sèches d'un bâtiment quadrangulaire de sur , détérioré par l'installation d'une fosse à offrandes plus tardive (favissa). Les caractéristiques techniques de cette structure prouvent son origine gallo-romaine. L'élévation, purement hypothétique quant à elle, aurait été en matériaux légers comme le bois ou le torchis. L'absence de bâtiment contemporain dans le secteur autorise l'identification de cette structure comme l'édifice principal. Sa situation dans un espace rituel celtique permet de préciser sa fonction cultuelle ; ce temple date de la période augustéenne et de la deuxième moitié du ap. J.-C.GILLET, E., PARIDAENS, N. et DEMAREZ, L., 2006, . . Ce bâtiment constitue donc la première phase de l'occupation gallo-romaine.
Les vestiges les plus importants correspondent à des réaménagements d'envergure de l'espace cultuelGILLET, E., PARIDAENS, N. et DEMAREZ, L., 2006, . et à une deuxième phase d'occupation gallo-romaine. En dépit de l'érosion, des cultures intensives et de la récupération de matériaux au cours des siècles, la restitution du plan à partir des fondations retrouvées s'est avérée possible. Une enceinte (péribole) trapézoïdale délimite la zone sacrée (téménos) de 85,5 ares. Elle est pourvue, aux côtés nord () et sud (), de portiques ouverts sur l'intérieur.