Les Shadoks est une série télévisée d’animation française en de deux à trois minutes, créée par Jacques Rouxel, racontée par Claude Piéplu, et produite par la société AAA (Animation art graphique audiovisuel).

La série a été diffusée sur la Première chaîne de l'ORTF entre le . et le (trois premières saisons) et la quatrième saison, produite par AAA, à partir du sur Canal+.

Synopsis vignette|Caricature d’un Shadok dont le corps a été remplacé par le logo de l’encyclopédie Wikipédia.

La série relate les différentes histoires et mésaventures des Shadoks, des créatures anthropomorphes à l’apparence d’oiseaux rondouillards, avec de longues pattes filiformes, des ailes minuscules et préhensiles, et de rares cheveux.

Ils possèdent pour tout vocabulaire quatre mots monosyllabiques : « Ga, Bu, Zo, Meu ». Ces mots servent aussi de chiffres pour compter (en base 4).

Les Shadoks vivent sur une planète aux volumes changeants, dont ils tombent parfois. Bêtes et méchants, ils construisent des machines improbables qui ne fonctionnent pas, le plus souvent sous l’impulsion du Professeur Shadoko. La plus emblématique de ces inventions reste la « Cosmopompe » destinée à pomper le « cosmogol 999 », allusion à la propulsion à propergol solide (série BU), les Shadoks ayant pour but de construire une fusée pour rejoindre la Terre (la série a été écrite pendant la conquête spatiale) ; un projet auquel ils consacrent de nombreux essais aboutissant à autant d’échecs. Depuis lors, la principale occupation des Shadoks est de pomper. D’autres machines suivront, comme la machine à pilules qui manque de leur coûter la vie dans la série ZO.

Les Shadoks ont pour antagonistes les Gibis, êtres supérieurs qui, par pitié, aident les Shadoks qui ne représentent pour eux aucune menace réelle. Les Gibis sont coiffés d’un chapeau melon qui leur donne leur supériorité intellectuelle, leur permettant d’élaborer en commun des systèmes efficaces, de communiquer et de se moquer des ratages des Shadoks. En cas de perte de ce chapeau, ils sombrent dans la stupidité. Les Gibis vivent sur une planète plate mais à l’équilibre instable, et eux aussi convoitent la Terre. Celle-ci, qui se trouve entre les planètes des Shadoks et des Gibis, est habitée par un seul être, l’insecte cracheur de feu Gégène.

Réception En 1968, lors de la diffusion de la première saison, la série divise les Français en deux camps, créant la première polémique de la télévision française, tous ne goûtant pas l’humour absurde de la série..

L’ORTF entretient volontairement la polémique sur un ton humoristique et décalé en produisant en 1969 l’émission Les Français écrivent aux Shadoks réalisée par Gérard Pirès, mettant en scène Jean Yanne répondant ou commentant les lettres reçues... Dans un format de trois minutes, il en profite pour présenter les personnes à l’origine de la série, au premier rang desquelles Jacques Rouxel. L’émission va accompagner la diffusion de la deuxième saison des Shadoks.

Genèse Vers 1966, Jacques Rouxel propose un premier film d’animation « Drôles d’oiseaux », dans lequel évoluent un inventeur et un oiseau. Le projet n’est pas retenu par les studios d’animation. En 1966, inspiré par les américains., Jacques Rouxel transforme son projet en spots d’interludes. qu’il présente à l’ORTF, au Service de la recherche.. Les Shadoks sont des oiseaux avec de longues pattes au graphisme simple, uniquement au trait..

Rouxel revendique une forte inspiration des dessins de Saul Steinberg, qu’il admire, et revendique un style extra-plat, sans perspective ni relief. Pour l’humour absurde, il se réfère à Alphonse Allais, à Alfred Jarry et au poète anglais Edward Lear, popularisateur des limericks. D’autres rapprochent son trait des étranges oiseaux représentés par le peintre Paul Klee dans sa toile La Machine à gazouiller (1922).

Le projet est bien accueilli par André Voisin, le directeur des programmes, Michel Treguer et par Pierre Mandrin, le directeur de production.. Débute alors la production de quelques spots sur un animographe , et qui permet de faire du dessin animé. L’équipe est composée de René Borg, chef animateur et réalisateur, et d’Élisabeth Savel, dessinatrice d’animation. Le format ne convenant pas, André Voisin et Jacques Rouxel décident de faire du projet un feuilleton.

Jacques Rouxel, considérant que ces volatiles sont bêtes et méchants, leur donne un nom composé de consonnes dures, comme le D et le K. Il s’inspire également du groupe de rock très populaire à l’époque .. Dans la première description de la bible littéraire et graphique de la série, les Gibis s’appellent d’abord les Zibis. Parfaitement antagonistes par rapport aux Shadoks, tant côté caractère que côté graphisme, ils deviendront assez rapidement les Gibis, en référence à la prononciation anglaise des initiales de la Grande-Bretagne (G.B.)Propos de Jacques Rouxel dans l’émission Les Shadoks, mythe ou légende, incluse dans le DVD bonus de l’édition intégrale.. Cette allusion aux Britanniques est renforcée par le fait que les Gibis portent un chapeau melon, ce qui leur permet de communiquer entre eux. À souligner que Jacques Rouxel était anglophile, parlait couramment l’anglais et s’inspirait beaucoup de l’humour et de la poésie britanniques.

vignette|gauche|Claude Piéplu incarne la voix du commentaire caractéristique de la série. La série suscite l’une des premières grandes polémiques de la télévision française.. On aurait compté parmi les téléspectateurs une moitié pour et une moitié contre ; c’est cette proportion que l’on retrouve dans les courriers reçus.. En revanche, les rapports d’audience des deux premières séries sont hostiles à l’émission à près de 80 %. La quantité phénoménale de courriers de téléspectateurs ( conservés, et peut-être ) a fait l’objet d’une émission présentée par Jean Yanne (épaulé de temps à autre, par Les Charlots. ou Daniel Prévost.) dans laquelle celui-ci lit les lettres : « Les Français écrivent aux Shadoks »..

Saisons À l’origine, les trois premières saisons n’ont pas de titre officiel. et la quatrième série est nommée « Les Shadoks et le Big Blank ». Les titres des trois premières saisons ont été donnés au moment de l’édition en VHS.

D’après Thierry Dejean, ces titres rompent avec les mathématiques shadokiennes selon lesquelles les quatre saisons auraient dû être numérotées « GA », « BU », « ZO », « MEU » (ce qui est discutable puisque « GA » correspond à zéro ; or, on ne commence jamais par zéro quand il s’agit de numéroter des saisons, sauf peut-être dans le monde shadok) et le titre de la première série « La préhistoire » est inadapté puisque .

Première saison (1968) La première saison (numérotée « BU » et nommée La préhistoire dans l’édition VHS) comprend cinquante-deux épisodes de deux minutes chacun, en couleur. Réalisée en 1968, c’est la seule faite à l’animographe. Elle est diffusée à partir du sur la Première chaîne de l'ORTF, est interrompue par les événements de , et reprend au mois de septembre. C’est ici que l’on trouve une grande partie des bases de la logique shadok et que sont présentés les personnages principaux. Pendant toute la saison (ou presque), les Shadoks tentent de se rendre sur la Terre, sans succès avant la toute fin, dans des tentatives relativement répétitives.

Fiche technique Production : Service de la recherche de la RTF Réalisation : René Borg Textes et : Jacques Rouxel Commentaires (voix) : Claude Piéplu Musique : Philippe Beetz et Robert Cohen-Solal Musique des génériques début et fin : Ted Scotto.

Deuxième saison (1969) La deuxième saison (numérotée « ZO » et nommée Le grand déménagement de la Terre dans l’édition VHS) comprend réalisés en 1969, diffusés à partir du sur la Première chaîne de l'ORTF.

Cette saison a été faite à la suite de nombreuses plaintes de téléspectateurs et elle est plus variée que la première du fait du passage de l’animographe aux dessins réalisés à la main sur un plus grand formatVoir l’émission télévisée Les Shadoks, mythe ou légende..

Fiche technique Production : Service de la recherche de la RTF Réalisation : Robert Richez Textes : Jacques Rouxel Commentaires (voix) : Claude Piéplu Musique : Robert Cohen-Solal Musique génériques de début et de fin : Ted Scotto.

Troisième saison (1972-1973) La troisième saison (numérotée « MEU » et nommée Les Shadoks pompent toujours dans l’édition VHS) comprend réalisés entre 1972 et 1973, diffusés à partir du sur la Première chaîne de l'ORTF, puis sur TF1 à partir de 1975.

Du point de vue du scénario, l’histoire se situe dans la continuité de la deuxième saison. Par la suite, cette saison a une histoire qui lui est propre et qui s’éloigne de celle des précédentes saisons, avec nombre de nouveautés : les valises à ancêtres…

Fiche technique Production : ORTF Réalisation : Jacques Rouxel assisté de Jean-Paul Couturier Textes : Jacques Rouxel Commentaires (voix) : Claude Piéplu Musique : Robert Cohen-Solal.

Quatrième saison (2000) La quatrième et ultime saison, nommée Les Shadoks et le Big Blank (numérotée « BU-GA » dans l’édition VHS), comprend réalisés en 2000 diffusés à partir du sur Canal+.

Elle reprend pour partie quelques thèmes des saisons précédentes. Le sujet principal en est la peur de la fin du monde puis de la « Bougrinette » (la mort ou la fin inéluctable incarnée), qui est la cause de la fin de l’univers où évoluent les Shadoks.

Fiche technique Production : AAA, Canal+ et INA Réalisation : Jacques Rouxel et Laurent Bounoure Textes : Jacques Rouxel Commentaires (voix) : Claude Piéplu Musique : Robert Cohen-Solal.

Cinquième saison (2025) Une cinquième saison, après la mort de Jacques Rouxel, est prévue sous le titre Les Shadoks - La Nouvelle collection par un trio de sociétés de production, aaa, EnoKawa et NORE Studio et doit être lancée en production en 2025. avec de trois minutes. Elle se distingue toutefois des quatre premières saisons : chaque épisode est censé être autonome et confié à un auteur différent, et la saison doit regrouper des styles d’animation variés. Toutefois, la saison n'a pas été présentée au Festival d'Annecy 2026, comme il était prévu à l'origine.

Épisodes et saisons spéciales En 1985, une série de quatre dessins animés pédagogiques est produite par la Cité des sciences et de l'industrie de la Villette, écrite à nouveau par Jacques Rouxel et réalisée par Laurent Bounoure. Elle vise à vulgariser sur un mode humoristique la thermodynamique et elle est diffusée dans l’espace enfants de la Cité. Elle comporte quatre épisodes de cinq minutes environ : 1. Le moteur perpétuel, 2. Le mouvement perpétuel, 3. La machine à vapeur, 4. L’entropie..

En 1992, aaa réalise pour Canal+ l'épisode Promesses dans lequel les Shadoks tournent en dérision, sur des archives de l’INA, les candidats de l’élection présidentielle de 1965, Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jean Lecanuet, Pierre Marcilhacy, Jean-Louis Tixier-Vignancour et Marcel Barbu. L’épisode n’a pas de narrateur : on entend les déclarations politiques de l’époque entrecoupées par les exclamations des Shadoks.

En 2015, aaa produit un épisode spécial Les Shadoks et la Maladie mystérieuse, sur la liberté d'expression, pour la collection « Dessine toujours ! » des programmes courts de Canal +. Il est réalisé par Thierry Dejean avec la voix de Benoît Poelvoorde.

À partir de la rentrée 2026, un duo de créateurs de contenu se sont regroupé dans Les Shadoks La Collab, afin de proposer de nouveaux épisodes, adaptés aux codes d'aujourd'hui, ceux des réseaux sociaux.

Fiche technique Claude Piéplu : le narrateur Robert Cohen-Solal : musique originale des Shadoks Ted Scotto : compositeur et interprète des génériques de début et fin

Univers Personnages principaux Les Shadoks