La Philippine Air Force (PhAF) est la force aérienne des Philippines, son nom officiel en Filipino (Tagalog) est Hukbong Panghimpapawid ng Pilipinas.
Alors qu'elle était la plus moderne de l'Asie du Sud-Est dans les années 1960, les problèmes économiques et politiques du pays font qu'actuellement elle est dépassée par les forces voisines mais a un rôle important dans la lutte contre les diverses factions antigouvernementales.
Historique De sa création à la seconde guerre mondiale L'origine de la PhAF remontent à janvier 1920 quand, alors que les Philippines étaient sous domination des États-Unis, la Curtiss Aeroplane Company School of Aviation entreprit la formation de pilotes militaires philippins au Camp Claudio, à Paranaque, au sud de Manille.
Les forces armées des États-Unis seront stationnées en force dans l'archipel jusqu'au début des années 1990 assurant l'essentiel de la protection aérienne et maritime de celui-ci.
En 1936, un corps aérien, le fut créé au sein de l'armée de terre philippine.
Seconde guerre mondiale thumb|Cérémonie de la Philippine Army Air Corps le par le général Douglas MacArthur Fin 1941, intégré à la United States Army Forces in the Far East, il comptait 28 chasseurs Boeing P-26 Peashooter, 5 bombardiers Martin B-10 et une cinquantaine de biplans et d'avions utilitaires et comprenait commandés par 275 officiers, en grande partie américains.
Après l'attaque de Pearl Harbor, ses modestes moyens furent anéantis lors de la bataille des Philippines par l'empire du Japon en 1942 au début des campagnes du Pacifique. Le premier pilote qui perdit la vie durant le conflit fut le Lieutenant César Basa le .. Les pilotes philippins aux commandes de leur P-26 ont cependant obtenus quelques victoires contre les appareils japonais tels le Captain Jesus Villamor. ou le First Lieutenant José Kare.
Voici l'ordre de bataille au Le Fana de l'Aviation, hors série , décembre 1995 :
Nom d'unitéMatérielBase Pursuit Squadron12 P-26A3 B-10BBatangas Observation Squadron2 Cabanatuan Bombing Squadron2 B-10BCabanatuanRéserves16 P-26ADivers
Durant la guerre froide thumb|North American P-51D Mustang de la PaF dans les années 1950.|alt=North American P-51D Mustang de la PhAF dans les années 1950. Ce corps aérien reconstitué après la libération de l'archipel s'affranchit le de la tutelle de l'armée de terre, un an après l'accession à l'indépendance totale de l'archipel.
La jeune force aérienne fut dotée de North American P-51D Mustang en 1949, ils seront utilisés contre les guérillas communiste et islamique qui secouaient déjà le pays.
vignette|Un H-13 philippin en 1956.
Les premiers avions à réaction firent leur apparition avec l'arrivée des T-33 Thunderbird en , suivis d'une soixantaine de F-86F Sabre à partir de 1957. thumb|Un F-86F Sabre en 1959. En 1963, ces derniers volèrent pour l'ONU et affrontèrent durant la crise congolaise l'armée katangaise.
Elle entra dans l'ère supersonique en 1965, lorsqu'elle commença à recevoir des Northrop F-5 Freedom Fighter. Les Philippines ont également utilisé l'excellent chasseur Vought Crusader F-8U à partir de 1977 et ont été avec l'aéronavale française un des derniers pays à le retirer du service actif en 1991.
thumb|Hélicoptère UH-1N en 1982 Entre 1965 et 1986, sous le régime de Ferdinand Marcos, le pays connut une récession économique telle que les forces armées durent renoncer à se rééquiper. Ainsi, quand il fut renversé en février 1986, la PhAF disposait surtout de matériels adaptés à la lutte anti-guérilla, mais non taillés pour répondre à d’éventuelles menaces extérieures qui, heureusement, ne se précisèrent pas.
Après le départ de Marcos, la montée en puissance des insurgés communistes et des séparatistes musulmans du Front Moro islamique de libération est devenue un problème majeur pour l’armée philippine qui a dû consacrer l’essentiel de ses efforts pour les combattre.
Il y eut une série de six tentatives de coup d'État entre 1985 et 1986 de la part du pour renverser la présidente Corazon Aquino. La , plus grave, commença le , lorsque trois T-28D Trojan rebelles attaquèrent le palais présidentiel de Malacañang avec des roquettes et des tirs de mitrailleuses, les soldats rebelles ont fait une hypothèse erronée selon laquelle ils ont le contrôle de l'air à travers une neutralisation efficace de la de chasse; les soldats rebelles sur la base Mactan ayant piégé avec succès la plupart des F-5 et empêchant les pilotes d'interférer avec les opérations de la rébellion. À la base aérienne de Basa, il y avait trois F-5A et un F-5B avec capacité partielle de mission. Le major commandant du de chasse de cette base décolla avec trois F-5 pour contester la suprématie aérienne aux rebelles. Ses avions bombardèrent le la base de Sangley sous la DCA rebelle et détruisirent 7 T-28, un hélicoptère Sikorsky et un dépôt de carburant mais Atienza fut tué lors de l'attaque lors de l'explosion du dépôt de carburant.. L'élimination des T-28 a permis l'arrêt de ce coup d'État. Pour son héroïsme Atienza a été décoré à titre posthume. En l'honneur de son sacrifice l'aérodrome de Sangley Point a été nommé ..
La fin de l'ère américaine et lutte contre le terrorisme En 1991, alors que l’USAF avait décidé d’évacuer la base aérienne de Clark fortement endommagée par l’éruption du volcan Pinatubo, le gouvernement de Manille refusa de renouveler l’accord de 1947 autorisant les États-Unis à utiliser des bases militaires dans le pays. Dès lors, la défense du pays reposa uniquement sur l’armée nationale, la surveillance et le contrôle de l’espace aérien étant placés du jour au lendemain sous la responsabilité d’une dizaine de F-5 appartenant au TFS.
Conscient de la gravité de la situation, le gouvernement du président Fidel Ramos, élu en 1992, élabora une loi de programmation militaire sur quinze ans visant à moderniser les armées qui fut approuvée le . vignette|Deux T-129 de la PAF, l’un des plus modernes de sont inventaire. Sur les 330 milliards de pesos philippins prévu par cette loi, la majeure partie était réservée à l’acquisition de matériels, à savoir pour la PhAF, des nouveaux chasseurs, des radars, et des avions de patrouille maritime. Malheureusement, la crise économique asiatique en 1997 mit fin au rêve des aviateurs philippins. Avant la dépréciation de la monnaie nationale, la parité était de 26 pesos pour un dollar US, après il fallut compter 50 pesos, si bien que le budget prévu a quasiment fondu de moitié.
De plus, c’est le moment qu’ont choisi les communistes pour recommencer à se manifester, obligeant les forces armées à renouer avec la contre-insurrection. La modernisation ne s’est donc faite qu’en fonction des besoins opérationnels de sécurité intérieure.
Parallèlement, l’état-major s’employa à restructurer la force aérienne afin de la rendre plus réactive. Ainsi les unités furent organisées non plus suivant des critères géographiques, mais selon leur rôle, avec l’instauration de cinq grands commandements, dont un de réserve et un de soutien logistique, les trois autres étant chargés de la formation et de l’entraînement, des opérations tactiques et de la défense aérienne. Ce dernier, pour répondre au vœu du ministère de la Défense qui souhaitait mettre l’accent sur les opérations de sécurité intérieure, fut toutefois ramené au rang d’escadre le , tandis que le Fighter Wing qui lui était rattaché devant le Tactical Fighter Group.
Dix ans après le lancement de ce programme, les objectifs sont encore loin d’avoir été atteints, mais devant la résurgence du terrorisme et de la guérilla, des solutions ont néanmoins été trouvées et la priorité a été donné au reconditionnement d’appareils sous cocon.
Alors qu’en 2002, il n’y avait plus qu’une vingtaine d’hélicoptères et quelques avions de transport et d’entraînement en état de vol (Les F-5 ont été cloués au sol après le crash de l’un des 8 derniers exemplaires le avant d’être rayés des registres le ), une quarantaine d’aéronefs ont été remis en service.
Reconnaissant l’importante contribution des Philippines dans la guerre contre le terrorisme, le président des États-Unis George W. Bush leur a accordé le statut d’« allié majeur hors OTAN » au mois d’.
Ce statut permet de bénéficier en priorité des matériels excédentaires des forces américaines, de participer aux différentes missions de coopération menées à travers le monde et par ailleurs l’entretien des C-130 Hercules de transport est effectué aux frais du gouvernement américain.
Une vingtaine d’hélicoptères utilitaires UH-1 des stocks de l’armée américaine devraient rejoindre ses rangs ainsi que des avions de transports légers et d’autres Hercules.
2005 marque un tournant dans l'histoire de la PAF avec le retrait des derniers F-5. Cet événement laisse la défense aérienne et les missions de police de l'air aux S.211, seuls avions militaires à réaction philippins dont 4 ont été reconditionnés sur les 24 commandés dans les années 1980.
Renaissance depuis 2010 Principalement engagée dans la lutte anti insurrection et les opérations humanitaires, la PAF se voit renforcée en , en passant un contrat pour la livraison dans l'année de 8 hélicoptères polonais multirôles PZL W-3A pour 3 milliards de pesos philippins (64 millions de dollars américain), Florante S. Solmerin, 13 février, Manila Standard Today.
Les Philippines reçoivent leur premier lot de bombes guidées laser Paveway de Raytheon en , elles sont utilisés au combat pour la première fois le par les OV-10 Bronco..
La PAF fut fortement mobilisée en 2013 après le passage du typhon Haiyan (ou Yolanda), mais ces opérations relevèrent alors manque le moyen de l'armée de l'air philippine. Celle ci ne disposait alors que de trois C-130 opérationnels, ainsi qu'un nombre insuffisant d'hélicoptères de transports.
Il faut attendre 2015, 10 ans après le retrait des F-5, pour que la PAF soit de nouveau dotée de chasseurs supersoniques avec la livraison de 12 FA-50PH. Ils sont le fer de lance de la modernisation de l'armée de l'air commencée en 2012 et ne tarderont pas à être utilisés au combat.
Si le typhon Haiyan avait pointé les faiblesses de la PAF, la bataille de Marawi en 2017 mis en avant les avancées faites depuis 2012 et l'accélération de la loi de modernisation des forces armées. La logistique aérienne des opérations fut assurée par les C-130, C-295, UH1, Bell 412 et Sokół.. Le Fokker F28 présidentiel fut lui aussi utilisé pour évacuer les soldats blessés.. Les frappes aériennes ont été conduites par les FA-50PH et AW129 dernièrement livrés, ainsi que par les OV-10 Bronco, SF-260 et MD-520 rompus aux combats. Seule la surveillance fut assurée par l’Australie. et les États-Unis. avec leurs P-3 Orion, les Philippines ne disposant alors d'aucun appareil similaire.
En , la PAF exposa un de ses FA-50PH équipé de missiles air-sol AGM-65 Maverick.. vignette|Un C-130 de la PAF durant la pandémie de Covid-19 La pandémie de Covid-19 mis de nouveau sous pression les escadrons de transport de la PAF. Dotée de seulement cinq C-130 elle est alors privée d'un C-130H (perdu dans un incendie en 2019), d'un C-130H en maintenance à Cebu et d'un C-130T en maintenance en Europe. C'est donc avec seulement deux appareils disponibles que les Philippines organisent les opérations de rapatriement et de collecte de matériel médical à l'étranger; les C-295, NC-212i et GAF Nomad opérant sur le territoire national. Le gouvernement décida alors, durant l'été 2020, l’acquisition de deux C-130H d'occasion et de cinq C-130J neufs auprès des États-Unis ce qui porterait le nombre total de C-130 en dotation à dix (le dernier C-130B arrivant en fin de vie).. Finalement, en , 3 C-130J-30 sont commandés pour une livraison en 2026 3 C-130J-30 commandés en pour une livraison en 2026..