En France, une école nationale supérieure d'ingénieurs (acronyme ENSI) désigne historiquement une école d’ingénieurs qui recrute à bac+2 () et liée à une université nationale.
Elles sont instituées par le décret du séparant les formations d'ingénieurs des facultés. Le diplôme d'ingénieur ne s'obtient plus, alors, qu'au sein d'écoles d'ingénieurs habilitées par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche (MNSR) après accréditation par la commission des titres d'ingénieurs (CTI).
Aujourd'hui certaines se sont regroupées au sein d'Instituts nationaux polytechniques (INP). Elles peuvent appartenir également aux réseaux thématiques Fédération Gay-Lussac (FGL), Polyméca ou groupe ISAE.. L’expression « école nationale supérieure d'ingénieurs » est parfois utilisée pour désigner les écoles recrutant par le biais du concours commun des INP (CC INP), anciennement CCP, puisqu'elles recrutent notamment par ce concours.
Historique Contexte
La création des premières écoles d’ingénieurs est de l’initiative de l’État pour ses cadres civils et militaires, puis des industries à partir du . Vers 1870, les facultés des sciences vont créer des instituts spécialisés dans la chimie ou dans l’électricité. En 1896, la loi Liard permet notamment la constitution d’instituts techniques auprès des facultés. Les deux centres les plus actifs étaient Nancy et Grenoble qui en 1908 délivraient 72 % des diplômes d’ingénieurs universitaires de toute la France. Le diplôme d’ingénieur devient encadré par l’État en 1934 avec la création de la commission des titres d'ingénieur.
1947 : création des ENSI
La création des écoles nationales supérieures d’ingénieurs date du lendemain de la seconde guerre mondiale. En 1947, un décret oblige les instituts de formation d’ingénieurs qui ont été créés au sein des facultés, à se transformer en écoles nationales supérieures d’ingénieurs. La durée de la formation dans ces écoles fut alors fixée à trois ans, sanctionné par un titre d’ingénieur diplômé, et le recrutement fut organisé par le biais d’un concours commun. Il n’existe alors plus d’instituts d'université qui délivrent un diplôme d'ingénieur en dehors des ENSIDécrets , .
La transformation des instituts en ENSI est faite selon la chronologie suivante :
1948 : École nationale supérieure de chimie de Paris (anciennement institut de chimie de la Faculté des sciences de Paris), 1948 : École nationale supérieure d'électrochimie et d'électrométallurgie de Grenoble (anciennement institut d’électrochimie et d’électrométallurgie), 1948 : École nationale supérieure d’électrotechnique et d’hydraulique de Grenoble (anciennement institut polytechnique de Grenoble), 1948 : École nationale supérieure d'électricité et de mécanique de Nancy (anciennement école supérieure d’électrotechnique et de mécanique de l’université de Nancy), 1948 : École nationale supérieure de géologie appliquée et de prospection minière de Nancy (anciennement école supérieure de géologie appliquée et de prospection minière de la faculté des sciences de Nancy), 1948 : École nationale supérieure des industries chimiques (anciennement école supérieure des industries chimiques de l’université de Nancy), 1948 : École nationale supérieure de mécanique de Nantes (anciennement institut polytechnique de l’Ouest), 1948 : École nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique (anciennement institut de mécanique rattaché à la faculté de l’université de Poitiers), 1948 : École nationale supérieure de chimie de Strasbourg (anciennement Institut de chimie de Strasbourg), 1948 : École nationale supérieure agronomique de Toulouse (anciennement Institut agricole de l’université de Toulouse), 1948 : École nationale supérieure d’électrotechnique et d’hydraulique de Toulouse (anciennement Institut d’électrotechnique et de mécanique appliquée de l’université de Toulouse), 1951 : École nationale supérieure de la métallurgie et de l’industrie des mines de Nancy (anciennement École supérieure des mines et de la métallurgie) 1953 : École nationale supérieure de chimie de Bordeaux (anciennement École de chimie industrielle et agricole de Bordeaux), 1953 : École nationale supérieure de chimie de Toulouse (anciennement Institut de chimie de Toulouse), 1953 : École nationale supérieure agronomique de Nancy (anciennement Institut agricole de Nancy), 1953 : École nationale supérieure de chimie de Lille (anciennement Institut de chimie appliquée de Lille), 1957 : École nationale supérieure de chimie de Montpellier (anciennement Institut de chimie de Montpellier), 1957 : École d’ingénieurs des électroniciens (création), 1959 : École nationale supérieure de chimie de Rennes (anciennement Institut de chimie de Rennes), 1961 : École nationale supérieure de chimie de Clermont-Ferrand (anciennement institut de chimie et de technologie industrielles de l’université de Clermont-Ferrand), 1964 : École nationale supérieure d'électronique et d'électromécanique de Caen (anciennement institut technique de l’université de Caen), 1966 : École nationale supérieure de chimie de Caen (anciennement Institut de chimie de Caen).
1969 : loi Faure En 1969 la loi Faure supprime les facultés et crée un nouveau statut pour les universités qui deviennent des établissements publics à caractère scientifique, culturel (EPSC) composés d’unités d’enseignement et de recherche (UER), et auxquels des établissements conservant leur personnalité morale peuvent être rattachés..
Les écoles d’ingénieurs changent de statut. Certaines écoles sont transformées en UER :
Dans le même temps d’autres écoles deviennent une UER érigé en EPSC rattaché à une université.
Enfin d’autres deviennent une UER et sont regroupées dans une nouvelle structure, au statut d’EPSC : les instituts nationaux polytechniques.
1984 : loi Savary Avec la loi Savary de 1984, les EPCS deviennent des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) et les universités sont composés d’unités de formation et de recherche (UFR) et des « instituts et écoles faisant partie des universités ». Avec cette loi, les universités vont créer de nombreuses écoles internes, qui n’ont pas de rapport avec les ENSI « historiques ».
Les écoles d’ingénieurs changent de statut.
Certaines écoles sont transformées en écoles internes à une universitéArticle 33 de la loi Savary, :
D’autres écoles deviennent des établissements publics à caractère administratif rattachés à une universitéArticle 43 de la loi Savary, décrets et , devenu articles D719-186 et suivants du code de l’Éducation, puis articles D741-5 du code de l’Éducation.
L'École nationale supérieure d'informatique pour l'industrie et l'entreprise en 2026
La majorité des établissements publics à caractère administratif rattachés (puis associés avec la loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche de 2013) à une université deviennent progressivement des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel.
L’École nationale supérieure d'informatique pour l'industrie et l'entreprise, associée à l’université Paris-Saclay et à l’Institut Mines-Télécom est la dernière école ayant gardé le statut d’ENSI.
Tournois Les étudiants de ces écoles se rencontrent chaque année au tournoi inter-ENSI (TIE) ou Tournoi Inter-Chimie (TIC). Ces tournois ont été créés à la fin des années 1960. Chaque année une des écoles est responsable de l’organisation. Le dernier tournoi inter-ENSI a eu lieu à Toulouse en 2007 et le dernier tournoi Inter-Chimie a eu lieu à Vichy, organisé par l'école de chimie de Mulhouse en 2026.
Notes et références
Annexes Articles connexes Système éducatif français, Études supérieures en France, Études d'ingénieurs en France
Catégorie:Réseau d'écoles d'ingénieurs