Les religions en Inde se caractérisent par une diversité des pratiques et des fois. Le pays est le lieu de naissance de l'hindouisme, du bouddhisme, du jaïnisme et du sikhisme et accueille de longue date le judaïsme, le christianisme, l'islam et le zoroastrisme. Dans l'histoire de l'Inde, la religion a souvent joué un rôle important, et elle est aujourd'hui reconnue par la loi. La très grande majorité des Indiens se reconnaissent dans une religion et celle-ci joue souvent un rôle primordial dans leur vie.
Statistiques Selon le recensement de 2011., l'hindouisme est de loin la religion la plus pratiquée : elle regroupe plus de de fidèles, soit 79,9 % de la population. L'Inde compte de musulmans, soit 14,2 % de sa population, ce qui en fait le troisième pays en nombre de pratiquants au monde après l'Indonésie et le Pakistan. Les chrétiens, dont certains font partie des plus anciennes communautés chrétiennes du monde (chrétiens de saint Thomas), sont (2,3 % de la population). Les Sikhs, qui habitent en majorité au Penjab, sont (1,7 % de la population). Les bouddhistes sont (0,7 % de la population) et les jaïns (0,4 %).
Il y a aussi des animistes, dont le nombre d'adeptes est difficile à établir, et il y a aussi des bahaïstes, et des ahmadis, qui sont deux courants dissidents de l'islam, et qui sont souvent considérés comme musulmans par les autorités indiennes (surtout au Pendjab et au Cachemire), alors qu'ils ne sont pas considérés comme tels par les musulmans orthodoxes, qui sont eux-mêmes divisés entre sunnites et chiites. Il y a aussi des Parsis et des juifs dont les effectifs sont faibles.
Histoire Évolution de l'hindouisme vignette|, temple de Shiva construit en 1809, à Kalna dans le Purba Bardhaman en Inde. Décembre 2020. L'hindouisme est souvent considéré comme une des plus vieilles religions du monde. Les origines de l'hindouisme pourraient comprendre des éléments issus des croyances de la civilisation de l'Indus, qui existait de 3300 à 1700 avant notre ère, mais aucun élément archéologique ne peut le confirmer. Le texte le plus ancien de l'hindouisme, le Rigveda, a été composé pendant la période védique entre 1700 et 1100 Les premières versions des poèmes épiques du Ramayana et le Mahabharata ont été composés entre 300 et 100 avant notre ère. Après 200, les écoles de pensées hindoues ont été codifiées dans la philosophie indienne : Samkhya, Yoga, Nyaya, Vaisheshika, Purva-Mimamsa et Vedanta.
Expansion du jaïnisme C'est avec Mahâvîra que le jaïnisme, ancienne religion indienne, connaît une expansion significative. Le jaïnisme est proche du Raja yoga dans sa morale ou ses yamas (les cinq vœux moraux sont les mêmes, dont le premier est l'Ahimsâ, Non-violence).
Naissance du bouddhisme
Siddhartha Gautama, dit Shakyamuni (« sage des Śākyas ») ou le Bouddha (« l’Éveillé »), est né au sein du clan Shakya, juste avant la prise de pouvoir des Magadha (546-324 avant notre ère). Sa famille était originaire de ce qui est aujourd'hui le sud du Népal. Le bouddhisme en Inde a atteint son apogée pendant l'Empire Maurya, sous le règne d'Ashoka, qui se convertit au bouddhisme et unifia le sous-continent au Ashoka envoya des missionnaires qui propagèrent le bouddhisme à travers l'Asie.
Introduction du christianisme
Le christianisme aurait été introduit en Inde dès le par Saint Thomas, l'un des douze apôtres de Jésus Christ. Le christianisme est la première religion exogène en Inde, elle a été propagée aux Indiens après avoir été initialement prêchée à la diaspora juive du Kerala. La colonisation par des puissances européennes y a installé d'autres centres de diffusion (catholicisme romain par les Portugais et les Français, protestantisme par les Anglais, surtout dans le nord-est - Nagaland, Mizoram, etc). Le christianisme en Inde est présent à travers diverses obédiences, comme le catholicisme romain, le christianisme orthodoxe, le protestantisme, le baptisme, les Églises orientales.
Introduction de l'islam L'islam est présent en Inde dès le , via des marchands arabes, mais il se développe surtout après les conquêtes musulmanes des Indes, sous le Sultanat de Delhi (1206-1526) et l'Empire moghol (1526-1858).
De nombreux Dalits, ou « intouchables », de religion hindoue, se convertirent à l'Islam, sous l'ère de l'Empire moghol, entre 1526 et 1858. La raison principale des conversions était d'améliorer le statut social, en espérant une vie meilleure, et plus égalitaire, alors que rester Dalit impliquait un statut inférieur, ou souvent une personne était considérée comme moins que rien, par les autres Hindous, avec la perspective d'avoir les tâches ou métiers les plus ingrats, le tout en vivant souvent dans le dénuement, et une grande pauvreté.
Naissance du sikhisme Le sikhisme est fondé par le Guru Nanak (1469-1539). Ses prédications s'adressaient à tous les êtres humains indépendamment de leur religion, de leur caste ou de leur sexe. Le livre saint du sikhisme, le Guru Granth Sahib, a d'abord été compilé par le cinquième gourou sikh, Guru Arjan, d'après les écrits des cinq premiers gourous et des saints d'autres religions. Avant la mort de Guru Gobind Singh, le Sahib a été déclarée comme gourou éternel.
Conflits religieux
Les relations entre les religions hindouiste et musulmane ne sont évidemment pas toujours sereines :
en 2002, à la suite de l'incendie, le 27 février, d’un train ramenant des pèlerins hindous, des extrémistes musulmans sont accusés, seront ensuite massacrés dans l'État du Gujarat. L'enquête conclura que l'incendie fut accidentel.. Le , la ville sainte de Bénarès connaît un triple attentat, revendiqué par le Lashkar-e-QadarIngrid Therwath, « Les principaux attentats en Inde depuis 2001 », dans Courrier international du 27 août 2007, . ; le 8 septembre 2006, l’explosion de trois bombes près de la mosquée de Malegaon, dans l'État du Maharashtra, fait ; le , plusieurs attentats à la bombe, attribués aux islamistes, frappent la ville d'Hyderabad, tuant au moins « Une série d'attentats font au moins dans le sud de l'Inde », dans Le Monde du 25 août 2007, . ; le , plusieurs attentats dans la ville de Jaipur font au moins et Julien Bouissou, « Des attentats font à Jaipur, centre touristique indien », dans Le Monde du 15 mai 2008, , mis en ligne le 14 mai 2008.. Une bombe a explosé dans un temple hindou. À la fin du mois d'août 2008, des hindous s'en prennent aux chrétiens dans l'état d'Orissa, à l'est du pays : les violences font ; sont incendiées ; plusieurs milliers de chrétiens doivent quitter leur villageHenri Tincq, « Nouvelles violences anti- chrétiennes dans l'est de l'Inde », dans Le Monde du 29 août 2008, .. Le , c'est Bombay qui est touchée par une série d'attaques fait au moins , et environ « Plus de et des otages occidentaux dans une série d'attaques à Bombay », dans Le Monde du 26 novembre 2008, .. Ces attentats sont revendiqués par l'organisation islamiste des Moudjahidines du Deccan. L’État de l'Uttar Pradesh adopte en 2020 une législation visant à combattre les mariages interreligieux, agitant la menace du « Love Jihad » (théorie complotiste attribuant aux musulmans l'intention de séduire des femmes hindoues afin de les convertir à l’islam). D'autres États dirigés par des nationalistes hindous, comme le Madhya Pradesh et le Karnataka, pourraient adopter des lois similaires.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Dialogue hindou-chrétien Jésus-Christ tel qu’il a été reconnu par des hindous Animananda (B.), , , Calcutta, 1947. (Sur bhawami Charan Banerji (1861-1907). Membre du Brahmo Samaj puis de l’Église de la « Nouvelle Dispensation », il rejoint l’Église chrétienne anglicane et se fait « sannyasi catholique » sous le nom de Brahmabandhab Upahdhyaya.) Akhilananda, , , New-York, 1949. (Swami Akhilananda (1894-1962) diffusa aux États-Unis le message de Sri Ramakrishna.) Dupuis (J.), Jésus-Christ à la rencontre des religions, Desclée, Paris, 1994 () (L’auteur décrit notamment « les différentes façons dont le néo-hindouisme tend à interpréter Jésus-Christ […] : le Jésus des Béatitudes [Gandhi] ; le Christ de la bhakti [K.C. Sen] ; le Christ de la philosophie néo-vedantine [S. Radhakrishnan] ; le Christ-avatara [Swami Akhilananda] ; le christ yogi [M.C. Parekh] ; le Christ de la mystique d’advaita [Brahmabandhab Upadhyaya] » C'est le livre de référence en français.) Gandhi (M.K.), , Bharatiya Vidya Bhavan, Bombay, 1963. (Le Mahatma (1869-1948), libérateur de l’Inde, a été profondément influencé par le discours de Jésus dans l’Évangile de Saint Mathieu (ch.5, v.1-12)). Maupilier (M.), Les mystiques hindous-chrétiens (1830-1967), Œil, Paris, 1985. Parekh (M.C.), Brahmarsi Keshub Chunder Sen, Rajkot, 1953. Parekh (M.C.), , Rajkot, 1953. (M.C. Parekh vécut de 1885 à 1967) Radhakrishnan (S.), , , , 1939. (S. Radhakrishnan (1888-1975), philosophe, devint président de la République Indienne (1962-1967).) Samartha (S.J.), , , Madras, 1974. (Livre de référence en anglais sur la question, sur lequel s’appuie fortement Jacques Dupuis) Scott (D.C.), Keshub Chunder Sen, , Madras, 1979. Shilpp (P.A.) (ed.), , Tudor, New-York, 1952. Sen (K.C.), , , Cassel, , 1901-1904. (Keshub Chunder Sen (1838-1884), membre éminent du Brahmo Samaj, fonda l’Église de la « Nouvelle Dispensation ») Staffner (H.), , Gujarat Sahitya Prakash, Anand, 1985. Thomas (W.M.), , , Londres, 1969. (Livre de référence sur la question, sur lequel s’appuie fortement Jacques Dupuis)
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