Un côtes-du-roussillon est un vin français d'appellation d'origine contrôlée produit autour de Perpignan dans la plaine du Roussillon, ainsi que sur les coteaux environnant ; il fait partie du vignoble du Roussillon. Cette appellation est reconnue depuis 1977. La production comporte des vins rouges (45 % de la production en moyenne de 2022 à 2024), des vins rosés (40 %) et des vins blancs (15 %), qui sont tous obligatoirement des vins d'assemblage. Ils peuvent être produits sur un total de des Pyrénées-Orientales, la superficie de production déclariée étant de 3 250 hectares (moyenne 2022-2024).
Histoire Révolte de 1907
Les vendanges 1906 avaient été désastreuses dans tout le Roussillon. Ce qui n'empêchaient pas la chute des cours du vin. Des familles vigneronnes se heurtaient à des difficultés financières telles qu'elles ne pouvaient plus payer l'impôt. Informé, le gouvernement donna ordre de faire intervenir les huissiers. Le village de Baixas fut le premier à se révolter au début de l'année 1907La crise viticole de 1907 sur le site histoireduroussillon.free.fr.
Le , il reçut le soutien de Marcelin Albert, qui envoya un télégramme à Georges Clemenceau. Quant à Joseph Tarrius, viticulteur et pharmacien à Baixas, il fait parvenir au gouvernement une pétition signée des habitants du village. Il y est précisé que le seul impôt que les contribuables puissent encore payer est celui du sang. Alors que les défilés de protestations s'étaient multipliés dans les villes et villages, préfectures et sous-préfectures accueillirent les manifestations viticoles. Le , à Perpignan 170 à personnes défilent dans la ville. La manifestation se déroule sans incidents gravesMidi 1907, l'histoire d'une révolte vigneronne.
Dans les départements du Gard, de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, les conseils municipaux démissionnent collectivement - il y en aura jusqu'à 600 - certains appellent à la grève de l'impôt. La situation devient de plus en plus tendues, les viticulteurs furieux attaquent perceptions, préfectures et sous-préfecturesRévoltes vigneronnes 1907, Languedoc, 1911, Champagne. Le , la tension monte encore. À Perpignan, la préfecture est pillée et incendiée. Le préfet David Dautresme doit se réfugier sur le toit.
Création et évolution de l'AOC En 1930, les vignerons fondent « l'Association professionnelle des vignerons du Haut-Roussillon pour la délimitation et la défense du cru ». Le , le tribunal de Perpignan délimite l'appellation d'origine (AO) (la partie du Roussillon au sud du Têt) puis l'étend aux Albères par sa décision du . En 1936, plusieurs vins mutés (vins doux naturels et vins de liqueur) sont reconnus comme des appellations d'origine contrôlée (AOC) : le banyuls, le (sur onze communes, dont Estagel, Latour-de-France, Tautavel et Saint-Paul-de-Fenouillet), le maury, le rivesaltes et le (sur ), publiés au JORF du .. Les et , des arrêtés reconnaissent le droit au label « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS) pour les AO (partie nord), (aire plus limitée, au degré d'alcool supérieur) et (partie sud), concernant des vins secs produits sur de larges portions des Pyrénées-Orientales, publié au JORF du ..
En , les « Côtes d'Agly » et « Côtes de Haut-Roussillon » sont supprimés, publié au JORF du .. Le , les trois appellations de vins secs à 11° minimum sont regroupées sous l'AO , avec possibilité de rajouter le mot « villages » pour les vins rouges de 12° d'une aire plus restreinte ; les noms de Caramany et Latour-de-France peuvent être rajoutés ; neuf cépages sont autorisés pour faire du rouge et du rosé, six pour le blanc, publié au JORF du .
Par le décret du , sont créées les AOC côtes-du-roussillon-villages (uniquement en rouge, sur , reprenant surtout l'aire du corbières-supérieures-du-roussillon) et côtes-du-roussillon (en rouge, rosé et blanc, sur ) ; les cépages autorisés sont le carignan (dont la part maximale doit passer de 80 % de l'encépagement en 1977 à 70 % en 1985), le cinsault, le grenache, le lledoner pelut, le mourvèdre, la syrah et le maccabéo (ces trois derniers limités ensemble à 30 % ) ; le côtes-du-roussillon blanc doit être produit avec du maccabéo ; la densité de plantation doit être minimum de , les rendements d'un maximum de pour le côtes-du-roussillon et de 45 pour le côtes-du-roussillon-villages, publié au JORF du .. En 1983, le tourbat (dit malvoisie du Roussillon) est rajouté pour faire du blanc, publié au JORF du .. En 1988, un nouveau décret ordonne de réduire le carignan à 60 % pour 1993 ; la marsanne, la roussanne et le vermentino sont autorisés pour faire du blanc, publié au JORF du ..
En , la dénomination géographique « Les Aspres » (côtes-du-roussillon Les Aspres) est autorisée pour des vins rouges produits sur avec grenache, mourvèdre, syrah et carignan (ce dernier limité à 25 %) ; le grenache blanc est autorisé à son tour (le blanc peut désormais être produit avec six cépages) ; la densité passe à /ha ; le rendement butoir est fixé à (45 et butoir à 54 pour la dénomination), publié au JORF du .. Le cahier des charges a été publié en (la densité monte à /ha), publié au JORF du ., puis modifié en , publié au JORF du ., en (transfert de la dénomination « Les Aspres » sous l'AOC côtes-du-roussillon-villages ; retrait de seize communes de l'aire d'appellation ; ajout du grenache gris, du viognier et du carignan blanc ; rendement à 48, butoir à 58), homologué par l'arrêté du publié au JORF du . et en (modification des parts dans l'encépagement), homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..
Vignoble Aire d'appellation
Le vignoble s’étend dans un vaste amphithéâtre naturel, limité à l'est par la mer Méditerranée, au sud par le massif des Albères, à l’ouest par les contreforts du Canigou et au nord par les Corbières. Trois fleuves traversent ce territoire, l’Agly, la Têt et le Tech, contribuant à façonner un relief de terrasses étagées et de collines, propice à la viticulture.
vignette|Carte des vignobles du Fenouillèdes. L'aire d'appellation concerne : Ansignan, Arboussols, Argelès-sur-Mer, Bages, Baho, Baixas, Banyuls-dels-Aspres, Bélesta, Brouilla, Cabestany, Calce, Camélas, Canet-en-Roussillon, Canohès, Caramany, Cases-de-Pène, Cassagnes, Castelnou, Caudiès-de-Fenouillèdes, Céret, Claira, Corbère, Corbère-les-Cabanes, Corneilla-la-Rivière, Corneilla-del-Vercol, Elne, Espira-de-l'Agly, Espira-de-Conflent, Estagel, Estoher, Feilluns, Finestret, Fourques, Ille-sur-Têt, Lansac, Laroque-des-Albères, Latour-de-France, Lesquerde, Le Boulou, Le Soler, Le Vivier, Llauro, Llupia, Maureillas-las-Illas, Maury, Millas, Montalba-le-Château, Montauriol, Montescot, Montesquieu-des-Albères, Montner, Néfiach, Oms, Opoul-Périllos, Ortaffa, Palau-del-Vidre, Passa, Perpignan, Peyrestortes, Pézilla-la-Rivière, Pia, Planèzes, Pollestres, Ponteilla, Prugnanes, Rasiguères, Rigarda, Rivesaltes, Rodès, Saint-André, Saint-Arnac, Saint-Estève, Saint-Féliu-d'Amont, Saint-Féliu-d'Avall, Saint-Génis-des-Fontaines, Saint-Hippolyte, Saint-Jean-Lasseille, Saint-Jean-Pla-de-Corts, Saint-Martin-de-Fenouillet, Saint-Nazaire, Saint-Paul-de-Fenouillet, Sainte-Colombe, Saleilles, Salses-le-Château, Sorède, Tarerach, Tautavel, Terrats, Thuir, Tordères, Toulouges, Tresserre, Trévillach, Trilla, Trouillas, Villelongue-dels-Monts, Villemolaque, Villeneuve-de-la-Raho, Villeneuve-la-Rivière, Vinça, Vingrau et Vivès.
Seize communes ont été retirées de l'aire d'appellation par le décret de 2017 : Amélie-les-Bains-Palalda, Bouleternère, Caixas, Fosse, Joch, Latour-Bas-Elne, Les Cluses, Marquixanes, Pézilla-de-Conflent, Prats-de-Sournia, Reynès, Riunoguès, Saint-Cyprien, Saint-Michel-de-Llotes, Sournia et Taillet.
Géologie Le terroir de l’appellation est particulièrement varié. On y trouve des sols d’arènes granitiques et gneissiques, ainsi que des schistes bruns et noirs dans la vallée de l’Agly et les Fenouillèdes. Les piémonts des Corbières sont caractérisés par des sols rouges argilo-calcaires, tandis que des terrasses mêlant argiles sableuses jaunes et rouges se rencontrent au sud de la Têt. Le long des cours d’eau, les terrasses alluviales alternent avec les coteaux de gneiss et les sols argilo-siliceux des Albères. L’altitude de production varie de 0 à 650 mètres, ce qui contribue à la diversité des vins obtenus sur l’ensemble de l’aire.
Climatologie
Le vignoble bénéficie d’un climat méditerranéen, caractérisé par des étés chauds et secs, une forte luminosité tout au long de l’année et l’influence de vents violents, notamment la Tramontane. La pluviométrie y est faible et irrégulière, ce qui, combiné à ces conditions climatiques, favorise une viticulture à rendements modérés et permet une bonne maturité des raisins. La station météo de Perpignan (sur l'aéroport de Perpignan-Rivesaltes, à d'altitude : ). est représentative du climat du Roussillon.
Encépagement Les vins de l’AOP côtes-du-roussillon sont élaborés à partir d’un assemblage de cépages traditionnels du Roussillon, choisis pour leur capacité à s’adapter aux conditions climatiques méditerranéennes. L’encépagement reflète la volonté des vignerons de maintenir l’identité du terroir et de valoriser les cépages locaux face aux pressions commerciales et climatiques.
Les vins rouges ont pour cépages principaux le grenache NLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. ., le carignan N, la syrah N et le mourvèdre N (ces deux derniers devant, ensemble, représenter au moins 25 % de l'encépagement). La proportion des cépages principaux dans l'encépagement doit être supérieure ou égale à 80 %, le cépage le mieux représenté ne pouvant dépasser 70 % du total (à l' exception du carignan, limité à 50 %). Le lledoner pelut N et le cinsault N sont les cépages accessoires.
Les vins rosés ont pour cépages principaux le grenache N, la syrah N, et le grenache gris G. Les cépages accessoires sont le carignan N, le mourvèdre N, le cinsault N, le lledoner pelut N, et le macabeu B. Un seul cépage ne peut dépasser 70 % de l'encépagement et la proportion des cépages principaux est supérieure ou égale à 70 % de l’encépagement.
Les vins blancs ont pour cépages principaux le grenache blanc B, le macabeu B et le tourbat (ou malvoisie du Roussillon), qui doivent représenter, ensemble ou séparément au moins 50 % de l'encépagement. Les cépages complémentaires sont le grenache gris G, la roussanne B, la marsanne b et le vermentino, Depuis 2017, le viognier B et le carignan blanc B peuvent être intégrés à l’encépagement des blancs comme cépages accessoires, qui ne peuvent dépasser 10 % de l'encépagement. Un seul cépage ne peut dépasser 80 % de l'encépagement et la proportion des cépages principaux est supérieure ou égale à 70 % de l’encépagement.
Pratiques culturales La conduite de la vigne dans l’AOP côtes-du-roussillon est adaptée à la fois aux contraintes climatiques et à la topographie variée de l’aire d’appellation. Les plantations sont sélectionnées pour leur résistance à la sécheresse estivale et à l’exposition aux vents violents, notamment la Tramontane. Les vignerons appliquent des techniques de taille, d’écimage et de palissage adaptées à chaque cépage afin d’optimiser l’ensoleillement, la circulation de l’air et la qualité sanitaire des grappes. La maîtrise des rendements est essentielle et consiste à limiter le volume de fruits par pied de vigne afin de concentrer les sucres et les arômes. Le travail des sols est différencié selon les zones : sur les terrasses et coteaux, il est souvent manuel et peu mécanisé pour éviter l’érosion, tandis que dans les zones plus planes, un labour superficiel ou un enherbement contrôlé est pratiqué pour préserver l’humidité et limiter la concurrence des mauvaises herbes. Dans les secteurs les plus pentus, les vendanges sont majoritairement réalisées à la main afin de garantir la qualité des raisins et d’effectuer un tri rigoureux à la vigne.
Vendanges